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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 21:00
Nonobstant ma mémoire de poisson rouge, je ne pense pas avoir lu jusqu'à aujourd'hui une enquête de l'inspecteur Rébus. Il me sera donc mal aisée de porter un quelconque jugement de valeur sur l'opus inédit (mais paru pour la première fois en 2004) proposé par Le livre de Poche.
SI j'en crois le site Wikipédia "Le fond de l'enfer" est la seconde enquête de Rébus ; dixit cette source, les lecteurs suivent chronologiquement la vie de ce personnage au long de ces histoires.
Les rebondissements sont présents tout au long de cette histoire qui nous entraîne dans les bas fonds d'Edimbourg, comme dans le côté sombre des individus - part que chacun cherche à dissimuler et qui chez certains les rend plus proche de Mister Hyde que du Docteur Jekyll ; image dont Ian Rankin se repait tout au long de ce livre, son personnage principal jouant lui-même de cette double face. Mais en y réfléchissant bien tous présentent cette dualité avec des côtés plus ou moins renforcés vers l'un ou vers l'autre.
Si ma lecture fut plaisante, elle ne m'a pas pour autant satisfaite à 100 %. En y réfléchissant, je me suis rendue compte que ne parvenant pas à m'attacher à l'inspecteur Rébus, je suis restée à une certaine distance de ce "héros". Dommage car des personnages secondaires sont plus attachants tels Brian Holmes* & Nell Stapleton (* Watson bien entendu n'est guère loin en la personne du "paysan", le superintendant).
Par contre je trouve le personnage de Tracy peu clair. Ian Rankin joue-t-il une nouvelle fois sur la double facette du personnage ? Je ne sais, mais certaines de ces actions, réactions ou mises en scène ne m'ont pas semblé très logiques, ni très explicites.
Peut-être devrais-je essayer de lire l'opus suivant ? Qui sait les épisodes qui suivent me sembleraient peut être plus prenant en connaissant mieux cette énigme qu'est Rébus.
 

http://www.decitre.fr/gi/85/9782253099185FS.gifUne enquête de l'inspecteur Rebus : Le fonds de l'enfer / Ian Rankin. Traduit de l'anglais (Ecosse) par Frédéric Grellier. Le Livre de Poche, 2006. 315 pages
Un junkie retrouvé mort dans un squat d'Édimbourg, juste un cadavre dont le corps a été placé sur le sol selon un étrange rituel.
Une jeune fugueuse terrifiée qui pense que son ami a été assassiné. Mais tout le monde s'en moque. Ce sont les déchets de la société, des drogués et des petits délinquants. Mieux vaut s'intéresser aux nouvelles entreprises en plein essor et aux lotissements flambant neufs qui vont apporter la prospérité à une ville qui se vante déjà de sa " qualité de vie ". Il n'y a guère que l'inspecteur Rébus pour s'en préoccuper, sentir quelque chose de trop malsain, de trop dangereux pour être laissé dans l'ombre...
Quelque chose qui n'est peut-être pas sans lien avec le monde merveilleux que promettent promoteurs et publicistes...

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 00:40
Je me moque des complicités de Swap et bien aujourd'hui (enfin hier, vu l'heure tardive à laquelle je rédige ce billet), ce fut mon tour d'être prise au piège.
Déjeuner prévu depuis une semaine en compagnie de 3 blogueurs parisiens et la découverte d'une table tahitienne, dont le décor déjà très chatoyant est agrémenté des guirlandes, et autres décorations de Noël, sans oublier le sapin. Bien entendu nous papotons des prochaines fêtes de fin d'année en attendant la dernière convive. Les lumières s'éteignent, quelques personnes commencent à chanter "Joyeux anniversaire", mais non... juste quelques fusibles qui ont sauté. Notre table se complète, la lumière revient et là, ta-dam....

Une enveloppe surgit de ma droite :

P1030699.JPGL'avez-vous reconnu ? Son écriture ou son inséparable amie ?

Roulée dans la farine, vous dis-je. J'avais bien eu un doute en lisant, chez l'organisatrice de ce swap, ce commentaire,
"Le mien devrait "partir" en fin de semaine ! ;-)" mais ... comme d'habitude, cela m'était sortie de la tête...
Vraiment je crois que je suis vraiment plus que tête en l'air !
Et dans cette enveloppe :
P1030701.JPG
Le SLAT fait sous mes yeux voici une quinzaine de jour ! Oui,oui, vous avez bien lu !! Quand je vous dis que je suis totalement frappadingue, et que je me permets quand même de ricaner lorsque cela arrive aux autres.
En plus de ce SLAT, une petite pochette afin de protéger les bouquins que je promène avec moi (dans mon sac à main - besace ; je le cite car il est visible sur la photo et, je le sens terriblement jaloux lol).
Et, dans son habit de lumière pour les fêtes Paris est une fête / Ernest Hemingway ! Coffret qui fut admirer par tous ceux qui l'ont vu aujourd'hui.
Voilà Bladelor, Ici s'arrête le Swap organisé par tes soins, tu peux vaquer à tes occupations .

Pour les autres.
Et le sac Pucca me direz-vous, que vient-il faire là, à part vous aider à démasquer ma gentille swapeuse ?

