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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 22:00

Ce que le jour doit à la nuit / Yasmina Khadra. Julliard, 2008. 413 pages
« Mon oncle me disait ; « Si une femme t'aimait, et si tu avais la présence d'esprit de mesurer l'étendue de ce privilège, aucune divinité ne t'arriverait à la cheville. »
Oran retenait son souffle en ce printemps 1962. La guerre engageait ses dernières folies. Je cherchais Emilie. J'avais peur pour elle. J'avais besoin d elle. Je l'aimais et je revenais le lui prouver. Je me sentais en mesure de braver les ouragans, les tonnerres, l'ensemble des anathèmes et les misères du monde entier. »
Yasmina Khadra nous offre ici un grand roman de l'Algérie coloniale (entre 1936 et 1962) - une Algérie torrentielle, passionnée et douloureuse - et éclaire d'un nouveau jour, dans une langue splendide et avec la générosité qu'on lui connaît, la dislocation atroce de deux communautés amoureuses d'un même pays.

Lorsque ce livre me fut prêté, il me semblait avoir un vague souvenir d'une critique positive et émue d'Amanda. Je ne me suis pas posée de questions, ne suis pas allée sur le net et l'ai simplement ouvert un soir avant d'éteindre la lumière... Aaaahhh ce premier chapitre ! Magnifique ! Une écriture belle et limpide. Tout était évident sous la plume de de Yasmina Khadra, et déjà je partais avec lui dans cette "campagne" d'Oran, découvrant pour la première fois le quotidien de Younes et de sa famille. Féérie et lutte pour le quotidien se partageaient la place alors que les événements à l'origine de ce roman se mettaient en place progressivement.
Nous sommes dans les années 30, et au travers du regard de ce jeune garçon algérien, nous allons découvrir le quotidien de ces paysans chassés de leurs terres par la misère qui basculent dans la ville d'Oran. Mais cette ville n'est que la première étape de son apprentissage, de son histoire intimement liée à l'Histoire de l'Algérie, car grâce à lui nous allons suivre les "événements". Younès rebaptisé Jonas va intégrer des écoles françaises, cotoyer la jeunesse pied-noire et essayer de comprendre où se trouve sa place, à l'image de cette Algérie torturée entre deux communautés qui aiment ce pays mais dont l'état d'esprit est si différent.
Yasmina Khadra sait metttre dans la  bouche de son héros une vérité que l'on peut retrouver aujourd'hui dans la bouche de beaucoup : leur place.
" Fabrice referma le livre qu'il était en train de lire et me fixa avec sévérité.
- Tu aurais dû lui clouer le bec, Jonas.
- A quel sujet, fis-je dégoûté.
- Des Arabes. j'ai trouvé ses propos inadmissibles et je m'attendais à ce que tu le remettes à sa place.
- Il y est déjà, Fabrice. C'est moi qui ignore où est la mienne."
Partagé entre sa culture, sa religion, le respect qu'il éprouve envers son oncle marié à une française catholique et ses amis juifs, d'origine espagnole etc., Younes / Jonas fait le gros dos, tente de trouver sa place simplement, de conquérir son espace grâce à ses expériences négatives, à son passé, il apprend, mais il cherche simplement, avant tout à exister pour ce qu'il est.

J'ai un peu perdu  la plume captivante de l'auteur dans ce (trop?) long chapitre consacré à Emilie, chapitre qui, pourtant, une nouvelle fois nous éclaire beaucoup.

J'ai eu plaisir à retrouver cette flamme dans la dernière partie qui voit cet homme au soir de sa vie, retrouver son passé. C'est fort émue que je l'ai refermé.


Les avis de Pom, Amanda,


Parce-que cette chanson s'est mise à me trotter dans la tête :

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 16:22
La simple lecture du titre de ce court roman vous donne froid dans le dos ?
Comme je vous comprends.
Et la 4ème de couverture n'arrangeait en rien mon angoisse à l'idée d'ouvrir ce livre qui représentait pour moi, non seulement la mort (peur universelle pour notre société), mais surtout, l'incompréhension pour ce choix, pour ceux qui restent.

