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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 09:30

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/2/1/0/9782221081747FS.gifLa Trilogie de Barrytown : The snapper, The van / Roddy Doyle. Traduit de l'anglais (Irlande) par Bernard Cohen  et par Isabelle Py Balibar. Robert Laffont, 1996 (Pavillons). 248 + 344 pages. 3,5*

L'ennemi contre lequel Sharon devait se battre, c'était le sens de l'humour de Barrytown. Elle n'arrêtait pas de dire que le père était un marin espagnol et ils voulaient bien la croire, mais chaque fois qu'ils imaginaient Mr Burgess avec le froc baissé, ils oubliaient le navigateur espagnol. Il y a enfin de quoi rire à Barrytown : Sharon, la fille Rabbitte, attend un enfant et refuse de révéler le nom du père. Les suppositions vont bon train. La plus drôle : prétendre qu'il s'agit de George Burgess, père de famille, pas de première jeunesse et totalement dépourvu de charme. Trois comédies composent LA TRILOGIE DE BARRYTOWN. Elles mettent en scène les membres de la famille Rabbitte dans un quartier ouvrier des faubourgs de Dublin : Barrytown. The Commitments a été adapté au cinéma par Alan Parker, The Snapper et The Van par Stephen Frears.

 

Il y a quelques années je découvrais Roddy Doyle grâce à l'adaption au cinéma de "The snapper". En déambulant dans les allées d'une librairie, j'étais décidé à le lire mais avais pris deux autres titres ce jour là.

Dernièrement l'envie était là et je n'ai pu m'empêcher de prendre les deux derniers volumes de cette Trilogie de Barrytown.


Le propre de l'écriture de Roddy Doyle est d"écrire des dialogues, pas de description longuette, vous êtes au coeur de l'action. D'où la sensation de retrouver le film car la transposition semble plus aisée car nul besoin d'essayer de rendre l'imagination de l'auteur mais de donner vie aux dialogues.

Et il faut avouer que ces dialogues, parfois, ne sont pas piqués des hannetons, très vivants, du fait de cette grande famille et de leurs amis. Nous les suivons tous mais plus particulièrement Jimmy Sr, le père de cette tribu et son ainée, Sharon a qui ce volume est consacré. Car Sharon est enceinte. Et si la famille Rabitte n'en fait pas un drame, la question qui demeure est qui est le père ? La question perturbe un peu l'équilibre mais n'empêche nullement le père et la fille de retrouver leur bande au pub du coin à se moquer les uns des autres, à s'entraider en tournant en dérision les problèmes qu'ils rencontrent. Une tranche de vie drôle et attachante avec des dialogues parfois mordants.

Alors oui on peut trouver le tout un peu trop stéréotypé, mais peu importe puisque la joie de vivre, les portes qui claquent et les éclats de voix permettent au lecteur de tomber sous le charme de cette famille attachante et dont l'humanité n'est pas en reste.

Un ensemble d'élements que l'on retouve dans "The Van". C'est Jimmy Sr qui est au centre de ce roman. Il est au chômage et ne sais plus très bien comment sa vie doit se dérouler puisque s'il continue de se lever comme avant, ces journées lui semblent bien vides et l'absence d'argent se fait sentir au quotidien, pas seulement au moment de Noël. Parallèlement, ses enfants ont grandi et sont plus indépendants. Quant à Véronica elle a décidé de reprendre des études en cours du soir. Heureusement sa petite fille est là pour l'accaparer un peu même si tout cela ne suffit pas à remplir le vide créé par la perte de son emploi.

Mais son copain Bimbo perd à son tour son emploi. Jimmy revit en aidant son ami à remplir ses journées, en se sentant moins seul dans sa vision de ne plus avoir sa place dans leur micro société. Mais tout cela ne peut pas durer....

Paradoxalement c'est Bimbo, le crédule, qui va réagir le plus rapidement. Dans sa volonté de retrouver un travail, il va créer sa propre activité entraînant son meilleur ami dans ce nouveau challenge.

Alors bien entendu, tout ne sera pas rose et sans la femme de Bimbo, les problèmes administratifs comme l'approvisionnement et la comptabilité ne seraient pas une réussite, mais la petite affaire semble démarrer.

Les épouses, la jalousie, l'amitié, les bons mots et la famille sont une nouvelle fois au rendez-vous de cet opus de Roddy Doyle, toujours plus proche de nous, avec cette remise ne question des hommes  qui perdent leur travail, perdant leur raison d'être, leur fierté et leurs difficultés à  rebondir.  Du fait de son actualité, et de la sensibilité qui se cachent dans tous les personnages, c'est peut être le volume que j'ai préféré dans cette trilogie.