Et bien, dans cette ambiance festive de préparatif de Noël, et de pré-anniversaire (toutes les excuses sont bonnes, mais je ne vais pas me plaindre ), ma mystérieuse swappeuse a vu les choses en un peu plus grand que les consignes et cela donne cela. [un second indice pour la démasquer est glissée dans les cadeaux]

P1030703.JPGNous avons donc en sus des présents précédemment décrits :
* Un paquet de tisane créative "Veillée autour du feu". Vu le temps que la météo annonce pour ce week-end, je crois que je ne vais pas tarder à les tester.
* Du thé "Un soir de Noel" dans sa belle boîte de fête.
* Le livre que ma swappeuse voulait m'offrir mais qui dépassait les 300 pages demandées : Saltarello / Matthieu Dhennin, dédicacé !
* Pour accompagner lecture et boissons, une boîte de chocolats, dont voici, sous vos yeux émerveillés le contenu :

P1030708.JPG
Les petits bouts manquants - mais discrets vu la taille des chocolats - sont liés à la dégustation proposée à mes collègues lorsque je suis rentrée toute pimpante et chargée, annonçant que j'avais rencontré le père la mère Noël en chemin :))

Un très très très grand MERCI à Caro[line] (que vous aurez reconnu sous ses habits de gala. Oui je sais vous n'allez pas regarder les prochains Père Noël croisés de la même manière après avoir lu ce billet, vous demandant si elle n'a pas  à nouveau enfilée ce costume) qui a eu les yeux déformés par la féérie de Noël (donc Bladelor, pas taper, pas gronder) et qui a beaucoup amusé notre tablée : ICB & Tamara, qui furent les témoins de l'ouverture de ces multiples surprises.

Merci à tous les complices de cette aventure et une nouvelle fois à Caro[line] et Bladelor.
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10 décembre 2009 4 10 /12 /décembre /2009 07:19
A trop vouloir regarder par dessus les épaules des voisins, on finit par se faire avoir . Et bien c'est un peu ce qui m'est arrivée dernièrement... A traîner sur les blogs, à regarder les listes des uns et des autres, à me promener dans des rayons bien garnis, je me suis laissée plus que tenter alors que ma PAL n'en demandait pas temps
Mais comme je sais que vous souffrez de maux similaires aux miens je vois bien que cet apitoiement minute vous fera sourire et vous sentir bien entourer .

Allez j'avoue tout et vous propose une de mes tentations de lundi dernier ; un coup de coeur pour le titre avant tout, car je ne me souvenais pas des échos lus sur la blogosphère....

http://www.decitre.fr/gi/49/9782290324349FS.gifAutobiographie d'une courgette / Gilles Paris. J'ai Lu, 2003. 255 pages. 4*
Elle ressemble à une poupée de chiffon toute molle et ses yeux sont grands ouverts.
Je pense aux films policiers où des tas de femmes se font tuer et après elles ressemblent à des tas de chiffons toutes molles et je me dis "c'est ça, j'ai tué maman". Ainsi commence l'aventure d'Icare, alias Courgette, un petit garçon de neuf ans qui tue accidentellement sa mère alcoolique d'un coup de revolver. Paradoxalement, la vie s'ouvre à lui après cette tragédie, et peut-être même un peu grâce à elle.
Placé dans un foyer, il pose avec une naïveté touchante son regard d'enfant sur un monde qu'il découvre et qui ne l'effraie pas. De forts liens d'amitié se créent entre lui et ses camarades. Et puis surtout, il tombe amoureux de Camille...

Le contenu est beaucoup plus grave que le titre ne le laisse imaginer. Gilles Paris se glisse dans la peau d'Icare dit Courgette afin de dire  avec un vocabulaire enfantin, les souffrances de ces enfants malmenés par leurs parents (qu'ils aiments en dépit de tout), par la vie tout simplement. Enfant battu, abusé, orphelins, parents en prison, aucun d'entre eux n'a été épargné en dépit de leur jeune âge.
Ils découvrent dans ce foyer des habitudes alimentaires, une hygiène de vie et une atmosphère différente de celle qu'ils ont connu jusqu'alors. Tous ne réagissent pas de la même façon : Jujube dévore tout et a toujours mal quelque part, Ahmed se raccroche à son lapin doudou et a peur de tout, Béatrice garde les doigts dans le nez ou dans la bouche, Alice cache ses yeux et son absence de sourire derrière ses cheveux, Simon fait front  de toute part, Boris et Antoine les deux frères se raccrochent l'un à l'autre... et Courgette découvre la complicité et l'amour de Camille.
En leur compagnie et avec le personnel encadrant, les "zéducateurs", la directrice, le cuisinier, l'instituteur etc... Courgette découvre que la vie ne se cantonne pas à la télévision, que les personnes peuvent s'adresser à lui en le regardant, en le touchant, en l'embrassant. Ce qui est vrai pour lui l'est également pour ses camarades.
Si le style pourra pertuber certains, il rend au plus juste les instants vécus par Courgette et ses amis, nous permet par les échanges entre eux avec "leurs mots" de mettre le doigt sur la violence subie (physique ou morale) avec des termes parfois plus agréables à lire qu'à comprendre. Ainsi Camille dont la maman couturière le jour, recoud les coeurs "de ces messieurs qui venaient les mains vides" le soir venu. (...)"Elle ne travaillait plus avec un dé, une aiguille, ou sa machine, juste avec sa langue(...)". Parfois Courgette vous semblera utiliser un vocabulaire plus proche de 7 ans que des 10, mais comme lui dit son copain Simon, il a de la peluche dans la tête, liée à son éducation passée.
J'ai alterné les sourires et la gorge serrée, et j'ai eu du mal à me détacher de ce livre. La première partie parce que je souhaitais connaître le secret de Simon. La seconde parce que je me demandais comment l'auteur allait poursuivre encore sur une 100aine de pages sans m'ennuyer, sans se répêter. Opération réussie.


