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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 10:35

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/0/7/0/4/9782070426270FS.gifLe Moulin sur la Floss / George Eliot. Texte traduit par Alain Jumeau. Gallimard, 2003. (Folio Classique). 697 pages. 4*

Ce sommet de l'histoire du roman anglais (qui en compte d'ailleurs beaucoup) date de 1860. Le thème principal en est l'amour tragique entre un frère et une sœur, qui se brouillent de longues années pour se réconcilier dans la mort. Entre-temps, la jeune fille a été amoureuse d'un infirme, puis du fiancé de sa cousine : mal lui en prendra. Le meilleur du livre est dans la peinture poétique de l'existence quotidienne la plus humble, dans " le sentiment de la question mystérieuse de la vie humaine et de la vie de la nature, des mystères sublimes auxquels nous participons en le sachant aussi peu que la fleur qui pousse " (Marcel Proust). On aimera ainsi " la nouveauté des images venant d'une vue tendre et neuve des choses ". 

 

Alors que l'ouvrage se trouvait déjà dans ma pile, j'ai été amusée de lire les références à George Eliot dans "Le Maître" de Colm Toibin. La soeur d'Henry James est une fervente lectrice de l'auteur et lorsque l'écrivain se rendra au Royaume Uni, sa soeur envie sa rencontre avec son auteur. Plusieurs fois il est fait référence à G. Eliot dans la rédaction de l'ouvrage de Colm Toibin. Au vu de la description des inspirations, de la vie de la soeur d' Henry James et des éléments biographiques de George Eliot, on peut comprendre que les jeunes filles ayant un tantinet de cervelle et souhaitant "s'émanciper" pour l'époque se soient retrouvées dans les écrits de cet auteur.

Sans être une féministe, du fait de son éducation, G. Eliot a eu accès à une éducation, à des discussions et réflexions. Eléments qu'elle reprend au compte de Maggie. Même si Maggie n'est pas un double d'elle-même, il est certain que son personnage est largement inspiré de sa propre éducation, de son histoire (ainsi que le rappelle la préface que je vous déconseille de lire avant l'ouvrage, car la chute de l'histoire et bon nombre de clés sont donnés).

"Le Moulin sur la Floss" est un roman intéressant au niveau historique, du fait de la période à laquelle il se déroule : les changements commencent à être perceptibles, des hommes progressent et se hissent dans l'aisance financière en quelques années alors que jusqu'alors tout se construisait génération après génération. Si certains parviennent ainsi à s'élever, d'autres voient leur vie perturber par ces changements : ce qui va arriver au père de Tom et Maggie Tulliver dont le caractère et le manque d'à propos dans les changements va entraîner une chute dans la situation familiale.

Car c'est l'histoire d'une famille que nous allons suivre sur plusieurs années, la vie campagnarde et sociale d'un frère et d'une soeur dont les tempéraments et l'intelligence diffèrent en bien des points, mais dont l'attachement reste intact en dépit des événements heureux ou malheureux auxquels ils sont confrontés tout au long de ce roman.

C'est au travers de Maggie et Tom que nous allons suivre l'évolution de la société, les réactions de la famille proche comme des voisins.

Tous deux ont des caractères forts et faibles, mais Maggie dont l'extrême sensibilité prime de par son éducation, manifeste également une intelligence qui ne plait guère à son frère ou à sa mère, qui attendent d'elle ce que l'on souhaite à toute jeune fille en cette période : qu'elle se marie de la meilleure manière, de ne pas trop parler, ni trop réfléchir. En un mot, d'être obéissante. Même si la fierté de son père est évidente, il n'hésite pas à dire qu'il est dommage que son fils n'est pas hérité de davantage de raisonnement. En dépit, de ses travers Tom analyse davantage les situations et se montre plus apte à s'adapter. Maggie semble souffrir du poids de la société (mais sans doute cette analyse est-elle plus simple à voir vu du XXIème siècle).

Grâce à ce roman, George Eliot propose de très belles envolées, des descriptions de la campagne, de la Floss ou des états d'âmes de ses personnages. L'ensemble est parfois vibrant, et peut paraître également un peu longuet aux yeux de nos contemporains. Le tout est intéressant en dépit de ces sentiments de longueurs et de l'incompréhension que le lecteur peut éprouver de l'agacement devant les erreurs de Maggie, devant la dureté de Tom, frère affectueux sans doute, mais qui ne sait comment exprimer ses sentiments et comment freiner sa soeur dans sa volonté d'aller au-delà de ce qu'on attend d'une femme, de voir avancer la société qui, comme nous le constaterons en fin de volume, verra toujours la femme comme étant La Responsable. En se voulant indépendante, par la pensée et  l'existence, volontairement et involontairement, Maggie se retrouve jugée.

Mais la Floss poursuit son chemin inexorablement, change parfois son cours à l'image de l'existence, mais vaille que vaille, avance.