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 19:52

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/165x250/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/2/1/1/9782221115701FS.gifPaula Spencer / Roddy Doyle. Traduit de l'anglais (Irlande) par Isabelle D. Philippe. Robert Laffont, 2012 (Pavillons). 302 pages. 4*

A Dublin, le boom économique des années 2000 efface peu à peu les traces de la pauvreté. Dans sa petite maison, où vivent encore ses deux enfants, Leanne et Jack, Paula livre sa guerre personnelle à son propre passé. Elle vient de fêter ses quarante-huit ans et a décidé que ça suffisait : elle ne laisserait plus l'alcool détruire sa vie. Depuis quatre mois et cinq jours -précisément-, elle ruse avec ce tueur à la fois séduisant et repoussant. Déployant mille stratégies pour l'abattre, elle mène une guérilla de tous les instants. Fascinés par son courage, enchantés pas son piquant, nous partons avec elle à la reconquête du bonheur.

 

Après nous avoir conté les coups, la chute vers l'alcool et sa dépendance dans La femme qui se cognait dans les portes, Roddy Doyle revient à l'existence de Paula quelques années plus tard.

Dix années ont passé. Son plus jeune fils approche de la majorité et est encore lycéen. Souvent elle voudrait le prendre dans ses bras, mais il n'est plus le bambin qui cherchait sa tendresse qu'elle noyait dans l'alcool. Pour Jack comme pour Leanne, sa fille qui vit encore sous son toit, ou pour Nicola et John Paul qui ont construit leur vie, cette mère reste celle qui cachait ses bouteilles, s'écroulait dans le canapé...

Et même si les jours s'écoulent depuis la dernière goutte bue, la tentation n'est jamais loin et le regard de Jack, si taciturne, reste une souffrance pour Paula.

Ce roman n'est pas seulement un compte rendu du manque par rapport au sevrage qu'elle s'impose, mais également un regard sur Paula par elle-même sur ses erreurs passés, la perte de confiance de ses enfants, de sa famille qui reste le pivot de son existence. On découvre que c'est l'annonce de la future maternité de Nicola qui lui a permis de décrocher une première fois. Fière de de ses petites filles, elle a retenté de décrocher afin que, contrairement à ses enfants, ses petits-enfants n'aient pas l'image de la femme saoule. Ne fut-elle pas aidé dans sa démarche par l'exemple de John Paul qui semble avoir vaincu ses propres démons et cherche maladroitement à se rapprocher de sa mère ? 

Les liens familiaux restent la constante des romans de Roddy Doyle.

Des petits riens qui font qu'elle essaie d'approcher ses enfants qu'elle a perdu en raison de la violence de leur père, de son alcoolisme, de leurs propres démons. Et alors que, vaille que vaille tout pourrait aller mieux, Paula se voit en miroir dans le comportement de Leanne qui plonge dans ces mélanges alcoolisés qu'elle connait si bien. A travers de simples gestes du quotidien, elle cherche à aider sa fille car les reproches qu'elle peut se faire ne change rien au fait qu'elle doit tendre la main à Leanne, lui montrer que la vie peut avoir un sens. Sa fille était friande de soupe, de lentilles ? Elle se remet à cuisiner pour elle, pour l'aider à retrouver le goût des aliments, qu'elle même redécouvre progressivement.

Fort heureusement, même si l'époque a changé, si l'Irlande est devenue un petit dragon et voit l'immigration grandir, la famille reste l'unité centrale et les coups du sort : cancer, alcoolisme, augmentation des loyers ne sont que des obstacles pour cette tribu qui cherche à rester souder quelque soit l'obstacle. 

 

Cryssilda en parle ainsi que des problèmes de traduction de l'ouvrage.

 

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 21:30

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/2/1/1/9782221102091FS.gifLe maître / Colm Toibin. Traduit de l'anglais (Irlande) par Anna Gibson. Robert Laffont, 2008 (Pavillons). 425 pages. 4,5*

"A un moment, je me suis aperçu qu'un certain Henry James me trottait dans la tête et j'ai eu envie d'ajouter un peu de fiction à la vie de ce grand homme. " C. T.

