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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 22:55

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/8/4/2/6/9782842637767FS.gifL'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa / Romain Puértolas. Le Dillettante, 2013. 253 pages. 3,5 *

Une aventure rocambolesque et hilarante aux quatre coins de l’Europe et dans la Libye postkadhafiste, une histoire d’amour plus pétillante que le Coca-Cola, mais aussi le reflet d’une terrible réalité : le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle.

 

Mais oui, je vous vois sourire à la lecture de ce titre. Au moins avez-vous soulevé un sourcil, non ? C'est certain qu'entre sa longueur et son côté marketing, il y a de quoi s'interroger sur le contenu de cet ouvrage.

Pour le titre, l'explication vous sera rapidement donné, puisque dès la première page, notre fakir - hé oui, sans mentir, c'est bien le métier d'Ajatashatru Lavash Patel, notre héros - nous entraîne dans ce temple de la consommation. L'auteur en profite pour vilipender les pratiques bien connues de notre cher suédois, quant à la présentation de ses magasins.

C'est le début d'un périple dont Ajatashatru ignore tout et, pour le lecteur qui va le suivre dans ses aventures, l'occasion d'ouvrir les yeux un peu plus ronds à chaque péripétie. Car oui Ajatashatru n'est pas au bout de ses surprises, lui qui avait prévu de juste faire un rapide aller-retour en France pour faire un achat chez Ikéa se trouve entraîner dans plusieurs pays d'Europe (et plus loin encore), poursuivi par un chauffeur de taxi revanchard et s'interrogeant lui-même sur son existence et le bien-fondé de son métier de fakir ! Car notre ami en allant faire ses courses, a rencontré l'amour et les différentes étapes de son parcours, les rencontres avec les derniers arrivants ou ceux qui brillent comme des stars, le poussent à tout remettre en question.

Alors oui ces enchainements et personnages sont bien souvent burlesques et font le sel de ce roman. Néanmoins, au travers des rencontres d'Ajatashatru, des errances involontaires de ce héros malgré lui, c'est une remise en question de la politique d'accueil de nos pays industrialisés, de la vision que peut avoir un étranger vivant retiré. 

On constate une scission assez nette lorsque l'auteur nous présente la rencontre avec ses réfugiés économique et, en dépit de sa tentative de reprise en main des folles aventures de l'indien Ajatashatru, le coeur n'y est plus tout à fait. Si tout ce que Romain Puértolas est tout à fait pertinent, il est étrange qu'il est souhaité l'intégrer à ce roman qui ne semblait pas prendre une tournure si réelle.

A-t-il eu raison ou tort de vouloir intégrer à ce cartoon déchainé, les faits du quotidien, je vous laisse seul juge. Mais pour avoir le mot de la fin, il vous faudra tourner toutes les pages jusqu'à la dernière !


  Rentrée Littéraire 2013 - Premier roman.

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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 06:14

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/0/7/0/2/9782070235810FS.gifLe Lion / Joseph Kessel. Gallimard, 1958. 320 pages. 4*

Au terme d'un long voyage en Afrique Orientale, l'auteur s'arrête dans un Parc Royal du Kenya où les animaux vivent en liberté et sécurité absolues sous la protection de quelques hommes. Le directeur du Parc est John Bullit, géant roux, grand chasseur repenti. Cette visite, qui devait durer 48 heures, se prolonge, car l'auteur se trouve pris dès son arrivée dans un drame étrange où s'affrontent les Blancs, les Noirs et une bête royale. Les personnages de ce drame sont Bullit lui-même, sa femme Sybil, leur fille de dix ans Patricia, un jeune guerrier Masaï, beau comme un demi-dieu : Oriounga, et le vieux pisteur borgne Kihoro. Le héros est le lion King. Patricia aime passionnément le lion qu'elle a recueilli et élevé lorsqu'il n'était qu'un nouveau-né aveugle et sans force. Et King lui a rendu cette tendresse comme l'eût fait un être humain.

 

Souvenirs d'enfance, du primaire me semble-t-il, mais peut-être étais-je déjà au collège ?  Bref, je voulais lire "Le Lion", mais nous ne l'avions pas à la maison et j'avais l'impression à force d'en entendre parler, d'en étudier des passages que je savais tout. Enfin, surtout, je connaissais la chute du roman, donc je n'ai plus guère eu envie de le lire et le temps a passé.