Les avis de Tamara (tiens elle avait le même surnom que moi, sûrement lié à notre taille), Pom,
 
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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 21:00
Le tailleur de pierre / Camilla Läckberg. Roman traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus. Actes Sud, 2009 (Actes noirs). 476 pages. 4,5*
" La dernière nasse était particulièrement lourde et il cala son pied sur le plat-bord pour la dégager sans se déséquilibrer.
Lentement il la sentit céder et il espérait ne pas l'avoir esquintée. Il jeta un coup d'oeil par-dessus bord mais ce qu'il vit n'était pas le casier. C'était une main blanche qui fendit la surface agitée de l'eau et sembla montrer le ciel l'espace d'un instant. Son premier réflexe fut de lâcher la corde et de laisser cette chose disparaître dans les profondeurs... " Un pêcheur de Fjâllbacka trouve une petite fille noyée.
Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l'eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu'un l'a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille ? Alors qu'Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu'il est bouleversé d'être papa, Patrik Hedstrôm mène l'enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjâllbacka dissimule de sordides relations humaines - querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles - dont les origines peuvent remonter jusqu'aux années 1920.
Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.

Le moins que je puisse dire est que les romans de Camilla Läckberg se bonifient au fur et à mesure que sa bibliographie augmente. Autant le 1er volume des "aventures" d'Erica m'avait plu mais avec quelques réticences, autant j'ai trouvé plus abouti celui-ci.
L'auteur sait habilement glisser à cette intrigue du quotidien les fils du passé, traiter de sujets douloureux : infanticide, meurtres, perte d'un enfant, maladies rares, ou la maltraitance, parallèlement à ceux plus heureux de l'arrivée d'un enfant avec l'impact que cette naissance peut avoir (dépression post natale, fatigue...).
Bref elle jongle avec une histoire qui, comme nous le découvrirons, commence en 1924, en nous faisant suivre une enquête (et la vie des hommes et femmes du commissariat) ponctuée de conflits de voisinage, de problèmes de couples et familiaux de manière plus générale, sans nous fait perdre pied, en tissant sa toile avec une habileté telle que je n'ai guère laché ce bouquin avant d'en connaître la fin. Même si j'avais deviné certains points, ce puzzle devait être terminé afin que tous les détails apparaissent clairement.
Nul n'est obligé de lire les volumes précédents (La princesse des glaces, Le prédicateur), mais il est certainement plus aisé de s'insérer dans la psychologie des personnages en connaissant des éléments cités en passant dans ce volume.
Je dois avouer qu'il y a beaucoup à dire sur les personnages, les thématiques mais je vous laisse découvrir par vous même. Je rabâche mais vraiment cette série comme d'autres romans venus du Nord de l'Europe sont violents par les éléments qui sont mis sous nos yeux, même si cela est écrit (pour ceux que j'ai lu) avec une plume telle que je ne suis pas parvenue à ne pas les terminer.
Mon enthousiasme est débordant, et je me demande, m'inquiète serait plus juste, pour le prochain volume. Le soufflé va-t-il retomber ou Camilla Läckberg va-t-elle parvenir à poursuivre dans la même verve, avec le même rythme dans les prochaines enquêtes de Patrick Hedström. Un grand coup de chapeau aux traductrices.

L'avis enthousiaste d'Emeraude (qui n'a pas lu les précents volumes ; elle répond ainsi à ma première question, involontairement. Merci ;-D), Serial Lecteur (même longueur d'onde ;-D), 
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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 20:00
Indomptable Angélique / Anne et Serge Golon. J'ai Lu, 1988. 718 Pages
Alors qu'elle allait rejoindre son mari, le comte Joffrey de Peyrac, le mystérieux ressuscité échappé aux flammes du bûcher, Angélique a été capturée par les Barbaresques.
Devenue la propriété de Moulay Ismaël, elle connaît l'esclavage le plus odieux dans le harem de ce jeune souverain musulman, contemporain de Louis XIV, prince cruel et raffiné, ivre d'orgueil et de puissance. Chez les belles captives qui vivent dans l'attente des caresses de leur maître et la crainte de ses colères, le goût de la volupté et celui du sang mêlés créent d'étranges langueurs..
Angélique, éternelle insoumise, décide de s'échapper de ce sérail d'où jamais une femme n'est sortie et d'affronter les pièges brûlants du désert pour recouvrer sa liberté perdue à la recherche de l'amour.


