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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 13:00
Si loin de vous / Nina Revoyr. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Bruno Boudard. Phébus, 2009. 374 pages
1964 : Au crépuscule de sa vie.
Jun Nakavarna, qui fut au début du XV siècle fine star du muet, est tiré de sa retraite par un jeune scénariste. Premier acteur japonais à se produire à Hollywood, il connut l'excitation des débuts du 7ème art, les fêtes fastueuses sur Sunset Boulevard, la passion de quelques comédiennes et l'hystérie des fans... avant d'être confronté à la montée du racisme et à la fin des films muets. Est-ce pour ces deux raisons que sa carrière fulgurante s'arrêta brutalement en 1922 ? Le scénariste aimerait faire tourner Jun de nouveau, mais celui-ci se montre très réticent, redoutant que son retour à la lumière ne remue la boue du passé.
Car le nom de Jun est associé au meurtre jamais élucidé d'un grand réalisateur, qui avait choqué l'opinion dans les années 1920. L'heure semble venue pour Jun d'affronter les fantômes d'hier. Si loin de vous réouvre les pages les plus éblouissantes et les plus troubles de l'histoire de Hollywood. Etourdissant, mystérieux, il offre une méditation poignante sur le passage des ans et les occasions manquées - au cinéma comme en amour.

Une histoire sous jacente d'enquête policière nous entraîne à la suite de Jun Nakavarna sur les traces de son passé.
Comédien du muet, la réminiscence de ses souvenirs nous ramène vers ce Hollywood lointain, à une époque où les studios étaient en devenir mais l'argent déjà gage de fêtes, avantages en tout genre, bien loin de la version idéale (c'était mieux avant) que certains pourraient s'imaginer. Le 7ème art s'ébrouait, poursuivait sa construction.
A ces faits viennent s'ajouter un soupçon de racisme, puis les lois anti-Japon qui vont aller en s'amplifiant ainsi que l'histoire nous le rappelle, tout comme l'auteur.
Nina Revoyr décrit avec tant de minutie la carrière, les faits et gestes de ses personnages principaux (titres des films, références de dictionnaire), saupoudrant le tout de noms connus d'acteurs, réalisateurs etc, que vous ne pouvez vous empêcher de vous demander si Jun ou Hanoko, Elisabeth et consorts n'ont pas eu effectivement la carrière qu'elle décrit et jouaient dans les films cités. Vous vous laissez prendre au jeu.
Et puis brusquement elle tombe dans des travers un peu bavard qui sans être inintéressant, vous mène un peu loin du but présenté comme premier : l'enquête.
Bien entendu tout est utile pour la bonne compréhension, loin d'être sans fondement, mais ... elle risque de perdre quelques lecteurs en route.
Pour ma part, l'intérêt fut plus fort et j'ai apprécié cette lecture en dépit de ces longueurs centrales.
J'ai aimé me plonger dans la folie de la construction des grands studios, dans les faits divers, l'influence des média, le jeu accepté des acteurs, que l'on retrouve comme un jeu de miroir lorsque le petit fils du studio de cinéma, fait sa proposition à Jun dans les années 60. Rien ne semble avoir changé, il souhaite jouer sur le scandale, les imbroglios du passé afin de mieux vendre son film, bon ou mauvais peu importe, la publicité aidera.

Merci à Suzanne de Chezlesfilles
et aux éditions Phébus.
Lu également par Amanda, Sylire,

Les personnages de Nina Revoyr sont des "gens biens" ;-D cf page 153 :
"Après avoir chacun lu plusieurs passages de nos textes favoris, pour les voir aussitôt rejeter par l'autre, nous finîmes par nous accorder sur des oeuvres de Dickens* et de Flaubert que nous admirions tous deux"
*Les grandes espérances, of course.

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commentaires

Leiloona 09/08/2009 18:56

Je l'ai lu moi aussi. J'ai eu du mal à me plonger dans l'histoire, mais vers la page 100 (là où commence l'enquête à peu près), ma curiosité a été rassasiée. J'ai davantage aimé la suite du livre. J'ai failli ne pas le terminer au départ, et finalement j'ai été contente de persévérer.

Uncoindeblog 12/08/2009 20:35


Oui il ya réellement de beaux passages. L'écriture est agréable à suivre. J'avais noté notamment le passage sut la
desription du cinéma muet qui m'a enchantée.