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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 18:35

http://www.decitre.fr/gi/80/9782253008880FS.gifLes trois mousquetaires / Alexandre Dumas. Le Livre de Poche, 2009. 4 * 

Aux trois gentilhommes mousquetaires Athos, Portos et Aramis, toujours prêts à en découdre avec les gardes du cardinal de Richelieu, s'associe le jeune gascon d'Artagnan fraîchement débarqué de sa province avec pour ambiton de servir le roi Louis XIII. Engagé dans le corps des mousquetaires, d'Artagnan s'éprend de l'angélique, Constance Bonacieux. En lutte contre la duplicité et l'intrigue politique, les quatre compagnons trouveront en face d'eux une jeune anglaise démoniaque et très bele, Milady, la redoutable espionne du Cardinal. D'Artagnan seul échappe à ses agents. Mais rapportera-t-il à temps à la reine de France, Anne d'Autriche, les ferrets qu'elle a remis à son amant, le duc de Burkingham ?

 

Les trois mousquetaires étaient quatre pour ceux qui l'ignorent encore. Alors pourquoi ce tour de passe passe ? Telle est la question que tout enfant (enfin pré-ado se pose). Simplement parce que celui autour duquel l'histoire tourne n'est pas membre de la garde des mousquetaires du roi de prime abord et ne le deviendra que dans le dernier tiers du roman. Non je ne dénature rien en racontant cela, même si vous ne l'avez pas encore lu. Il n'est jamais trop tard car il s'agit (j'entends déjà des cris d'horreur mais ils me laissent indifférentes, je l'avoue) de ma première lecture de cette oeuvre de Dumas.

Et oui, j'ai toujours esquissé au grand dam de certains membres de ma famille, la lecture de classiques. Après avoir enfin lu Jane Austen grâce à certaines blogeuses clamant haut et fort leur passion (on a noté depuis que d'autres leur ont emboité le pas et je m'interroge sur les ré-éditions vues ces derniers temps ; quel est la part de l'influence de la blogosphère ? Les mêmes crient leur amour pour Dumas. Le même effet boule de neige va-t-il se réaliser sur les blogs ?)

Bref me voici lancée à la suite de ce jeune gascon d'Artagnan, montant de sa province, muni des recommandations de ses parents et d'un animal endurant mais dont la crinière et la couleur provoquent rires et quolibets. Alors, lorsqu'on est jeune et téméraire il n'en faut guère plus à un jeune homme pour répondre à ce qu'il prend souvent à tort comme une provocation ou une moquerie. De quipropos en quipropos, le voici prêt à enchaîner les duels face à 3 mousquetaires dont il admire l'uniforme et la bravoure. Mais sa propre bravoure et son respect va transformer ces duels en amitié fraternelle et irrévocable entre les 4 hommes ; les 3 mousquetaires adoptant sans retours ce benjamin prêt à en découdre avec la vie et qui complète admirablement le groupe, chacun ayant un portrait fort disctinct, ainsi qu'une histoire qui joueront un grand dans les pages de leurs aventures.

Grâce à la plume de Dumas, et à la fougue de d'Artagnan comme  à son art de se retrouver dans des situations étonnantes et prêt à en découdre avec tous les opposants à ses souverains, prompt à se battre en duel pour les beaux yeux d'une femme comme pour son honneur - à l'image de ses compagnons -, l'auteur nous entraîne à sa suite dans les pages de l'histoire. 

Il nous donne à voir l'intimité des plus grands, les tribulations de la Cour entre les manipulations de Richelieu montant le Roi contre la Reine, étrangère à son royaume comme à son royal époux. Il joue avec l'histoire et nous entraîne à sa suite pour notre plus grand plaisir, enchaînant les faits d'armes, l'histoire, les intrigues politiques ou amoureuse, les amitiés et l'insolence de la jeunesse. 

Il sait également créer des personnages savoureux, au caractère tranché, parfois fort mystérieux ce qui permet au lecteur de ne pas s'ennuyer tant les événements se croisent ou les mystères du présent ou du passé tardent à se dévoiler. Enfin il a l'art et la manière de créer des personnages retors dans ceux créés pour être les vilains : avec, en tête, Milady bien entendu, panthère, appat, fine mouche, usant de ses talents de tragédienne et semblant être l'être impossible à abattre. Et pourtant....

 

Mon binôme involontaire dans cette lecture : Hydromielle. Bientôt, sur vos écrans, le billet de Karine :) et, un jour, celui de Stéphanie .

 

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 13:29

 http://www.decitre.fr/gi/74/9782266186674FS.gifL'homme qui voulait être heureux / Laurent Gounelle. Pocket, 2010. 168 pages. 4*

Imaginez...
Vous êtes en vacances à Bali et peu de temps avant votre retour, vous consultez un vieux guérisseur. Sans raison particulière, juste parce que sa grande réputation vous a donné envie de le rencontrer, au cas où... Son diagnostic est formel : vous êtes en bonne santé, mais vous n'êtes pas... heureux. Porteur d'une sagesse infinie, ce vieil homme semble vous connaître mieux que vous-même. L'éclairage très particulier qu'il apporte à votre vécu va vous entraîner dans l'aventure la plus captivante qui soit : celle de la découverte de soi.
Les expériences dans lesquelles il vous conduit vont bouleverser votre vie, en vous donnant les clés d'une existence à la hauteur de vos rêves.