Je ne suis pas là pour juger le suicide, et nul n'est le propos de ce livre qui est, rappelons-le, une oeuvre de fiction, mais ayant été confrontée à ce choix de départ de proches, l'appréhension n'était guère loin...
Grâce à la plume de Jean Teulé, à son imaginaire, vous oubliez la tristesse  qui touche l'entourage (à une exception mais qui passe dans votre lecture), et vous vous trouvez entraîner dans une sarabande, dans une folie qui à cette heure me fait penser à Saint-Saens et au Carnaval des animaux : Fossilles ; pied de nez incontournable et sourires assurés.
Bref, je me suis laissée embarqué dans cette histoire dès le premier chapitre et n'ai pu m'empêcher de sourire à l'évocation de cette drôle de famille au service des suicidés, dont l'héritage commercial semble se transmettre via les gênes, à une exception prêt. Et oui, il faut bien un vilain petit canard dans une famille :s
C'est là la place d'Alan, l'heureux enfant de la famille par qui tout va arriver. Mais quoi ? C'était bien la question que je me posais. Par quelle pirouette l'auteur allait-il nous modifier le cours de l'histoire (car il semblait évident que tel était son but ! ) ?

Autant j'étais ravie par les 100 premières pages et devant ce livre qui filait je me disais que Jean Teulé aurait pû faire plus long pour mon plus grand plaisir, autant j'ai finalement trouvé quasi poussifs ces derniers chapitres, et l'opposition extrême imaginé par l'auteur. Par contre la dernière phrase m'a surprise !

Le magasin des suicides / Jean Teulé. Pocket, 2008. 157 pages
Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! Imaginez un magasin où l'on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider.
Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l'humeur sombre jusqu'au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre.



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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 23:00
Je suis certaine que si l'on vous propose de choisir dans une floppée d'ouvrages tous plus sympathique les uns que les autres, le choix sera cornélien :-D.
Il le fut pour moi aussi à la vue de la dernière édition de Masse Critique - Babelio.
J'ai hésité, tergiversé, sélectionné ces ouvrages :
- Deux soeurs pour Léonard / Karen Essex. LGF
- L'icône / Gary van Haas. First
- La Cucina / Lily Prior. LGF
et ai finalement opté pour

Talmud : Enquête dans un monde très secret / Pierre-Henry Salfati. Albin Michel, Arte Editions, 2009. 268 pages
Le Talmud, objet de toutes les méprises, est depuis deux mille ans au coeur de la vie juive traditionnelle.
Livre unique, il a subi, à l'image de son peuple, les errances, les persécutions, les métamorphoses. Pierre-Henry Salfati, lui-même talmudiste, nous fait découvrir à travers tous les continents et toutes les époques comment le Talmud a généré communautés et individus incroyables, aux histoires surprenantes et uniques : les génies qui connaissent chaque centimètre carré de ses milliers de pages par coeur, les employés de Manhattan qui l'étudient chaque matin clans le train, les hassidim messianiques de Jérusalem, les collectionneurs fous.
Parmi cette galerie fantastique, le livre est lui-même un personnage à part entière. On découvre ainsi des histoires de faux traités, d'autodafés, de cimetières livresques, de controverses avec le Ciel, d'imprimeries babéliennes, ou encore de divorce royal - celui d'Henri VIII en l'occurrence. De New York à Jérusalem en passant par Paris. Venise ou Worms, Pierre-Henry Salfati nous initie avec bonheur à un monde peu connu, peuplé de figures exubérantes et de mystères historiques.
Une vraie belle histoire juive, en somme, clans tous les sens du terme.

