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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 20:25

http://www.decitre.fr/gi/95/9782253134695FS.gifLa légende de nos pères / Sorj Chalandon. Le Livre de Poche, 2011. 254 pages

J'ai laissé partir mon père sans écouter ce qu'il avait à me dire, le combattant qu'il avait été, le Résistant, le héros.
J'ai tardé à le questionner, à moissonner sa mémoire. Il est mort en inconnu dans son coin de silence. Pour retrouver sa trace, j'ai rencontré Beauzaboc, un vieux soldat de l'ombre, lui aussi. J'ai accepté d'écrire son histoire, sans imaginer qu'elle allait nous précipiter lui et moi en enfer... S.C

 

Lorsque ce titre était sorti, j'avais hésité puis mis de côté cette envie de lecture. Etrangement la semaine passé c'est son nouveau titre qui m'a fait de l'oeil et s'il n'a pas encore rejoint ma PAL de nouveautés, cela ne saurait tarder... (Retour à Killybegs).

Dès les premières pages de ce roman, une certaine émotion me gagne et déjà j'adhère à l'écriture de Sorj Chalandon. Rares sont pourtant les journalistes (ou anciens journalistes) qui ont trouvé grâce à mes yeux par leur plume (Alain Remond et ses romans autobiographiques fait partie de ce groupe).

Phrases simples et courtes qui narrent la vie "banale" (?) d'un jeune homme qui écrit la biographie des autres : "un biographe familial" ainsi qu'il aime à se présenter.  Son métier, son histoire et celle de sa famille : toutes sortes d'interrogations, voilà ce qui sera au coeur de cet ouvrage. Car la jeune femme qui fait appel à lui, Lupuline, souhaite qu'il aide son père à se raconter, à transcrire par écrit ses faits d'armes durant la Seconde Guerre mondiale en tant que résistant.

Etrange écho s'il en est pour le narrateur dont le père fut lui même résistant, qui a cru avoir le temps de lui raconter Sa Guerre, lorsque tous deux seraient prêts, mais les aléas de la vie en ont décidé autrement.

Beuzaboc, le père de Lupuline, et lui vont devoir s'apprivoiser. Une joute tantôt verbale, tantôt silencieuse s'intaure entre eux. L'écrivain recherchant d'une certaine manière son père, à retrouver les événements qui lui permettent de mettre ses vies en parallèle.

Si le malaise progresse, il était latent entre les hommes dès les premières rencontres. Si un début de relation s'est esquissé, le lecteur va sentir dans la plume et dans le quotidien de l'écrivain, le retour de ces silences. Le malaise grandit. Au travers de Beuzaboc, c'est tout une période qui revit, les petits et grands événements, les actions futiles, utiles ou silencieuses...

La recherche d'une lumière plus franche afin de peindre au mieux l'univers comme les compagnons de Beuzaboc le plonge dans la vie et les faits d'armes de tous les français ayant vécu l'occupation. Mais si l'histoire nous plante un décor géographique et chronologique précis, c'est bien la question des réactions de tout un chacun en temps de guerre qui pointe son nez.

Marcel Frémaux, le personnage principal, pourrait être presqu'un anonyme si l'auteur ne nous l'avait pas dépeint dans les premiers chapitres. Anonyme parmi les milliers d'anonymes, en quête de connaître la mémoire et l'histoire de son propre père, il pourrait se contenter d'écouter et transcrire froidement les histoires de Beuzaboc tel qu'il les a raconté à sa fille, mais leurs liens n'étant pas de nature filiale ou autre, son regard est différent.

Il s'interroge et grâce à Sorj Chalandon c'est notre propre mémoire que nous interrogeons, les histoires, par exemple, que nous connaissons sur notre famille ne sont-elles pas exemptes de semi-vérités, parfois d'enjolivement ou autre ?


Choco en parlait superbement lors de sa sortie.