Le voici chez mes parents où les livres apparaissent et parfois disparaissent au gré de nos dépôts ou des distributions....

Si je n'avais pas lu "Le Lion" de Kessel, j'ai vu "Out of Africa" et la chaleur des images m'est revenue immédiatement à la lecture des visions de l'auteur. Le sens de la description de Joseph Kessel rend la nature : faune comme flore, mais aussi les êtres humains vivants et à portée de votre main. Le temps a passé, les documentaires, reportages se sont multipliés, mais sa plume conserve cette force et cette sensation de vivre l'instant.

Il nous immerge dans ce Parc Royal et nous donne tout : le quotidien des animaux, un aperçu du colonialisme, la vie des africains vivants sur ce territoire et, au détour de l'histoire nous en apprend plus sur les différentes tribus qu'un livre d'histoire, les antagonismes comme le quotidien de cette tribu qui poursuit sa vie comme si de rien n'était : les Massaï ; un monde à part dans un univers à part. La magie semble bien proche et quand l'auteur découvre cette petite fille entre les pattes de King, il n'est pas loin de vouloir croire à tous ses racontars entendus au cours de son périple.

Le changement, le passage de l'enfance à l'âge adulte, la peur de la mort, tant de thèmes sont abordés dans cet ouvrage (dont les chapitres m'ont paru bien courts) que je comprends mieux aujourd'hui pourquoi des extraits nous été donnés au cours de ma scolarité.

Ce livre reste un bijou, une souffrance à fleur de peau pour les protagonistes.

 

Choco en parle.

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22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 16:15

 

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/9/0/3/9782290332221FS.gifCes extravagantes soeurs Mitford. Une famille dans la tourmente de l'histoire / Annick Le Floc'hmoan. J'ai Lu, 2003. 476 pages. 3,5*

Au début du XXe siècle, dans la noblesse anglaise encore flamboyante, naissent les célèbres sœurs Mitford. Leur destin sera hors du commun. Nancy, amoureuse de la France et de Gaston Palewski, gaulliste historique, devient une romancière célèbre. Diana brûle pour le fascisme anglais naissant et se compromet auprès de son chef de file ; Unity devient une proche amie de Hitler ; tandis que Jessica, l'avant-dernière de la fratrie, s'engage auprès des jeunes républicains espagnols avant de rejoindre le parti communiste. Seules Pamela et Déborah suivent la voie rêvée par leurs parents, et se marient dans le luxe et le conservatisme. A travers le portrait étonnant de ces femmes passionnées, prises dans les tourments de la crise économique et des deux guerres mondiales, ce document présente une vibrante traversée du siècle.

 

"Grandeur et décadence d'une famille de la noblesse anglaise" ;0) c'est très tiré par les cheveux, mais c'est un peu la sensation ressentie à la lecture de cette biographie consacrée à une famille : les Mitford. Et, plus particulièrement, les 6 filles nées en ce début de XXème siècle et qui vont connaître les bouleversements inhérents à l'aristocratie durant ce siècle.

Elevées dans la tradition, avec gouvernantes à la maison pour les filles et public school pour le seul héritier mâle de la fratrie, ces jeunes femmes voient leurs convictions bousculées par les changements précédemment évoqués, mais ils sont loin d'être les seuls car ce siècle verra également 2 Guerres Mondiales, l'avènement du fascisme, la mort du Tsar et la naissance du communisme.

Comment parvenir à s'épanouir, à se montrer lorsque l'on nait au sein d'une famille ou l'argent ne tarde guère à manquer et que l'on souhaite se démarquer les unes des autres ? -(leur frère, même s'il est un complice pour les unes et les autres, ne semble pas avoir marqué les esprits de la même manière que ses soeurs et sa disparition empêche de connaître les opinions qu'il aurait tenu à long terme)-

