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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 22:40
Dickens. Oui Dickens. Bien sûr que je connais, comme tout le monde, non ?
Enfin pas si bien que cela après tout, car je n'étais pas certaine d'avoir jamais lu une oeuvre intégrale de lui, autrement que sous une forme imagée.

Dame Chif' rendant avec enthousiasme son exemplaire à Fashion et, cette dernière, trop heureuse de prêter (et ayant sans doute ainsi l'impression de moins posséder) m'a tendu les mini-volumes qui se glissent si facilement dans la poche ou le sac :)
Bref je partais le coeur léger à la découverte de ce roman, pour lequel Flo venait de m'avouer qu'elle était sortie enchantée de sa lecture.
Devant tous ces beaux esprits et dans de telles conditions, auriez-vous su résister ?
Non, j'en suis certaine :)


De grandes espérances / Charles Dickens. Traduction de l'anglais par Charles-Bernard Derosne, révisée par Frédérique Pressmann. Seuil, 1993 (L'Ecole des lettres). 813 pages
Pip est un jeune garçon rêveur et sensible. Élevé par une soeur revêche et un beau-frère d'une nature excellente mais tenu sous la coupe de cette maîtresse femme, il aime à traîner au cimetière où sont enterrés ses parents. Les pierres tombales, bien évidemment, ajoutent à l'atmosphère lugubre de l'Angleterre dépeinte par Dickens, toile de fond au récit de l'ascension sociale de Pip.

Enfant, avant même qu'un héritage inattendu éveille en lui "de grandes espérances", il voit le monde à travers le filtre étrange de son imagination qui frise parfois le surnaturel et le prédispose à la rencontre avec deux êtres qui vont transformer sa vie : un forçat évadé, figure qui reparaîtra de manière récurrente, et Miss Havisham, vieille folle qui n'a de cesse, pour venger sa jeunesse bafouée, d'exhorter Estella à briser le coeur de toute la gent masculine. C'est chez elle, dans une demeure au temps assassiné, qu'il fera l'apprentissage des bassesses de la nature humaine.


La première bonne surprise de cette édition vient du préfacier : John Irving, auteur que j'apprécie énormément et, moi qui suis allergique aux préfaces, j'ai pris de l'intérêt à lire cette quarantaine de pages. Maintenant que j'ai terminé ma lecture il serait utile de la relire car il distille des informations tant sur l'ouvrage que sur l'auteur, et suis certaine que connaissant la tournure du roman, ma lecture et compréhension seraient tout autre.
Je n'ai pas partagé l'enthousiasme de certaines lectrices même si cette lecture ne m'a pas déplu. Les personnages sont intéressants, la plume de Dickens est manifeste (un crime de lèse majesté pour certains si j'avais émis une hypothèse autre, mais si elle m'avait déplu je l'aurais écrit de la même manière), et permet de se laisser gagner par des atmosphères, les brouillards des marais par exemple, le caractère si bien décrit par leurs gestes, propos et tenus de cette assemblée si dissemblable et qui se trouve réunie par Pip, ce jeune garçon qui pourrait passer comme insignifiant. C'est toute la force de l'auteur de créer à partir de ce petit bonhomme une histoire, de nous entraîner vers d'autres vies, d'autres personnages pittoresques. La folie, la bonté, ... tous les caractères sont là, faisant avancer l'histoire, la retardant par instant, entrelacement qui vient trouver son explication au terme de ce roman.
J'ai néanmoins trouvé dans certains chapitres un manque d'élan, une stagnation de l'histoire et un aspect moralisateur dans certains passages qui m'ont fait jugé cette oeuvre non pas vieillotte, mais marquée par son temps. Comme je l'ai dit, l'écriture n'en reste pas moins très imagée et originale.


Les billets beaucoup plus élogieux, et qui vous donneront davantage envie de découvrir cette lecture, de Chiffonnette, de Lilly.
Stéphanie, plus nuancée :)

Oh !!!
C'est le 101ème billet lecture :)
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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 23:20
Târ iranien -Ja'far-e San'at, Téhéran, vers 1960 - E.997.7.2

© Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès


Une collègue m'a demandé ce que c'était un târ, en voyant le titre du livre posé sur mon bureau. Une photo valant tous les discours... et faites un tour du côté de la Cité de la musique vous en sortirez enchanté, j'en suis certaine.