En 1895, à Londres, Henry James présente sa pièce Guy Domville. C'est un échec retentissant. Hué par le public, blessé, il se réfugie en Irlande pour se consacrer au roman... l'histoire racontée ici commence le jour de ce fiasco et explore les cinq années qui ont suivi, cinq années vouées à l'art, durant lesquelles James a écrit ses derniers chefs-d'œuvre. Mais à quel prix ? Le procès d'Oscar Wilde, la mort de sa sœur et, surtout, le suicide de son amie, la romancière Constance Fenimore, lui rappellent avec cruauté l'aridité de sa vie privée et son incapacité à aimer, hormis ses personnages. Pour devenir un tel génie, James devait-il refuser tout engagement amoureux et censurer ses sentiments? Y a-t-il vraiment dans l'art, comme le pensait le romancier, quelque chose que jamais une émotion réelle ne saurait atteindre? Biographie littéraire audacieuse, bouleversant hommage au grand écrivain, Le Maître est aussi un roman qui s'interroge sur les conflits entre création et vie quotidienne.

 

Comme je le disais dans mon billet précédent, j'enchaîne les ouvrages de Colm Toibin et, ai, sans le savoir, pris 3 ouvrages totalement distincts.

Que dire concernant Colm Toibin, que je n'ai pas encore écrit ? Il n'y a, pas grand chose à ajouter à mes précédents billets, si ce n'est que je suis totalement admirative par la manière dont il reprend les éléments de la vie d'Henry James, qu'il se glisse au plus près de lui, sorte de secrétaire-confident, double écrivain en nous rendant au mieux ces quelques années qui marquent cet auteur, dont j'ai découvert l'ampleur du travail, ses doutes, une partie de son existence tout en plongeant à ses côtés au tournant du XXème siècle, croisant les artistes, parfois leurs mécènes, le suivant de Londres à Venise ou à Rome, revenant sur ses jeunes années.

En effet bien qu'il ne parle que de 4 années (fort courtes) cela n'empêche pas Colm Toibin au travers des "souvenirs" d'Henry James de nous replonger dans sa jeunesse américaine, comme à ses premiers pas londonniens, d'abord en tant qu'enfant puis en ayant fait le choix de s'y installer.

Le tout montre la fragilité de l'homme, son travail d'écriture, ses sources d'inspiration réelles ou imaginaires, les réactions tant de son entourage que de lui même confronté au regard porté sur son travail mais également à ses tourments intérieurs comme à ceux plus terre à terre du quotidien : ses réactions confrontés au problème de sa cuisinière et de son époux. Un ensemble d'éléments qui, sans doute, nous permettent encore plus de nous imaginer lisant l'autobiographie d'Henry James ou de suivre des yeux son quotidien ou mieux de nous trouver plonger dans son esprit, particulièrement lorsqu'il se remémore, ses relations avec sa mère, ses souffrances personnelles liées aux personnalités de son père et frère ainé notamment.

Les femmes et leurs conditions sont loin d'être oubliées et c'est un véritable travail d'orfèvre qui montre au travers de différents personnages féminins qu'il ne fait pas bon de naître femme, d'avoir un minimum d'intelligence et de vouloir parler. Là n'est pas la place de la femme à qui on demande simplement de veiller sur la maisonnée et non pas de s'exprimer ou de vouloir argumenter : sa soeur, sa cousine et son amie Constance Fennimore notamment sont les exemples qui le marquent et ont certainement influencé ses "portraits de femme".

A découvrir pour Henry James lui-même, pour Colm Toibin ou simplement pour lire une sorte de page d'histoire.

 

 

Le billet d'Enora,

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 22:50

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/2/1/1/9782221108789FS.gifL'épaisseur des âmes / Colm Toibin. Traduit de l'anglais (Irlande) par Anna Gibson. Robert Laffont, 2008 (Pavillons). 292 pages. 4*

Dans un pub, Noel écoute sa mère chanter une ballade qui parle d'amour et de trahison. Il est convaincu que ce chant désespéré lui est destiné... En exhumant de vieux 33-tours, Luke oblige sa mère à se remémorer un passé mortifère qu'elle préfère oublier... Miquel parcourt la montagne, à la recherche de sa mère disparue. Mais dans la solitude de ces journées de quête, ce sont ses propres mensonges qu'il veut affronter... Dans chacune de ces neuf nouvelles, un événement oblige mère et fils à se confronter à leurs vérités. Ils s'épient, s'évitent, et tentent de s'expliquer dans un dialogue muet d'une intensité à la fois dévastatrice et salvatrice. D'une écriture envoûtante, traversée par les silences, CoIm Toibin explore l'obsession de la dissimulation qui hante ses personnages, les séparant inexorablement de leurs proches. Il pose ainsi l'universelle question des dévoilements et des secrets dont sont constitués les liens mystérieux unissant mères et fils.