Nancy, l'ainée, cherche l'amour, se complaisant dans les duos voués à l'échec auprès d'hommes ne niant pas leur penchant pour les hommes et/ ou alcooliques, dépensiers, vivant aux crochets des uns et des autres ou plus simplement ayant besoin de plaire à toute belle femme croisant son chemin. Sa plume, sa vivacité d'esprit semble l'avoir aidé à traverser l'existence, mais ses opinions et ses tergiversations montrent l'inconstance qui semble la caractériser. Elle revendique ses origines sociales, et son indépendance est fortement mise à mal lorsque l'on sait qu'elle ne sait vivre sans une domestique. Si le portrait qui est fait d'elle, nous la rend parfois antipathique, que doit-on ressentir lorsque l'on découvre la passion d'Unity pour  Hitler "son grand homme" et le fanatisme qu'il déclenche chez elle. Alors, même si l'auteur nous démontre que son attitude est parfois extrême afin d'obtenir les feux de la presse, il est encore plus difficile de lui trouver des excuses et l'on comprend davantage le rejet / la violence dont elle fera l'objet à son retour en Angleterre. Mais Unity comme Diane, dont le second mari est l'homme fort du facisme en Angleterre, nous permettent de mieux comprendre les relations ambivalentes, que l'on se réfère à Edouard VIII et son épouse. En effet, au travers de cette famille, ce sont des pans entiers de l'histoire qui nous sont racontés par Annick Le Floc'hmoan. Elle nous rend cette lecture facile et intéressante grâce à ses femmes dont le destin se mêle et s'emmêle au fil de l'histoire, car si Unity et Diane sont proches du facisme, Jessica va connaître un tout autre destin de passionaria également : toujours dans le désir de fuir, celle qui réclamait d'aller à l'Université, verse dans le bord extrême, s'intéressant au socialisme, avant de devenir communisme aux Etats-Unis. Son univers semble celui qui semble le plus pertinent car elle connaîtra l'exil volontaire, une véritable fracture avec sa famille, même si au fond d'elle-même elle reste une Mitford, se débattant avec les tâches ménagères. Mais loin de son pays, elle saura se construire une vie telle qu'elle l'aspirait enfant : différente, même si ses origines sociales et son accent reviendront toujours.

Pamela et Deborah auront une vie distincte, plus conforme avec la tradition mais sauront à certains moments de leur existence ramener la couverture des magazines à elles.

Des parents conformismes, parfois extravagants à leur manière, des enfants dotées d'un héritage social et de convictions qui les mènent vers des extrêmes mais c'est avant tout par leur nom et leur naissance qu'elles accèdent à cette forme de reconnaissance, à laquelle toute aspirent avec des moyens différents.Une biographie fort intéressante qui permet de revisiter l'histoire et la vie en Angleterre, avec des escapades en France et en Allemagne au cours de la montée du nazisme. 

 

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 06:38

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/7/5/7/8/9782757825822FS.gifLes adieux à la reine / Chantal Thomas. Points, 2011. 247 pages. 2*

1810. Vienne est une ville ruinée et humiliée par La victoire de Napoléon. Agathe, ancienne Lectrice de Marie-Antoinette, se souvient des derniers jours de La reine à Versailles après la prise de la Bastille, et particulièrement de ce jour où la famille royale est abandonnée de ses plus proches amis. Avec une écriture fébrile et minutieuse, elle restitue Le faste de La Cour, savamment orchestré par cette reine si controversée...

 

J'avoue tout de go que si je n'avais pas entendu parler de l'adaptation cinématographique de ce roman (que je n'ai pas vu au demeurant), je n'avais pas prêter attention à  la sortie de cet opuscule.

Un court roman à qui je ne peux reprocher l'écriture, fort belle au demeurant, qui donne moult détails sur la vie à la Cour alors que la narration se déroule sur 3 jours (+ la projection dans le futur de cette ancienne lectrice), mais pour lequel je n'ai pas ressenti d'attachement particulier. Quant au bout de 3 jours, vous n'avez toujours pas terminé un si court roman (nonobstant votre vie quotidienne et ses petits tracas), c'est que le courant ne passe pas !

J'en suis la première déçue car comme je le mentionnais, la plume est belle et nous plonge à la fois dans le faste et la débâcle de la Cour tout en se raccrochant à cette jeune femme : Agathe Laborde qui se fond dans le paysage des grands du Monde tout en étant un témoin privilégié et une femme sensible et non dénuée d'intelligence. Mais son dévouement à la Reine Marie-Antoinette et sa méconnaissance d'une existence en dehors de Versailles font d'elle le témoin et le jouet des événements politiques.