Le târ de mon père / Yasmine Ghata. Le livre de poche, 2008. 121 pages

A la mort de Barbe Blanche, son fils Hossein hérite du târ qui se transmet dans sa famille de génération en génération. Mais l'instrument lui résiste, refusant de libérer les accords mystiques qui font la gloire des musiciens d'Iran. Hossein décide alors de se rendre avec son jeune frère à la ville d'Ardabil où se trouve le meilleur luthier de la région.

 

La lecture de ce petit opuscule a été pour moi un grand moment de plaisir.

La musique est partout : dans les mots, les phrases, dans la vie de Barbe Blanche mais également dans celle de tous les protagonistes de ce court roman.

Court, certainement, mais au contenu fort riche.

J'étais partie dans une histoire de famille, d'héritage et de musique et je me suis vue transporter dans une quête, confronté à un assassinat, à l'histoire de deux musiciens, une histoire d'amour, de jalousie, le tout entrecoupé de poésie et d'un imaginaire féérique.

Cela vous semble beaucoup pour si peu de pages ? Pas du tout. Les liens s'entremêlent, une pièce musicale est jouée devant vous.
4 personnages vous font entendre leurs voix, vous racontent l'histoire du "târ de mon père", cet instrument magique qui se transmet de père à fils aîné et qui sait reconnaître l'héritier, sans fausse note.


Yasmina Ghata parle ici de son livre et en lit un extrait (vous entendrez ainsi que je n'ai pas menti).

Toujours concernant l'instrument lui-même :
"(...) Confondant sa silhouette et son instrument, il m'arrivait de croire que le manche en noyer était une paire d'os mal assemblés. Le târ de mon père n'était qu'un cadavre. N'était-ce pas d'ailleurs ainsi que le vieux Lamech avait inventé le 'ûd, reproduisant dans une pièce de bois le corps décomposé de son fils ? Une caisse de résonance pareille à sa poitrine, le manche figurant sa jambe, le chevillier son pied, et des cordes à l'image de ses veines. (...)

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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 07:21
Toute mon enfance...
Chien bleu / Nadja. Petite bibliothèque de l'école des loisirs, 2008. 36 pages
Charlotte a un ami qui n'est pas comme les autres. C'est un chien au pelage bleu et aux yeux verts brillants comme des pierres précieuses. Il vient la voir tous les soirs. Charlotte aimerait le garder mais sa maman s'y oppose. C'est alors qu'elle se perd dans la forêt.
Voilà à quoi j'ai pensé mardi soir en voyant ce livre sur le présentoir de mon libraire, où la folie de mes réminiscences d'adolescente m'avait poussée.
Et pourtant ce livre n'était pas mon préféré au cours de mes années de maternelle, pas plus qu'ensuite lorsque je revenais le feuilleter dans une classe plus moderne, mais un coin biliothèque laissé à l'identique malgré le temps passé et où je retrouvais mes premières "lectures", que je pouvais à présent lire sans le besoin d'un adulte.
Néanmoins j'avais pour lui un sentiment d'intérêt - répulsion peut-être lié à ce chien étrange qui, par sa taille me rappelait celui de ma famille, mais je ne parvenais pas à m'attacher à ce livre.
Cette relecture et le fait de m'y pencher quelques instants est néanmoins un instant assez magique.
Grâce à cet animal "fabuleux" par sa différence, Nadja soumet aux touts petits, et certainement davantage aux adultes qui les accompagnent, la notion de tolérance.
Là n'est pas la seule valeur qu'elle met en avant puisque l'on y retrouve également la loyauté et l'amitié.
Les peurs enfantines sont bien représentées avec la peur de la nuit, une certaine forme de cauchemar avec la présence du démon de la forêt et la crainte de l'abandon chez l'enfant.
En quelques pages et dessins admirablement maîtrisés tout est dit.

Mais mes goûts en matière de lecture était ailleurs...
Voici un petit florilège de mes lectures enfantines. Les illustrations viennent toutes du site de Flammarion
(Les classiques du Père Castor)
Mes préférés :
.
Tricoti Tricota / Gerda Muller, May d'Alençon. 1957
La boîte à soleil / Albertine Deletaille. 1954
Pic et Pic et Collegram / Marie Colmont. 1930
Les deux bossus / Jean-Michel Guilcher. 1930

Mais aussi :

Michka / Marie Colmont, Feodor Rojankosky. 1947
(Pour la petite histoire, comme l'institutrice racontait souvent Michka, maman avait fabriqué un ours Michka afin qu'elle puisse illustrer de manière plus vivante ses paroles ; il revenait à la maison pour des réparations au fil des années :-D)
Rosa ma tortue / Natache, Ljubanovic, Christine. 1971
Le grand cerf / Vassalissa. 1972

Perlette goutte d'eau / Marie Colmont, Gerda Muller. 1960
Roule galette... / Pierre Belvès, Natha Caputo. 1950
Les animaux qui cherchaient l'été / Natha Caputo. 1930

Et bien d'autres comme vous pouvez l'imaginer.
Ces livres vous disent quelque chose ?