 

 

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 13:50

http://www.decitre.fr/gi/67/9782749118567FS.gifUn garçon si tranquille / François Chollet. Cherche Midi, 122 pages (Styles). 2011. 0,5*

"Elle allait mourir.
L'issue ne taisait aucun doute. Alexis attendait cet instant depuis le début, sans pouvoir s'y préparer. Maintenant il ne demandait plus grand-chose: "Encore une minute, monsieur le bourreau." La minute de répit supplémentaire qui durerait plusieurs heures, tout ce temps en trop, inutile. Il avait appris à patienter et il n'avait plus rien à faire, qu'à laisser mijoter l'angoisse dans l'apnée de ses sentiments.
Ces derniers temps, le médecin l'avait chargé de la délicate mission de doser la morphine. Tâche douloureuse de la toute-puissance : Si vous sentez qu'elle a mal, appuyez ici. Mais, bien évidemment, cela accélérera la fin... Bien évidemment. Ce jean-foutre lui avait mis entre les mains un marché sans issue : la drogue la soulageait et la tuait en même temps. Pendant deux ans les médicastres les avaient traînés de "bien évidemment" en "je vais vous donner un conseil", sans jamais admettre leur incapacité à sauver sa mère.
Même pas en biaisant avec des mots décents ou courageux. Qu'on le prévienne une bonne fois pour toutes que c'était terminé ! Personne n'a le courage de l'annoncer. Ils avaient fini par le laisser tomber, cette fiole de morphine à la main, et quelques nuits d'hiver glacées devant lui", François Chollet.

 

Un livre contemporain comme je les déteste. Il me donne l'impression de jouer avec tous les interdits, les tabous de notre culture afin de mieux attirer l'attention des médias, d'envoyer des claques au lecteur à chaque page afin de lui montrer combien il sait être vulgaire, transgressif sous une plume calme via des phrases courtes.

Et pourtant, en cherchant plus loin que cette agression verbale qui, volontairement s'oppose au titre donné par l'auteur, j'essaie d'aller au-delà des mots, de revenir sur le sujet : la maladie, la perte de la féminité pour une femme via l'ablation d'un sein puis la mort. Sa vie que son accompagnant, son fils (le garçon tranquille) lui prend afin de la soulager en lui administrant la morphine propre à l'aider à atténuer sa douleur mais qui immanquablement l'accompagne vers la mort.Une mort trop hâtive pour lui qui semblait vivre en symbiose avec sa mère.

C'est aussi un regard douloureux de cet enfant / cet homme sur ce que fut son passé, le couple qu'elle forma avec son père, les non-dits, ce qu'il a pu entendre, ce qu'il croit deviner au milieu de cette famille âgée qui l'entoure, qui étouffe et s'étouffe.

D'une certaine manière également, sa quête de passer à l'âge adulte par toutes les transgressions, mais aussi par l'apprentissage de la vie en solo : apprendre à se nourrir seul, de vivre seul... Mais comment apprendre sa sexualité ? Comment redonner vie et grace à sa mère morte si brutalement pour lui et décharné ?

Il me tardait que ce livre finisse. Chaque page me désenchantait un peu plus. J'ai détesté.

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 10:40

http://www.decitre.fr/gi/60/9782266216760FS.gifLe voleur d’ombres / Marc Levy. Pocket, 2011. 292 pages. 2*
Enfant, il vole les ombres de ceux qu’il croise… et chacune de ces ombres lui confie un secret.
Malgré lui, il entend les rêves, les espoirs et les chagrins de ceux qu’il aime. Que faire de cet étrange pourvoir ?
Quelques années plus tard, le « voleur d’ombres » est devenu étudiant en médecine… Est-il encore capable de deviner ce qui pourrait rendre heureux ses proches, comme Sophie avec laquelle il étudie la médecine, ou Luc, son meilleur ami, qui voudrait changer de vie ?
Et lui, sait-il où le bonheur l’attend ?
Amour d’une mère. Inoubliable premier amour. Amour qui s’achève… Amitié longue comme la vie… Le voleur d’ombres est une histoire d’amour au pluriel.