Frogs - VFAL

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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 22:08

http://www.decitre.fr/gi/89/9782264043689FS.gifWilt 4 : Comment échapper à sa femme et ses quadruplés en épousant une théorie marxiste / Tom Sharpe. 10/18, 2006 (Domaine Etranger). 259 pages. 4*

Loin d'être séduit par la perspective de vacances en famille, notre ami Wilt s'invente un cours de théorie marxiste pour échapper à l'embarrassante invitation d'un oncle américain.
Alors que sa femme et ses quadruplées s'envolent pour le Nouveau Monde, il décide de partir à l'aventure à travers l'Angleterre... L'occasion rêvée de nous offrir ce condensé explosif d'humour british, burlesque et caustique à souhait ! " Attention, danger ! La fréquentation du Britannique Tom Sharpe provoque une maladie incurable, particulièrement contagieuse, l'épilepsie hilarante. Tout ça à cause de romans délicieusement foldingues : un cocktail savamment dosé de burlesque, de delirium à la Ubu et de gaudrioles à la Mack Sennett.
A quoi il faut ajouter un sens redoutable de la satire, sous la plume d'un caricaturiste fielleux qui ne cesse de tailler des croupières à la perfide Albion. " André Clavel, Le Temps

 

De manière étonnante, je n'avais jamais encore croisé les écrits de Tom Sharpe.

Revisitant l'humour et le flegme anglais, Tom Sharpe rhabille pour l'hiver quasi tous ces personnages que l'on peut souvent voir comme des caricatures de personnes ordinaires ou moins. Rien n'échappe à son humour corrosif qu'il s'agisse de la religion, de la sexualité, des organismes, des professions les plus diverses, il n'oublie rien et tout est utile à sa plume acérée et dédiée à nous faire rire ou grincer des dents pour les personnes les moins à même de rire de tout.

Chaque scène illustrant son propos prête à sourire, et la suivante entraîne le lecteur dans un univers burlesque, tragi-comique.

J'ai tout simplement adoré ces pauvres journalistes attaqués par deux chiens-chiens teigneux ; quant à leur maîtresse qui habille la scène afin de laisser croire qu'ils ont enfreint les règles de la propriété privée avant de "rappeler" par des moyens extrêmes ses chiens et de daigner appeler les secours, elle porte des casquettes toute plus invraisemblables les unes que les autres et affiche un quant à soi extraordinaire surtout lorsque l'on découvre tout son CV que l'auteur enrichit au fur et à mesure des pages.

Comme je le disais des caricatures, des faits totalement invraisemblables, des hasards de la vie qui font que Wilt est confronté à la police pour des enquêtes sur des meurtres réels ou non. Avec son air de benêt il se trouve entraîner dans des affaires qui le dépassent, pour lesquelles il n'a pas d'explication.

Il est sans doute le personnage le plus étonnant, notre ami Wilt, personnage principal et héros bien malgré lui qui se trouve entraîner dans des affaires abracadabrantes alors qu'il n'aspire qu'à une vie simple, facile, qu'il n'aura au demeurant jamais vu la personnalité de sa femme et de leurs quadruplées dont l'adolescence permet à l'auteur de partir vers des délires et des rires toujours plus énormes pour le lecteur : de charmantes petites pestes, prêtes à dénigrer tout leur quotidien et leur entourage avec déjà un art consommé du flegme britannique. L'auteur ose faire dire à ces charmantes demoiselles tout ce qui peut lui passer par la tête. Sous prétexte de devoirs scolaires, elles n'hésitent pas à interroger leurs oncles et tantes sur leur sexualité, le racisme ordinaire dans le Sud des Etats-Unis et j'en passe. Bien entendu l'apothéose sera d'enregistrer une pseudo scène amoureuse entre ces mêmes oncle et tante qui va vite se transformer en pugilat verbal. Du grand art ! 

Plus qu'à commencer par les premiers volumes. C'est où le chemin de la bibliothèque la plus proche ? ;0)

 

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 21:06

http://www.decitre.fr/gi/47/9782266129947FS.gifMariée à tout prix / Zoë Barnes.Traduit de l'anglais par Laure Joanin-Llobet. Pocket, 2007. 502 pages.3,5*

Après six ans d'amour fou, la vie de Rory et Gemma bascule brutalement : ils vont s'unir pour le meilleur, le pire et pour toujours ! Amy la richissime et désoeuvrée mère du futur marié prend les choses en main et décide d'organiser une fête comme on les aime a Hollywood : robe 100 % tulle pour la mariée, kilts en satin pour les deux cents invités et joueurs de cornemuse pour une ambiance intime...
Son imagination est à la mesure de son budget : sans limite. Très vite, le rêve de Gemma se transforme en cauchemar peuplé de demoiselles d'honneur en pleurs, d'oncles et de cousins perdus de vue depuis des lustres : quand la famille s'en mêle, mariage peut rimer avec dérapage.

 

Soyons claire, ce n'est pas le livre du siècle, mais c'est un bon opuscule dans son genre, même si on y retrouve pas mal de clichés, les situations sont parfois cocasses, parfois mélodramatiques mais je me suis laissée prendre au jeu, même si tout un chacun sait comment l'ouvrage va se terminer en dépit des événements externes ou pseudo dramatique / comique qui agrémentent ce roman.