Oui Chantal Thomas est habile à montrer un certain parallèle entre l'effondrement politique et celui du Château de Versailles qui se lézarde, dont la puanteur est égale au nombre de courtisans qui s'agglutinent dans les pièces, se bousculent tout d'abord pour être au plus près du Roi puis pour prendre la fuite. L'agitation est magnifiquement rendue par cette vision de la Panique qui déboule, court partout, représentation que l'on retrouve personnifier dans les pièces de théâtre. Néanmoins, comme je le disais, en dépit de nombreuses qualités, je ne me suis jamais attachée à ses pages.

 

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 06:23

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/165x250/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/5/8/1/9782258102811FS.gifNe lâche pas ma main / Michel Bussi. Presses de la Cité, 2013. 375 pages

Un couple amoureux dans les eaux turquoise de l'île de La Réunion. Farniente, palmiers, soleil. Un cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. Quand Liane disparaît de l'hôtel, son mari, Martial Bellion, devient le suspect n°1. D'autant qu'il prend la fuite avec leur fille de six ans. Barrages, hélicoptères... la course-poursuite est lancée au coeur de la population la plus métissée de la planète.
Et si cette chasse à l'homme, ponctuée de cadavres, dissimulait la plus redoutable des manipulations ?

 

JJe n'attendais vraiment rien de cette lecture, ayant été ces derniers temps fort déçue par tous ses pseudo polars écrits par des français. Bref les deux premiers chapitres ne m'ont fait ni chaud, ni froid !

Et puis voilà, j'ai été conquise en moins de temps qu'il ne faut, ne voulant à aucun prix lâcher mon roman et souhaitant connaître la chute rapidement.

Bonus, je n'avais pas deviné qui était réellement derrière tout cela ! J'ai donc suivi l'enquête quasi en temps réel pour avoir le fin mot de l'histoire.

Ce roman n'est pas seulement une enquête, mais aussi des histoires de couples, de maturité et d'apprentissage de l'existence. L'île de la Réunion y joue également un rôle essentiel et si de prime abord, j'ai craint le pire : images touristiques à gogo, promenades d'une plage à l'autre, l'auteur nous donne tout, le meilleur comme le pire concernant cette île. Alors oui, certains esprits chagrins pourront lui reprocher la multitude de références aux créoles, allant même jusqu'à parler de quelques images téléguidées, mais je ne crois pas. Je ne connais pas l'île elle-même mais les propos de Michel Bussi reprennent ceux d'un guide que l'on m'avait rapporté, et j'y ai trouvé des faits qui s'immiscent parfaitement dans l'histoire et non des faits juxtaposés pour le plaisir. 

Le style est enlevé. Nous sommes ballotés entre les voix et l'histoire des différents personnages ; cela ne noie pas le lecteur, mais stimule son intérêt. La tension monte et la course poursuite contre le temps reste présente à chaque instant.

J'ai passé un très bon moment de lecture et ne peux que vous encourager à le lire. Bravo !

 

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Prix Relay

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 14:45

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/2/6/2/9782226246868FS.gifLa femme de nos vies / Didier van Cauwelaert. Albin Michel, 2013. 294 pages.

Elle m’a sauvé la vie en m’offrant le plus fascinant des destins. J’avais quatorze ans, j’allais être éliminé en tant qu’attardé mental, mais grâce à elle on m’a pris pour un génie précoce. J’étais gardien de vaches, et je suis devenu le bras droit de plusieurs prix Nobel. Je lui dois tout : l’intelligence, l’idéal, l’insolence, la passion. Cette héroïne de l’ombre, d’autres l’ont fait passer pour la pire des criminelles.
Je viens enfin de retrouver sa trace, et je n’ai que quelques heures pour tenter de la réhabiliter.

 

Il y a plus de 10 ans j'avais découvert via "Cheyenne" et quelques autres titres, Didier van Cauwelaert. Certains titres m'avaient beaucoup plus, d'autres moins et, un peu lassé, je l'avais oublié. Voici quelques mois, je l'ai entendu parler de ce roman, et me suis dit que c'était l'occasion de renouer :) Quelle chance, le Prix Relay des Voyageurs m'a proposé de le lire.