Alors oui une lecture de vacances, et un roman très ordinaire.
Je ne sais plus vraiment si j’ai lu beaucoup de Marc Levy mais je peux comprendre l’engouement du public à son égard car il sait habilement utiliser toutes les ficelles pour attirer le lectorat.
Des ficelles larmoyantes qui doivent plaire à un large public, mais qui ne m’a pas pourtant emballé.
Je viens de confier la lecture du roman à ma maman afin de tester les réactions d’une lectrice lambda mais suis bien certaine que cela va lui plaire et que ce livre va lui arracher quelques pleurs ; bref, elle devrait répondre au quota de lectrices de l’auteur. (--> livre lu ; effectivement elle a aimé mais sans larmes et, même si elle a apprécié l'histoire, elle a vu de nombreuses évidences au cours de  sa lecture ;-D).
Le pouvoir dont il est question dans le titre n’est en définitif présent que lorsque cela arrange  l’auteur, lui permettant de faire avancer ou rebondir son action. La limite de ce pouvoir est visible au travers de l’oubli de cet aspect fantastique lorsque l’histoire d’amour prend la part belle ou tout simplement lorsque le besoin n’est plus présent. Et l’auteur a beau expliqué que son héros préfère mettre de côté cette faculté qui tantôt l’effraie, tantôt l’attire, le scepticisme demeure… En effet, ce « pouvoir » est avant tout là, ainsi que je le mentionnais afin de faire la part belle à l’histoire d’amour qui, doit être un leitmotiv chez Levy d’où son succès auprès du public.
Alors oui l’histoire  n’est pas en soi plus mauvaise qu’une autre, mais ne restera pas, pour moi, un incontournable.
Une lecture de plage dont j’attendais davantage d’explications en ce qui concerne la force de cette ombre, d’où elle lui vient et ce que cet enfant, puis jeune homme pourrait réellement en faire.

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 20:13

http://www.decitre.fr/gi/92/9782081227392FS.gifLes aventures de Cassandra Jamiston. 2. Le livre d'Emeraude / Carolyn Grey. Flammarion, 2011. 506 pages. 4,5*

Angleterre, 1862.
Tandis qu'une vague d'assassinats atroces, surnommés " les meurtres de la Dame Noire ", ensanglante Londres, de nouvelles menaces se profilent dans la vie de Cassandra Jamiston, ancienne cambrioleuse de haut vol, et de ses proches. L'ancienne femme de son ami lord Julian Ashcroft, l'énigmatique Aerith, réapparaît en effet après des années d'absence pour les mettre sur la piste du Livre d'émeraude, un mystérieux ouvrage ésotérique aux pouvoirs illimités.
Cassandra est alors loin de se douter que cette quête va lui ouvrir les portes de son passé, faisant resurgir de sombres et terribles secrets qui ne laisseront personne indemne. Une fois encore, la jeune femme et ses compagnons se retrouveront plongés dans une aventure qui va les confronter aux ennemis les plus retors et les mener aux quatre coins de l'Europe. Une Europe trouble où conspirations politiques rejoignent quêtes mystiques, où le secret du Grand Oeuvre pourrait bien faire chanceler le trône de la reine Victoria...

 

Parce que cela fait une quinzaine que je vous ai mis cette couv. en ouverture de mon blog, je me devais de vous faire un compte rendu de ma lecture rapidement même si d'autres ouvrages attendent que je me penche et m'épanche sur leur contenu. Alors, alors ???? me direz-vous ?

Et bien je suis absolument enchantée par ma lecture !!! Et cela en toute objectivité ; l'auteur n'a reçu qu'un SMS* en milieu de semaine, mais je lui avais dit que, quelque soit mon opinion, elle serait sincère.

Bien que moult de nos personnages à fort potentiel aient disparu dans le premier volume, on ne peut pas dire que l'on s'ennuie dans le second !

J'avoue qu'à la lecture des premières pages, je me suis demandée si je ne serais pas bien inspirée de relire le premier afin de retrouver certains liens entre quelques personnages (too bad, je venais de le prêter), mais rapidement je me suis replongée dans l'histoire. Le temps a passé mais nos amis restent les mêmes, de nouveaux liens se créent, certaines énigmes nous sont dévoilées, mais des suppositions restent en suspens (en attente de confirmation dans le dernier roman. Vite, Carolyn !!!).

 

Dès les premières pages, Carolyn nous distille des éléments antérieurs aux faits qui vont trouver réponse en partie tout le long du roman. L'aventure débute à la manière d'une enquête policière, bien noire et mystérieuse avec une pointe de magie : la mort guette et accompagne ses forfaits par la nuit et le froid, ne laissant aucune chance à ses victimes. La folie n'est pas loin pour ceux qui la cotoie près de ses proies, mais démence  et meurtres sont des éléments que notre héroïne ne connait que trop bien grâce à son sombre double : Angelia ; de l'ange, elle n'en a que le nom et les apparences souvent trompeuses.

Une nouvelle fois, au travers de cette enquête, c'est bien d'ésotérisme dont il est question, mais elle nous permet, au travers de Cassandra, d'obtenir davantage de clés concernant ses origines, même si l'auteur se garde bien de tous nous révêler (comme il se doit), gardant pour elle des détails que sa propre héroïne souhaiterait démasquer.