 

9 nouvelles inégales tant par la longueur que par l'impression et le ressenti qu'elles m'ont donné à leur lecture.

La relation mère-fils est avant tout mise en avant ainsi que le titre anglais le dit, mais si elles sont basées sur leurs histoires, présentes, passées, se mélangeant parfois bien d'autres thèmes se trouvent juxtaposés tout au long de ces pages avec l'Irlande en toile de fond (8 nouvelles sur 9), des périodes différentes, des lieux et des événements qui créent l'histoire, qui montrent le pendant de ces relations. Y sont retracées des situations conflictuelles, malheureuses, de non dits, simplement maladroites ou juste le moment de dire adieu à l'un ou l'autre, l'occasion de tourner une page du passé.

Mère et fils qui parfois furent fusionnels, parfois indifférents et qui se découvrent ou se rendent compte qu'ils ne savent rien l'un de l'autre, qu'ils se sont perdus ou jamais trouvés.

Des situations simples, d'autres complexes qui se perdent en quelques pages ou prennent davantage d'espace mais le plus souvent avec un choix des mots rares, le tout habilement présenté.

Une relation où on ressent la souffrance d'un côté comme de l'autre devant le manque de communication, la perte de la confiance, la peur des souvenirs, la perte de l'indépendance ou simplement de cette filiation de ce lien unique avec la famille.

Bien entendu, je suis passée à côté de certaines, les 3 dernières principalement. Même si l'ultime nouvelle se démarque de ce trio, je n'y ai pas trouvé,en dépit de sa longueur, tout ce que j'attendais : une explication à la situation de la mère ? Bien qu'elle soit l'élément qui bouleverse et entraîne le fils dans ses réflexions, elle n'est que le déclencheur, mais sans doute aurais je aimé en savoir davantage sur elle, sur ses faiblesse...

Après un roman et des nouvelles, je poursuis ce "cycle" Toibin et j'ai enchainé avec "Le maître", totalement différent, dont je vous parle très bientôt.

Cet auteur semble réellement avoir tous les talents au vu de la différence dans ces 3 ouvrages.

 

J'ai aimé les impressions de lectures de Fahrenheit451 ; tout est dit dans ce billet.

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 16:33

http://storage.canalblog.com/14/52/341021/75851969_p.jpgUn Mois de Juin.... en Irlande !

 

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/2/1/1/9782221113493FS.gifBrooklyn / Colm Toibin. Traduit de l'anglais (Iralnde) par Anna Gibson. Robert Laffont, 2011. 314 pages. 4,

Enniscorthy, sud-est de l’Irlande, années 50. Comme de nombreux jeunes de sa génération, Eilis Lacey, diplôme de comptabilité en poche, ne parvient pas à trouver du travail. Par l’entremise d’un prêtre, sa soeur Rose obtient pour elle un emploi aux Etats-Unis. Poussée par sa famille, Eilis s'exile à contrecoeur. Au début, le mal du pays la submerge. Mais comment résister aux plaisirs de l'anonymat, à l'excitation de la nouveauté ? Loin du regard de ceux qui la connaissent depuis toujours, Eilis goûte une sensation de liberté proche du bonheur. Puis un drame familial l'oblige à retraverser l'Atlantique. Au pays, Brooklyn se voile de l'irréalité des rêves. Eilis ne sait plus à quel monde elle appartient, quel homme elle aime, quelle vie elle souhaite. Elle voudrait ne pas devoir choisir, ne pas devoir trahir.

 

Confronté aux conventions, à un climat familial qui la rassure et la porte, Eilis ne s'imaginait pas que sa vie puisse changer du jour au lendemain. Mais sa soeur, Rose, prend son destin en mains et lui permet d'obtenir une place aux Etats-Unis, à Brooklyn.

Pour Eilis, ce sera le grand plongeon vers l'inconnu. Mais, grâce à l'image permanente de sa soeur, à son éducation aux dernières heures passées en compagnie d'un de ses frères eux-mêmes exilés en Grande Bretagne afin de gagner leur vie et, enfin d'une rencontre sur le bateau qui l'emmène bien loin de ces habitudes et de sa famille, elle semble prendre le bon chemin.

Avec des mots simples, le tout finement amené, on sent très vite les émotions diverses qui entraînent notre jeune héroine, ballotée dans un monde inconnu, dans une terre étrangère, qui se raccroche à tout ce qu'elle peut afin de réussir et de tracer le chemin que sa soeur lui a montré, afin d'échapper à sans doute beaucoup plus qu'elle n'imaginait, dans sa vie pauvre mais entourée des habitants de sa ville d'origine.

