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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 22:17

http://ecx.images-amazon.com/images/I/31mz4Ha992L._.jpgLa route des petits matins / Gilles Jobidon. vlb éditeur, 2003. 138 pages. 4,5 *

La route des petits matins s’inspire du parcours initiatique d’un réfugié de culture sino-vietnamienne après la chute de Saigon. Entre autres personnages, on y trouve maître Wou, un maître de thé dont les enseignements sont illustrés de proverbes et de dictons qui puisent à une sagesse immémoriale très inspirante pour notre époque agitée

Tout au long du récit, le narrateur conserve pour le héros et sa culture une pudeur chargée de tendresse amoureuse. Le texte, empreint d’émotion et de poésie, utilise des tournures qui s’apparentent à la structure fleurie des langues asiatiques et donnent aux phrases une musicalité envoûtante.Écrite comme une longue lettre d’amour, La route des petits matins salue le courage, la solidarité, la détermination et la faculté d’adaptation des réfugiés, d’abord pour fuir leur pays, puis pour s’intégrer à une culture et à un climat diamétralement opposés à ce qu’ils ont auparavant connu.

 

Comme je l'ai souvent dit ici, la poésie et moi ne sommes pas les meilleures amies du monde. Donc, forcément, lorsque l'on me dit qu'un ouvrage va me parler de poésie, je tique un peu mais, lorsqu'une amie vous offre un roman vous avez forcément envie de l'ouvrir !

Alors je n'ai qu'un mot à dire : MERCI !

Ce texte est absolument magnifique, tout en étant prenant et émouvant puisqu'il raconte la recherche de liberté d'un jeune garçon sino-vietnamien. Tout lui est progressivement arraché : ses études, ses droits, sa mère et ses soeurs, son maître de thé, ses amis. Mais tout cela, nous allons le découvrir au fil de cours chapitres au style épistolaire. Nul plaidoyer, pas de recherche de bons sentiments, juste des faits que l'on apprend au fil des pages dans un style poétique qui magnifie à la fois les visages, souvenirs, faits du quotidien et les horreurs des vainqueurs, la peur, la fuite et l'espoir. Car oui, il règne en maître, se raccrochant à la beauté des mots, d'un sourire, d'un regard, des espérances d'un monde où la liberté sera le maître mot : "fleedom".

A mon tour, je ne peux trouver plus de mots pour évoquer ce texte attachant qui sait magnifier ces réfugiés  En quête d'un monde meilleur, bercés par les récits et magazines mais qui ignorent à quoi ils seront confrontés dans la réalité.

Saluons également la couverture de cet ouvrage qui m'a rappelée ma lecture si différente mais si poétique dans la peinture de cet héron "Le héron de Guernica"d'Antoine Choplin.     

 

L'initiatrice de cette lecture, Abeille, en parle ici. Merci pour cette découverte !

Un autre billet très parlant.

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 05:16

http://editionsdemortagne.com/1/upload/Image/Nailadebrumedpi_185.jpgFilles de lune. 1, Naïla de Brume / Elisabeth Tremblay. Editions de Mortagne, 2008. 430 pages. 3,5*

D'après une légende qui remonte à des temps immémoriaux, régnera sur la Terre des Anciens celui ou celle qui parviendra à retrouver les trônes mythiques de Darius le Sage et de son ennemi juré, le sorcier Ulphydius. Depuis plus de sept siècles, les aspirants au pouvoir sont nombreux et s'affrontent sans relâche. Toutefois, seule une Fille de Lune de la lignée maudite pourrait redresser les torts causés par ses aïeules, responsables de ces luttes sans merci que se livrent des peuples autrefois pacifiques. Mais les descendantes de cette lignée sont toutes disparu. Du moins, semble-t-il...