 

Présenté comme un ouvrage philosophique, je ne peux pas dire que j'étais emballée à l'idée de lire ce bouquin (pour toutes les raisons que j'ai déjà évoqué à l'égard de la philosophie et de mon expérience scolaire). Mais bon une collègue m'avait prêtée le bouquin, il n'était pas bien gros et je l'ai ouvert sans trop y croire.

Ma première impression fut, pour avoir discuté avec des amis qui sont allés à Bali, qu'en ouvrant ce livre on doit avoir l'impression d'être replongé dans l'atmosphère balinienne. Une image telle que tout ceux qui y sont allés m'ont évoqué ! Une plongée dans l'album photo ou les souvenirs, sans en faire trop ; bravo à l'auteur qui souligne des éléments touristiques sans s'appesantir. Vous me direz que là n'est pas son propos, mais il parvient néanmoins à rendre justice à cette île, ses habitants et à nous montrer en quelques allusions, passages avec d'autres touristes ce qu'attendent, ce que viennent chercher certains. C'est assez finement rendu, notamment grâce au couple qui occupe la plage à côté de lui, et dont l'homme ambitionne de rentabiliser son voyage en visitant le maximum de temples etc... Bien entendu par le biais de ce couple et leurs travers, Laurent Gournelle nous montre les travers de notre civilisation et notre insatisfaction chronique. A l'image de son personnage principal, lui-même, qui se cherche, n'est pas épanoui dans sa vie courante, mais craint en modifiant sa trajectoire professionnelle de peiner sa famille, de devenir le vilain petit canard, lui le fonctionnaire qui rêve d'une certaine forme de vie de saltimbanque.

Ce vieux guérisseur va simplement attirer son attention sur ce qui lui déplait dans son existence, le faire parler de ses rêves secrets, qu'il idéalise - comme chacun de nous-, mais qui, comme pour tous, peuvent entraîner des changements, humains et surtout matériels. L'aspect de notre société de consommation, le beau rôle de toutes ses personnes qui croient être heureuses en réalisant le rêve de leurs parents ou proches en concrétisant leurs idéaux : profession, mariage ... sont comme une lumière pour ce personnage.

Mais en le lisant, vous vous livrez vous-même à une introspection de votre existence, cherchant à savoir si vos ressentiments par rapport à votre quotidien est lié à une insatisfaction chronique, à une réelle volonté de changement. Sans doute ce livre aidera certain à bouleverser un peu leur existence. Plus certainement, une lecture intéressante pour le plus grand nombre et un bon moment d'évasion, même si ces pages ne sont pas un guide de voyage :))


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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 20:22

http://www.decitre.fr/gi/05/9782070130405FS.gifEnquête sur la disparition d'Emilie Brunet / Antoine Bello. Gallimard, 2010. 252 pages. 4*

Le détective Achille Dunot souffre d'une étrange forme d'amnésie.
Depuis un récent accident, sa mémoire ne forme plus de nouveaux souvenirs, si bien qu'il se réveille chaque matin en ayant tout oublié des événements de la veille. Quand le chef de la police lui demande d'enquêter sur la disparition d'Emilie Brunet, une des femmes les plus riches du pays, Achille décide de tenir un journal dans lequel il consignera le soir, avant d'aller se coucher, les enseignements de la journée.
Lui qui ne jure que par Agatha Christie devient ainsi à son insu le héros et le lecteur d'un drôle de roman policier... dont il est aussi l'auteur. Très vite, tout accuse Claude Brunet, le mari de la disparue. Il a plusieurs mobiles et aucun alibi. Il se vante à demi-mot d'avoir commis le crime parfait. Mais surtout, il ose critiquer les méthodes d'Hercule Poirot...

 

J'ai tourné les pages avec avidité, cherchant à élucider, à savoir si le détective Achille Dunot, contre toute vraisemblance allait parvenir à confondre le suspect numéro 1, Claude Brunet, mari de la victime. La forme de la narration est fort originale et c'est à un véritable  jeu de chat et de la souris qui se déroule sous nos yeux. Néanmoins la part d"humanité d'Achille Dunot, sa fragilité liée à sa souffrance comme à celle de son épouse ajoute une part non négligeable à l'histoire.

Aux deux épéistes, il faut adjoindre un tiers larron (même s'il existe bien d'autres personnages : témoins, policiers etc tout au long de cette histoire) qui n'est autre qu'Agatha Christie. Et là, un regret s'est dressé tout au long de ma lecture : ne pas avoir une culture aussi vaste que ces deux hommes ou un temps parrallèle pour combler mes lacunes. Il est vrai que nul n'est besoin d'avoir lu tous les livres cités mais l'envie reste là afin de savoir si mon imaginaire aurait suivi le leur à la lecture de ce journal littéraire, compte rendu et analyse d'une enquête.

Bel examen de l'auteur (je vous rassure si vous ne portez pas dans votre coeur ou êtes totalement ignorant de l'oeuvre, rien ne vous empêchera de poursuivre votre enquête/lecture), des situations qui s'entrecroisent, de la part que joue notre mémoire et l'interprétation, des sensations a posteriori.

Confronter à un maître du cerveau et de ses émotions un détective est une belle et riche idée. L'homme a tout pour lui mais également une capacité à se faire haïr hors du commun. De presque victime il devient suspect, mais avant tout manipulateur.