Que voulez-vous, je suis curieuse de nature et j'étais quasi certaine de retrouver les autres titres chez des blogueurs ou dans des bibliothèques, beaucoup moins concernant cet ouvrage.
J'ai reçu l'ouvrage avec quelques cartes publicitaires d'Arte éditions ainsi qu'avec un petit cahier (dans lequel je m'étais promis de noter mes futures achats, idées etc, etc... plutôt que sur tous les bouts de papiers qui trainent à ma portée :s)
Malgré tous les arguments qui m'avaient poussé vers ce livre, je craignais de trouver un livre documentaire dans lequel je n'allais pas réussir à entrer. Comment l'auteur allait-il m'aider à "comprendre" le talmud ?
Après un prologue prétexte à une joute verbale, l'auteur commence à nous raconter l'histoire du Talmud. Il nous explique le pourquoi de son existence, de quoi il est constitué. Nous raconte comment la mémoire de la vie juive s'est transmise, oralement, puis par écrit vu l'ampleur prise par cette Loi orale. Il nous décrit les débats qui animent la communauté juive à travers les siècles, se promène de Jérusalem jusqu'à New York ou Londres, afin de rencontrer les gardiens de Méa Shéarim, d'aller dans les différentes "écoles" (yechivot) - institut d'études talmudiques -, en passant pas New-York où le temps passé dans les transports en commun est utilisé pour poursuivre la discussion autour de la page de Talmud (étudiée par tous ceux qui le souhaitent le même jour, à travers le monde).
Les femmes '"Les petites filles de Yentl" ne sont pas oubliées à travers un chapitre et l'on peut y lire l'évolution que connaît la culture et la religion juive, qui sait s'adapter au temps qui passe.
Bien entendu l'évocation de la Shoah est présente et j'ai appris que, comme souvent au cours des siècles tout a commencé par la suppression des ouvrages de cultes. Mais c'était sans compter sans la volonté de tout un chacun qui se raccrochait tantôt à sa mémoire, tantôt à un extrait
précautionneusement
conservé .
Cette lecture ne m'a pas paru fastidieuse malgré des termes peu communs pour mes yeux et mes oreilles (
l'ouvrage contient un glossaire). Je ne dis pas que j'ai retenu tous les éléments contenus dans cet ouvrage, mais, comme souvent, il m'a permis de mieux comprendre quelques faits d'actualité, de découvrir ou mieux comprendre des facettes inconnus de mes voisins.

Un très grand merci à Guillaume pour la poursuite de l'opération Masse critique de Babelio, et aux éditeurs qui jouent le jeu. livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com

(..) La grande originalité du Talmud, c'est qu'il est aussi l'histoire d'un peuple, et c'est d'ailleurs en partie pour cela qu'il est davantage qu'un livre. Le Talmud raconte les Juifs et les Juifs le Talmud.. Dès lors que l'on perçoit l'histoire du Talmud comme l'histoire du peuple juif, on peut aisément admettre que la mise au feu du livre précède la mise à mort du peuple. Qui brûle les livres finit par brûler les hommes. (...)

Pierre-Henry Salfati est l'auteur du documentaire, à l'origine de ce projet de livre, Talmud, un livre, un peuple. Arte éditions, 2006.


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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 07:00
Comme je l'avais signalé voici un peu plus d'un an, j'étais un peu restée sur ma faim à la lecture des derniers épisodes parus sous la plume de Jean-François Parot. Ainsi que je m'y attendais (vive la mémoire de poisson rouge !), je n'ai néanmoins pas su résister à la tentation lorque le prêt de ce dernier opus me fut proposé...

Les enquêtes de Nicolas Le Floch. Le noyé du Grand Canal / Jean-François Parot. JC Lattès, 2009. 452 pages
Une enquête de Nicolas Le Floch, commissaire au Châtelet sous le règne de Louis XVI.
1778 : dans l'attente de la naissance d'un héritier au trône, les critiques contre la reine s'exacerbent. Un bijou dérobé au bal de l'Opéra devient l'enjeu des cabales et des complots. Nicolas Le Floch se voit chargé de surveiller l'intrigant duc de Chartres, cousin du roi. Il participe à son côté au combat naval d'Ouessant, premier épisode de la guerre avec l'Angleterre. A son retour, des crimes signés d'indices provocants le jettent sur la piste d'un mystérieux assassin.
Quels jeux ambigus pratiquent l'inspecteur Renard et son épouse, lingère de Marie-Antoinette? Pourquoi le nom du comte de Provence, frère du roi, réapparaît-il avec tant d'insistance ? À la cour et à la ville, le détective des Lumières va traquer les coupables. Il y croisera l'indéchiffrable Restif de la Bretonne, le magnétiseur Mesmer et son baquet, le peintre Saint-Aubin et les chantres de la Chapelle royale.
Il tentera d'expliquer les vols peu banals perpétrés au Grand Commun de Versailles par la lumière froide. Le commissaire du roi finira par démêler cette incroyable intrigue lors d'un ultime et inattendu rebondissement.