Devant mon impatience, Caro[line] a eu la gentillesse de me prêter son livre avant d'entreprendre sa propre lecture. Guère récompensée par cette initiative, car j'ai un peu traîné cette fois ...
Si vous lisez la 4ème de couverture, il faut d'abord que vous sachiez que ce résumé (harem et évasion) ne concerne à peine que la moitié de l'ouvrage. Il est certain que de voir notre héroïne aux prises avec un sultan est plus tentateur pour une suite lol.
Dans les premières pages nous découvrons Angélique à Paris, isolée, surveillée par la police du roi devant lequel elle ne souhaite plus paraître, toute accaparée de découvrir ce qu'il est advenu de son mari "le grand boiteux du Languedoc". Elle essaie de discerner comment il a réussi à s'échapper et de découvrir où il réside.
Bien entendu, cette quête l'amène à aller contre la volonté du Roi et, mystérieusement aidée par son fils, elle fuit Paris pour se rendre à Marseille. Elle y retrouve Savary et sa moumie qui sera tout au long de ces aventures un précieux allié.
Si dans le volume précédent, les auteurs nous donnaient une leçon d'histoire concernant la Cour de Louis XIV, c'est dans le domaine maritime que se porte notre première leçon.
Vous saurez tout de la constitution des équipages militaires ou plus généralement rencontrés en Méditerranée en cette période.
Cette partie en compagnie du frère de la Montespan m'a parue un peu longuette, mais naufrages, galériens, trahisons de toute nature ont vite repris le dessus et j'ai retrouvé mon enthousiasme de lecture.
Que d'aventures !!! Rien n'est épargnée à cette femme qui, il est vrai, aime se confronter au danger, avide de retrouver son balafré. Néanmoins, elle n'en reste pas moins femme et les soupirants ou soudards s'accrochent à elle.
Vendue une première fois au marché de Candie (la Crète et le marché d'Héraklion si j'en crois Wikipédia (quand je vous répète que ces romans sont des pages d'histoire !)), elle échappe au harem grâce au Rescator, mais toujours entreprenante, elle prend la fuite. Après un détour auprès des chevaliers de Malte, un nouvel épisode la conduit au marché d'Alger  et, après sa rencontre avec le Grand Eunuque Osman Ferradji, esprit éclairé qui aide son maître à gouverner, dans le harem de Moulay Ismaël qu'elle n'aura à coeur que de fuir. Ces pages sont l'occasion pour les auteurs de montrer la confrontation religieuse entre maîtres et esclaves et les conditions de vie des uns et des autres ainsi que la position hasardeuse des juifs.
Grâce à ces derniers, à son ami Savary et à un nouveau personnage masculin, Colin Paturel qui devrait permettre à la gente féminine (le lectorat de ces romans, ;-D) de se pâmer devant tant de force et d'abnégation, Angélique va tenter et réussir - vous vous en doutez, ce n'est pas vraiment un spoiler, sinon adieu la suite de la saga romanesque -, mais cette fuite sera une étape plus difficile que ce qu'elle a connu jusqu'alor : elle va perdre certains compagnons de voyage, connaître la faim, la soif et des blessures tant physiques que morales.
Voilà, après plus de 700 pages Angélique a décidé de tourner la page et de rentrer chez elle. Ses expériences en Méditerranée et particulièrement par rapport à la vie féminine dans le monde maritime et musulman lui font aspirer à une vie synonyme de liberté, mais Louis XIV en a décidé autrement....

Nos amies québecoises poursuivent leur lecture et me précèdent : Pimpi, Karine ;-D
Ce livre retourne chez sa propriétaire qui s'impatiente, tout comme Tamara.
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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 21:10
Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage / Maya Angelou. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Christian Besse. Le Livre de Poche, 2009. 343 pages.
Dans ce récit, considéré aujourd'hui comme un classique de la littérature américaine, Maya Angelou relate son parcours hors du commun, ses débuts d'écrivain et de militante dans l'Amérique des années 1960 marquée par le racisme anti-Noir, ses combats, ses amours.
Son témoignage, dénué de la moindre complaisance, révèle une personnalité exemplaire. A la lire, on mesure ? mieux encore ? le chemin parcouru par la société américaine en moins d'un demi-siècle...