Mais les choses sont-elles vraiment ainsi que notre détective nous les laisse lire. A force de voir en Hercule Poirot une référence, la chute de l'histoire sera-t-elle similaire à la fin du héros d'Agattha Cristie ?

Seuls votre imagination et votre avis personnel pourront donner la chute et le point final à cette histoire.

 

Les tentatrices : Cuné, Fashion

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 23:20

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/99/Tulipe_noire.JPG/338px-Tulipe_noire.JPGLa tulipe noire / Alexandre Dumas. Nelson, 1935. 378 pages. 3*

En 1672, Guillaume d'Orange prend le pouvoir en Hollande, profitant du massacre par le peuple, des frères Jean et Corneille de Witt accusés de tractations secrètes avec la France.
Pendant ce temps, loin des tumultes de la politique, le jeune Cornélius van Baerle (filleul de Corneille de Witt), se livre à sa passion des tulipes en essayant de créer une tulipe noire, dont la découverte sera récompensée par un prix de la société horticole de Harlem. Le voyant sur le point d'aboutir, son voisin Boxtel, par jalousie et par cupidité, le dénonce comme complice de Corneille de Witt.
Bien que ne connaissant pas le contenu des lettres que son parrain lui avait confiées, Cornélius est accusé de trahison. Il n'a que le temps d'envelopper ses caïeux de tulipe noire dans une lettre l'innocentant mais qu'il n'a pas lue, avant de se retrouver en prison et condamné à mort. Mais au dernier moment, Guillaume d'Orange transforme sa peine de mort en prison à perpétuité... La Tulipe Noire est un des plus célèbres romans d'Alexandre Dumas.

(source image)

 

La tulipe noire... ha-ha, je vois déjà vos yeux brillaient et voir-revoir des aventures de capes et d'épées !! Que nenni ! En effet, si le titre est le même, là s'arrête l'homonymie. Notre histoire se fonde sur des bouleversements politiques qui vont entraîner le filleul de Corneille de Witt, Cornélius, vers la peine de mort transformée en prison à perpétuité. Non il ne s'agit pas non plus d'un remake du Comte de Monte Cristo, désolée...Toute l'histoire va résider autour d'un oignon de tulipe qui sera à la fois la perte et le sauveur de ce Cornélius, le tout "agrémenté" d'une histoire d'amour presqu'à l'eau de rose, un peu bétifiante, même si la naïveté est plus grande chez l'homme que chez la femme. Assez surprenant de la part d'un auteur du XIXème siècle. Mais sait-on jamais, après tout ce que j'ai appris ces derniers jours sur Alexandre Dumas, peut être une féministe avant l'heure a-t-elle écrit certaines des pages de ce roman ? (j'extrapole et ne suis allée nul part confirmer mes allusions).

Mais avant cela, les premiers chapitres de ce roman ne sont pas à laisser entre tous les yeux, puisque nous allons assister à une scène de lynchage fort  (trop à mon goût) réaliste alors que les frères de Witt tentent de gagner les frontières de la Hollande afin d'échapper à la vindicte populaire. Sans doute y seraient-ils parvenus (mais alors plus d'histoire ;-D) si un personnage étrange tout d'abord, qui, nous allons rapidement le savoir, n'est autre que Guillaume d'Orange ne leur mettait des obstacles insurmontables. Le personnage est ambivalent tout au long de l'ouvrage, mais cette première rencontre nous laisse une image froide et calculatrice ; semblant tout d'abord abattu, rabougri, tenant à peine sur ses jambes à la vue de cette population avide de vengeance, le massacre des frères semblent le ramener à la vie grâce au sang répandu. Mais passons là ces scènes froides et destructrices, Alexandre Dumas bascule dans la vie de Cornélius, doux rêveur et tout à son affaire de découvrir de nouvelles variétés de tulipes, à qui son parrain a confié des lettres politiques préjudiciables. L'homme ignore tout, comme il omet de regarder autour de lui et ne s'est pas rendu compte du préjudice à l'égard de son voisin, car en  se lançant dans le commerce des tulipes, il le ruine. Celui-ci, amer et moins fortuné a pris ombrage de ses succès et cherche par tous les moyens à lui porter préjudice. Une lettre de dénonciation, un Cornélius dans la lune, trop occupé à dorloter ses caïeux de futur tulipe noire (un prix a été lancé) et le voici qui se retrouve emprisonné, jugé, condamné. La tulipe noire est-elle déjà morte avant d'avoir pu se montrer ? Et non , voici Rosa la fille du geolier...

Et oui, voici le second personnage principal de cette histoire, au même niveau que la tulipe noire. Vous croyez tout d'abord découvrir une jeune fille naïve à l'image de l'homme dont elle s'éprend, inculte, ne sachant ni lire, ni écrire et sous la coupe de son père ; en tant que femme qu'elle place peut-elle espérer ? En fermant l'ouvrage vous aurez vu qu'elle a su agir pour suivre son amour, en allant demander la mutation de son père auprès de Guillaume d'Orange, qu'elle sait utiliser les faiblesses de son père pour mieux retrouver son Cornélius. Enfin que, grâce à elle la tulipe noire pourra être plantée, fleurir et être présentée dans la bonne ville d'Haarlem.

Sur fonds d'histoire d'amour niaiseuse, Dumas nous donne à voir le portrait de personnages caricaturaux, nous montre l'intelligence et le bon sens d'une jeune fille partie de rien, mais qui sut se jouer des obstacles.