Alors ?
Et bien j'ai retrouvé un certain intérêt pour cette énigme (ces énigmes devrais-je dire) qui gravite autour de la Reine. C'est un contexte de plus en plus politique qui prend place et qui s'explique aisément au vu de la période concernée. Le fait de nous entraîner sur les pas des personnages gravitant autour de la Cour, de nous montrer les fonctions des uns des autres, d'insérer des faits historiques qui collent à l'histoire ont grandement facilité mon intérêt pour cette enquête. Jean-Francois Parot y insère le monde des castrats et leurs conditions
de vie difficiles à cette période. Adulés en Italie, ils sont tolérés à la Cour françaises pour leur voix, mais ont perdu l'aura qu'ils ont pu avoir ; ils intriguent,  mais semblent avant tout vus comme des bêtes de foires et leur vie demeure au bon vouloir de leur protecteur.
Il va sans dire que nous retrouvons  Nicolas Le Floch et son entourage (hommes et animaux) qui vieillit et qui fait prendre conscience à notre héros que le temps passe, et que nul n'est éternel.  Il poursuit son ascendant auprès de la Cour, confident des uns et des autres, même s'il ne peut empêcher l'inamitié et la jalousie de certains envers sa personne et celle de ses amis de nobles ou basses conditions.
Le style de ce roman reste égal à lui-même. L'auteur sait ajouter quelques termes de vocabulaire propre au XVIIIème siècle et rappeler quelques faits connus dont, par exemple, les Cabinets de curiosité. Je pense qu'il va néanmoins trop loin en souhaitant signer son texte avec ce qui a fait une partie du succès de ces enquêtes : les descriptions dégustatives de ses protagonistes et les recettes de l'époque.
Si cela peut passer une fois, deux fois, il est des situations où je vois mal le personnage principal, prêtait une oreille attentive à la descriptions de son futur repas (même s'il s'agit du but recherché pour le distraire), alors qu'il est censé être aux quatre cents coups devant l'enlèvement de sa bien aimée et sa peur de la perdre. L'auteur insiste pourtant de manière appuyée, comme constrate on ne peut mieux :s, rappelant qu'il a déjà perdu 2 femmes aimées dont la seconde dans des conditions tragiques liées à sa profession.
Bref, si l'histoire se lit sans déplaisir, je m'interroge parfois sur le renouvelement de l'écriture de l'auteur.

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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 21:15
Les enchantements d'Ambremer / Pierre Pevel. Le Livre de Poche, 2007. 351 pages
Paris, 1909. La tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes se baignent dans la Seine, des farfadets se promènent dans le bois de Vincennes… et une ligne de métro relie la ville à l’OutreMonde, le pays des fées, et à sa capitale Ambremer.
Louis Denizart Hippolyte Griffont est mage du Cercle Cyan, un club de gentlemen-magiciens. Chargé d’enquêter sur un trafic d’objets enchantés, il se retrouve impliqué dans une série de meurtres. L’affaire est épineuse et Griffont doit affronter bien des dangers: un puissant sorcier, d’immortelles gargouilles et, par-dessus tout, l’association forcée avec Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien...

A notre réalité historique, Pierre Pevel saupoudre l'imaginaire le plus large qui soit. Aux faits réels, au quotidien il nous entraîne dans un monde tour à tour féérique et réel, maquillant habilement, parfois un peu plus lourdement, ce début du XXème siècle.
Forces descriptions sont parfois un peu lassante de prime abord : toutes ces jeunes femmes sont si belles, élancées mais néanmoins avec des rondeurs et un sourire.... que parfois je me suis demandée où j'avais mis les pieds, je l'avoue. Le nombre des personnages, un semblant de divagation dans l'imbriquement des histoires m'a fait craindre de m'y perdre et me lasser, mais les chapitres défilaient et je me laissais prendre au jeu.
Isabel de Saint-Gil, matinée d'un semblant d'Arsène Lupin pour son astuce, ses "serviteurs" et ses escapades nocturnes, semble parfois être le pendant de l'Arsène diurne, gentleman incarné par Louis Denizart Hippolyte Griffont.
Comme je le signalais les affaires s'emmèlent, les animaux fabuleux et l'histoire du monde féérique s'écrit en parallèle de celui de nos ancêtres.
Bien entendu les méchants personnages sont présents, d'une noirceur non équivoque, et l'on imagine bien que le mal ne peut triompher face à nos deux héros et à l'énergie dépensait  par leur entourage dont les 3 compères des brigades du Tigre. Oui c'est bien du Commaissaire Valentin, de Pujol et de Terrrasson dont je parle :-D qui vous adressent un petit clin d'oeil via la plume de l'auteur. Certains n'y verront que niaiseries, pour ma part le sourire fut au rendez-vous.
Ce n'est peut être pas le livre de l'imaginaire le plus mémorable mais j'ai néanmoins passé un bon moment en compagnie de tous ces personnages, et j'attendais avec impatience de connaître la chute de cet imbroglio, ce qui m'a permis de ne pas lacher ce roman avant la dernière page.