Le sujet me parlait. En dépit des atrocités liées au sujet : le test des chambres à gaz sur des enfants jugés inadaptés par le Reich, la perspective de cet enfant sauvé par une femme qu'il retrouvait à l'aube de sa mort me donnait l'impression de lire des faits nouveaux sur la Seconde Guerre Mondiale et ces atrocités.

J'ai retrouvé dans les premiers chapitres la plume que j'avais aimé et, au fil des pages, je pense avoir compris pourquoi je m'en étais détaché. Au bout d'un moment, le charme n'opérait plus totalement et j'ai eu la sensation que l'auteur avait du mal à nous mener à la chute de son ouvrage, répétant plus ou moins ses propos à l'image de ce vieil homme qui s'est tu toute sa vie et qui, aujourd'hui, a rencontré le public qui convient, devant qui il peut se mettre totalement à nu tout en réhabilitant la mémoire de cette femme qui l'a sauvé et qui espérait tant de lui, des autres, de la vie.

En voulant créer une complicité sans faille entre ses deux personnages, en centrant toute la narration par la voix de Jürgen/David, la lassitude a fini par me guetter. Dans les dernières pages, j'ai perdu l'intérêt initialement construit.

Pourtant les thèmes étaient là : notre vision du passé, grandeur et décadence de nos aïeux en quelque sorte. Pouvons-nous, devons-nous les juger aux travers de l'image qui nous est donné d'eux de manière indirecte ? L'histoire de Jürgen prenait aux tripes dès les premières lignes. Sa description de l'hôpital psychiatrique d'Hadamar, comme celle des autres enfants qu'ils rencontrent est saisissante. Quant à cet échange de vie, il laisse sans voix. Mais à force de faits exceptionnels dans la vie de David, je me suis détachée. La crédibilité tombait. Et, contrairement à d'autres lecteurs, je n'ai apprécié ce roman qu'à 90% alors que j'aurais tant voulu que cela soit au-delà des 100% et pouvoir dire que c'était là mon grand coup de coeur. 

 

 

 

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http://prixrelay.com/

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 14:39

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/7/4/9/9/9782749914138FS.gifLes vestiges de l'aube / David S. Khara. Michel Lafon, 2011. 246 pages. 2,5*

Depuis les attentats du 11 septembre, Barry Donovan est dévoré par le désespoir. Et ce n'est pas son métier de flic, dans un New York accablé par la criminalité, qui lui remonte le moral. Son seul réconfort ? Les conversations qu'il entretient chaque soir sur Internet avec un certain Werner Von Lowinsky, un aristocrate cultivé et plein d'humour. Peu à peu, sans s'être jamais rencontrés, ils deviennent amis.
Mais Barry ignore encore que Werner n'est pas un homme comme les autres... Des collines de Virginie au cœur de Manhattan, de la guerre de Sécession au XXIe siècle, des flics aux vampires, David S Khara impose un nouveau style et s'inscrit dans la lignée des grands auteurs de thrillers français.

 

Si j'ai lu ce roman d''une traite, preuve que l'auteur a su titiller ma curiosité en mêlant des événements du 11 septembre, le quotidien de flics new yorkais, des assassinats répondant au même mode opératoire et un vampire, je ne l'ai pourtant pas refermer de manière satisfaite.

Oui la résolution de l'enquête est donnée, Barry et Werner se sont rencontrés, *je ne vais pas non plus vous raconter l'histoire *...., mais.... voilà ce roman se termine comme bon nombre de blockbusters américains où l'on découvre sur les dernières images, des personnages non rencontrés au fil de ces pages et on peut en déduire qu'une suite nous attend, que nous n'avons pas encore tout appris sur nos deux héros.

Oui, mais non ai-je envie de dire ! David S. Khara nous a donné de nombreuses informations sur la nature et l'histoire tant de Barry que de Werner mais la rédaction de son ouvrage à l'image d'un pilote me laisse sur ma faim. Très sincèrement j'aurais préféré que l'ouvrage soit plus long, plus consistant et de ne pas avoir la désagréable impression qu'il ne s'agit pas d'autre chose que d'un roman promotionnel*. En effet, l'enquête quant à elle, ne semble servir que de faire valoir aux personnages et aux histoires parallèles qui gravitent ou non autour d'elle.