Le tout se lit aisément mais reste, à mon sens, profondément marquer par l'époque à laquelle elle a été écrite.

 

http://www.decitre.fr/gi/85/9782070338085FS.gifLa dame pâle / Alexandre Dumas. Folio, 2009. 103 pages

Au cœur des Carpathes dans le sombre château de Brankovan, les princes Grégoriska et Kostaki s'affrontent pour conquérir la belle Hedwige.
Or Kostaki est un vampire qui revient chaque nuit assouvir sa soif de sang auprès de la jeune femme devenue l'objet d'une lutte sans merci entre les deux frères. Une étrange histoire pleine de romantisme et de fantastique où l'angoisse le dispute au romanesque...

 

Une autre histoire de femme ici, mais dont la couverture vous donne déjà un avant goût de ses aventures. Ne laissez pas votre imagination s'enflammer....

En effet, une nouvelle fois cette femme appartient à son époque et subit les aléas historiques et politiques. Voulant sauver son dernier enfant, son père l'envoie se cacher là où sa mère était parvenue à sauver son existence par le passé. Mais c'est sans compter avec le destin qui lui fait croiser la route de deux frères ; deux entités que tout opposent bien entendu, le bien contre le mal. Une image connue mais que Dumas sait, en quelques pages redessinée. Il trousse pour nous une histoire mélant habilement la confrontation à la fois fraternelle et entre Dieu et le Diable symbolisé par un abandon à la mort éternelle via l'appartenance au monde des morts vivants.

Jouant à merveille, une nouvelle fois, avec les faits historiques et géographiques, il immisce les légendes qui peuplent ces régions de l'Est et nous entraîne, toujours (LoL) dans une histoire d'amour où le fantastique prend place, ce qui a rendu l'histoire plus vivante à mes yeux que les prémices des émotions évoquées dans La tulipe noire. 

Une histoire courte mais vivante *enfin si l'on peut dire ;0) *

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 22:43

http://www.decitre.fr/gi/16/9782749910116FS.gifMétronome : L'histoire de France au rythme du métro parisien / Lorànt Deutsch. Avec la complicité d'Emmanuel Haymann. Editions France Loisirs, 2010. 395 pages. 3*

Saviez-vous que la Lutèce des origines ne se situait pas sur l'île de la Cité, mais à Nanterre ? Que les derniers combattants gaulois massacrés par les Romains reposent sous la tour Eiffel ? Que les vestiges de la première cathédrale de Paris se trouvent sous le parking d'un immeuble moderne du Ve arrondissement ? Au fil de ses découvertes, Lorànt Deutsch vous emmènera vers ce qui fut le Pont-au-Change, ancêtre de la Bourse, puis chez ce bistrotier qui entasse ses bouteilles dans une cellule de la Bastille sauvée de la destruction, et tout au long des rues où se cachent des trésors que vous ne soupçonniez pas.
Une promenade captivante, où défilent les seigneurs alliés comme les princes rebelles, et tout ce qui a forgé le pays. Vous verrez s'ériger des murailles contre l'envahisseur, s'agiter l'Église, s'imposer les marchands, s'ébrouer les artistes, l'Université s'installer sur des ballots de paille place Maubert, le peuple de Paris se soulever - violent, sanglant, emblématique -, et se construire ainsi toute l'histoire de France.

 

Sans toujours parvenir à dire pourquoi le premier chapitre de cet ouvrage m'a un tantinet déçue. Je l'ai même posé dans un coin avant d'ouvrir un puis un autre ouvrage et puis le reprendre. Alors, me direz-vous, verdict final ? Je garde en partie ma première impression, ne parvenant pas réellement à savoir exactement ce que j'attendais de ce livre. N'ayant pas de télé, on ne peut pas dire que c'est par ce média que j'ai eu envie d'ouvrir le livre, l'envie était là, dès sa sortie, et j'ai attendu sagement, évitant de lire les billets ici ou là.

Alors oui, la forme est originale. Le fait d'accorder un chapitre par siècle, de raconter l'histoire de Paris et en partie l'histoire de France au gré des stations du métro parisien est bien pensé. Mais, je viens d'aller lire un extrait de l'hedomadaire L'Express faisant référence à un blogeur ayant totalement accroché à l'ouvrage et y voyant comme un "outil de vulgarisation" à l'histoire (l'expression est de moi, mais la trouvant un peu forte, je joue des guillemets) ! Là c'est un peu fort, je pense. Car si le propos est fort intéressant, illustré d'anecdotes etc... le raccourci historique est quand même bien présent et, toute personne n'ayant pas étudiée a minima, via le système scolaire, l'histoire de France, aura parfois, bien du mal à raccrocher à certains chapitres.

Néanmoins, cela m'a permis de réviser certains faits historiques, d'en découvrir d'autres et de voir Paris, son histoire, sa construction avec d'autres yeux. J'ai appris également, n'en déplaise aux biens pensants qui peut-être voyez en moi une suiveuse dans leur combat contre cet acteur-écrivain, LoL.

Ainsi, j'ignorais totalement que Paris n'avait pas eu de maire jusqu'en 1977 et je n'en savais absolument pas les raisons avant de le lire (par contre en retournant sur l'article de Wikipédia je découvre que contrairement à ce que j'avais compris/ lu, il y eut bien un maire avant, mais qui a occupé sa fonction quelques jours seulement).