 

Un roman qui se trouve dans ma PAL depuis des lustres, acheté sur les bons conseils des québécoises, mais au vu des avis fort enthousiastes, je me suis laissée le temps de le lire. L'occasion est venue avec Le mois québécois :)

Je ne pense pas être fort original en disant que ce roman est prometteur, mais comme il s'agit du 1er volume de la série, Elisabeth Tremblay prend son temps pour poser l'atmosphère et les personnages : elle vous entraîne sur les rives de la région de Charlevoix, vous laisse vous imprégner des embruns...  Du coup, lorsque vous refermez ces 400 pages, vous voilà un tantinet frustré car vous avez à peine rencontré quelques personnages du Monde des Brumes et surtout de la Terre des Anciens. En effet, l'essentiel du roman se déroule avant tout dans notre monde où progressivement Naïla va découvrir ses origines et les secrets de sa famille. Elle va apprendre à faire son deuil, à vaincre ses peurs présentes afin de parvenir à se décider à se rendre dans ce monde où sa mère a disparu...

Tous les éléments sont là pour rendre l'histoire attrayante entre les mystères des origines de l'héroïne, les légendes auxquelles sont rattachées ces Filles de lune, comme toutes celles qui sont colportées dans cette Terre des Anciens et auxquelles Naïla va devoir prêter l'oreille et tenter de percer les secrets, sans avoir tous les éléments pour bien les comprendre (après tout c'est bien le propre des légendes et autres). Enfin, sorcières, personnages fantastiques, méchants de tous poils et opposés font la terre de ce roman. On s'attache à Naïla, de la même manière que l'on souhaite en savoir davantage sur Alix et son jumeau maléfique, sur les obstacles qui vont se mettre au travers de leurs chemins et comment enfin Alix va se décider à aider Naïla.

Pour connaître tout cela, il ne me reste plus qu'à lire la suite de cette saga qui, à l'origine devait être une trilogie et se compose désormais de 5 ouvrages.

 

Les billets de Pimpi, de Karine

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 12:28

http://www.editionsfides.com/upload/public/ImageCatalogue/4821599083/9782762131284-v1_200x321.jpgLe survenant / Germaine Guèvremont. Fides, 2012. 216 pages. 5*

Le Chenal du Moine est un hameau situé près de Sorel au Québec. Un soir d'automne, un étranger frappe à la porte des Beauchemin. Il demande son repas et un coin pour passer la nuit. Dans les jours qui suivent, sans jamais révéler son nom ou ses origines, il aide à accomplir les travaux de la ferme et se révèle bon travailleur. Le vieux Didace, le père de famille, lui offre de rester en échange de son travail. Son fils Amable-Didace et sa bru Alphonsine voient d'un mauvais œil l'intrusion de ce « Survenant » dans la famille, surtout qu'il les éclipse par sa force et son ardeur au travail.

 

Non ce n'est pas  un nouvel auteur québécois que j'ai choisi de lire, mais un classique qui a connu la gloire et la traduction anglaise et américaine si j'en crois la préface.

Honte à moi, je ne connaissais absolument pas ce roman et je suis donc allée de découverte en découverte.

Par rapport au titre tout d'abord car le mot fait partie du langage courant, mais là ne fut pas le seul mot, expression que j'ai appris en lisant cet ouvrage. Certains m'ont paru surprenant, d'autres chantant ou représentant bien le sens et d'autres seraient sans doute restés tout à fait obscurs s'ils ne s'étaient pas trouvés dans le contexte d'une histoire. Enfin je me suis amusée en  voyant la francisation d'expressions anglaises type "Nevermind" retranscrit en "Neveurmagne" ! Je dois avouer qu'au détour du texte, dans un français un peu ancien parfois, la venue de mots inconnus vous laisse une seconde en suspens dans votre lecture .

Alors j'ai lu ici et là que cette histoire était marquée par le temps ! Oui c'est parfois vrai au niveau des moyens de communication, du "confort moderne", mais cela reste un magnifique instantané de la vie, de l'existence dans la campagne et des usages de ce temps.