Bref, je reste très partagée quant à ce roman.

 

Stéphie en parle ici. 

 

* J'avais écrit ces lignes avant de lire, concernant l'auteur qu'il avait travaillé dans la pub.


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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 21:28

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51W2BNcQ6nL._SL160_.jpgL'arbre d'ébène / Fadéla Hebbadj. Buchet Chastel, 2008.171 pages. 2,5*

C'est Nasser, un enfant malien, qui raconte. Sans papiers, il débarque en France : Paris, les squats, les marabouts, la police, la peur. Il erre sans fin dans un monde hostile, celui des Blancs, le nôtre.

 

En dépit d'un sujet touchant et d'une actualité toujours aussi présente quelques années après sa parution, je ne peux pas dire que ce roman soit pour moi un coup de coeur, ou l'inverse...

Si certaines de ces pages sont bouleversantes de sincérité, d'une vision sans pareille de notre quotidien et de notre ville, le style n'est pas parvenu à me plonger dans la lecture d'un bout à l'autre de ce très court roman. Et pourtant on trouve de fort belles pages mais elles sont restées pour moi anecdotiques et l'histoire en elle-même, si forte soit-elle, de par la construction de cet enfant étranger grâce à la lecture -  à son identification parfois avec le roman d'Emile Ajar et de Momo si pleine de tendresse pour moi au rappel de cette lecture -, à quelques rares et belles rencontres, à ses luttes face à l'adversité, ne me permettent pas de vous donner plus l'envie de le découvrir que cela.

Certaines pages semblent redondantes dans les idées notamment et je m'interroge si l'auteur a voulu en cela montrer le cercle répétitif du quotidien de Nasser et de Mama : trouvé un lieu où s'abriter, où se cacher de la police ?

J'ai lu ici et là que la naïveté de Nasser avait été une gêne dans la lecture. Elle m'a semblé normale dans le déracinement de cet enfant qui suit sa mère dans la recherche d'un abri et d'un travail, qui découvre la ville, la France et les différences culturelles. Là où sa naïveté peut sembler étrange, c'est que cet enfant lit et s'imprègne tellement de ses lectures que l'on attend sans doute une plus grande maturité de sa part alors qu'il n'a pas 10 ans. Paradoxe de vouloir concilier les faits racontés par la bouche d'un enfant. 

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 06:27

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51107W68BWL._SL500_AA300_.jpgDans la Russie des Soviets / Albert Londres. Arléa, 1993. 121 pages. 2,5*

En 1920, au prix de mille difficultés - et de mille détours -, Albert Londres parvient à s'infiltrer dans la Russie des soviets. Il lui faut en effet cinquante-deux jours pour se rendre de Paris à Petrograd (Saint-Pétersbourg). En France, son reportage fait sensation. Son journal, Excelsior, annonce à la une: "M. Albert Londres est le premier journaliste français qui ait réussi à pénétrer jusqu'au cœur de la République des soviets".

 

C'est sans aucun a priori négatif que j'ai entamé cette lecture. Bien au contraire, du fait de la notoriété d'Albert Londres, j'étais absolument ravie de lire le vécu d'un journaliste des années 20 sur l'après révolution russe, dans ma langue maternelle donc sans intermédiaire.

Les premières pages ne m'ont pas déçues : la plume vole, les images s'enchaînent lorsqu'il décrit les méandres de l'obtention de son passeport et les voyages qu'il dut entreprendre afin de l'obtenir. Depuis toujours on sait que tous les chemins mènent à Rome, mais là c'est simplement ubuesque - nous sommes dans Astérix, "Les douze travaux" à l'échelle internationale (ou presque) - et; en dépit de la période où se situe cet événement, cela ne présage rien de très positif pour cette Russie naissante qui, en dépit de son discrédit politique et de la peur occasionnée par la Révolution, ne donne guère une image positive à qui souhaite pénétrer sur le territoire.

Une fois là-bas, en dépit des avertissement de ceux qui sont parvenus à sortir du pays, l'imagination du lecteur comme celle du journaliste n'est pas au bout de ses peines.