Les tous premiers chapitres m'ont un peu géné par le style très oral utilisé ; en voulant mettre l'histoire raconté simplement, nul besoin pour autant de claquer des grandes claques dans le dos et de parler limite populo afin de faire plus vrai. Erreur de jeunesse ou chapitre(s) maladroit(s), je ne sais mais, la suite en conservant une approche facile garde un ton qui me correspondait mieux.

Oui l'ouvrage peut être vu comme Paris facile raconté à tous ou une ballade sur les lieux historiques de Paris + des encarts anecdotiques, mais il comporte des qualités et défauts qui en font le livre de chevet de certains, un agréable moment de lecture pour d'autres, une lecture pour des gens comme moi (aimant pourtant l'histoire. J'avoue je lisais le soir mes livres scolaires d'histoires, c'est vous dire) qui n'y trouvent pas totalement leur content et s'ennuient un peu parfois. Enfin, ceux qui l'ont décrié.

Comme tous les livres il a le mérite d'exister et s'il permet à certains de découvir l'histoire, de regarder autrement Paris où les rues dans lesquelles ils passent ainsi que les stations de métro qui bercent le quotidien des parisiens d'origine ou d'adoption, comme des visiteurs, je ne peux que saluer le propos et le travail proposé.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 19:00

http://www.decitre.fr/gi/78/9782253156178FS.gifN'espérez pas vous débarrasser des livres : Entretiens menés par Jean-Philippe de Tonnac / Jean-Claude Carrière & Umberto Eco. Le Livre de Poche, 2010. 281 pages

Le gai savoir : rarement l'expression nietzschéenne se sera aussi bien appliquée qu'à ce livre...
sur les livres. Du papyrus au fichier électronique, nous traversons 5000 ans d'histoire du livre à travers une discussion à la fois érudite et humoristique, savante et subjective. On y parcourt les temps et les lieux, on y fait l'éloge de la bêtise, on y analyse la passion du collectionneur, la manière dont fonctionnent la mémoire et le classement d'une bibliothèque. On y explique pourquoi " les poules ont mis un siècle pour apprendre à ne pas traverser la route "...Bref, on s'y amuse de la " furia littéraire " de deux passionnés qui nous entraînent dans leur folle farandole.
C'est peut-être le plus bel hommage qui se puisse imaginer à la culture de l'esprit, et l'antidote le plus efficace au désenchantement.

 

Lorsque l'on me propose un essai, j'ai toujours quelques doutes, mais lorsque je vois le nom de Umberto Eco, mes inquiétudes tombent.  Et, lorsque le sujet m'interpelle en plus, il ne reste plus qu'à tourner les pages de ces entretiens où Jean-Claude Carrière et Umberto Eco se donnent le change avec un savoir faire évident, mais surtout parce que ce sont des personnes dont les anecdotes comme les connaissances littéraires, expériences et réflexions personnelles donnent vie à cette forme.

Si les questions tournent autout du livre, leurs passions, leurs collections, c'est également l'occasion de parler histoire contemporaine ou ancienne, de leur amour pour les ouvrages, d'auteurs oubliés ou contemporains, de leurs relations avec eux, avec les livres tout comme du devenir de leurs bibliothèques.

L'ouvrage très centré tout d'abord sur la confrontation, la place du livre et de l'internet voit s'ouvrir une conversation fouillée et pertinente, sans jamais être lassante où qu'un des protagonistes essait de tirer la couverture à soi. Ils parlent de ce qu'ils aiment : les livres  ; mais également de la place prépondérante et essentielle de l'outil de communication qu'est Internet, sachant en apprécier les points positifs comme en souligner les aspects les plus rédhibitoires ou simplement souligner la faiblesse de l'outil selon l'utilisation qui en est faîte.

Information-désinformation, la notion joue une grande place dans ces débats mais, au fil des sujets proposés et des réponses apportées, force est de constater que par l'écrit avant l'utilisation des nouvelles technologies, les informations négatives ou fausses ont toujours trouvé un vecteur. Les nouvelles inventions : imprimerie et aujourd'hui les vecteurs électroniques ne font qu'accélerer, faciliter la diffusion des idées, opinions...

Bref une très bonne réflexion sur les livres, mais pas seulement puisque, par exemple, le cinéma, la peinture sont également abordés et que ces messieurs ont suffisamment de savoir et de curiosité pour nous entraîner à leur suite.


Les chapitres parlent d'eux-mêmes, mais le contenu est encore plus riche :

- Ouverture : Le livre ne mourra pas.

- Rien de plus éphémères que les supports durables.

- Les poules ont mis un siècle pour apprendre à ne pas traverser la route.

- Citer le nom de tous les participants de la bataille de Waterloo.

- La revanche des filtrés.

- Chaque livre publié aujourd'hui est un post-incunable.

- Des livres qui voudraient absolument parvenir jusqu'à nous.

- Notre connaissance du passé est due à des crétins, des adversaires ou des imbéciles.

- Rien n'arrêtera la vanité.

- Eloge de la bêtise.

- Internet ou l'impossibilité de la damnatio memoriae.

- La censure par le feu.

- Tous les livres que nous n'avons pas lus.

- Livre sur l'autel et livres en "Enfer".

- Que faire de sa bibliothèque après sa mort ?