Roman autobiographique, Je sais pourquoi chante l'oiseau en cage, nous permet de suivre quelques uns des événements marquants de la prime enfance de Marguerite (Maya) et de son frère Bailey. Issue d'une famille atypique tant du côté paternel que maternel, elle nous entraîne à sa suite dans une communauté noire à l'aube de la crise de 29 jusqu'à la seconde Guerre Mondiale.
A travers ses yeux d'enfants, de son monde qui bascule nous suivons sa découverte d'une petite ville de province Stamps, Arkansas et la place de la communauté noire, les relations (absence pourrait-on dire à certains égards) entre la ville noire et la blanche, la ségrégation.
Des petits minots de 3 et 4 ans qui se retrouvent chez leur grand-mère paternelle suite au divorce de leurs parents. Monde paradoxal que l'univers de cette grand-mère et de cet oncle paralysé, resté à demeure dans le magasin familial, mais cela Maya nous le décrit sans misérabilisme et, c'est plus tard dans la lecture que l'on comprendra la différence d'univers dans lequel frère et soeur vont être plongés. Bien entendu, ils sont trop jeunes pour en avoir pris pleinement conscience, mais après quelques années passées auprès de cette grand-mère sudiste sévère mais juste, et différents allers-retours auprès de leurs père et mère qu'ils vont pleinement prendre conscience des différences d'éducation, de vie entre la grande ville et leur univers simple de Stamps. 
Le tout est fort agréablement écrit, fort juste à mes yeux de lectrice, ce qui fait que l'on a l'impression de vivre des pages de l'histoire, de sentir la peur des personnages face aux blancs, la misère de ces hommes qui, en dépit de leur fatigue physique, trouvent la force dans leur foi. Parfois ces passages m'ont semblé un peu pesant, mais ils montrent néanmoins l'importance de la religion (ou d'un leader ailleurs) lorqu'un peuple se sent  opprimé. Tout n'est pas parfait, dans cet ouvrage qui est, si j'en crois les écrits, un incontournable dans les romans américains, mais les personnages féminins sont indubitablement magnifiques ;  force et caractère émanent de chacun d'entre eux et permettent de poursuivre la lecture.
* Momma tout d'abord, la grand-mère qui a su construire son Magasin à la force du poignet. Dont les terres sont louées aux blancs et qui aidera les 2 communautés lors de la grande dépression. Femme, mère et grand-mère, elle poursuit son chemin, défendant sa famille et sa communauté.
* Grand-mère Baxter de Saint-Louis, "quarteronne ou octoronne, blanche (sans traits négroïde), élevée par une famille allemande, ayant fait des études d'infirmière avant d'épouser Grand-père Baxter [qui] était noir". Chef d'une circonscription électorale, ayant ses entrées dans la police comme auprès des truands. Un roman à elle seule :)
* Vivian Baxter, mère de Bailey et Maya, qui restera partagé entre son amour pour ses enfants et son envie d'indépendance.
Vous l'aurez compris 2 grands-mères de caractère et une mère avide de liberté, qui sont sans aucun doute à l'origine de ce que deviendra Maya Angelou, et permettent de mieux comprendre l'activisme, son esprit d'ouverture et de combat qui font que la communauté noire américaine éprouve de la reconnaissance à son égard.
Merci Suzanne et 


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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 21:10

Du 25 Novembre 2009 au 30 Novembre 2009 s'est tenu le 25ème Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil.
(
Halle des expositions Paris Est Montreuil, 128, rue de Paris).
C'était la première fois que je m'y rendais et ce fut une très agréable découverte. Profitant d'une journée de repos j'y ai retrouvé Chiffonnette beaucoup plus sérieuse que moi, écoutant et prenant des notes à la conférence donnée par Anthony Browne & qui n'a pas craqué une seule fois dans cet antre.
Pour ma part, je dois avouer être restée très raisonnable. Jugez par vous-même :



* Le petit théâtre d'ombres : Le chat botté / Dessins de Volker Theinhardt. Gallimard jeunesse Giboulées, 2009

Installe ton petit théâtre et dispose les figurines et les décors.
Eteins la lumière, et grâce à ta lampe, tu vas projeter les ombres et ainsi jouer ta pièce de théâtre devant un public émerveillé ! (Le texte d'accompagnement est compris)
Ce "livre" était une commande mystère résolue avec la complicité de Chif'
Enigme serait plus appropriée, car j'ignorais le titre, l'éditeur ; je savais juste qu'il y avait une lampe de poche, qu'il était question d'ombres chinoises et que la collection était batie sur des contes ; vu les renseignements j'en déduisais que la maison d'éditions devait être importante mais les indices étaient minces :)


* Akiko la rêveuse : petit conte zen / Antoine Guilloppé. Picquier jeunesse, 2006. 24 pages
. 5 *
Après Akiko la curieuse, voici une nouvelle histoire où la petite Japonaise part à la rencontre d’un rêve si vrai qu’elle veut le rejoindre dans le monde réel. Au bord d’un lac, elle trouvera sa grand-mère, venue la saluer une dernière fois. C’est alors qu’un tourbillon de feuilles vole autour d’elle. Akiko est au printemps de sa vie et l’automne arrive.
Un récit troublant où le temps du rêve pénètre la vie pour évoquer la présence aimante en nous de ceux qui s’en vont pour toujours.
Ecrit et illustré par Antoine Guillopé en traits déliés à l’encre rehaussés de délicats papiers japonais.
Vous pouvez feuilleter ce livre ici.
Avec beaucoup de finesse, l'auteur aborde la dernière rencontre d'Akiko avec sa grand mère. Si l'héroïne est au printemps de sa vie, pour sa grand-mère l'automne est arrivée. Rien n'est réellement triste dans cette histoire, puisque tout part d'un rêve et qu'il nous permet de suivre Akiko à son réveil, de croiser son quotidien, les animaux de son univers jusqu'à ce que le vent emporte son rêve et referme l'ouvrage. Avant cela sa grand-mère aura eu le temps de lui transmettre son amour et sa présence.