Le tout est agrémenté par un texte superbe et intemporel quant à la notion de liberté et de ceux qui ne répondent pas à la vision d'une vie proprette : un foyer, un coeur tendre et de l'argent. Et non, cela n'a jamais représenté l'idéal de tous même lorsque cela vous est présenté sur un plateau et il y aura toujours des survenants, des personnes trop éprises de liberté pour se laisser arrêter dans leur course. Bien entendu la période est sans doute plus propice à montrer tout ce que le Survenant abandonne. A côté de cela, au fil de l'histoire on découvrira tout ce qu'il a donné en échange de cette année passée dans ce village : parfois de l'aide, un sourire, un chant, quelques heures de bonheur ou des phrases qui portent leur fruit et font changer les idées de quelques-uns.

Sans doute ce texte a-t-il vieilli, mais il reste pour moi intemporel : un tableau vivant.

Si vous souhaitez découvrir un autre survenant et que vous êtes passés à côté (pas possible vous vivez sur une autre planète ou vous n'aimez pas la BD !), allez donc découvrir "Magasin général" de Loisel & Tripp

 

 

Je vous laisse avec cette image de la lecture, sa sacralisation ! Le livre devenu objet du quotidien. C'est bien là que nous voyons que notre civilisation a beaucoup avancé.

"Bien qu'elle aimât à lire, elle ne l'aurait jamais osé un jour de semaine, la lecture étant dans son idée, une occupation purement dominicale, et trop noble aussi pour s'adonner en habits de travail" p.53

 

L'avis de Phil, Kikine,

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 05:59

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/9/2/3/5/9782923550510FS.gifLes carnets de Douglas / Christine Eddie. Alto, 2008. 199 pages. 5*

Le même jour, deux adolescents parviennent à fuir un destin qui les aurait emmurés. Ils se trouvent, deux ans plus tard, à Rivière-aux-Oies, un village beaucoup trop discret pour figurer sur une carte. Au cour de la nature généreuse et sauvage, ils s'aiment, à l'abri des rugissements du vingtième siècle. Jusqu'à ce que la vie, comme d'habitude, fasse des siennes. Fondu au blanc. Les années passent, Rivière-aux-Oies se métamorphose avec, en arrière-plan, une révolution à peine tranquille et le saccage des bétonnières.
Une famille singulière s'improvise, malgré les ragots et en dépit des blessures. Dans la maison du docteur, les liens se tissent avec tendresse. Un médecin au cour rafistolé, une institutrice au nom imprononçable et une enfant surgie des bois vont peut-être permettre à Douglas d'entendre enfin la réponse du vent. Une passion comme au cinéma, qui se déploie à l'ombre d'un arbre, d'une clarinette et de la beauté fragile du monde.

 

 

Si vous avez eu un moment d'absence au moment de sa sortie et que vous n'avez pas, comme moi, une amie québécoise qui partage ses passions, voici une piqure de rappel.

Amis lecteurs, vous êtes passés à côté d'un très bel ouvrage ! Mais il n'est sans doute pas trop tard si comme moi vous aimez lire après la foule.

Comme la 4ème ne dévoile pas tout, je vais tenter de ne pas tout vous raconter en vous donnant quelques impressions. 

Un petit bijou de finesse et de sensibilité. De très courts chapitres qui nous entraînent dans les univers distincts de Romain et Eléna dont les destins vont s'emmêler après qu'ils aient décidé de rompre avec leurs familles respectives. Deux enfants seuls mais qui n'attendaient de la vie et de l'univers de Rivière-aux-Oies que le bonheur. La magie est partout dans ce roman : dans les personnages, leur rencontre et cette forêt qui envoute Romain et saura ensuite prendre Eléna par la main. Tout semble si facile, qu'il s'agisse des joies comme des malheurs que l'on tourne les pages avec avidité en débit de la briéveté du roman. L'attention du lecteur se fait plus forte, lorsqu'au détour des mots on découvre la vérité sur le passé de l'institutrice, et que l'on cherche à comprendre comment la féérie peut se mêler à la réalité. La folie guette-t-elle Romain ? 

En fait on espère l'harmonie qui nous semble impossible entre tous ses protagonistes autour de cette enfant surgie des bois.