 

"Si vous voulez qu'on souvienne de vous, il faut écrire. Ecrire et faire en sorte que vos écrits ne disparaissent pas dans quelque brassier." Jean-Claude Carrière

 

Lu en partenariat avec Le Livre de Poche.

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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 16:06

http://www.decitre.fr/gi/39/9782266166539FS.gifJe, François Villon / Jean Teulé. Pocket, 2007. 435 pages. 3*

Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d'Arc.
On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a étudié à l'université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les curés, les assassins, les poètes et les rois. Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Ides plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu'un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l'histoire de son temps.
Il a ouvert cette voie somptueuse qu'emprunteront à sa suite tous les autres poètes : l'absolue liberté. Après Rimbaud et Verlaine, Jean Teulé ne pouvait mieux clore son voyage en Poésie qu'en endossant avec orgueil et humilité les haillons magnifiques de François Villon.

 

Les 50 premières pages de cet ouvrage furent pour moi un enchantement. Non pas, bien sûr par la triste naissance et les faits l'accompagnant de celui qu'on appelait alors François Montcorbier. Mais la plume de Jean Teulé se fait légère lorsqu'elle évoque la petite enfance de ce jeune garçon dont la venue au monde aurait été marquée par la mort de son père, pendu, ainsi que par celle de Jeanne d'Arc.

En quelques courts chapitres l'auteur nous montre l'amour de cette mère pour son enfant, la douce indolence au mépris de la misère extrême, de ce siècle de souffrance, marqué nous le rappelle-t-il par la guerre de 100 ans et l'invasion anglaise. Mais cette complicité, ces courts moments de grâce n'ont malheureusement pas durés.

Pauvre de moi qui m'enthousiasmais par avance par ces quelques pages, la suite est beaucoup plus hardue :s

Maniant avec dextérité les écrits de Villon, ce que l'on sait ou croit savoir, Jean Teulé nous raconte la vie du poète François Villon : poète, voleur, assassin... côtoyant les bas fonds de la société, en quête de vie, de connaissance d'une certaine manière. Mais l'auteur n'oublie pas de nous narrer la période fort troublée durant laquelle a vécu le poète et à la poésie de l'homme se juxtapose les horreurs et la barbarie qui font que, plusieurs fois l'envie de refermer l'ouvrage m'a effleuré.

La prose de Teulé n'est plus chantante à mes yeux, mais réaliste, crue ; l'horreur côtoie de trop près à mes yeux ce chantre du renouvellement de la poèsie. Véridique ou non que m'importe ! Le pragmatisme du personnage et la narration sont trop réels pour parvenir à faire la distinction. L'envie de fuir ma lecture me gagne. Mais ayant oublié l'histoire de Villon, je m'acharne et termine l'ouvrage avec une pointe d'admiration pour l'auteur, mais avec aucune envie de  le ré-ouvrir, et viiiite, le rendre à sa propriétaire : Amanda, merci !

Je n'étais pas férue de poésie et ce texte ne m'y aide pas plus tout en étant superbement rédigé et en faisant la part belle à Villon - rendons à César... ce qui lui appartient.... -

 

Les avis d'Amanda, Papillon, YueYin

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 06:00

http://static.gallimardmontreal.com/images_articles/imageslivre/9782894060438.jpg?1192589483Maria Chapdelaine / Louis Hémon. Bibliothèque Québécoise, 1990 (Littérature BQ).197 pages. 4,5*

Il aura suffi d'un court séjour dans un coin de pays récemment ouvert à la colonisation pour que Louis Hémon propose une nouvelle interprétation du drame du peuple canadien-français, « l'éternel malentendu entre deux races » : les nomades et les sédentaires. Le roman met en conflit deux tendances irréconciliables, celle qu'incarnent François Paradis, l'aventurier, et le père Chapdelaine, et celle dont la mère de Maria est la meilleure représentante, avec Eutrope Gagnon, son allié. Quant à Lorenzo Surprenant, sa positon d'exilé le disqualifiait aux yeux de l'héroïne, de même qu'une trop grande témérité a éliminé de la course amoureuse François Paradis. Pour qu'une race persiste et se maintienne, selon Hémon, il lui faut se fixer à demeure, prendre feu et lieu. Publié en feuilleton, à titre posthume, dans un quotidien parisien, Maria Chapdelaine paraît en volume à Montréal en 1916, puis à Paris en 1921, inaugurant chez Grasset la célèbre collection « Les Cahiers verts ». Cette tragique histoire d'amour qui se déroule à Péribonka a été adaptée à la scène, au cinéma et pour la télévision. On compte jusqu'ici plus de 150 éditions de ce chef-d'oeuvre de la francophonie qui a été traduit dans 25 langues.

 

Et oui, Maria Chapdelaine ; l'influence de mon voyage au Québec se fait sentir. 

C'est un livre que je souhaitais lire depuis 15-20 ans et que je n'étais pas parvenue à trouver, à l'époque, en bibliothèque. Encouragée dans mes pérégrinations par Abeille et Karine, nous avons écumé quelques librairies d'occasions à Montréal et dès que je leur ai dit mon projet, me suis retrouvée très vite avec l'ouvrage entre les mains.

Déjà je vois quelques sourcils se soulevaient car, pour ceux qui l'ignorent, Louis Hémon est français. Et oui ! Il a effectivement vécu au Québec quelques années et a partagé le quotidien des québécois dans les travaux des champs, mais également dans les bois.