Tout est admirablement retranscrit et Colm Toibin n'oublie pas de nous montrer les changements notables que Brooklyn subit. Les modifications des différentes vagues d'émigrations, le racisme sous-jacent que ce soit envers les italiens, ou les noirs. Chaque communauté se reconstruit dans cette terre d'exil et se raccroche à sa culture et fait face à ses peurs.

Mais là n'est pas l'objectif final de Colm Toibin qui va, une fois Eilis "adaptée" et adoptée à sa nouvelle ville, la refaire basculer vers son pays d'origine et son lieu de naissance suite à une tragédie familiale. Si nous avions eu l'occasion d'apercevoir la jeune Eilis, la rupture est encore plus flagrante après l'avoir vu se construire, s'adapter, aller de l'avant dans une terre inconnue. Elle semble redevenir par bien des côtés la jeune fille qu'elle fut. Néanmoins son aura d'américaine la suit et lui donne une assurance plus marquée par certains aspects. Elle n'en reste pas moins attaché à ses origines et le savoir faire de l'auteur est de la nous montrer se débattant entre ce "confort" de vie et celui qui l'attend si elle retourne aux Etats-Unis. 

L'ouvrage se lit d'une traite, sans temps mort. Il ne se veut pas historique à proprement parler, mais montre un instant T de l'histoire dans ces villes et la condition de la femme. C'est à la fois un cris de féminisme et parallèlement un constat sur la vie des femmes ; Eilin sait parfaitement qu'elle ne pourra plus travailler une fois mariée et mère de famille. Néanmoins elle ambitionne de faire quelque chose de ces études et de sa vie en sus de son état de mère de famille.

Le tout est de savoir faire le choix, le bon ? Nul ne le saura.

 

5*

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 21:18

http://www.decitre.fr/gi/20/9782226125620FS.gifTentation / Dermot Bolger. Traduit de l'anglais (Irlande) par Marie-Lise Marlière. Editions France Loisirs, 2002. 269 pages. 2*

Mariée et mère de trois jeunes enfants, Alison Gill s'apprête, comme chaque été, à savourer en famille les vacances sur la côte sud de l'Irlande.
Mais son mari, contraint de regagner Dublin, la laisse achever le séjour avec les enfants. C'est alors que, par le plus pur des hasards, elle retrouve au bord de la piscine de l'hôtel un amour de jeunesse : Chris, le flirt de ses dix-huit ans. La tentation l'amène à affronter les questions qui la hantaient sans qu'elle ose jamais se l'avouer : que reste-t-il de sa jeunesse, de la passion, de l'enthousiasme qui l'habitaient ? Ces cinq journées d'une mère de famille en villégiature, en apparence si ordinaires mais en fait marquées par un profond bouleversement intérieur, deviennent alors l'occasion d'une réflexion cruciale sur le temps qui passe, la force et l'usure de l'amour, la réussite ou l'échec d'une vie.

 

C'est vrai que la couv est celle d'Albin Michel, mais je vous assure que vous ne perdez guère au change. France Loisirs a choisi d'appâter la ménagère par une couverture un peu plus sensuelle qu'idéalisante par ce panorama quelque peu cliché. Un bouquin une nouvelle fois qui s'est égaré chez moi, auquel son ancienne propriétaire n'avait pas accroché et je la comprends.... Je l'ai commencé à la veille de mon déménagement, voici plus d'un mois et terminé ... hier soir (hum ! Je vous rassure, j'ai lu entre).

Alors le pourquoi du comment je n'ai pas accroché ? Je ne suis pas parvenue à mettre un seul mot mais je dirais qu'en dépit des idées de l'auteur, au demeurant intéressantes, il n'a pas su les amener pour plaire à la lectrice que je suis.

Aimant l'Irlande et ayant eu la chance d'être descendue dans ce style un peu cossu de lieu de villégiature (seulement pour 1 ou  nuits donc je n'ai pas la vision d'ensemble), je ne m'y suis pas retrouvée. Chris comme Alison et son mari reviennent dans ce lieu mais la description que Dermot Bloger en fait ne suffit pas à comprendre pourquoi autant de personnes s'y retrouvent avec autant de plaisirs tous les ans. Pour moi, un lieu a une âme et là, on ne la ressent absolument pas.