Avec peu de mots, Christine Eddie nous parle de la folie meurtrière des hommes, de leur avidité, mais aussi de cette nature singulière qui se trouve sous nos yeux, que nous modifions par cupidité, par ignorance. Des mots mis en musique avec grâce, le tout bercé par le concerto pour clarinette de Mozart. A défaut du livre, je vous laisse en musique.

 

 

C'est à 2'35 pour entendre le début de la prise de parole de la clarinette, si jamais vous êtes pressés.

http://www.youtube.com/watch?v=xFDK1RulwoU

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 06:10

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La fille de Molly / Edna Arseneault-McGrath. Fides, 2009. 487 pages.1,5*

Tara réussira-t-elle à conjurer le mauvais sort qui s'acharne contre elle depuis sa plus tendre enfance ?

Dans son Irlande natale, au seuil de sa vie adulte, toutes les portes se fermenr dès qu'on append qu'elle est la fille de Molly, une femme trop libertine. Faisant preuve d'un courage remarquable, la jeune fille à la chevelure rousse -qui fait tourner bien des têtes - refusera pourtant de baisser les bras. Alors qu'elle est devenue infirmière et peut enfin espérer fonder une famille, un drame s'abat sur elle... C'est finalement au Québec, à Pointe-Claire, qu'elle pourra rompre avec son passé. Mais elle n'est pas au bout de ses surprises....

 

Une belle couverture et une histoire entre l'Irlande et le Québec. De quoi susciter mon intérêt et mon achat.

Pfffft quelle déception ! Si la première partie de ma lecture s'est bien déroulée, en dépit de portes ouvertes liées à le volonté de l'auteur de vouloir nous donner "trop de" culture notamment. Découvrir un pays au travers des yeux d'une héroïne cela peut être agréable, mais quand on nous fait l'article limite de l'agence de voyage, cela tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Bon passons sur ce travers, peut-être lié au fait que je connaissais tout ce dont elle parlait. Mais cette pauvre Tara ! Aucun cliché ne nous sera épargné concernant ses malheurs. Tout y est. Alors que je racontais mes déboires de lecture à InColdblog, il est même parvenu à trouver un des nombreux événements dramatiques enduré par cette jeune femme. Tout est tellement évident ! Cela est devenu de plus en plus pesant au fil de ma lecture et j'ai eu bien du mal à la terminer, voulant absolument voir si toutes les portes ouvertes allaient l'être. Oui ! Une accumulation de tout.

A mon goût, des passages  auraient pu être coupés, et à deux-trois endroits, je suis revenue à la page précédente me disant que je ne comprenais absolument pas la suite logique des phrases. 

Je me suis ennuyée. Et les clichés sur les belles demeures, mobiliers anciens etc, vêtements n'ont absolument pas amélioré mon sentiment. Ah oui, car notre pauvre Molly finira riche, ne vous inquiétez pas pour elle et, bien entendu au bras du beau chirurgien du coin de Québec où elle vient de s'installer. C'est presque du Arlequin en dépit des scènes de sexes moins explicites.

J'ai découvert que ce roman avait rencontré le succès et qu'Edna Arseneault-McGrath avait écrit une suite. Désolée mais je ne suis absolument pas partante. Visiblement son style ne me convient pas du tout ! Si je veux lire du Harlequin, j'en prends un et les Musso & co ne sont pas pour moi (même s'ils ont leurs lecteurs).


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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 21:31

http://auteurs.contemporain.info/docs/83_GaetanSoucy.jpgLa petite fille qui aimait trop les allumettes / Gaétan Soucy. Points, 2000. 180 pages

Deux enfants sont livrés à eux-mêmes après le suicide de leur père. La Loi paternelle disparue, ils vont découvrir le monde et chercher à forger leur identité. Mais cette liberté nouvelle est une épreuve qu'il n'est pas toujours facile de négocier quand le réel côtoie chaque jour l'imaginaire et que le monde " civilisé " se comporte de bien étrange manière... Récit impossible à raconter, à la fois désopilant et grandiose, plein de surprises et d'enchantements, La Petite Fille qui aimait trop les allumettes est porté de bout en bout par une langue tout ensemble farfelue et éclatante. Ce qui prouve bien deux choses, si besoin était : à savoir que la littérature est d'abord une fête du langage, et que Gaétan Soucy occupe une place aussi unique qu'incontestable.