En attendant, dans un registre plus moderne je vais me pencher sur :


Loulou / Grégoire Solotareff. Petite bibliothèque de l'école des loisirs, 2008. 31 pages
Lorsqu'un jeune loup qui n'a jamais vu de lapin rencontre un petit lapin qui n'a jamais vu de loup, ils ne savent pas qu'ils sont censés être ennemis, alors ils deviennent amis. Mais quand ils jouent à "peur du loup", Tom le lapin a beaucoup plus peur que Loulou le loup quand ils jouent à "peur du lapin". Et leur belle amitié finit par en souffrir...

Avant de l'envoyer vers un jeune lecteur dont l'anniversaire approche :)


L'avis éclairé de la fille d'Antigone :) concernant Chien bleu.
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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 21:15
Pfft grâce à une dame Kulturelle qui ne peut s'empêcher d'éclater de rire et de partager ses informations, vous savez quasi tous que j'ai découvert : TWILIGHT !
Comme Fashion vous a fait une version courte, voici la version longue...

Bien entendu que j'avais entendu parler de la saga vampire de Stephenie Meyer !! Les parisiennes s'épanchaient sans vergogne, et pas seulement dans leurs billets, mais bon ... je me disais qu'à l'occasion cette série allait un jour ou l'autre atterrir dans ma PAL. Pas de précipitation et puis bon les histoires de vampire, je connais. J'en ai lu et vu pas mal. Alors certainement pas de quoi casser 3 pattes à un canard.
J'ai lu avec bonheur les billets de Karine et Pimpi, me suis amusée et me suis dit que j'irai certainement voir cette daube (aie !! pas taper ! La suite va vous prouver que souvent femme varie).

Avec dame Chiffonnette, nous avons décidé de nous rendre à une séance lors de la sortie de ce film  (arghhh , * soupir* que du bonheur !!!)

Oui vous avez bien lu... J'avais beau avoir vu les bandes annonces, avoir entendu et lu moult commentaires à propos de ce(s) livre(s), film, je venais les mains dans les poches. Et j'en suis ressortie RAVIE !!!
Oui je vous le concède pour beaucoup cela ressemble à une gentille bluette, mais j'ai été fort surprise de retrouver les images des premiers émois amoureux, du désir ... Bref j'étais sous le charme et n'ayant pas lu, je n'avais pas de point de comparaison donc j'étais certainement bien moins déçu que beaucoup d'entre vous.
Bien entendu ce film  a des défauts, et suis entièrement d'accord avec Fashion et Stéphanie sur bien des points dont l'excès de maquillage notamment.
J'aime beaucoup Carlisle, mais sa première apparition à l'hôpital est très bof, bof.
La scène du ventilateur m'a fait aussitôt songer à Karine et éclaté de rire.


Mon enthousiasme était tel que nous avons papoté avec Chif' et j'ai appelé Fashion dans la foulée pour lui réclamer ses livres et lui crier combien j'étais tombé en pamoison devant ce film.
Je vous laisse imaginer son rire à m'entendre. Tout de l'ado.... (m'en fiche * re-soupir*).

Rentrée chez moi je suis allée relire les billets des bloggueuses et ai déniché sur Internet "Midnight Sun".  Même incomplet, je découvrais des éléments que je n'avais pas compris et cela me donnait envie de retourner fissa au ciné et,... de lire... la saga.

God bless Stéphanie qui samedi est venue à mon secours, apportant avec elle les 2 premiers volumes. :))
Et voilà nous arrivons au coeur de ce billet (bah oui je l'ai mis dans la catégorie Lectures et pas Papotages, même si...)

Fascination / Stephenie Meyer. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau. Hachette Jeunesse, 2007. 524 pages
Bella, seize ans, décide de quitter l'Arizona ensoleillé où elle vivait avec sa mère, délurée et amoureuse, pour s'installer chez son père, affectueux mais solitaire.
Elle croit renoncer à tout ce qu'elle aime, certaine qu'elle ne s'habituera jamais ni à la pluie ni à Forks où l'anonymat est interdit. Mais elle rencontre Edward, lycéen de son âge, d'une beauté inquiétante. Quels mystères et quels dangers cache cet être insaisissable, aux humeurs si changeantes ? A la fois attirant et hors d'atteinte, au regard tantôt noir et terrifiant comme l'Enfer, tantôt doré et chaud comme le miel, Edward Cullen n'est pas humain.
Il est plus que ça. Bella en est certaine. Entre fascination et répulsion, amour et mort, un premier roman. fascinant.