Pour le reste : ce revival des retrouvailles est assez invraisemblable du fait des événements de la vie des 3 personnages principaux. Oui je sais que la vie est faite parfois d'extravagances, coïncidences, mais là, une nouvelle fois, je n'y ai pas cru une seconde. Quant à l'absence du mari, il faut vraiment être l'héroïne du roman et un tant soit peu crétine pour ne pas avoir deviné une autre chute que celle qu'elle imagine.

Les enfants auraient pu sauver l'histoire, mais encore une fois.... cela fait pschittt. L'auteur les décrit avec richesse au niveau de leur caractère, mais l'action est tellement centrée autour du nombril de leur mère qu'ils ne sont que bibelots plus ou moins encombrants ou permettant à l'action de se traîner un peu vers l'avant.

Pas une réussite, même s'il ne s'agit pas du plus mauvais livre lu, juste l'impression que les passages les plus intéressants, à mes yeux, furent coupés afin de bien correspondre au nombre de pages demandés...

 

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 07:18
Sept jours pour mourir / Ingrid Black*. Traduit de l'anglais par Marina Boraso. Le Livre de Poche, 2008. 507 pages
*Sous le pseudonyme d'Ingrid black se cache un couple d'écrivains irlandais, Eilis O'Hanlon et Ian McConnel, qui vivent à Belfast.

On le croyait mort.
Ed Fagan, le sinistre tueur de prostituées qui avait terrorisé Dublin, n'avait plus sévi depuis cinq ans. Jusqu'à cette lettre adressée à la presse, qui annonce cinq nouvelles victimes dans les jours à venir. Et quand on retrouve le premier cadavre, accompagné de messages à connotations bibliques, le doute n'est plus permis. C'est du moins ce que croit la police, mais pas Saxon, un ex-agent du FBI devenu écrivain : elle sait qu'il s'agit d'un imposteur puisqu'elle a elle-même tué Fagan en état de légitime défense, ce que tout le monde ignore...
Mais alors qui est le tueur ? Dans l'atmosphère brumeuse de Dublin, un thriller où l'auteur multiplie les fausses pistes et égare le lecteur avec une maestria éblouissante. Un premier roman prometteur.

Un polar de bonne facture et qui m'a mené par le bout du nez au niveau du tueur, reste néanmoins quelques remarques à formuler :)
L'héroïne, Saxon, est une grande gueule, ex-agent du FBI, fumant le cigare, pleurant sur sa ville de Boston etc. Même si elle n'est pas un super héros, comme le montre à plusieurs reprises Ingrid Black, son côté mal embouché en fait un personnage auquel on ne s'attache guère  ; ou peut-être est-ce la prolifération des personnages secondaires qui, néanmoins, au sein de cette enquête, occupent une place importante. Mais, vu leur nombre, je dois avouer que, par moment, je me mélangeais un peu les pinceaux et devais prêter un minimum d'attention pour être bien certaine de suivre qui était qui. Cela ne m'a pas facilité la tâche pour découvir qui se cachait derrière le serial killer, même si l'on se doute rapidement *attention mini spoiler pour ceux qui ne veulent absolument rien savoir avant d'ouvrir ce livre* qu'il se cache dans l'entourage de l'enquête au vu des éléments et des informations qu'il détient.
Quel dommage ! Car, en dépit d'un sujet abondement utilisé par les thrillers: le serial killer et, plus particulièrement ici son fantôme (oui de prime abord je me suis demandée si je ne lisais pas M. Chattam, L'âme du mal, mais je vous rassure c'est différent), le cadre est original : la ville de Dublin, le climat est bien rendu, aidé en cela par le fait que cela se déroule en décembre où le temps est chagrin, et que l'enquête est ramassée sur 7 jours, délai donné par le Serial Killer lui-même.

Bref Ingrid Black nous mène par le bout du nez à partir du moment où on se laisse gagner par cette histoire. Pour ma part je l'ai quasi lu d'une traite, pressée de connaître enfin la chute :).

Merci à B.O.B. et au Livre de Poche pour cette lecture.
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31 août 2009 1 31 /08 /août /2009 08:44
Roddy Doyle vous le connaissez sans doute par les adaptations cinématographiques. Pour ma part c'est par ce biais que j'ai du en entendre parler la première fois - "en entendre parler", il serait plus juste d'utiliser la vue puisque c'est grâce à The snapper adapté par Stephen Frears que je l'ai découvert.
The snapper fait partie de la trilogie de Barrytown* et raconte des épisodes d'une famille ouvrière de ce quartier.
* Pour memo, ce faubourg de Dublin n'existe pas.