 

Un texte qui ne peut laisser le lecteur indifférent, par sa composition, son écriture étrange et pittoresque, mot utilisé pour un autre, vocabulaire parfois inventé, parfois hors d'âge, en un seul mot : étrange !

Etrange et parfois dérangeant à l'image de cette histoire dans laquelle le lecteur se trouve plongé, mené il ne sait où, attendant des explications que le narrateur semble bien en peine de lui donner, qui lui échappe au détour des événements mais dont on ne connait jamais  les méandres de la pensée. Des informations distillées qui laissent bien des interrogations au lecteur et qui ne font qu'augmenter au fil de la lecture. Et même si je les ai un tantinet oubliées en achevant ma lecture, un goût d'inachevé a pointé son nez. Pas seulement en raison de tout ce que nous ne savons pas mais surtout par rapport au devenir de ces enfants perdus. La folie semble guetter chaque page, chaque mot utilisé, mais la douleur, l'incompréhension persiste.

On comprend au fil des pages l'influence de la religion, dans une éducation hors d'âge et l'influence dans le vocabulaire, mais cela reste une grande claque et la confrontation avec l'extérieur, leur quasi absence de relation avec ce monde apparait comme irréel. Chaque page, chaque phrase donne un peu plus de sens à l'existence de cette famille, tout en nous renvoyant à une intrigue toujours plus grande.

Il est étonnant qu'un aussi court ouvrage puisse poser autant de questions, tout en jouant avec le lecteur comme avec le vocabulaire.

Une découverte tardive, liée au décès de Gaétan Soucy. Merci à Cryssilda de l'avoir suscitée.   

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 22:44

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/7/4/9/9/9782749906256FS.gifLes chevaliers d'Emeraude. Tomes 1 à 5 : 1, Le feu dans le ciel. 2, Les dragons de l'Empereur noir. 3, Piège au Royaume des Ombres. 4, La princesse rebelle. 5, L'île des lézards / Anne Robillard. Michel Lafon, France Loisirs, 2007-2008. 345 + 437 + 427 + 423 + 407 pages.3*

L'Empereur Noir, Amecareth, a levé ses armées monstrueuses pour envahir les royaumes du continent d'Endikiev.
Bientôt, la terre de Shola subit les attaques féroces des sinistres dragons et des impitoyables hommes-insectes. Pourquoi les troupes d'Amecareth reviennent-elles sur le continent après des siècles de paix pour mettre à feu et à sang le royaume glacé de Shola ? Les sept Chevaliers d'émeraude - six hommes et une femme - sont les seuls à pouvoir percer ce mystère, inverser le destin et repousser les forces du mal.
Leur quête périlleuse commence alors. Ils devront pour cela accomplir l'étrange prophétie qui lie Kira, une petite fille de 2 ans, au sort du monde... Dans la lignée du Seigneur des anneaux et Eragon, voici le premier tome d'une saga fantastique qui réveille des temps lointains peuplés d'elfes, de fées et de magiciens.

 

Je dois avouer que le 1er volume de cette saga ne m'a pas plongé dans un état proche de la folie lorsque je laisse tout tomber (mon sommeil, argh, mon téléphone, les sorties, tout autre lecture) pour enchaîner les volumes ou les reprendre à qui mieux mieux. Et pourtant cela à tout de même titillé mon intérêt, tant et si bien que j'ai enchaîné les volumes présents dans ma bibliothèque et que je me suis intéressée à tous ses personnages.