Les relations entre les membres de l'équipe se tendent et se rompent parfois, mais permettent indéniablement de mieux les comprendre. Chacun cache une part obscure qu'elle nous distille afin de meiux faire rebondir l'action pour finalement nous laisser dans l'attente du prochain opus.

Indéniablement Carolyn connait ses classiques et n'hésite pas à les utiliser, nous plongeant tout à la fois dans l'Angleterre victorienne, un petit tour à Paris et en région parisienne (pour l'exotisme sans doute ;-D), dans la Russie et les Carpathes. Une nouvelle fois je suis ébahie qu'elle parvienne à me donner autant d'informations sur l'ésotérisme d'une manière générale dans un roman mêlant aventure historique, roman noir et soupçon de romance, tout en conservant de quoi nous laisser en suspens.

Alors les homonculus, Carpathes, Vlad sont-ils les clés du dernier volume ? Je suis certaine qu'il me manque encore bon nombre d'indices, ne serait-ce que par rapport à Cassandra, ce qui s'est passé à Bath juste avant le décès du père d'Andrew, par exemple, et enfin la raison de la présence de Julian *spoilers*. Bref, je ne peux que vous inciter à vous ruer chez vos libraires, et à prier l'auteur et l'éditeur de ne pas nous laisser 3 ans dans l'attente du prochain volume.

C'est l'été, profitez-en pour emporter les nouvelles aventures de Cassandra Jamiston, afin de frisonner au soleil :))

 

* page 252, le manchon de lophoplore est au rendez-vous


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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 23:06

http://www.decitre.fr/gi/25/9782268068725FS.gifQu'as-tu fait de cet amour ? / Arnaud Molinié. Editions du Rocher, 2009. 179 pages. 1*

" A dix-sept ans, devant ma Remington, j'achevai l'écriture d'un manuscrit.
Déçu, je grattai une allumette américaine pour le flamber. Ce combustible fut long à se consumer dans notre cheminée malouine. Vingt ans plus tard, il réapparut à la mort de mon meilleur ami d'enfance. Constantin en avait conservé secrètement une copie. Je lui devais cette publication. Il est mort. Le jeune homme que j'ai été, lui, ne l'est pas." En une brassée de mots, lancés aux quatre vents de l'émotion, Arnaud Molinié, homme d'influence et de réseaux, ressuscite un récit de jeunesse où passent les fantômes de l'amitié et de l'amour.
Il n'hésite pas à descendre dans l'arène aux bretteurs littéraires. Avec pour seule arme une plume mouchetée, libérant ses fidélités d'éternel jeune homme.

 

Un livre profondément ennuyeux voilà le ressenti que j'ai de ce roman dont je ne suis jamais parvenue à comprendre la réelle direction. La question que je me pose en lisant la quatrième de couverture est la suivante : si Arnaud Molinié n'était pas PDG de Lagardère Entertainment, ce livre aurait-il été publié autrement qu'à compte d'auteur ? Oeuvre de jeunesse je n'en doute pas un seul instant et sans doute sans son nom,  nul risque financier n'aurait été pris. 

Pour reprendre cette fameuse 4ème : " En une brassée de mots, lancés aux quatre vents de l'émotion (...). Oui c'est bien cela, beaucoup de mots, d'idées lancées aux quatres vents mais dont je n'ai pas su voir/comprendre l'itinéraire choisi ; l'auteur entremêle les idées : enquête, amour, complot politique mais tout reste superficiellement rendu, sans tenants ni aboutissants réels. Par contre, au niveau émotion, aucun ressenti pour ma part.  Je suis restée totalement en dehors de cette histoire magique, de cette étoile qui communique, pousse à la mort (?) certains, oriente la vie d'autres ou s'essaie à modifier la destinée d'autres, tout en semblant savoir que la vie est écrite et le destin irréversible. Bref, le grand fourre tout, sans aucun intérêt à mes yeux.