The commitments / Roddy Doyle. Traduit de l'anglais (Irlande) par Isabelle D-. Philippe. Robert Laffont, 2009 (Pavillons poche). 218 pages
Les Rabbitte habitent à Barrytown, banlieue imaginaire au nord de Dublin, ravagée par le chômage et les maux qui en découlent.
Barrytown est partout autour de Dublin là où vivent ces Monsieur-tout-le-monde qui aiment leurs Bushmilles bien tassé et fait au pays.
Chaque roman de la trilogie met en lumière un ou plusieurs membres de cette famille. Au fil de ce premier mouvement, on assiste à la création, par le fils aîné, Jimmy Junior, d'un groupe de soul music dublinoise. Pas évident verra-ton puisque Jimmy ne sait pas jouer une seule note. Mais il a de l'entregent, il est au parfum, et à coeur vaillant rien d'imposible, on le sait bien.
De frasques inénarrables en dialogues percutant, l'auteur nous plonge dans le tourbillon d'une Irlande urbaine comme n ne l'a jamais vue et qui vaut le voyage. Rires et émotions garantis.

N'ayant jamais eu l'idée de faire partie d'un groupe, il est certain que je ne me suis pas totalement retrouvée dans ce premier "épisode" de la trilogie de Barrytown. Néanmoins pour qui aime les tubes de la Motown, ou tous les grands classiques de soul music, y trouvera son compte, avec un soupçon d'humour irlandais et une place dans le milieu des jeunes de la banlieue ouvrière des années 80.
C'est avec beaucoup de bonne humeur que l'on suit les trépidations de ce groupe naissant : sa constitution, les premières répétitions, les concerts tout comme certains melons qui gonflent, qui gonflent. La volonté de devenir quelqu'un de connu mène le chanteur à quelques actions improvisées assez burlesques. On imagine sans peine reconnaître des chanteurs de groupe connus dans l'explosion qui va suivre les débuts de la reconnaissance. Certains se vouent corps et âmes au groupe, d'autres ont déjà compris qu'il n'était pour eux qu'une étape. Il est difficile de rendre par des écrits tous les effets musicaux voulus par l'auteur et je pense que l'adaptation doit davantage rendre justice à cet opus. Néanmoins, il est plaisant de suivre les différents étapes de ce groupe, les personnages qui le constitue comme les trognes qui gravitent autour d'eux. C'est, me semble-t-il, avant tout un bel hommage à la soul.



La femme qui se cognait dans les portes / Roddy Doyle. Traduit de l'anglais par Isabelle D.-Philippe. 10/18, 1999 (Domaine étranger). 273 pages
" Paula Spencer : Dublinoise, dix-sept ans de vie conjugale ponctuée de raclées, de dents et de côtes brisées.
Cinq enfants dont un perdu en route pour cause de coups de pied dans le ventre. Une femme bafouée et, par voie de conséquence naturelle en milieu défavorisé, alcoolique. Et digne, car il faut avoir la force de prétendre, en arrivant à l'hôpital après chaque dérouillée, qu'on s'est " pris la porte ". La force d'affronter le toubib qui ne vous regarde jamais en face, parce que, lui, il sent votre haleine.
Pourquoi subir ainsi ? Pour protéger les enfants, et aussi parce qu'elle continue à l'avoir dans la peau, son voyou de mari. Le plus bluffant dans tout ça, c'est qu'un homme ait su décrire ce cauchemar de femme, inventer sa voix tour à tour drôle et poignante, sa sincérité sans fard, son rythme intime scandé de chansons irlandaises traditionnelles ; qu'un homme ait trouvé le ton juste pour dire : " Moi, Paula, 39 ans, femme battue.
" Marie-Caroline Aubert, Elle.