Ce livre dédicacé va partir dans quelques jours vers une petite demoiselle ;-D


Un clic et hop, une photo en plus grand (oui, j'ai enfin regardé comment faire :s)

* Mon plan de destruction des pouvoirs de mon petit frère / Mélanie Lafrenière. Plon Jeunesse, 2008. 205 pages
Appelez-moi Gigi ou bien Anségisèle Von Wienenberg, à vous de voir.
Je suis une sorcière ! Dans ma famille, depuis le Moyen-Age, les femmes ont toujours été des sorcières. Mais aucun homme sorcier. Jamais ! ! ! Et nooonnn ! Je ne peux pas le croire ! C'est impossible ! Je viens d'apprendre une chose horrible. Ma catastrophe personnelle. Mon petit frère Alaric en est un ! Mais j'ai un plan, un plan pour détruire ses pouvoirs. Voyons d'abord le plan A...(Ah oui ! Ce livre est destiné aux filles qui en ont marre de leur petit frère, et les autres filles aussi, solidarité féminine oblige !)
Bah, il me fallait bien un grand format lol

* Les bêtes qui pincent, qui pissent, qui percent à la campagne / Sophie Fauvette. Illustrations de Benoît Perroud et Lucie Rioland. Gulf Steam Editeur, 2009 (Dame nature). 83 pages. 5*
Une fourmi qui asperge ses ennemies ou ses proies et sème la peur au fond des bois.
Ca n'existe pas ? Et pourquoi pas ? Quand tu te promènes à la campagne, ne te fies pas aux apparences ! La jolie coccinelle te fait de l'oeil ? Garde-toi bien de l'embêter ou tu pourrais être tâché ! Aux détours de nos chemins se cachent des animaux surprenants : ils vomissent, pincent, mordent ou bavent... Aventure garantie pour tous les curieux !

J'ai une nouvelle fois craqué pour cette collection, et je dois avouer que je ne le regrette absolument pas (ici et ).
La formule est pour moi déjà un classique puique les auteur et illustrateurs nous proposent de partir à la rencontre d'animaux, insectes de notre quotidien (plus campagne que ville, mais bon nombre sont familiers de toutes les têtes blondes).
Jouant sur les adjectifs qui plaisent aux enfants :), ces bêtes sont classées par catégorie de défense :
- Les bêtes qui percent, - Les bêtes qui empestent, - Les bêtes qui vampirisent, - Les bêtes qui pincent, - Les bêtes qui mordent, - Les bêtes qui pissent aspergent, - Les bêtes qui bavent ou suitent, - Les bêtes qui vomissent.

De quoi les faire ricaner et les inviter à une lecture toujours illustrée de manière conventionnelle sur la page de gauche et beaucoup plus humoristique sur celle de droite. Au classique "Pourquoi fait-elle ça ?", une rubrique "Utilisation" -au sens large car il peut s'agir de l'aide que ces animaux nous apportent au sens médical comme pratique - compléter par "Le saviez-vous ?". Voilà qui devrait répondre aux questions les plus diverses des petits comme des grands, leur permettrent de découvrir l'utilité de certains animaux ou ce qu'ils ont inspiré à l'homme pour la vie quotidienne.
La notion écologique est au détour de certains textes mais non pesante.
J'ai pour ma part découvert que le furet était la forme domestique du putois ou que des bousiers furent importés en Australie à la fin du XVIIIème siècle, afin de recycler "les excréments des vaches et des chevaux amenés sur cette terre, car aucun insecte local ne savait les dégrader" . Rien ne vaut les livres destinés aux enfants pour apprendre en prenant du bon temps !

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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 14:20
C'est une excellente découverte (merci Xiane ;-D) que ces deux volumes chez Milan poche junior [il existe un troisième volume intitulé Encore des histoires pressées]
De courtes histoires pour lesquelles Bernard Friot s'inspire parfois des contes traditionnels ou du quotidien des enfants. Résolument modernes, coexistent l'univers de la télévision, des jeux ou programmes informatiques comme les dragons et les princesses. Nul sujet n'est omis mais tout est dit sur 2-3 pages maximum ; l'occasion de ne pas lasser, même si le public auquel s'adresse en priorité l'éditeur est celui des 9-10 ans. Certaines histoires conviendront à des loupiots plus jeunes mais l'absence d'illustrations peut entraver le plaisir de certains.
Ce "manque" de visuels explique sans doute le prix que j'ai trouvé riquiqui, habitué que je suis à des ouvrages illustrés et/ou proposant de les toucher, de les animer. Il est certain que l'on ne peut tout avoir et je reste donc sur cette impression très positive à tout niveau.
Un peu plus de détachement avec le second volume mais, néanmoins, un bel éclat de rire dans ces "Nouvelles histoires pressées" grâce à Histoire - télégramme notamment, que je me permets de reprendre ci-dessous (mais enlèverai sans problème si l'auteur ou Bayard y voit un abus des droits).
Testé et approuvé par mes collègues qui ont bien ri elles aussi.
Idem pour Leiloona,

Histoires pressées / Bernard Friot. Milans éditions (Milan poche Junior), 2005. 109 pages. 5 *
Histoires pressées, ce sont des histoires courtes à déguster à table entre deux bouchées, à l'école dans la cour de récré, ou ailleurs si ça nous chante.
Histoires à terminer, à raccommoder, à détruire en mille morceaux. Juste le temps d'un sourire, d'un frisson ou d'une émotion. Il arrive tant de choses bizarres dans la vie quand on sait comment la regarder !