Alors oui tous n'ont pas le même intérêt et le fait de vouloir se lancer dans un tel projet implique forcément des personnages plus ou moins charismatique. Idem pour les situations : certaines histoires d'amour me laissent un peu sur la touche. Mais je dois reconnaître qu'Anne Robillard a su créer des mondes et des vilains qui m'intriguent et, le fait de savoir que nos héros  sont mortels (j'avoue je suis allée lire le résumé des futurs épisodes) suscitent mon intérêt quant à connaître la poursuite de la quête, la monté en puissance de ces Chevaliers d'Emeraude où un certain échec parfois sous jacent, du fait qu'ils restent avant tout des hommes et qu'en dépit des efforts de tout un chacun  pour combattre leurs faiblesses, le temps leur manque tandis que le nombre de leurs ennemis grandit.

Alors au bout de 5 volumes je ne suis pas encore lassée, j'ai donc acheté la suite mais pas encore ouvert par faute de temps (mais peut être que cela démontre également les petites faiblesses déjà évoqué). Sans doute, dans un futur lointain où le temps mis à ma disposition sera ad nauseum, je reprendrai toute la saga. En attendant je vais la terminer à un rythme tranquille...

 

Si vous avez lu cette saga, vos avis m'intéressent. La toile ne semble guère avoir répertorié les blogs des lecteurs.

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 21:20

http://img.over-blog.com/356x600/0/38/45/71/12-10/fous_de_bassan.jpgLes fous de Bassan / Anne Hébert. Points, 1998. 249 pages. 3,5*

Le vent, la pluie, la rumeur de la mer et la pesanteur du passé font de Griffin Creek, petit village du Québec, un lieu étrange et presque hors du monde.
Un soir de l'été 1936, deux adolescentes vives et lumineuses, enviées ou désirées pour leur beauté par toute la petite communauté protestante du village, disparaissent près du rivage. A travers la voix ou les lettres de différents personnages, on assiste à la tragédie qui commence à se jouer, bouleversant ce village figé dans la tradition et le respect des Commandements.

 

 Récits croisés entre 1982 qui ouvre et ferme le roman et l'année 1936, date à laquelle se déroulèrent les événements qui sont au coeur de ce roman.

Quatre des personnages nous donnent des impressions à vifs ou nous relatent les faits et c'est au travers de leur vision ou perception que nous sont rendus les tensions et vie quotidienne de cette communauté / famille dont la disparition de deux adolescentes semblent avoir sonnée le glas.

Le premier récit m'a laissé comme totalement en suspens, c'est celui du Révérend Nicolas Jones, oncle des jeunes filles disparues, visage de l'ordre et de la morale, mais qui sous ce vernis de rigidité et de respect semble avoir eu des vues sur au moins une des disparues. Ces relations avec ces nièces laissent une part d'ambiguité permanente et de malaise qui le met sur la liste des suspects.

Mais son récit est décousu car il porte avant tout sur son quotidien de 1982 et l'abandon de la communauté désormais composé de vieilles personnes, ou n'ayant pas forcément toute leur tête. Mais comment conserver tout son esprit dans ce lieu perdu, bercé par les vents dont la misère semble augmenter chaque jour.

L'image de la folie et des secrets dominent la lecture de cette première vision. Contraste s'il en est dans cette perception avec la narration via des lettres de Stevens Brown, jeune homme qui revient en son village en 1936 après l'avoir fui.

Le pays est vivant, et même si l'auteur de ces missives le détestent pour des raisons personnelles il ne peut empêcher de nous en donner une vision d'ensemble.

Là-aussi le personnage quoique semblant frustre, nous intrigue et nous met sur une seconde piste, même si tous les éléments ne sont pas encore là. C'est une vision plus intimiste d'une famille qui nous est donnée à lire, mais tout aussi glaçante par bien des aspects lorsque l'on voit le traitement infligé à son jeune frère : Perceval, "l'idiot du village" qui nous donnera quelques vues personnelles après celles de Nora Atkins, une des jeunes fille morte cet été là. 

