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Lundi 29 juin 2009

Ce que le jour doit à la nuit / Yasmina Khadra. Julliard, 2008. 413 pages
« Mon oncle me disait ; « Si une femme t'aimait, et si tu avais la présence d'esprit de mesurer l'étendue de ce privilège, aucune divinité ne t'arriverait à la cheville. »
Oran retenait son souffle en ce printemps 1962. La guerre engageait ses dernières folies. Je cherchais Emilie. J'avais peur pour elle. J'avais besoin d elle. Je l'aimais et je revenais le lui prouver. Je me sentais en mesure de braver les ouragans, les tonnerres, l'ensemble des anathèmes et les misères du monde entier. »
Yasmina Khadra nous offre ici un grand roman de l'Algérie coloniale (entre 1936 et 1962) - une Algérie torrentielle, passionnée et douloureuse - et éclaire d'un nouveau jour, dans une langue splendide et avec la générosité qu'on lui connaît, la dislocation atroce de deux communautés amoureuses d'un même pays.

Lorsque ce livre me fut prêté, il me semblait avoir un vague souvenir d'une critique positive et émue d'Amanda. Je ne me suis pas posée de questions, ne suis pas allée sur le net et l'ai simplement ouvert un soir avant d'éteindre la lumière... Aaaahhh ce premier chapitre ! Magnifique ! Une écriture belle et limpide. Tout était évident sous la plume de de Yasmina Khadra, et déjà je partais avec lui dans cette "campagne" d'Oran, découvrant pour la première fois le quotidien de Younes et de sa famille. Féérie et lutte pour le quotidien se partageaient la place alors que les événements à l'origine de ce roman se mettaient en place progressivement.
Nous sommes dans les années 30, et au travers du regard de ce jeune garçon algérien, nous allons découvrir le quotidien de ces paysans chassés de leurs terres par la misère qui basculent dans la ville d'Oran. Mais cette ville n'est que la première étape de son apprentissage, de son histoire intimement liée à l'Histoire de l'Algérie, car grâce à lui nous allons suivre les "événements". Younès rebaptisé Jonas va intégrer des écoles françaises, cotoyer la jeunesse pied-noire et essayer de comprendre où se trouve sa place, à l'image de cette Algérie torturée entre deux communautés qui aiment ce pays mais dont l'état d'esprit est si différent.
Yasmina Khadra sait metttre dans la  bouche de son héros une vérité que l'on peut retrouver aujourd'hui dans la bouche de beaucoup : leur place.
" Fabrice referma le livre qu'il était en train de lire et me fixa avec sévérité.
- Tu aurais dû lui clouer le bec, Jonas.
- A quel sujet, fis-je dégoûté.
- Des Arabes. j'ai trouvé ses propos inadmissibles et je m'attendais à ce que tu le remettes à sa place.
- Il y est déjà, Fabrice. C'est moi qui ignore où est la mienne."
Partagé entre sa culture, sa religion, le respect qu'il éprouve envers son oncle marié à une française catholique et ses amis juifs, d'origine espagnole etc., Younes / Jonas fait le gros dos, tente de trouver sa place simplement, de conquérir son espace grâce à ses expériences négatives, à son passé, il apprend, mais il cherche simplement, avant tout à exister pour ce qu'il est.

J'ai un peu perdu  la plume captivante de l'auteur dans ce (trop?) long chapitre consacré à Emilie, chapitre qui, pourtant, une nouvelle fois nous éclaire beaucoup.

J'ai eu plaisir à retrouver cette flamme dans la dernière partie qui voit cet homme au soir de sa vie, retrouver son passé. C'est fort émue que je l'ai refermé.


Les avis de Pom, Amanda,


Parce-que cette chanson s'est mise à me trotter dans la tête :

Par Uncoindeblog - Publié dans : Un peu de lecture
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Samedi 27 juin 2009
La simple lecture du titre de ce court roman vous donne froid dans le dos ?
Comme je vous comprends.
Et la 4ème de couverture n'arrangeait en rien mon angoisse à l'idée d'ouvrir ce livre qui représentait pour moi, non seulement la mort (peur universelle pour notre société), mais surtout, l'incompréhension pour ce choix, pour ceux qui restent.