L'action se déroule dans la région du Saguenay où j'ai eu l'occasion de me rendre (là s'arrête mes racontars concernant mon périple :0) ; très bientôt des photos orneront ce blog). 

Alors oui c''est une histoire que beaucoup risque de ne pas aimer, ce n'est pas le film d'action à la mode, c'est une histoire des années 20 avec une certaine lenteur. Un temps propre à cette époque, avec des personnages tributèrent des conditions météo et de la vitesse de leurs jambes ou de la bonne santé des chevaux qui les mènent à bon port.

Mais c'est tout cela qui fait le charme de cet ouvrage ! Le cycle des saisons, les travaux journaliers qui ponctuent la vie quotidienne : veiller à ce que le feu reste allimenté en hiver, attendre les visites pour agrémenter la compagnie, les apprécier quelque soit l'heure,... Se réjouir des histoires, des chansons, du retour des frères qui pendant les mois d'hiver sont dans les bois. Enfin Maria Chapdelaine, c'est l'éveil à l'amour de cette jeune fille, qui d'un sourire, d'un regard ou hochement de tête s'engage à attendre l'aventurier François Paradis dont les promesses et la vie ouvrent à Maria un futur différent (ou pas) de ce qu'elle connaît.

J'ai trouvé dans l'écriture une richesse dans les descriptions de la nature et de la vie quotidienne mais également un formidable témoignage de la vie de cette époque. Période de contraste entre 3 prétendants : l'aventurier, celui qui vendu ses terres pour partir aux Etats et vivre en ville, et le dernier toujours attaché à la terre et qui semble à la fois le maladroit et le perdant. Témoignage également de l'importance de la religion et du prêtre qui (véritable image de ceux que l'on nous enseigne dans la religion) est le véritable directeur de conscience de Maria et de toute la communauté. Le passage qui suit cette échange est à mon sens déchirant pour cette jeune femme à qui on demande de ne pas regarder en arrière et de ne pas s'appesantir sur son chagrin, alors qu'elle vient tout juste de découvrir l'amour.

Vous l'aurez compris, cette lecture fut pour moi un vrai plaisir que j'ai commencé volontairement dans l'avion du retour. Et cette lecture s'est achevée sur une postface fort bien tournée de Bernard Clavel, dont je fus une grande admiratrice précisément à la même période où je souhaitais lire ce roman. La boucle est blouclée.... [Et mon voyage inoubliable pour ceux qui l'ignorent encore. Merci à tous les québécois que j'ai croisé ! Vous êtes formidables !]


L'avis de Jules ;-D

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 23:00

Vacances au pays perdu  / Philippe Ségur. Le Livre de Poche, 2010. 217 pages3*

Un graphiste hypocondriaque, végétarien et tyrannisé par ses enfants, rêve d'aventure.
Le jour où il découvre que les salades, les purées et les pâtes dont il conçoit les emballages sont bourrées de pesticides, d'hormones de croissance et d'antibiotiques, il décide de rompre avec le système et de fuir la société de consommation. Il s'embarque avec son meilleur ami pour un périple qui va le conduire à découvrir, loin des circuits touristiques, le dernier pays des merveilles. De ce pays fameux, notre anti-héros, perclus d'angoisses et aliéné par le système avec lequel il veut rompre, ne verra pas grand-chose...
Vacance au pays perdu, roman plein d'humour et d'amertume, dresse le portrait d'un homme condamné à être exclu du monde où qu'il aille. L'aventure, d'accord, mais à l'étranger, était-ce bien raisonnable ?

 

Des caricatures de touristes, et pas forcément des meilleures, voilà l'image que m'inspirent les deux protagonistes de cette histoire.

On peut lire ce livre à bien des niveaux et je pense y avoir perçu beaucoup d'ironie et une volonté d'humour tant les situations dans laquelle notre graphiste hypocondriaque se retrouve, peuvent parfois sembler totalement abracadabrantes. Lui et son ami "Cri-Cri", avocat de son état, qui a tout vu, tout fait et sait tout sur les voyages à l'étranger font réellement une paire totalement loufoque. Tous deux semblent absolument irresponsables dans leurs décisions, leurs actes...

L'"idée de génie" pour Philippe Ségur semble être d'avoir eu l'idée de les entraîner en Albanie qui se relève difficilement du communisme et de la guerre qui s'est déroulée dans leur pays voisin, le Kosovo, dont la langue est inconnue de l'un et de l'autre. Je mets cette notion d'idée entre guillemets car elle lui facilite grandement les choses pour plonger ces deux personnages, naïfs et insolents avec leur pouvoir d'achats, dans des situations où les traits deviennent bien vite énormes. Plutôt que d'y voir un ton ironique par rapport à ce pays, ce texte m'a semblé davantage se moquer de cet idéaliste hypocondriaque qui étouffe dans notre société de consommation, mais va voir tous ses beaux principes basculer dans ce pays qu'il ne maîtrise pas, pas plus que la bouée de secours qu'il a cru emporter avec lui : son ami Cri-Cri Leur pensée européenne, leur fric abondant pour ce pays ou leurs téléphones portables ne font guère le poids face à leur bêtise. 