C'est dans un registre beaucoup plus dur que nous entraîne l'auteur, car l'humour n'est plus au rendez-vous dans ce roman. Bien entendu on retrouve le milieu ouvrier, le langage cru et les étapes au pub, mais c'est bien le problème des femmes battues qui est mis en avant à travers le portrait de Paula Spencer, qui se retrouve veuve, morcelés à bien des titres : physiquement et psychologiquement. Quand et pourquoi tout cela a commencé ? Quelles erreurs a-t-elle commise ? Qu'est-ce-qui a amené son mari, son amour, à la tuer à petit feu, à l'entraîner dans une déchéance toujours plus grande, la plongeant dans l'alcoolisme, s'interroge-t-elle ?
Un an après son décès, Paula s'accroche à ses enfants, à sa  vie et fait le bilan de ce que fut son existence. Entourée de ses soeurs elle cherche ses souvenirs d'enfance lorsqu'elle était encore Paula O'Leary. Sa famille, son éducation, son parcours scolaire l'ont-ils destiné à cet avenir ? Elle relate sa rencontre avec Charlo, l'homme qu'elle aime malgré tout, qui tente de lui faire oublier par un baiser, une tasse de thé ou un Flake., les coups, l'asservissement ... Femme amoureuse, femme battue qui n'ose pas se confier, qui attend que quelqu'un lui pose la question lors de ses arrivées aux urgences, alors que son mari rode pour écouter, voir ce qu'elle va dire, si elle reste la femme soumise qu'il a brisé dès le début de leur vie commune.
Quelle fut la goutte d'eau c'est la question que l'on se pose tout au long du roman, puisque l'on apprend rapidement par la bouche de Paula qu'un jour elle l'a mis dehors. Comment a-t-elle réussi, elle, la femme brisée. Est-ce sa soeur, la rebelle Carmel qui est parvenue a lui faire ouvrir les yeux ?
Les chapitres s'enchaînent : calme, fureur, coups qui pleuvent. Le rendu de la violence comme  de la dépendance de Sharon a l'alcool, tout, elle nous raconte tout avec ses mots, ses larmes. Sa lutte de tous les jours pour briser ce dernier lien avec Charlo, l'alcool qui l'oblige à avancer la pendule afin de coucher plus vite son petit dernier lorsque la dépendance à l'alcool revient, quand les tremblements la prennent et qu'elle ne se sent plus capable d'y résister.
En dépit de toute cette noirceur c'est un magnifique portrait de femme et de mère qui nous est donné. L'écriture et le rythme nous permettre de suivre cette vie, sans chercher à nous arracher les larmes.

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18 mars 2008 2 18 /03 /mars /2008 13:02
undefinedLecture effectuée dans le cadre de la célébration de la Saint Patrick, orchestrée par le Club des théières

Inishowen / Joseph O'Connor. Traduit de l'anglais (Irlande ;-)) Par Gérard Meudal et Pierrick Masquart. Phébus (Libretto), 518 pages. 2003.                                                (Image - Source)
Tristan et Iseut à la mode irlandaise d’aujourd’hui. Elle habite New York, vient d’apprendre qu’elle a un cancer et décide de retourner dans l’île Verte où elle est née. Lui est flic à Dublin, un peu abîmé par la vie et par le whiskey, fatigué surtout de se battre contre la mafia locale qui a résolu, il le sait, de lui faire la peau. Ces deux êtres poussés à bout vont se retrouver tout au nord de l’Irlande, au petit port d’Inishowen : un lieu de beauté et de paix... où le sang coule aussi bien qu’ailleurs.
J'ai eu la chance de me rendre dans ce magnifique pays à  diverses reprises, mais je ne connais pas du tout le Comté du Donegal (où se situe Inishowen). Pour ne point vous mentir, vous devez savoir que les 3/4 de l'histoire se déroule à Dublin pour la partie irlandaise.
Je trouve cette quatrième de couverture assez inexacte ; cela ne sera pas la première fois me direz-vous. Néanmoins je tiens à rétablir certains faits sans donner de détails afin d'éviter aux lecteurs une attente vaine relative à ces 2 phrases quelque peu extrapolées :
"(...) la mafia locale qui a résolu, il le sait, de lui faire la peau." (...) ... où le sang coule aussi bien qu’ailleurs."
L'histoire de Martin Aitken, le flic, et d'Ellen Donnely Amery, leurs personnalités, suffit à elle seule sans l'ajout de ce contexte. 2 êtres vivant dans des milieux complètement différents, le premier à Dublin, la seconde à new York, professeur et épouse d'un chirurgien plastique. A la veille de sa mort qu'elle sait inéluctable elle décide d'achever ses recherches dans la quête de sa mère. Nul recherche de pathos dans ce roman mais la rencontre de 2 êtres blessés, cherchant à réaliser des actes qu'ils ont repoussé jusqu'alors, à qui cette rencontre fortuite va donner la force de s'épauler, de sourire, de s'aimer. Par des images croisées entre NY et Dublin nous découvrons la vie de l'un et de l'autre, de leurs proches.
L'Irlande joue un rôle important dans ce roman : elle avec sa vision idéalisée du Sinn Féin, de la séparation Eire - Irlande du Nord. Lui au quotidien des événements politiques dans sa vie d'irlandais, sa présence en 1969 en Irlande du Nord, puis en tant que policier. Nul idéologie, ni politique seulement des faits qui influencent la vie, les actes. Beaucoup de réalisme et de vie dans ce magnifique roman.
                
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