L'avis (très négatif) de SBM, qui m' a fait rire, et qui revient sur certains points évoqués ci-dessus.
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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 23:15
Vous avez trouvé la réponse ?
Vos neurones ont immédiatement assimilé le glougloutement à cela :


et à ces personnages  :
Désolée !!!
Aujourd'hui je voulais parler de celui naît grâce à l'imagination fertile de Roland C. Wagner :))

Celui qui bave et qui glougloute / Roland C. Wagner. ActuSF, (Les 3 souhaits), 2009. 88 pages
 .

1890, dans l'Ouest américain. Les derniers rapports des Tuniques bleues relatent d'étranges évènements. Les Indiens, soutenus par des alliés invincibles, mènent des combats d'une force insoupçonnée et refoulent, pour la première fois, l'armée vers l'est. La rumeur tend à justifier ce revirement : leurs alliés seraient-ils des esprits démoniaques ? Des monstres venus d'une autre planète ? Kit Carson - chasseur de prime -, le professeur Lévêque et le séduisant détective Nat Pinkerton forment l'équipe intrépide qui dénouera la vérité dans une quête périlleuse à travers le mythique Far West et ses légendes : Calamity Jane, Jesse James, les Dalton.

Gentiment délirant ! C'est un récit court et plein de saveurs que nous propose l'auteur.
Il a su allier avec malice le mélange des genres pour mon plus grand plaisir. Les références sont si nombreuses que quelque soit votre culture, vous devrez y retrouver votre compte. Pour moi, comme vous allez pu déjà le lire, c'est le monde de la BD qui a tout d'abord pris place : - Glouglou, - Tuniques bleues, - Chasseur de prime, - les Dalton etc. et me voilà prise au jeu et imaginant ces personnages sous les traits donnés par différents illustrateurs.
Mais cela ne s'arrête pas là !! Les références à la littérature sont également bien là. Vous verrez comment il donne une place considérable au Necronomicon, multiplie les clins d'oeil.
En dépit de la briéveté de l'ouvrage, j'ai pris un immense plaisir à cette histoire où personnages et faits historiques, s'imbriquent sans problème aux martiens, vénusiens et à l'imaginaire d'autres auteurs.
  
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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 21:02
Bretin et Bonzon se sont associés afin d'écrire une trilogie : "Complex" autour de l'inspecteur Renzo Sensini, singulier personnage dont les auteurs ne sont pas prêts à nous donner toutes les clés.
Habilement  ils tissent dans ces deux premières volumes un univers associant fantastique, thriller et éléments de notre quotidien, afin de mieux nous entraîner dans leur imaginaire.
Le 1er volet "Eden" doit se lire à deux niveaux : lecture classique + une ligne de lecture qui suit les pages (pas certaine d'être claire). Si de prime abord cette ligne continue intrigue mais nous semble totalement étrangère au roman, peu à peu, grâce à notre lecture habituelle les éléments prennent place :)

**** Attention ce qui suit peut s'apparenter à un spoiler *****
Et oui j'ai eu tendance à l'oublier mais le titre de cette série est "Complex" et notre héros n'est pas le seul à être un élément important. Tous ces personnages le sont, même ceux qui vous semblent en premier lieu secondaires. Les auteurs manipulent leur inspecteur mais qui vous dit que vous n'êtes pas vous-mêmes manipuler ? *****************