Je ne suis pas là pour juger le suicide, et nul n'est le propos de ce livre qui est, rappelons-le, une oeuvre de fiction, mais ayant été confrontée à ce choix de départ de proches, l'appréhension n'était guère loin...
Grâce à la plume de Jean Teulé, à son imaginaire, vous oubliez la tristesse  qui touche l'entourage (à une exception mais qui passe dans votre lecture), et vous vous trouvez entraîner dans une sarabande, dans une folie qui à cette heure me fait penser à Saint-Saens et au Carnaval des animaux : Fossilles ; pied de nez incontournable et sourires assurés.
Bref, je me suis laissée embarqué dans cette histoire dès le premier chapitre et n'ai pu m'empêcher de sourire à l'évocation de cette drôle de famille au service des suicidés, dont l'héritage commercial semble se transmettre via les gênes, à une exception prêt. Et oui, il faut bien un vilain petit canard dans une famille :s
C'est là la place d'Alan, l'heureux enfant de la famille par qui tout va arriver. Mais quoi ? C'était bien la question que je me posais. Par quelle pirouette l'auteur allait-il nous modifier le cours de l'histoire (car il semblait évident que tel était son but ! ) ?

Autant j'étais ravie par les 100 premières pages et devant ce livre qui filait je me disais que Jean Teulé aurait pû faire plus long pour mon plus grand plaisir, autant j'ai finalement trouvé quasi poussifs ces derniers chapitres, et l'opposition extrême imaginé par l'auteur. Par contre la dernière phrase m'a surprise !

Le magasin des suicides / Jean Teulé. Pocket, 2008. 157 pages
Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider.
Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.



Par Uncoindeblog - Publié dans : Un peu de lecture
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Mercredi 24 juin 2009
N'y voyait aucune tournure de ce blog mais uniquement le jeu des coïncidences et des bavardages concernant les lectures. Devisant avec une collègue de lectures, de blogs et d'ouvrages reçus (par différents biais), j'ai évoqué ma lecture prochaine du livre de Pierre-Henry Salfati. Cette collègue connaissant à présent mon goût pour les séries, les policiers (et j'en passe... :s), m'a demandé si j'avais déjà lu les enquêtes du Rabbin de Kemelman. La réponse était négative.
Voilà qui est réparé :) par la lecture de 2 épisodes qui se situent à une 10aine d'années l'un de l'autre, mais qui ne gêne en rien la compréhension des romans, ni l'évolution des personnages. Néanmoins, les ayant reçu en même temps, j'ai fait le choix de préférer débuter par celui enregistré chronologiquement avant l'autre (cf son n° - mais ce fait ne se vérifie pas toujours pour des questions de traduction/publication).

Dimanche le rabbin est resté à la maison / Harry Kemelman. Traduit de l'américain par Lazare Rabineau. 10/18, 1993 (Grands détectives). 314 pages

Jeudi le rabbin est sorti / Harry Kemelman. Traduit de l'américain par Lazare Rabineau. 10/18, 1992 (Grands détectives). 285 pages

Harry Kemelman met en scène, David Small, rabbin de la communauté de Barnard’s Crossing près de Boston, dans le Massachusetts qui, contraint et forcé par les évènements, met son bon sens et la sagesse des Ecritures Saintes au service de la justice. La première aventure de son personnage "On soupçonne le rabbin" fut couronnée par le Prix Edgard Poe du meilleur premier roman.
Le rabbin David Small deviendra le héros d'une série de 11 romans policiers.

La traduction du 1er volume lu m'a un peu laissé perplexe à la vue du vocabulaire parfois utilisé. On ne retrouve pas du tout ce travers dans le second avec pourtant le même traducteur.
Si vous êtes adeptes de polars qui bougent dans tous les sens, où la fusillade guette à chaque coin de rue, ainsi que les courses poursuites, je vous conseille de passer votre chemin.
Si, comme moi, vous aimez découvrir de nouveaux personnages, acceptez que parfois le style soit (selon certain ampoulé) plus lent, que des situations transversales se promènent dans l'enquête alors que vous avez l'impression que jamais le cadavre ne va apparaître pour finalement se manifester dans le dernier tiers du livre et que les événements de la vie de tous les jours (lesdites situations citées) viennent télescoper et éclaircir (ou s'éclaircir) grâce à la chute de l'ouvrage et de l'enquête, sans doute devriez-vous vous laisser tenter si l'occasion se présente.
Nous suivons le rabbin et sa communauté mais peu sont des saints. Chacun présente des petits travers et David Small ne fait que rarement l'unanimité au sein de Barnard's Crossing. Les personnes sur lesquelles il peut compter sont son épouse Myriam et le commissaire Hugh Larrigan, avec qui les relations amicales semblent se développer au fur et à mesure des épisodes. Le rabbin est l'interlocteur essentiel pour sa communauté et par sa connaissance psychologique de ses membres.
Le bon sens et la réflexion semblent avant tout présents dans cette série, de même qu'une bonne intuition des hommes et femmes. Parallèlement, et cela est particulièrement vrai dans "Jeudi le rabbin est sorti", en suivant le rabbin dans son futur, l'auteur n'omet pas d'introduire des faits du quotidien ; ici le 'Mouvement de Libération des Femmes' et les revendications qui s'ensuivent a sein de la communauté.


Par Uncoindeblog - Publié dans : Un peu de lecture
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