Nouvelles histoires pressées / Bernard Friot. Milans éditions (Milan poche Junior), 2005. 110 pages. 4,5*
Méfiez-vous : tout peut changer ! Le fils Michat, parce que sa mère l'a trop souvent appelé " Mon chou " ; Elisa-Marie, à force de ne rien aimer au restaurant ; l'autobus, quand il n'a que deux roues et une hélice ; le maître d'Antoine, à trop fréquenter les loups-garous.
Tout change, vite, vite ! Juste le temps d'une nouvelle histoire pressée.

Histoire - télégramme
(non respect de la graphie cf les majuscules dans l'ouvrage)
Dragon enlève princesse - Roi demande chevalier sauver princesse - Trois chevaliers attaquent dragon - Premier chevalier carbonisé - Deuxième écrabouillé - Troisième avalé tout cru - Roi désespéré - Facteur idée - Envoie lettre piégée dragon - Dragon explose - Princesse épouse facteur - Heureux  - Famille nombreuse - Réduction SNCF - Fin
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 14:08

Meurtres en copropriété/ Deborah Crombie. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anne Crichton. Le Livre de Poche, 2007. 318 pages
Quoi de plus paisible que le Yorkshire en automne ? C'est ce que s'imagine le superintendant Duncan Kincaid, ' fraîchement promu et déjà surchargé de travail.
Et donc, quand son neveu lui propose de profiter d'une semaine dans une résidence en copropriété, il accepte ; pensant se reposer et lire quelques bons livres. Alors qu'il vient de faire la connaissance de ceux que le hasard a réunis dans la maison pour quelques jours, Duncan découvre le corps de Sebastian, le sous-directeur de l'établissement, flottant dans la piscine du manoir. Peu après, c'est Penny MacKenzie, une vieille demoiselle écossaise, qu'on retrouve sur le court de tennis, le crâne défoncé. Puis c'est Hannah Alcock, une scientifique, qui est victime d'une tentative de meurtre. Avec l'aide de sa jeune collaboratrice, Gemma James, le superintendant prend alors la direction des opérations...
Premier roman de Deborah Crombie c'est aussi la première affaire du duo Kincaid-James.

Un sympathique polar qui se laisse lire sans déplaisir. Sans doute les épisodes suivants ont-ils plus de force que ce premier volet mais rare sont les premiers volumes d'une série (qu'il s'agisse de romans ou de BDs) qui soient immédiatement au top.
Cet ouvrage a les qualités et les défauts d'un galop d'essai mais ainsi que je l'ai déjà mentionné, les pages, pour moi, se tournaient facilement et sans lassitude.
Bien entendu une fois le livre refermé il est facile de faire un point sur ses petits travers : l'assassin est odieux, mais certainement plus proche de la folie qu'autre chose ; ainsi que le signale "en passant" un des personnages de cette histoire, son état mental peut avoir quelques hérédités et il est de toutes façons un être "prétentieux et incapable". Il présente donc tous les travers pour être le méchant de service, prêt à tuer des innocents afin de parvenir à ses fins.
Les personnages semblent parfois un peu caricatural mais, on découvre bien souvent  que l'on retrouve réellement, tous les types de personnalité dans un petit groupe, réduit ici à cette copropriété et aux enquêteurs + équipe technique liée aux meurtres.
Notre personnage principal Duncan Kincaid semble le beau gosse de service, et cela en est parfois risible. De 15 à 65 ans toutes les femmes semblent prêtes à lui sauter au cou :))
Par contre je n'ai pas vraiment saisi ce qu'apporte à l'histoire sa pseudo relation avec le médecin.
Je me suis rendue compte que l'éditeur avait réédité cette aventure en modifiant la couverture ; cela lui donne un côté plus anglais (cup of tea, décor, couleurs un peu surannées,..) rappelle davantage les Agatha Christie à qui faisait référence les anciennes 4ème de couverture. Du charme mais la comparaison s'arrête là car l'époque a changé.

Merci au Livre de Poche.

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 21:45

Voici déjà quelques années (quelle horreur ! ) que ces ouvrages m'avaient fait de l'oeil et que je les avais acquis.
Lecture remise à plus tard, quête d'un moment de sérénité afin de découvrir en toute quiétude cette maison d'édtions et leur première collection intitulée "Sagesse d'un métier".
Par son intitulé et son objectif, cette maison d'éditions nous propose d'ouvrir toujours davantage nos mirettes. Elle nous invite à découvrir par cette collection des plumes reconnues pour chaque métier. Grâce à leur expérience personnelle et professionnelle, ces passeurs nous montrent le contenu de leur activité avec leur sensibilité et leurs mots. J'ignore si chacun peut se retrouver dans les différents titres publiés mais les ouvrages
La sagesse de l'éditeur & La sagesse du bibliothécaire sont parvenus à me parler. Je ne suis pas éditeur, n'en ai jamais eu l'envie, pas plus que d'être écrivain et me contente d'être une lectrice, et pourtant... cet ouvrage ne m'a pas laissé indifférente.
A vous de vous faire votre propre opinion.