 

Stephie a aimé et compris, elle ! LoL, Lilly a accroché

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 21:35

http://www.decitre.fr/gi/46/9782266194846FS.gifL'arche de  Noël et autres contes : contes / Romain Sardou. Éditions France Loisirs, 2009. 184 pages. 2,5*

Londres, hiver 1858.
Amory, un garçon de huit ans, porte des seaux d'eau à travers les rues glacées. Pour survivre, l'orphelin doit assurer l'entretien des abreuvoirs dans un quartier élégant de la capitale. Le soir, Amory se réfugie dans les combles d'un club très select. Là, il a chaud, se sent en sécurité, et peut sommeiller en écoutant les conversations des lords et des baronnets... Un jour, pourtant, des éclats de voix le réveillent : un brave homme, brandissant un grimoire auquel il semble attacher le plus grand prix, subit les invectives des notables déchaînés.
Le sujet ? les fées, les lutins, tous les êtres magiques, et leur subite disparition, mille ans plus tôt...

 

Je sais bien que nous ne sommes pas vraiment en décembre, et les températures estivales de ces deux derniers mois me le confirment, mais ce livre était là, alors voilà :0)

4 contes : - L'Arche de Noël, - Les petites espérances de Duane Reilly, - Noël à Coldbath Fields, - La fessée du Père Noël composent ce recueil. Une même thématique, celle de Noël, comme le titre l'évoque sans équivoque, mais d'une longueur variant d'un texte à un autre,  et d'une tonalité différente même si le fantastique est évoqué en filigrane ou de manière plus franche.

Le texte le plus long et se voulant sans contexte le plus étoffé est bien entendu celui qui donne son titre à l'ouvrage. Bien parti, mêlant le réel - la vie à Londres en 1856 - et le conte en prenant une tournure plus fantasque grâce au récit d'un personnage étrange  : ancien noble ayant tout abandonné pour se consacrer à la diffusion des contes, le lecteur est plongé dans la découverte récente du Père Noël apparu pour la première fois 4 années plus tôt. Mais Romain Sardou nous entraîne beaucoup plus loin dans le passé qu'en ce XIXème siècle, et dans un monde radicalement différent, puisque c'est au milieu des elfes, fées etc. que nous nous retrouvons. Virage intrigant qui a titillé sans contexte mon intérêt mais dont la chute me laissa une sensation d'inaboutissement relative au nombre d'éléments initialement soufflés et dont je n'ai pas vu /pas su trouver la chute. Il avait selon moi matière à un roman complet mais pffft l'imagination semble disparaitre en même temps que les être féériques.

Les petites espérances de Duane Reilly, nous plonge en partie dans la grande famine irlandaise qui poussa vers d'autres pays les habitants. Alors oui, l'aspect féérique est moins présent mais l'esprit de Noël demeure dans la notion de partage et surtout dans la moral qui se dégage de ce conte.

Noël à Coldbath Fields est de la même veine car cette fable nous montre comment la roue tourne. Ici, après que la malchance se soit acharné sur notre héros, la magie de Noël et le grand coeur de ses enfants vont permettre de prouver que Barnabas Witham fut victime d'une erreur judiciaire mais surtout que la suite de coïncidences négatives qui l'ont entrainé vers sa geole peut s'inverser en sa faveur. Il se lit d'une traite en dépit du sujet et montre en parallèle l'évolution de la vie en Grande-Bretagne.

La fessée du Père Noël est en quelque sorte l'histoire du père fouettard. Si je le connais de nom, ma famille ne l'a jamais guère évoqué donc il reste pour moi, avant tout la rencontre de La fille du père Noël LoL. Encore une fois un conte bien mené et bien structuré qui donnerait envie d'aller plus loin. Nouvelles et contes même combat pourrais-je dire : un goût de trop peu.

 

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 21:57

http://www.decitre.fr/gi/72/9782265089372FS.gifLe hold-up des silencieux / Stephan Ghreener. Fleuve Noir, 2010. 525 pages. 2,5*

Secret, indiscret, impertinent, séduisant, réactif, instinctif.
Efficace. Joshua Gallagher est l'homme de la situation. Le monde des affaires l'appelle à la rescousse quand il faut flirter avec la ligne jaune... voire la franchir. Cette fois, c'est Christopher Oscada, fondateur d'un des plus importants groupes de communication qui a besoin de lui. Car, alors que toutes les places financières sont à la baisse, l'action du groupe Osworldwide est la cible d'achats réguliers et anormalement élevés.
Oscada est très loin d'imaginer ce qui est orchestré au sein même de son groupe. Et, pour résoudre cette affaire, Joshua Gallagher devra peut-être se montrer plus retors que ceux qui font appel à ses services. Pour devenir, en période de crise et grâce à des méthodes plutôt musclées et peu conventionnelles, un spécialiste du renseignement économique unique en son genre...