Car c'est du terrain, du vécu de chaque minute qu'Albert Londres rédigera ses écrits.

3 ans après les événements et un terrible hiver la famine règne en maître chez tous que l'on soit à Moscou ou St Pétersbourg. L'homme de la rue a peur, de tout, de rien : de sa vie au quotidien comme de tous ceux qui pourraient l'interpeler, pour un regard ou une faute qu'il n'imagine même pas lui-même. 

Les dirigeants espèrent, croient dans l'avenir de la fédération démocratique, mais au détour de chaque rencontre, à la lecture des discussions que le journaliste a avec chacun, de la retranscription  des projets pour le futur entrevus (avec une projection dans les années 70), le lecteur du XXIème ne peut qu'imaginer les souffrances que vont endurer ce peuple.

En effet, en voulant détruire tout ce qui existait, l'argent comme les valeurs passés, et avec le simple exemple des paysans ont comprend bien mieux ce à quoi sont (et seront) confrontés les hommes de cette nation, pourquoi ils meurent de faim (et combien de famine vont suivre). En refusant de rétribuer le travail des paysans, les familles rurales ne s'occupent que de ce qui leur permet de vivre / de survivre et la terre reste non cultivée ou alors par des militaires que l'on nourrit, entretien etc.

Albert Londres comprend rapidement que la forme d'idéale du communisme : même habillement pour les hommes et les femmes, pourvus 2 à 3 fois par an de ce dont ils ont besoin pour s'habiller, nourris tous de la même manière, la non existence de distribution d'argent et le respect existe déjà et s'appelle ... la caserne !

"Ainsi vivent déjà les habitants des casernes - mais ils ont vint ans... et ils comptent les jours." (page 86)

Toutes les pages ne m'ont pas parlé de la même manière mais ces pages sont un témoignage des années 20-21 et de ce que sera la Russie pendant bien des années.


Hiver russe


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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 21:20

http://pmcdn.priceminister.com/photo/Renault-Murielle-Enfin-La-Verite-Sur-Les-Contes-De-Fees-Livre-763228808_ML.jpgEnfin la vérité sur les contes de fées / Murielle Renault. Editions France Loisirs, 2007(Piment).157 pages. 2,5*

Pour Marion,  il y a le travail, les fêtes et les amis. Il ya aussi Antoine et Simon, ses deux candidats au titre de prince charmant. Mais Marion ne veut plus coire aux contes de fées, les princes charmants lui en ont fait trop baver...

 

"Enfin la vérité sur les contes de fées" ressemble davantage à une nouvelle que l'auteur aurait étirée un peu plus. Ni trop peu, ni pas assez, juste ce qu'il faut pour construire un ouvrage dans l'air du temps. Qui nous parle du quotidien, de ces amours que l'on cherche, de ces expériences que l'on tente parfois, sans vraiment savoir où on va, en poursuivant un travail choisi et assumé qui nous met à l'abri du besoin. Et de temps en temps, pffft une étincelle et nous partons dans tous les sens, que ce soit dans un extrême ou un autre : un côté fort sage ou l'aspect frippon, un peu démon de notre personnalité qui déborde, qui fait du bien mais n'est pas toujours compris ou entendu par tout ceux qui nous entourent à ce moment là, qui ne nous connaissent sans doute pas vraiment.

Bref, Marion a un boulot stable, un amoureux transi sage et convenable qui aimerait bien lui faire suivre la vie de Madame Tout le Monde, mais Marion a également dans sa vie des colocataires dont Simon, un peu canaille, un peu style mauvais garçon dont les deux "accolytes" sont des clichés qui permettent à l'histoire et à la romancière de nous emmener et d'entrainer Marion vers de petites folies.

Marion hésite encore et toujours et ses choix, s'ils ne sont pas forcément les plus pertinents lui semblent logiques et lui permettent d'avancer. Jusqu'au jour où Antoine estimera que son choix n'est pas forcément celui qui lui convient à lui, où Simon ne sera plus là, lui non plus, car la vie n'est pas faite d'Happy End. 

Un style enlevé, des chapitres qui s'enchaînent bien, mais le format fait qu'il nous manque forcément des éléments.

Bref je n'ai pas été totalement conquise. Une lecture "en passant" en ce qui me concerne.

 

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