Ce premier opus s'il nous permet de rencontrer nos personnages, nous plonge dans des sujets d'actualités : l'écologie me direz-vous ? Pas seulement, puisque rapidement nous pressentons que nous avons affaire à des savants fous jouant aux apprentis sorciers. Très vite la notion de manipulation génétique traverse l'esprit. Quelles modifications à son organisme, à sa pensée etc. Thomas Hearing subit-il exactement ? Votre esprit vagabonde et *pouf* vous voici du côté de deux tueurs fous ? Qui sont-ils ? Qui les a envoyé ici ?
Barbouzes, tueurs fous, savants jouant avec des éprouvettes, homme mutant (?).... face à ces différents éléments comment notre homme d'interpole, secondé par son génie en informatique, va-t-il déméler le vrai du faux ?
Cela vous semble compliquer ? Pas du tout, les pierres s'imbriquent d'elles-mêmes et si vous avez lu la 4ème vous savez déjà que j'omets volontairement d'autres points.
Un roman à ne pas mettre entre toutes les mains : âmes sensibles s'abstenir et cela est encore plus vrai pour le second volume.

Ce second opus je l'ai retourné plusieurs fois après avoir commencé ma lecture, et suis même allée vérifier sur Internet qu'il s'agissait bien de "la suite". En effet, vous vous retrouvez aux Etats-Unis en compagnie de 2 nouveaux flics, et je me demandais par quel tour de passe passe nos protagonistes (évoluant en France) allaient finir par les rejoindre.
Je n'avais rien vu venir jusqu'à ce que je retrouve notre inspecteur après le 1er tiers de l'ouvrage. Non je n'avais pas eu le temps de m'ennuyer de lui, mais me posais néanmoins la question si j'allais ou non réellement le retrouver.
Si l'histoire est bien menée, si j'ai réellement aimé les parties consacrées aux agents Pills et Grossmann, aux "méchants" de l'histoire, les chapitres sonsacrés à notre inspecteur furent pour moi, l'objet de moins d'attentions. Oui ces parties nous font avancer (j'imagine) vers le Complex donc vers le dernier volume, mais je n'y ai pas retrouvé la même envie de dévorer l'ouvrage.
**** spoiler****
Voir Chitchine le tueur, l'aider m'a totalement abasourdi. Je sais que c'est pour la bonne marche du scénario, mais bon... un tantinet déçu par cet aspect et d'autres.**********************
Bref la chute me laisse un peu sur ma faim et comme je ne peux enchaîner avec le dernier volume - non encore paru à ce jour -, j'estime que je n'ai pas tous les éléments en mains pour dire si cette série me ravira totalement ou pas... Patience !

 




















Complex 1 : Eden / Laurent Bonzon et Denis Bretin. Editions du Masque, 2006. 382 pages
Le groupe Eden ne revendiquera jamais l'unique attentat éco-terroriste qu'il a effectué cette nuit-là.
La mort ne lui en laissera pas le temps. Mais qui aurait pu imaginer ce que cachaient les caves des serres Naeliev ? Ce secret pour lequel toutes les puissances de ce monde s'entretueront bientôt, un survivant d'Eden, Thomas Hearing, le porte dans sa chair empoisonnée. Personne, pas même lui, ne sait encore que l'ordre de la nature vient de basculer. D'Oslo à Nicosie, dans les forêts des Carpates, à Lyon, à Paris, dans l'ombre des tueurs et des services secrets, au coeur des expériences autrefois menées sur l'humain de l'autre côté du rideau de fer, l'inspecteur d'Interpol Renzo Sensini mène une enquête que peu de gens ont intérêt à voir aboutir.
Sous le pas des humains, poussant ses racines jusque dans leurs têtes, la nature continue son ?uvre, guetteur silencieux et attentif. Elle seule sait que le gibier est devenu chasseur.