C'est par La sagesse de l'éditeur que j'ai commencé, attirée par l'envie de découvrir la plume de H. Nyssen dont je n'avais jamais lu aucun écrit, et que je connaissais avant tout pour sa maison d'édition.
Mélant habilement ses expériences et souvenirs, H. Nyssen nous tisse un portrait délicat et empli de sincérité sur l'édition et le monde du livre de manière générale. Ainsi qu'il l'écrit, il a la chance de connaître et de se reconnaître dans cet univers. Lecteur tout d'abord, différentes tentatives vers le milieu de l'édition ensuite, écrivain lui-même, rencontres avec d'autres écrivains  auprès desquels il se nourrit afin de donner vie à son entreprise ...
Par la magie des mots il nous fait toucher du doigt ce qu'il nomme la folie "(...) source d'audace parce qu'elle a pour effet de libérer de la contrainte des réalités ceux qui en sont ou s'en font la proie. Et de céder au plaisir d'un livre d'humeur. (...)"
Folie très douce aux yeux du lecteur mais au détour d'une phrase on découvre la douleur parfois de cette folie ; sa cohabitation avec la joie vers laquelle le mène l'entrain, les rencontres, et le quotidien qui parfois semble extraordinaire lorsque le temps a passé et que l'on prend le temps de se retourner.
En 7 courts chapitres*, l'auteur nous dit tout ou presque sur ce monde décrié, fascinant pour les uns et qui semble bien loin de notre univers parfois.
Il n'édulcore rien, n'oublie rien : qu'il s'agisse des opérations marketing, des romans commerciaux, comme des craintes de l'échec.
Le plus court chemin pour mieux vous faire comprendre le contenu de ce livre n'est pas seulement de vous inviter à le lire, mais en vous donnant les titres choisis par Hubert Nyssen pour "découper" son propos ; je pense que vous comprendrez ainsi une partie du contenu.
1. L'éloge de la folie
2. L'art de la découverte
3. L'avatar de l'écriture
4. Le livre, objet mal identifié
5. Le lecteur invisible
6. Passeurs ou contrebandiers
7. Arrivée à ce point....

La sagesse de l'éditeur / Hubert Nyssen. L'oeil Neuf, 2006. (Sagesse d'un métier). 111 pages. 4,5*
Pour la leçon de lecture, ce jour-là, ma grand-mère avait choisi, dans une version à l'usage de la jeunesse, le passage du Don Quichotte où se déroule la bataille contre les moulins.
Elle me demanda si je savais dans quelle langue avait été écrite cette histoire. J'hésitais, elle me souffla la réponse, l'espagnol. Sa question en préparait une autre. Et dans quelle langue venais-je de la lire, cette histoire? En français, pardi. Ainsi, petit sorcier, reprit-elle, tu viens de lire en français une histoire écrite en espagnol? Ma grand-mère, comme la fée Carabosse, était légèrement bossue.
Mais elle avait à mes yeux la beauté de la reine des fées, et elle me faisait ainsi goûter le philtre singulier de l'admiration et de la peur. Ce jour-là, elle venait de me révéler un monde que je n'aurais pu nommer encore mais qui serait désormais le mien. Tout avait été déversé d'un coup par sa malicieuse question : le livre, la lecture, le texte et sa traduction. Et tout y était : la découverte, l'aventure, l'écriture et le talent.


La sagesse du bibliothécaire m'a, tout d'abord, inspiré davantage de craintes. Par rapport à la plume de l'auteur tout d'abord, par rapport à un monde que je connais davantage sans doute. Les premiers temps le côtoiement des deux éléments m'a fait craindre de ne pas réussir à entrer dans ce livre. A me demander s'il ne s'adressait qu'à un public averti de bibliothécaires et non pas plus grand public, du fait de l'utilisation de terminologies connus j'imagine uniquement par les professionnels.
Réflexion faite, il me semble normal que ces termes trouvent leur place dans cet ouvrage qui n'est pas là pour les expliquer "techniquement" parlant, mais pour donner le sens de ce métier ; ils ont donc toutes leur place même si les mètres linéaires, la bibliothéconomie et les quelques formules mathématiques (cela ne fait pas partie du métier ;-D) ne sont pas les passages les plus attachants à mes yeux.

Pris dans le rythme et, une nouvelle fois, l'expérience, les rencontres du professionnel reconnu qu'est Michel Melot, je n'ai pas vu les pages qui défilaient mais me rendais compte, vu la finesse de l'ouvrage, que je m"acheminais rapidement vers sa fin.
Cette lecture fut donc, une nouvelle fois, une très bonne expérience qui donne envie de se plonger dans d'autres titres et des univers différents.

La sagesse du bilbliothécaire / Michel Melot. L'oeil Neuf, 2007. (Sagesse d'un métier).109 pages. 4*
Le bibliothécaire aime les livres comme le marin aime la mer.
Il n'est pas nécessairement bon nageur mais il sait naviguer. L'océan du savoir qui grise tous les savants, rend modeste le bibliothécaire. La bibliothèque est ce lieu indispensable où le savoir décante. Regardez comme cet océan furieux se calme dans la bibliothèque ! Le bibliothécaire sait lire les livres sans les ouvrir. Son regard transperce les couvertures. Il visite la page de titre, l'auteur, les éditeurs, va directement au colophon, relève la date, le format, le nombre de pages, s'attarde sur la table des matières, vérifie s'il y a des index.
Il évalue enfin sa robustesse et la qualité de son papier, celle de sa mise en page et de son impression. Tout est dit. Si les auteurs savaient cela, ils feraient de faux livres uniquement pour les bibliothèques.
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