 

Longues, très longues pages avant de parvenir à entrer dans ce romain ultra contemporain puisqu'il se déroule fin 2008, au plus fort de la crise. Malgré ma bonne connaissance économique, juridique et le fait que le déroulement  des faits qui font que l'auteur ancre son livre, soit si présent dans ma tête, j'ai réellement eu du mal à accrocher. Alors oui, au bout de 200 pages, je me suis dit que je tenais le bon bout et que j'allais enfin me passionner pour ce roman et son personnage principal Joshua Gallagher dont l'auteur Stephan Ghreener semble déjà prêt à faire un héros récurrent tant son parcours est déjà bien rempli, tant son passé reste encore couvert d'ombres et de clairs obscurs.

Mais, ce n'est pas totalement gagné ! En tous cas pas pour moi, car j'avoue qu'à force de nous lancer sur la piste de tous ses personnages, plus ou moins mafieux, plus ou moins politiquement corrects, j'ai fini par tourner les pages sans réellement y prendre plaisir.

Comme souvent, je souhaitais connaître la chute et voir si l'auteur allait m'en dire un peu plus sur son héros, mais pfft ... "beaucoup de bruit pour rien". Dommage car les idées ne manquaient pas, la manipulation des personnages, le monde économico-politique mais non, vraiment il ne s'agit pas d'un bouquin pour moi.

La question qui me titille est de savoir si ce roman fortement daté pourra survivre à la lecture de futurs lecteurs. Ayant vécu de plein fouet professionnellement cette crise économique, je ne lis pas de la même manière c'est certain, mais des yeux des lecteurs futurs y verront-ils la même chose que moi ?

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 21:54

http://www.decitre.fr/gi/68/9782260018568FS.gifUn refrain sur les murs / Murielle Magellan. Julliard, 2011. 248 pages. 

Cette mélodie, elle la connaissait.
D'où venait qu'elle l'entendait de nouveau en moins de deux jours ? Avec cette façon similaire de décaler, de balancer les notes en dehors du temps, d'être fidèle puis de trahir... Rien en vue pourtant. Le hautbois devait s'extraire d'une rue transversale. D'ailleurs l'instrument s'était tu. Isabelle se demanda si elle avait rêvé, mais non. Les sons continuaient à résonner en elle, persistants. S'agissait-il du jeune homme à la tête étrange cette fois encore ? Celui au regard flatteur ? Ce serait un sacré hasard.
Sous les dehors d'un conte de ta vie ordinaire, Murielle Magellan raconte l'étonnante renaissance, à trente ans d'intervalle, de deux femmes blessées : une mère et sa fille. Drôle, inventive, toujours bienveillante, Murielle Magellan a l'art de réenchanter la monotonie du quotidien au gré de petits miracles qu'elle fait surgir au coin de la rue.

 

Je n'ai pas su résister à la proposition de lecture et je dois avouer que je ne le regrette pas.

Je ne connaissais pas l'auteur mais je me suis laissée prendre à son rythme, à l'univers de ces deux femmes : Isabelle, soumise, invisible ; et, en contrepoint, plus de 20 ans plus tard, Romane, sa fille, qui rue dans les brancards, s'agite, ose se montrer, joue avec la vie, avec sa vie. Mais même si c'est avant tout Isabelle que nous suivons, le final sera bien là pour lier les deux personnalités, les deux histoires de ces femmes sensibles et rebelles à leur manière. Les relations mère-fille sont une clé de ce roman, mais on y trouve beaucoup plus. La surprise est au coin de chaque page, comme elle peut surgir positivement ou négativement dans notre vie quotidienne. Après nos réactions différent et, parfois, l'entourage est surpris des choix faits étranger à la personnalité qu'ils ont l'habitude de cotoyer. Ici, Isabelle la première se surprend par sa prime réponse à la sollicitation de ce jeune homme - enfin prime c'est un peu rapide à écrire... - Mais, l'élément déclencheur l'entraîne dans une suite de sursauts, de répliques plus ou moins amplifiées qui l'étonnent elle-même mais qui vont faire de cet été, un été inoubliable, même s'il reste incroyable et peut perturber les esprits sceptiques. Muriel Magellan conduit son personnage dans des méandres ou ni elle, ni le lecteur ne se seraient attendus et c'est bien cela qui m'a plu dans ce refrain.