Complex 2 : Sentinelle
/ Laurent Bonzon et Denis Bretin. Editions du Masque, 2009. 428 pages
10 septembre 2001, WorldTrade Center.
Le pasteur Ari Fliakos quitte sa permanence, troublé par le dernier appel téléphonique d'une des âmes égarées qu'il s'efforce de remettre dans le droit chemin. Après avoir prononcé des paroles dans une langue inconnue, Angela Wayne a récité une liste de 2973 noms parmi lesquels Ari Fliakos n'en a reconnu qu'un : le sien. Le pasteur n'entendra plus jamais parler d'Angela Wayne. Le lendemain, mardi 11 septembre 2001, la tour WTC 1 l'engloutit dans sa chute.
Trois ans plus tard, les agents Pills et Grossmann, de la cellule Étude et Surveillance 9/11, découvrent un incroyable enregistrement : la voix d'une femme énumérant les 2973 noms des victimes du WorldTrade Center. Piège ? Manipulation ? Andy Grossman est certain d'une chose : cet appel a bel et bien été passé la veille des attentats les plus meurtriers de l'histoire contemporaine.
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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 10:30
Les vivants et les ombres / Diane Meur. Sabine Wespieser Editeur (Le Livre de Poche), 2009. 633 pages
1821.
En Galicie, alors rattachée à l'empire habsbourgeois, l'obscure famille Zemka reconquiert le domaine fondé par un ancêtre issu de la noblesse et s'engage fiévreusement dans la lutte d'indépendance de la Pologne. Pour retracer son ascension puis sa décadence, Diane Meur convoque une singulière narratrice : la maison elle-même qui, derrière sa façade blanche et son fronton néoclassique, épie ses habitants.
Indiscrète et manipulatrice, elle attise les passions, entremêle les destins, guette l'écho des événements qui, des révolutions de 1848 aux tensions annonciatrices du désastre de 1914, font l'histoire de l'Europe. Les femmes surtout, condamnées à la réclusion dans la sphère domestique, la fascinent. L'une d'elles, enfin, va réussir à s'en aller.
Prix Rossel 2007, Prix du meilleur roman adaptable au cinéma 2008, Prix du roman historique 2008.

C'est un livre bardé de prix et faisant partie de la sélection des Prix des lecteurs qui me fut proposé et envoyé par Le Livre de Poche dans le cadre d'une opération promotionnelle.
Cela peut rebuter parfois mais  la 4ème de couverture me parlait et je m'interrogeais sur le rendu de cette saga familiale rédigeait du point de vue d'une narratrice à qui rien (ou si peu) ne peut être dissimulée : la maison elle-même, image de cette puissance et source de cette famille.
C'est par ses connaissances, nous suivons la famille sur plusieurs générations, même si la figure dominante reste Josef Zemka (1797-1885), ambitieux jeune homme qui se joue des hommes (enfin surtout d'une femme) afin de reconquérir cette demeure. Si cette figure est emblématique, la présence des femmes reste indispensable à l'histoire car c'est par elles que s'écrit ce récit. Par ces différents personnages, nous suivons les faits historiques qui se déroulent dans cette partie du monde où les conflits s'enchaînent ou les notions ethniques, religieuses, linguistiques etc. font l'objet de soubresauts dans les frontières.
Grâce à cette position stratégique, et du fait de la période concernée, tous les éléments qui seront à l'origine de la première guerre sont sous-jacents : modification de vie (très progressif) des serfs totalement à la merci de leurs maîtres, passage d'une économie agricole vers l'industrie (premiers soubresauts), et même une notion de marketing (changement de nom de la confiserie qui fait vivre et connaître la famille), émergence de la politique, des syndicalistes....
Le tout est agréablement construit et mêle habilement tous les aspects précédemment décrits, ce qui fait que l'on a pas le temps de se lasser et que le roman se lit sans déplaisir.

Comme l'ont dit Praline et Lili, c'est vrai que la fin peut sembler un peu facile, mais elle nous permet de poursuivre pour quelques pages cette saga et d'en savoir un peu plus sur le devenir d'une des dernières descendantes de Josef.

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 17:00
Peur aveugle / Paul-François Husson. Editions Anne Carrière, 2009. 264 pages
Tout le monde a peur du noir.
Tout le monde, sauf Matthieu, depuis l’accident de voiture qui l’a privé de la vue et de sa mère. À tout jamais, croyait-il…
L’été de ses treize ans, une greffe de cornée lui donne l’espoir de recouvrer la vue. Mais, dans la lumière qui tente de percer sa nuit, il est persuadé que se tapit un monstre qui en veut à sa vie.
Son père, sa belle-mère et sa sœur y lisent le signe d’une angoisse bien légitime et décident de partir camper quelques jours au bord du lac Noir. Une simple virée pour se changer les idées… jusqu’à ce que toute la petite famille ait de vraies raisons d’être terrifiée.