Que vous dire que vous ne sachiez déjà ? Je l'ai dévoré. Oui, une nouvelle fois, j'ai retrouvé mes émois d'adolescente, me suis retrouvée comme une midinette (c) à vouloir poursuivre ma lecture, m'enflammer pour le jeune premier (alors que la vision de Robert Pattinson dans le rôle titre ne m'avait pas émoustillé de prime abord) si craquant dans l'écriture de Stephenie Meyer.
Bien entendu cette histoire est une histoire d'amour mais elle a eu l'intelligence d'ajouter sa touche personnelle avec cette idée de vampire, l'idée d'attraction - répulsion de tout adolescent aspirant à connaître l'amour tout en étant effrayé par l'inconnu. Néanmoins prêt, tout comme Bella, à tout pour assouvir son désir, au mépris des dangers et obstacles. La différence et les obstacles étant un corollaire à tout cela.
Rien n'est épargné à nos amoureux : jalousie des amis, de membres de la famille. Et la présence du danger tout comme la résistance d'Edward a ne pas mordre Bella,  dans ses élans passionnels sont absolument irrésistibles.
Pour tout vous dire, j'ai lu d'une traite ce volume, sachant que le lendemain je retournais voir le film et que je voulais le voir avec une oeil totalement différent.

Connaissant l'histoire et l'ayant déjà vu j'ai mieux compris le sourire et le demi-rire d'Edward lors de leur première rencontre à la cafétaria.
J'ai vu les fleurs dans la scène de la clairière ainsi que la transition dans le paysage au cours des premiers plans : on passe d'un paysage vallonné mais aride à  un paysage montagneux et neigeux (on ne rigole pas derrière son ordi, non mais...).
Le maquillage m'a moins choqué sauf la scène de l'hôpital et une autre dont je ne parviens pas à me souvenir, où Edward est à moitié vert tant la couleur est laide. (Je sais, c'est une bonne excuse pour y retourner, non ?)
J'aime toujours autant les scènes familiales : dans la maison des Cullen, le match etc..
Je me suis toujours autant amusée à les voir arriver ensemble au Lycée, lui avec ses Ray-Ban :))
Bien entendu, je n'ai pas ressenti le même émoi lors du baiser, mais....
j'ai néanmoins soupiré, dixit Stéphanie, à d'autres moments du film - MIDINETTE for ever !!! -

Tentation / Stephenie Meyer. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Luc Rigoureau. Hachette Jeunesse, 2007. 571 pages
" Tu ne me reverras plus.
Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, je ne m'en mêlerai plus. Ce sera comme si je n'avais jamais existé. " Rejetée par celui qu'elle aime passionnément, Bella ne s'en relève pas. Fascinée par un vampire, comment pourrait-elle retrouver goût à la pâle existence humaine ? Pourtant il faut vivre. Mais Bella n'a de goût pour rien, sinon le danger : alors elle entend la voix d'Edward, et éprouve l'illusion de sa présence.
Comme s'il ne l'avait pas abandonnée, comme s'il tenait encore à elle. Bella échappera-t-elle à cette obsession amoureuse qui la hante ? A quel prix ?.

Après les premiers émois amoureux, voici que déjà S. Meyer nous jette dans les affres de la séparation.
Bella est tétanisée par sa rupture : elle n'est plus qu'un zombie, l'ombre d'elle-même et vous ressentez sa souffrance comme tout personne ayant vécue une rupture qui vous a fait imaginer que vous ne vous relèverez jamais. La différence chez elle est rendue par une souffrance physique qui perdure en dépit des mois qui s'écoulent. Mais le piège à catastrophe qu'elle est va lui permettre de commencer à se relever et d'aller au-devant de nouveaux problèmes, tout en elle n'est qu'aimant à situations inédites et fantastiques.

Les retournements  de situation sont bien faits, l'auteur sait doser notre attente.
J'attendais l'omniprésence de Victoria dans ce second volume, mais elle n'apparait qu'en filigrane, déclenchant de nouveaux éléments autour de Bella.

