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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 06:48

http://www.decitre.fr/gi/05/9782851977205FS.gifDiamants et silex / José Maria Arguedas. Traduit par Eve-Marie Fell. L'Herne, 2012. 120 pages

Quand ils virent don Aparicio, ils lui frayèrent un passage.
L'herbe, haute et encore verte, envahissait le sol. Il parvint au bord de la tombe ; la dépouille avait déjà été descendue. On l'avait habillée d'un vêtement couleur café. Les pieds, nus et jaunes, étaient visibles. Une capuche couvrait sa tête ; sur son visage on avait placé des cotons. De ses mains croisées pendait un petit lama fabriqué avec des bouts de bois et rempli d'un morceau d'alpaga. Le lama allait l'accompagner dans le voyage silencieux qui le mènerait à la grande tour que construisent les morts, d'après les Indiens d'Alk'amare, sans jamais la finir, sur la cime lointaine du mont K'oropuna.

 

Je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre concernant ce petit ouvrage et pourtant je dois avouer que j'ai été déçue une fois la dernière page tournée.

Sans doute les premières pages me parlaient-elles davantage et étais-je partie vers un imaginaire totalement différent de ce que l'auteur a voulu transmettre.

L'histoire : un homme simple, Mariano, mais harpiste dont on découvre à travers les premières pages l'existence passée et comment il est arrivé à la ville, poussé par la jalousie et la méfiance de son frère aîné qui, à la mort de leur père a su faire peur à sa famille pour que ce simple d'esprit soit pousser vers l'inconnu, sans possibilité de retour. L'évocation de la prime jeunesse de Mariano est l'occasion d'évoquer la vie, les coutumes de ce petit village pauvre dans les montagnes. En amenant Mariano à la ville, c'est un autre univers qui nous est transmis : les différences de castes que l'on retrouve par l'architecture et la géographie de la ville, les comportements des uns envers les autres.

Mariano ayant, par le fruit du hasard échoué dans la vie de Don Aparicio, le fils fortuné de la ville, c'est également l'existence de cet homme-enfant usant et abusant de ses privilèges que José Maria Arguedas nous montre : droit de cuisage, abus de pouvoirs etc. On retrouve tous les travers de l'existence de ses hauts personnages avec un mal être et une insatisfaction chronique vis à vis de l'existence qui vont le pousser à détruire son univers, tel un enfant insatisfait brise son/ses jouet(s) préféré(s) afin de parvenir à ses fins ou par trop déçu de voir que quelque chose pourrait lui échapper.

Si le rendu, l'atmosphère sont ciselés et parlantes, le texte ne m'a pas convaincu et j'aurais certainement aimé une chute différente.

 

Lu en partenariat avec Babelio :

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