Ambiguité... Comme dans une enquête policière, Anne Hébert nous donne progressivement quelques éléments mais sait avant tout rendre une atmosphère, un personnage en le faisant narrer sa part de vérité, son histoire. A chacun, elle donne vie par un style propre : pompeux, religieux, parfois violent et surtout amer tel est le récit du Révérend alors que celui de Perceval est en phrases courtes à l'image des idées qui jaillissent de son cerveau, des cris qui accompagnent son chemin. etc...

L'ensemble donne vie au récit tout en suscitant un certain sentiment d'oppression. Aurons-nous un jour le fin mot de cette histoire. Tous coupables ? Ou un seul l'est-il vraiment ? Même si l'on croit deviner les faits, on attend au détour de ces récits, la vérité. Anne Hébert savait jouer avec les mots et je comprends le succès qu'elle a pu rencontrer tant elle sait faire vivre personnages et univers.

 

L'avis de Kali, celui de Karine,

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 22:02

http://www.librairiepantoute.com/img/couvertures/la-dot-a-sarah-10.jpgLa dot de Sara / Marie-Célie Agnant. Les éditions du remue-ménage, CIDIHCA, 2000.177 pages. 4*

Aïda, Marianna, Giselle, Sara, la rencontre de quatre générations, la mémoire de l'aïeule Aïda que transmet Marianna à sa petite fille Sara. Complicité, générosité, par-delà les ruptures et la solitude qu'entraîne l'exil, La Dot de Sara, c'est avant tout ce legs culturel qui accompagne l'enfance de Sara et enrichit son univers.

'Nous ne sommes pas tous doués de l'équilibre nécessaire pour cheminer sur deux routes à la fois. Selon moi, il faut laisser au coeur le soin de définir son propre pays. Sara aura vingt ans bientôt. Dans quel pays naîtront tes arrières petits-enfants ? Peut-être là-bas, peut-être ailleurs, mais plus sûrement ici. Notre pays devait être la terre où l'on se sent le mieux. La terre qui reconnait le bruit de nos pas, dirais-tu."

 

Fils de l'héritage, des relations filiales mais avant tout un magnifique rendu de la vie haïtienne, si difficile et si précaire soit-elle. Bien entendu, il ne s'agit là que d'un bref aperçu que nous donne Marianna : quelques courts épisodes liés à son enfance entourée de sa grand-mère et des voisines qui s'entraîdent. De la fierté de ses femmes dures au travail, confrontées à la misère, à gagner de quoi nourrir leurs petits, à l'abandon des pères...

Mais l'éducation reste la voie de la réussite et Marianna qui apprend la couture va à son tour prendre son destin en main et décider de s"éloigner de son berceau d'origine pour gagner sa vie et donner une éducation à sa petite Giselle.

Instants croisés que l'on ne fait qu'apercevoir car désormais Marianna a quitté son Haiti  natale pour aider sa fille à la naissance de Sara : une nouvelle vie qu'elle entreprend vaillemment en dépit des différences culturelles, de la perte de repères, des peurs qu'elle éprouve en refaisant ce chemin vers la nouveauté près de 30 ans après avoir pris son propre envol. Mais l'âge rend les choses plus difficiles et l'absence de liens lui font regretter son pays. Partagé entre Sara et la culture qu'elle essaie de lui transmettre et sa propre fille : Giselle, qui, ne semble que revivre une existence assez similaire à celle de ses aieules mais dans un autre pays.

La rencontre de Marianna avec une autre grand-mère ancienne commère de sa ville va lui permettre de sortir de son cocon et d'aller quelque peu à la découverte de son nouvel habitat tout en conservant son regard vers Haïti au contact d'autres exilés haïtiens. Grâce à eux tous, nous découvrons au travers de son regard les problèmes culturels, économiques de ses hommes et surtout femmes, déracinés dont les enfants n'ont pas toujours les moyens d'assurer la survivance. Qui découvrent un système économique totalement à l'opposé de l'entraide qu'ils avaient connu jusqu'alors.

Au fonds de chacun de ces anciens qui ne sont venus que pour leurs enfants demeurent l'espoir de retour, car il est bien connu que le passé semble toujours plus beau.