Je suis ravie de cette lecture et attends avec impatience de la poursuivre (Stéphanie, help !!! As-tu retrouvé le 3ème volume ?).
En attendant le prêt de Hésitation, je viens d'acquérir Révélation.
Vais-je résister ?

Et... Oui, je le revendique, une nouvelle fois :
Je suis une midinette ! :))


A lire absolument : Le billet de Nezdepapier

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 20:20
Non ce titre n'a rien à voir avec ma mémoire de poisson rouge, et n'y voyez rien de personnel dans ce choix de lecture, mais le sujet étant largement d'actualité, j'ai eu envie de découvrir le roman de S. Merrill Block :

Histoire de l'oubli / Stefan Merrill Block. Traduit de l'anglais (Etats-Unis)par Valérie Malfoy. Albin Michel, 2008. 357 pages
Impressionnant premier roman d'un jeune auteur de vingt-six ans, Histoire de l'oubli raconte, des années 50 à la fin des années 90, l'histoire d'une famille frappée de génération en génération par une forme précoce de la maladie d'Alzheimer.
Seth, un adolescent surdoué, conscient que ses parents lui ont toujours caché les secrets du passé familial, se lance dans une véritable enquête sur ses origines. A quelques centaines de kilomètres de là, Abel Haggard, un vieil ermite bossu, ne vit plus que de souvenirs, attendant le retour de sa fille dont il n'a plus de nouvelles depuis plus de vingt ans. Et si la rencontre improbable de Seth et Abel parvenait à rompre l'engrenage de la malédiction? Fait de tragédie mais aussi d'humour et d'espoir, un grand livre plein d'émotion, qui ne vous lâche pas.

Contrairement à ce que le sujet pourrait vous laisser imaginer, ce livre n'est absolument pas larmoyant. J'ai pourtant une facheuse tendance à avoir la larme très facile ausi bien dans mes lectures qu'au cinéma mais là... non, donc vous n'avez aucune crainte à avoir.

Je dois avouer avoir eu, une nouvelle fois, un peu de mal à entrer dans ce livre, mais ce ne fut l'histoire que d'une cinquantaine de pages. L'auteur entrecroise l'histoire de ses personnages : Seth et Habel ainsi qu'une légende : le royaume d'Isidora. Perplexe vous vous demandez comment il va vous emmener à la rencontre des protagonistes, tant il vous semble loin l'un de l'autre, tant leur histoire n'a rien en commun. Quant à la maladie d'Alzheimer, le thème premier du roman, l'énigme reste entière...

Et puis, les premières marques s'impriment : la maladie de la mère de Seth, sa volonté de la comprendre, et de savoir ce qu'elle lui cache de ses origines nous entraîne dans une quête, sa quête mais aussi celle de l'auteur a mieux nous aider à comprendre comment une maladie peut gagner une famille, se répandre... Il nous donne symptômes, évolution de la maladie via une certaine forme d'étude de cas mais en ne cherchant nul pathos. Est-ce le fait de voir cette maladie au travers des yeux de Seth qui nous permet de mieux prendre les choses ? Je ne sais.

Je ne crierai pas au génie. J'ai aimé ce livre, la manière dont la maladie est présentée, la souffrance des personnages perceptibles mais sans verser de pleurs. Mais j'ai avant tout aimé le côté historique de la maladie : qui fut le premier porteur et comment à cause des symptômes les plus connus (l'oubli) il a pu la transmettre à autant de descendants.

En dépit de son intérêt La légende d'Isadora m'a gênée ; elle provoquait dans ma lecture une rupture de style et je n'ai compris que tardivement, en raison de mon manque d'intérêt, son importance dans l'histoire.

Ce livre a réellement sa place, car il permet d'aborder un sujet de manière assez fine, romancé certes mais avec de multiples informations.

 


Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel.

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 21:19
Les débris du Chaudron / Nathalie Dau. Illustrations de Magali Villeneuve. Argemmios éditions, 2008. 184 pages
L'amour et la vengeance ont l'art de traverser les âges, et ce d'autant plus lorsque les dieux sont impliqués.
Pour certains mortels, cela signifie un héritage lourd à porter, mêlé de malédiction.
Ainsi en va-t-il d'Augusta Quinn et d'Alwynn Archaft. Destinés à réparer le chaudron de Kerridwen, afin de permettre le retour de la déesse, ils devront compter avec Affang, le terrible démon des eaux, qui les poursuivra de sa haine.
Mais en cette fin de XXème siècle, un dieu veille et se souvient. Capable d'arpenter les lieux d'ici et d'ailleurs,Kernunnos, sous l'un ou l'autre de ses avatars, permttra à la réalité de rattraper le mythe ... et de le dépasser.

