Ailleurs si j'y suis / Antoine Laurain. Le Passage, 2007. 158 pages " Disparition d'un avocat dans le 17e arrondissement de Paris.
Ses proches comme les membres de son cabinet sont sans nouvelles de lui depuis bientôt deux semaines. Sa voiture, une Jaguar XJS et certains effets personnels ont disparu. La police n'exclut aucune piste. " Un matin qu'il déambule à Drouot, maître Pierre-François Chaumont, collectionneur, fait l'acquisition d'un portrait au pastel du XVIIIe siècle qui lui ressemble étrangement. Le tableau devient vite un sujet de discorde : ni sa femme, ni ses proches ne remarquent la ressemblance...
Pourtant, dans l'angle en haut à droite, de mystérieuses armoiries vont rapidement livrer leur secret et l'emmener loin, très loin...
Premier roman d'Antoine Laurain, cet ouvrage a reçu le Prix Drouot*
C'est amusant de découvrir que ce Prix Drouot semble avoir été créé pour cet "assistant d'antiquaire et collectionneur", et que j'ai lu l'ouvrage récompensé en 2008 - c'est bien la première fois que je suis une sélection de Prix :) -.
Il est toujours un peu difficile de revenir en arrière lorsque les écrits d'un auteur restent peu nombreux, j'ai néanmoins lu avec plaisir ce roman, dans lequel j'ai retrouvé des points communs avec son dernier opus, et avec l'auteur lui-même si j'en crois la courte biographie ajoutée à cette 4ème de couverture. Se cotoient notamment : le monde des enchères, les collections et le temps qui passe. Bien entendu vous trouverez bien d'autres moments et éléments dans ce livre, mais ces derniers sont assez amusants à noter.
L'amour de la collection vient très tôt à notre personnage principal, c'est par ce biais que commence le roman et c'est par elle que tout se terminera : "la rançon du bonheur" comme il l'appelle ; je ne puis vous en dire plus sans trahir l'esprit et la chute, mais j'ai trouvé ce final bien amené et clin d'oeil au temps qui passe, aux décisions prises.
Le hasard (Pierre-François s'interroge sur des raisons plus ésotériques, mais sans que le roman bascule vers cette option) lui a fait croisé le chemin de ce portrait au pastel du XVIIIme siècle, coïncidences etc. lui font prendre des chemins de traverses et faire de lui un autre homme à plus d'un titre, même s'il reste conscient de ce jeu de dupes. L'ultime paragraphe l'aide à poursuivre dans cette voie.
L'écriture d'Antoine Laurain est déjà juste dans ce roman et ces 160 pages se lisent facilement et plaisamment. Un court moment de lecture, agréable, qui fait espérer pour la suite de ses écrits. Vu les éloges entendus sur "Fume et tue", il semble qu'il soit parvenu pour son second roman à un écrit différent mais assez unanime. Il ne me reste plus qu'à le découvrir.
* Le Prix Drouot récompense chaque année, depuis 2007, une œuvre de fiction dont la narration fait référence à l’univers des arts. Il est doté de 7 500 €.