Etrange histoire dans laquelle Paul-François Husson nous entraîne, jouant sur la peur immuable chez l'être humain : la peur du noir. La privation d'un de nos sens qui, au plus profond de nous, et cela, dès la prime enfance, nous entraîne dans des mouvements de panique incontrôlable car signifiant la perte de nos repères.
Histoire et idée menées de manière très intelligente : de quoi un jeune aveugle peut-il avoir peur ? L'auteur construit un monde inimaginable pour nous et effrayant à plus d'un titre pour moi et, sans doute, pour bon nombre de lecteurs : la perte de notre vision.
Dès le titre et la quatrième je m'interroge sur le bien fondé de cette lecture, ma prime panique étant davantage liée à la perte de la vue, et la quatrième me parlant de greffe (oups moi et les hôpitaux)... Bref je me demande si ce livre est réellement fait pour moi.
Verdict : je ne regrette pas ma lecture, et P.-F. Husson nous mène totalement en bateau, créant des situations imbriquées à l'affectif, au quotidien, jouant sur cette panique liée à la perte de repères. Que l'on soit voyant ou aveugle, les réactions sont les mêmes : l'affolement, une imagination qui se met à vagabonder, à errer vers nos peurs enfantines, à imaginer ce qui n'existe pas.
Où s'arrête notre imaginaire dans de tels moments ? Le lecteur, lui-même se laisse gagner par ce que l'auteur lui donne : vérité, illusion ? Jusqu'à quel point la panique peut-elle nous entraîner à voir (à lire et à imaginer) ce que les autres ont vu (ou cru voir) ?
I
l y ajoute la notion de deuil tant d'un point de vue enfantin, adolescent que celui de l'adulte, du parent, montrant le chemin que chacun doit mener par rapport à une autre peur fondamentale de notre civilisation: la mort, la perte de l'être cher.
 
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24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 06:30
Contes myalgiques I : Les terres qui rêvent / Nathalie Dau. Griffe d'encre, 2008. 156 pages
Il était une fois… des récits fantastiques qui empruntaient au patrimoine folklorique mondial et à la mythologie incisive de leur conteuse. Comme ils aimaient les belles histoires, ils se marièrent et enfantèrent un beau recueil.
Laissez-les vous convier à un voyage entre ombre et lumière, où le merveilleux se mêle à l’affliction, où les épreuves forgent des âmes de miel comme de fiel.
Qu’ils soient issus de légendes indiennes, sibériennes, celtiques ou provençales, ces contes vous enchanteront et vous terrifieront, vous apaiseront et vous lancineront.
N’espérez pas sortir indemne d’une plongée dans l’imaginaire de Nathalie Dau : ses créatures féeriques ne vous veulent pas que du bien.


Je ne pouvais aborder mes prochains jours de congés sans vous laisser un petit billet de lecture. J'ai choisi cette fois des nouvelles de Nathalie Dau dont j'avais dégusté Le goût du miel. En février dernier je me suis laissée tenter par ce recueil constitué de 11 nouvelles fort diverses. Bien entendu on y retrouve un côté féérique mais qui devrait plaire à tous les réfractaires du monde fantastisque. Certaines histoires étant plus empruntes de réalisme que d'autres, le réel et l'imaginaire semblant parfois jouer à cache cache l'un avec l'autre.
Nathalie Dau nous promène aussi bien dans le passé que dans le présent, dans les contes indiens, bretons, ... Cette alternance joue avec notre imaginaire et nous permet de poursuivre avec entrain notre lecture, bercée par ses mots et ses rêves.
Bien entendu des préférences devraient émerger selon la sensibilité de chaque lecteur . Je me repencherai sur les billets des uns et des autres dans les prochaines semaines afin de prendre conscience des similitudes d'opinion, mais je vous laisse découvrir les 2 nouvelles sélectionnées par mes soins
Deux choix (oui je suis dur avec moi-même ce soir :s) :

* Faux pas : une histoire de trolls amoureux, une superbe description d'un chaman troll jaloux du fier Guirouk. :))
* Le Siestophage : les apparences sont parfois trompeuses et à force de ne vouloir voir qu'une seule tête , on en oublie le rêve.

Mais d'habitude on parle d'un trio de tête, donc je ne résiste pas :
* La femme, la sorcière et l'amour : quelles souffrances une femme amoureuse est-elle capable d'endurer lorsque la mort la sépare de son bien aimé.


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