Voici bon nombre de mois que j'entends parler de Nathalie Dau au détour des conversations, de billets... J'avais eu l'opportunité de découvrir une de ses nouvelles "Le goût du miel" dans l'anthologie "Ouvre-toi !" J'avais aimé le style, le sujet ...
En rangeant ma PAL j'ai redécouvert cet ouvrage gagné au cours d'une journée bien remplie :) Plusieurs fois il m'avait fait de l'oeil, mais à chaque fois, un autre ouvrage se retrouvait entre mes mains. Souhaitant lire autre chose que des policiers, qui semblent dominer mes lectures actuelles (ils sont tous différents alors pourquoi s'en priver), j'ai eu une idée lumineuse qui m'a rapidement accaparé :-D
De nombreux ouvrages sur la mythologie, la civilisation Celte (côté irlandaise) se sont accumulés chez mes parents sans qu'aucune passion n'en résulte en ce qui me concerne.
Non je n'avais pas souvenir du nom de Kerridwen, pas plus que de son histoire, mais cela ne m'a pas empêché de lire avec intérêt ce roman.
C'est une balade dans le temps dans laquelle nous entraîne les deux premiers chapitres des "Débris du chaudron" : un temps indéfini et l'année 1933. Quels liens existent-ils entre ces deux époques ? Votre imagination vous titille. Mes lectures policières n'y suffisent pas car la magie, le côté féérique est là et je ne peux l'ignorer. On me parle de malédiction familiale ! Me voici plongée un peu plus dans ma lecture, cherchant déjà les liens entre ce 1er chapitre et cette traversée des siècles si rapide. L'auteur est futée. Elle ne m'a pas encore donné assez d'informations, je sais si peu de choses sur ce couple qui vient s'établir en cette contrée lointaine pour des raisons qui me restent inconnues que je n'ai pas d'autres choix que de poursuivre ma lecture.
Je poursuis ma découverte de l'histoire de cette magicienne, je redécouvre le petit monde d'en bas, la féérie domine, la sagesse également. Sous de sages apparences je crois voir les prémices des guerres de religions mais ce n'est pas vers cet aspect que m'entraîne l'auteur. Son propos est magique et se poursuis dans cet univers.
Lorsqu'elle me bascule dans le temps, les sauts sont importants : après 1933, c'est l'année 1955 puis 1971, 1996 ... J'avais démarré cette aventure aux Etats-Unis, elle me promène dans la vieille Europe et le berceau des légendes celtiques.
Vous en dire plus ? Non je vous en ai dit déjà beaucoup.
C'est un très belle histoire humaine, d'amour et d'obstacles à la vie (non ce n'est pas de l'eau de rose, n'ayez crainte !). Mais on sait que la vie ne sera que plus douce pour tous nos personnages, une fois ce livre refermé. 
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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 21:40
Les démons de Dexter / Jeff Lindsay. Traduit de l'anglais par Sylvie Lucas. Michel Lafon, 2008. 323 pages
Dexter Morgan est le serial killer dont certains rêvent en secret, qui canalisent ses instincts de tueur en se débarrassant des monstres ayant échappé à la justice.
Son job de technicien de scène de crime pour la police de Miami lui fournit une couverture idéale : l'apparence de la normalité. Mais un jour, tout bascule : un double homicide commis sur le campus de l'université le terrifie. et le prive de sa voix intérieure, le Passager noir, qui l'aidait à identifier les assassin. Le plus dur, pour lui, sera de préserver les enfants de sa fiancée Rita, les jeunes Cody et Astor.