Des stéréotypes malheureusement que je retrouve à chaque fois que je pars à l'étranger et qui me font quitter précipitamment le lieu où ils se trouvent, craignant l'amalgame avec de telles personnes. De la même manière, à force de voir les poncifs s'accumuler une certaine lassitude m'a gagné (j'étais partagée entre l'incrédulité et ce "comique de répétition" que j'ai beaucoup de mal à trouver drôle) et j'avais hâte de connaître la chute de ce livre, de voir comment ils allaient enfin prendre conscience qu'ils n'avaient rien à faire dans ce pays (choisi au hasard et sans avoir pris de renseignements suffisants) et quel serait leur chemin de retour. Qu'allait-on pouvoir retirer ce graphiste de son voyage ? Sans spoiler je dirais, sans doute la même chose que ces touristes qui veulent manger français à l'étranger, disent avoir tout vu à leur retour et s'empressent de faire la leçon sur le pays visité à tous ceux qui veulent bien les écouter. 


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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 21:55

http://www.decitre.fr/gi/74/9782742785674FS.gifLa double vie d'Anna Song / Minh Tran Huy. Actes Sud, 2009. 188 pages. 4*

Anna Song, "la plus grande pianiste vivante dont personne n'a jamais entendu parler", laisse derrière elle une œuvre discographique sans précédent.
Malgré la maladie, et clans un engagement du corps et de l'âme proche de la ferveur, elle a voué ses dernières années à arpenter, avec une indéfectible justesse, un territoire musical des plus vastes. Gardien du temple et architecte de la légende : Paul Desroches, son mari et producteur. Mais tandis que celui-ci raconte la femme aimée, de l'émerveillement enfantin aux patientes années d'une vie partagée dans une sorte de culte de la beauté, le scandale éclate.
Anna Song n'aurait pas enregistré une seule note de sa discographie, pillée ailleurs par l'amoureux démiurge. Imposture, falsification, trahison : au concert de louanges nécrologiques succède le tapage de l'opprobre, relayé par des médias d'autant plus féroces que bernés. C'est un fascinant jeu de miroirs qu'orchestre ici Minh Tran Huy dans un deuxième roman qui confirme l'avènement d'un univers d'une impressionnante cohérence.
Où l'on retrouve l'omniprésente absence du pays des origines, le Viêtnam, dont la réalité floutée par le temps et l'éloignement s'enracine clans un silence peuplé de contes. Et aussi cette petite musique envoûtante, cette opacité impavide plus généreuse qu'elle ne s'affiche, qui évoque irrésistiblement les eaux calmes d'un lac, sous lesquelles se jouent - et demeurent - les plus violentes tragédies.
Tombeau du premier, du grand, de l'unique amour, entre ode et plaidoyer, La Double vie d'Anna Song révèle et défend la folie d'aimer, mais aussi le droit à inventer des vies à la hauteur de cette folie.

 

S'inspirant de faits réels, Minh Tran Huy donne à son roman ses origines vietnamiennes. Navigant sur un passé familial, elle tisse la vie de cette femme pianiste et de son amour de jeunesse. S'enlace l'histoire de la rencontre entre Anna et Paul, leurs histoires, leurs grand-mères respectives, aimantes, caressantes et les chapitres émanant des journaux qui s'emparent d'Anna Song, l'édifiant sur un piédestal juste après son décès avant de la voir chuter tout comme le destin de Paul Desroches. Paul, qui nous donne sa version des faits, qui fascine le lecteur avide de savoir le pourquoi du comment de cette mystification, si cette dernière est bien réelle. Un lecteur prêt à suivre les deux enfants dans leur passion musicale, qui s'accroche à l'histoire des ascendants d'Anna, cette histoire qui donne cette sensibilité si particulière à la musique de cette enfant prodige.

Mais au regard des articles qui s'accumulent, des questions qui se posent, déméler le vrai du faux semble de plus en plus complexe pour tous : lecteur, journaliste et même jusqu'à Paul Desroches. Est-ce une fable montée de toute pièce par ses soins ? Où s'arrêtent la réalité de la fiction ? L'amour inconditionnel de cet homme pour cette Wunderkind qui l'aida à vaincre sa solitude et l'absence de reconnaissance ? Seul le dernier chapitre vous donnera un début de réponse.

Dans ce roman, on retrouve à la fois, la force de ceux qui ont tout perdu, leur volonté de se battre avec les moyens dont ils disposent. Cela peut se traduire par l'exploitation de leurs dons, de leur intelligence ou tout simplement de leurs connaissances. Il est intéressant de lire au travers de "l'article" en fin de volume combien la célébrité peut s'acquérir avec plus ou moins de justesse de la part des critiques. La reconnaissance tient à fort peu de chose, et j'ai trouvé ce parallèle, en cette période de rentrée littéraire où la couverture médiatique aide à la vente, savoureuse. Il est certain qu'un agréable physique, une Histoire permet d'accrocher le lecteur. Tous les éléments parfaitement réunis ici. Jusqu'où seriez-vous prêt à aller, quelles parties de votre existence à gommer ou aménager pour obtenir la reconnaissance des média, pour arriver là où tout un chacun vous avait dit que vous iriez ?

Bien entendu si vous avez entendu parler de l'histoire de Joyce Hattom, peut-être n'attendrez-vous pas grand chose de cette lecture ; mais elle dénote par ces références au Vietnam, aux histoires y faisant référence, et avant tout à la musique, un certain charme à mes yeux.

 

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