A la fin de cette période estivale, elle semble "avoir repris" ses esprits, mais grâce aux lignes de Romane on découvrira que ce mois d'août lui a permis de vivre une histoire à long terme et une relation certe idéalisée et, ainsi que je le soulignais, dont sa fille finira par douter de la vraisemblance, entraînant à sa suite le lecteur partagé entre ces sentiments, et la double lecture qu'il vient de faire. 

Une écriture originale à mon sens qui ravira ou laissera de marbre.

 

Un très grand merci aux Editions Julliard et Adeline.

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 09:02

http://www.decitre.fr/gi/30/9781935558330FS.gifLes enfants de Svetambre / Lucie Chenu. Black Coat press, 2010 (Rivière blanche). 286 pages. 4*

L'eau et le vent les emportent à travers vingt-six histoires drôles, émouvantes ou tragiques, en SF ou fantastique. 

Des divinités les pourchassent jusque dans les grottes où ils se terrent, accompagnées de bêtes étranges ou familières. De l'océna tulmutueux aux sommets des plus hautes montagnes, du plus profond des gouffres aux lointaines stations spatiales, au son de musiques envoûtantes, dansent LES ENFANTS DE SVETAMBRE.

 

Un ouvrage qui, une nouvelle fois, ne conviendra pas à tous, car il s'agit de nouvelles. Nouvelles pour lesquelles j'ai éprouvé des sentiments fort différents : certaines furent pour moi trop courtes, d'autres moins intéressantes à mon goût. Toutes sont précédées d'une courte introduction de la part de l'auteur expliquant le contexte de l'écriture (ateliers, ou autre), et d'où certaines idées lui sont venues. Une nouvelle fois, double sentiment : parfois cela explique bien la forme ou d'où vient le texte, parfois ce contexte n' a pas apporté un plus à ma lecture.

Quasi toutes ces nouvelles ont pour sujet l'enfance, un enfant. S'y ajoute des aspects féériques ou de courts espaces dans des mondes d'anticipation, très peu à mon sens. L'auteur semble, dans les textes présentés, plus à son aise avec les mondes fantastiques. 

La lecture est aisée, les mots des textes courent avec fluidité.

Quelques sentiments personnels sur des histoires que j'ai trouvé particulièrement bien troussée ou qui m'ont un peu déçu :

J'ai particulièrement aimé "Retour à Gaïm’Hya" du fait de la conception des mondes imaginaires, même s'il s'agit  d'une "suite" à un univers pré-existant ; j'ai réellement éprouvé beaucoup de plaisir à cette lecture, et suis déçue de ne pas trouver un ouvrage de 300 pages consacrés à cette "suite" :-).  

Le texte "Clonage" m'a fait ressentir des sentiments mêlés. Mon intérêt pour le sujet était grand mais, progressivement je me suis retrouvée avec un texte par trop proche d'une histoire d'amour assez basique et la chute m'apparaissait évidente, même si elle n'était néanmoins, pas exactement celle imaginée.

"La Malédiction du gardien" est à la fois classique et néanmoins bien mise en forme. Indubitablement elle renvoie à des textes classiques et Ulysse vient instantanément à l'esprit lorsque la rose donne son énigme.

"Le Village aux chats" m'a enchantée et déçue. Une nouvelle fois, je n'ai pas su y trouver mon compte ; il me manque des éléments pour m'imprégner totalement dans l'histoire. Elle a beau '"être simple", j'aurais aimé des personnages plus fouillés au niveau des sentiments-réactions de la mère, peut-être des personnages du village et de ses enfants que tout opposent. Bref en dépit d'une chute parfaitement compréhensible et logique, je n'ai pas eu envie de faire travailler mon imaginaire et j'en voulais davantage.

"La cime et le gouffre" fut pour moi une belle rencontre qui m'a plongée dans l'"histoire" des Pyrénées. Ce texte mêle le présent, le passé, l'humain et les personnages du petit monde avec une pointe de cruauté-réalisme : le monde féérique donne, mais tout à un prix. Ce mélange est habile, s'y ajoute la magie des montagnes et de la musique ; un tout qui ne fut pas pour me déplaire.

 

Tous les titres contenus dans ce recueil sont .

Pour retrouver l'auteur, c'est ici.