Si j'avais émis quelques critiques minimes par rapport aux 2 précédents volumes (ici et :-D), rien de tel pour ce volume.
Les difficultés s'accumulent pour Dexter. A force de jouer à Monsieur Tout le Monde, notre héros se retrouve à deux doigts de son mariage et les enfants de Rita attendent avec imaptience que leur mentor leur montre le chemin qu'il leur a promis. Voici de quoi le pertuber quelque peu pour "ses petites affaires". Résultat ou réel manque d'opportunité, une des étapes impératives apprise auprès de son père adoptive est quelque peu malmenée. Il ignore l'impact que sa semi-certitude va avoir pour les semaines qui vont suivre, et pourtant c'est son existence qui va être remise en question. Son double en effet disparaît au cours d'une affaire plus qu'étrange, et qui s'envenime. D
Désorienté, malmené par les éléments, le quotidien et son entourage, Dexter découvre les frayeurs de l'homme ordinaire, ayant perdu ses certitudes et sa confiance en lui : deviendrait-il un homme ?
Mais tout n'est pas si simple et Jeff Lindsay s'appuyant sur l'adage que "dans toute légende, une part de vérité sommeille", va nous entraîner avec son héros dans une course dans le passé, nous allons revisiter ensemble les légendes et histoires du passé ;-D Ce serait trop simple et vraiment pas sympa de faire un lien vers Wikipédia mais dès que vous saurez le nom je vous invite à jeter un coup d'oeil sur la page correspondante, et vous pourrez vous rendre compte que l'auteur a réellement effectué quelques recherches.
Dans ce volume, vous découvrirez l'ombre noire mère de toutes les ombres, et vous comprendrez (un peu, * La vérité semble ailleurs * - je pastiche si je veux !! -) d'où vient le Passager noir.
Notre brave Dexter n'est pas aux bouts de ses peines entre sa femme, ses enfants, sa soeur et son boulot. Mais son humour revenant à la charge tout comme sa personnalité, si originale, j'espère que le prochain volume sera à la hauteur.

Merci Carolyn :)) Il faut absolument que tu le lises.
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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 07:35
L'élégance du Hérisson / Muriel Barbery. Gallimard, 2007. 356 pages
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "

Comme le film doit sortir en 2009, je me suis dit qu'il serait intéressant de le lire avant que les critiques ne se jettent à nouveau sur lui ; cela devrait également me permettre de le rendre à son propriétaire (OUI, je sais à qui appartient cet exemplaire. Cela vous épate, n'est-ce-pas ?)
Je sais que ce livre a fait l'objet d'un buzz phénoménale mais comme je me penche rarement sur ces phénomènes, j'ai débuté très naïvement ma lecture en ayant néamoins lu la 4ème de couverture.
Que c'est long me suis-je dit au bout d'une heure de lecture alors que j'avais l'impression d'avancer à la vitesse d'un escargot. Vraiment je ne comprends toujours pas le battage médiatique autour de certains livres, ai-je pensé en poursuivant ma lecture. Et puis elle arrive quand la rencontre entre ces 2 personnages ? Pfft elle me lasse la Renée avec ses blablatages, ses disgressions, moi je n'y comprends pas grand chose...
Puis le miracle ! Les personnages sont tous là. On s'attache à Manuela, à Mr Ozu. On redécouvre Renée, Paloma s'ouvre à la vie, la relation se crée. Que du bonheur !! Mais ce fut bien laborieux.

Preuve si nous en avions encore besoin qu'il faut donner sa chance à un livre (je ne parviens toujours pas à m'arrêter da
ns une lecture ou alors je sais que je vais la reprendre à un moment plus propice).
C'est dommage car la plume de Muriel Barbery est réellement agréable une fois que l'on parvient à se plonger dans l'histoire.
Une note particulièrement positive à sa vision de la grammaire - moi qui ai attendu  l'après bac pour y comprendre quelque chose, du point de vue de Paloma, c'est lumineux ! :))
J'aime beaucoup le nom des chats : Constitution & Parlement les 2 chats de la famille Josse, Levine (pas Lénine, Manuela :D) & Kitti chez Monsieur Ozu.
Et oui cela me donne envie de lire Anna Karénine (j'avoue que de nombreux classiques manquent à ma culture).


Ce livre faisait partie de la sélection 2007 pour le prix Biblioblog. Vous pouvez également consulter l'avis de Papillon tombée totalement sous le charme
.
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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 10:16
Pour une fois j'y ai pensé !
A quoi ? A prendre ma journée du 5 janvier. Bon je vous rassure ma mémoire est toujours aussi défaillante puisque vendredi dernier, un transporteur m'ayant demandé si j'étais chez moi ce lundi 5, j'ai bien entendu répondu : "Non !".

Non ma photo n'est pas pourrie, c'est le temps, ce matin, sur Paris

Quelle bonne idée j'ai eu puisque pour ceux qui ne sont pas dans notre capitale, la neige est de la partie ce matin, bon nombre d'ex-vacanciers reprennent en faisant la gueule les transports en commun afin de se rendre au boulôt où là, sourire de façade, ils vont souhaiter une "bonne année" à leurs collègues.

Pour moi, l'année commence toujours bien puisque je reçois le double de cadeaux, le double de cartes et d'appels téléphoniques.
Vous l'aurez compris aujourd'hui est une date à noter dans vos tablettes :-D (si ce n'est pas encore fait, lol) car je prends une année de plus.