Marie-Cécile Agnant permettra à son héroïne lors de pages finales de rentrer au pays, mais les événements politiques et les changements non vécus durant son exil de 20 ans terniront quelque peu ce retour aux sources, même si cela ne fait l'objet que de quelques lignes.

Même si cette histoire a pour origine une étude sociologique, elle accapare le lecteur pris à la suite de Marianna. Si certaines pages peuvent sembler manquer de force et d'entrain cela n'en demeure pas moins un beau roman, et un témoignage émouvant.

 

Un avis, ,pour lire un extrait,


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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 22:30
Karine effectuant une escale parisienne, j'ai eu la chance de passer quelques moments en sa compagnie dès sa première journée, puis au cours de notre marathon Books & the city :))
C'est les bras chargés qu'elle est arrivée à Paris. Et voici ce que j'ai reçu de sa part :

Livre que je me suis empressée de commencer (jlivre arrivé juste à temps puisque j'ai terminé la lecture du précédent dans le métro ;-D)

Echecs amoureux et autres niaiseries : roman à sketches/ Matthieu Simard. 10/10, 2008. 178 pages
Je suis aussi romantique qu'un bloc de béton au bord de l'autoroute. Et je rencontre seulement des filles qui trippent sur Alexandre Jardin. Ça va mal...
Mais bon, il faut garder espoir. À force de vomir sur les souliers des belles filles que je croise, à force de cruiser les téléphonistes de Vidéotron, à force de peinturer au rouleau le dos de mes conquêtes, je vais bien finir par trouver la bonne...
C'est pas que je suis terriblement malchanceux. C'est pas que je suis particulièrement méchant. C'est pas que je suis atrocement laid. Je suis juste niaiseux.

Le titre déjà m'a fait éclaté de rire :)
J'adore le mot niaiseries et je le trouve bien peu employé dans notre langage. Fort heureusement les québecois savent le mettre à l'honneur et on l'on retrouve bien souvent dans ce "roman à sketches (lol).
Pour tout dire j'ai adoré l'ensemble du vocabulaire utilisé dans ce livre. Mes précédents avec la littérature québecoise ne m'avaient pas autant donné à lire d'expressions qui donnent le sourire aux français par l'accent qu'elles évoquent, pour le dépaysement vers lequel elles nous entraînent, et  qui font partie du quotidien de nos amis québécois.

Bientôt ce fut le tour de Karine et de sa maman de rire de nos propres expressions lorsque je racontais mes premières pages de lecture à Fashion, et évoquais quelques moments de bonheur.
Ainsi j'appris à nos deux globe trotteuses que "faire un tata" correspondait chez nous à "un petit coucou" (signe de la main, quoi !). Cela provoqua l'hilarité et fut au cours de nos rencontres suivantes un signe de ralliement. [Il semble d'ailleurs que ce coucou reste pour longtemps dans les annales cf le billet de Karine :-D]
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Concernant le contenu. De prime abord j'ai cru qu'il s'agissait de sorte de nouvelles avant de lire le sous titre de "roman à sketches". Bientôt j'ai pris conscience que tous ces "chapitres" étaient liés entre eux. Certains m'ont énormément fait rire, d'autres moins, mais j'ai passé réellement un très bon moment de lecture devant la délicatesse  (sic) de Matthieu dans ces histoires d'amour. Je vous recommande tout particulièrement Histoire de souliers, summum de la drague involontaire & Petits camions et autres douceurs illustré au cours de ma lecture par quelques scènes de Romaine par moins 30, vu voici quelques semaines (ces petits camions qui déneigent les trottoirs et les rues et réveillent Romaine) avant que la suite ne bascule dans un tout autre univers.
Il semble que ce roman soit idéal pour commencer dans l'oeuvre de Matthieu Simard, mais que ces romans (tout court) soient encore plus prenant. Donc à découvrir si vous ne connaissez absolument pas. Une petite pointe de déception si vous avez déjà lu l'auteur si j'en crois les remarques lus sur les blogs.

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Published by Uncoindeblog - dans Auteurs québecois
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