Pour des billets qui parlent de l'ouvrage : , Chaperon rouge

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 08:10

http://www.decitre.fr/gi/22/9782953353822FS.gifb.a.- ba : la vie sans savoir lire / Bertrand Guillot. Rue Fromentin, 2010. 218 pages. 4,5*

En 2008, Bertrand Guillot pousse la porte d’un cours d’alphabétisation pour adultes, dans le 19e arrondissement de Paris.
Il s’apprête à donner son premier cours. Sa motivation est la même que celle de milliers de bénévoles en France : se rendre utile et abandonner les oeillères du quotidien. Ecrit à la première personne, rythmé par des chapitres courts, B a-ba a tout d’un récit d’aventure. Celle d’un « professeur » débutant, tout d’abord. L’auteur est poussé dans le grand bain sans méthode, ni conseils. Après tout, il sait lire, non ? B + A = ba ? Pas si simple.
Le costume de « professeur » taille soudain grand face à des « élèves » qui ont bien souvent vécu mille vies et Guillot prend soudain conscience de l’ampleur de la tâche. Le plus sage serait sans doute d’abandonner sur le champ. Il y pense. Pourtant… Sans vraiment se l’expliquer, il va poursuivre ses cours (il en donne toujours aujourd’hui) et vivre un an avec ses élèves, au rythme des joies et des désillusions.

 

Comme Bertrand Guillot sait que la question lui sera posé, d'emblée il prévient qu'il s'agit d'éléments réels transposés. Voilà les choses sont claires et que vous connaissiez ou non l'auteur, je suis certaine que vous allez vous laisser saisir par les rencontres et tout ce que ces cours vont lui apporter. Etat des lieux concernant la situation de l'alphabétisation et de l'illettrisme (rappel utile de la distinction à faire entre ces deux termes) en France, mais cela n'est pas le fondement de cette histoire.

Le contenu est avant tout présent pour montrer le désir d'être autonome, de comprendre les écrits qui nous entourent. Petite expérience : sur le parcours de votre travail, que faîtes-vous ? Même si vous n'écoutez que de la musique, les messages écrits vous entourent, mais vous les ignorez car vous les comprenez. Votre itinéraire ? Simple formalité car vous le connaissez par coeur. Mais que se passerait-il si vous ne saviez pas lire et que vous deviez vous rendre à une adresse inconnue ? 

Nous sommes une civilisation de l'écrit même si l'image animée prend peu à peu une part non négligeable : nos lois et règlements sont écrits. A vous de vous débrouiller pour non seulement les comprendre mais avant tout pour les déchiffrer.

Car oui vous savez qu'elles existent mais comment les expliquer, les transmettre ?

Et bien il vous faut commencer par imaginer comment vous allez apprendre à des adultes à lire. De l'inné quasiment.  ?

Mais voilà, il n'est pas si facile de se mettre dans la peau d'un professeur et la meilleure volonté du monde de la part de l'enseignant comme de l'élève ne suffit pas toujours. B. Guillot nous transmet ici ses tatonnements, ses hésitations et, bien vite il se rend compte qu'une méthode classique (syllabique ou globale) n'est pas forcément adéquate pour tous les participants. Aucun humain n'apprend à la même vitesse, de la même manière. Focaliser par la recherche d'une méthode, de l'aide qu'il souhaite apporter, il en oublie que ce public  a lui, des contraintes d'un tout autre ordre auxquelles il n'avait pas forcément songer.

Ils sont adultes, et doivent jongler avec leur travail, la fatigue de la fin de journée, les contraintes familiales, sociales ou culturelles : ainsi la prononciation de certaines voyelles ou consonnes sont un piège pour eux.

Car ce "roman vrai" n'est pas que le récit d'une expérience, c'est avant tout des personnes auxquelles nous nous attachons, même si nous n'avons que des bribes d'informations les concernant. Nous partageons, par le regard et la plume de l'auteur, leurs espoirs, des miettes de leur vie qui nous les rendent si attachants et qui font que l'on tourne les pages avides de savoir si la réussite sera là, en fin d'année. Certains disparaissent, d'autres reviennent.

Ils se soutiennent, partagent leurs efforts dans ces cours du soir.

Le tout est décrit simplement sans chercher l'apitoiement ou le misérabilisme, juste un constat de bénévole(s) qui essaie et nous transmet sa propre année d'apprentissage.


Bravo et merci pour ses 200 pages que j'ai envie de partager avec tous ceux qui m'entourent !

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