Merci Stéphanie !

Bien entendu, tout cela ne va pas améliorer ma mémoire défaillante puisque mes neurones poursuivent leur chemin de destruction depuis ... euh... belle lurette :-D

Carolyn, elle, a imaginé, que c'était le moment de m'aider à remettre à flot ma PAL.
Grand merci Caroline et pour répondre à tes inquiétudes, non je n'ai lu ni l'un, ni l'autre.

 


Merci également pour leurs messages via SMS, Facebook, messagerie perso et liste parisienne à  : (je me limite aux bloggueurs, rassurez-vous)
Magali, Flo, Emeraude, Amanda, Caro[line], Lucile, Chiffonnette, Stéphanie, TamaraFashion, Alinea, Yueyin.

A vous qui passez ici, je vous souhaite, avec un grand sourire et sincèrement,  une

Très Belle Année 2009
ainsi qu'à vos proches !

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 22:00
... en direct live (enfin presque :s)
Bref j'ai fini l'année en beauté en profitant de mes 4H00 de train (fin des congés) pour prendre le temps de lire :


Raison et sentiments / Jane Austen. Traduit de l'anglais par Jean Privat. 10/18, 2008 (Domaine étranger). 374 pages
Raisons et sentiments sont joués par deux sœurs, Elinor et Marianne Dashwood.
Elinor représente la raison, Marianne le sentiment. La raison a raison de l'imprudence du sentiment, que la trahison du beau et lâche Willoughby, dernier séducteur du XVIIIe siècle, rendra raisonnable à la fin. Mais que Marianne est belle quand elle tombe dans les collines, un jour de pluie et de vent.

Et là je m'épate toute seule puisque j'ai lu 3 oeuvres (dont 1 fort court) de Jane Austen cette année et que j'ai bien envie de poursuivre avec cette nouvelle année :)
Entre Orgueils et Préjugés et ce roman, mon coeur balance. Mais l'adaptation de la BBC permet au premier de prendre un avantage non négligeable sur Raisons et sentiments.
- Si Je parviens à soudoyer Chiffonnette, pour un emprunt, mon avis sera peut être modifié :))
-
Je reconnais que l'on retrouve des similitudes dans les 2 romans : les soeurs, l'espérance amoureuse de ces jeunes femmes, le manque de fortune, et quelques jeunes hommes bien faits de leur personne. Le rôle de Madame Bennet n'est plus le fait de la mère de ces jeunes femmes, mais de Mme Jennnings et de sa fille Charlotte (que j'imagine rire un peu comme Lydia...)
Je cesse là la recherche des ressemblances, car cela n'est point si flagrant et juste un point de vue bien postérieur à la lecture.
En effet, je n'ai pas eu de mal à me plonger dans ce roman, même si, durant les premières pages : la mise en situation des personnages, les explications relatives à ce qu'ils sont et les nouvelles dispositions de leur existence,... me semble avoir un peu freiné ma lecture, si j'en juge ensuite à la vitesse et à l'envie de la poursuivre. Le moment clé ? Mais l' installation de Madame Dashwood et de ses 3 filles dans le Devonshire ainsi que la rencontre  de Marianne avec Willoughby.  Ce dernier m'apparaissait comme un peu niais, mais, pas tant que cela... Tout s'accélère encore au cours de la visite des 2 soeurs à Londres....
Oui les situations sont archaïques lorsque l'on regarde ce roman avec notre oeil du XXIème, mais les sentiments de Marianne ressemblent fort à ceux d'une jeune adolescente d'aujourd'hui vivant sa première rupture amoureuse (ou alors elles ont encore plus évolué que lorsque j'étais moi-même ado ;-D). Son manque de réalisme est parfois un peu pénible pour nous lecteurs, mais la trop grande force morale de sa soeur peut également avoir ce pouvoir chez d'autres.
Certains des personnages de ce roman, homme ou femme sont réellement odieux, adorables, "gentils" et ce sont parfois des caricatures assez cruelles  (mais vraisemblables des gens que nous cotoyons même si les temps ont changé) faites par Jane Austen. On peut le voir comme une tranche d'histoire quant aux relations humaines de cette période.

Comme déjà mentionné, tout cela m'incite à poursuivre dans les classiques...


Les avis 2008 de la tribu parisienne : Tamara, Caro[line], 2007 ;-D : Stéphanie
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Published by Uncoindeblog - dans Traduit de l'anglais
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