Pas mal de clichés au niveau des couples : le couple des parents de Gemma aimants et solidaires de leurs 3 filles : l'ainée qui vit son couple en crise perpétuelle, laissant ses 4 monstres (c'est l'auteur qui le dit) dès que l'envie la prend à ses parents débordés par la vitalité desdits enfants ; la petite dernière en couple avec une femme et Gemma, la préférée de son père et dont le futur conjoint fait l'unanimité auprès des parents comme des amis. Mais si on gratte un peu (enfin en poursuivant sa lecture évidemment), on se rend compte que ce couple est mal entre le père en échec professionnel et la mère débordée, cherchant à joindre les deux bouts par tous les moyens et surtout à ne contrarier personne. Bref le couple et la vie idéale ne sont pas présents et l'auteur veut nous montrer que mille tracas viennent se confronter à la pleinitude à laquelle ses couples aspirent. 

Le futur conjoint quant à lui ne semble pas bien net, cela semble une évidence dès sa demande en mariage et la suite m'a donnée raison. Sa décision est ambigüe et tout gentil garçon qu'il est, il n'en est pas moins homme et naïf - sinon il n'y aurait plus d'histoire, cela va sans dire - 

Les astuces les plus drôles viennent bien entendu de la belle-mère de Gemma, Amy, caricature parmi les caricatures de nouvelle riche et qui met un  peu de relief dans cette histoire, en bouleversant les projets de ce gentil couple et de toute personne entrant dans son champ de vision. La seconde astuce de l'auteur provient des groupes d'amis de Rory et Gemma qui accroche le lecteur tout en les amusant ou lui permettant de faire avancer les situations les plus rocambolesques. Si ceux de Rory sont peu nombreux et donnent l'image habituelle des amis du héros, les deux plus proches amies de Gemma sont elles-aussi des stéréotypes mais le fait qu'elles appartiennent toutes 3 à un groupe de foot, les Tigers et à un groupe d'anciennes met un peu de peps et apporte une petite nouveauté dans le genre.

Bref vous l'aurez compris, rien de très très original dans le style, mais une lecture fort sympathique.

 

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 06:19

http://www.decitre.fr/gi/95/9782841725595FS.gifNouvelles du disque-monde / Terry Pratchett.Traduit de l'anglais par Patrick Couton. L'Atalante, 2011. 124 pages. 4*

"Les nouvelles me coûtent sang et eau.
J'envie ceux qui les écrivent avec facilité, du moins ce qui ressemble à de la facilité. Je serais étonné d'en avoir écrit plus de quinze dans ma vie". Voici le premier livre réunissant l'ensemble des nouvelles de Terry Pratchett qui appartiennent au corpus du Disque-monde. On y retrouve avec jubilation les mages de l'Université de l'Invisible, la Mort, les sommités d'Ankh-Morpork, les sorcières de Lancre, le Guet et même Cohen le Barbare.

 

Un recueil de nouvelles et comme souvent on trouve de l'excellent et des nouvelles parfois un peu décevantes non pas au niveau de l'imaginaire mais au niveau de la durée de l'intrigue et de tous les éléments qui pourraient enrichir le contenu.

Les deux nouvelles qui dominent ce recueil sont les plus longues car, ainsi que je viens de l'indiquer, elles permettent à l'auteur de jouer avec son imaginaire, avec humour des situations et des personnages, détournant comme il est souvent de bon ton chez Terry Pratchett des personnages connus ou tournant en dérision ces vilains.

C'est donc "La mer et les petits poissons" & "Drame de Troll" qui m'ont enchanté. 

La première nouvelle relate l'histoire de sorcières et plus particulièrement les relations entre Mémé CireduTemps et Nounou Ogg. Leur relation et leurs différences sont déjà fort peu communes mais quant 3 autres mimant les humains viennent indiquer à Mémé CireduTemps qu'il serait temps de passer la main en quelque sorte pour le grand concours des sorcières, le résultat devient tordant. Je vous laisse imaginer Mémé CireduTemps faisant preuve d'amabilité ! Les voisins humains prennent peur et sont persuadés qu'elle leur a jeté un sort c'est certain sinon pourquoi leur aurait-elle parlé ? Mais quand il s'agit des autres sorcières qui se précipent sur les amulettes et autres colifichets (je vous épargne tous les détails) le sourire s'affiche sur le visage du lecteur.

Dans  "Drame de Troll", nous retrouvons ce pauvre Cohen le Barbare  ! Mais oui, c'est bien lui vous l'avez reconnu, tout comme ce Troll avec qui il est venu en découdre au seuil de sa vie, se remémorant les paroles de son père. Mais la situation n'est plus vraiment celle du passé. Le pont gardé par le troll n'en finit pas de s'effondrer, sa femme ne croit plus en lui. Ses beaux-frères se sont ralliés à la vie moderne et pour s'en sortir il doit travailler. Que croyez-vous que Cohen le Barbare va bien pouvoir faire ? Une chose est certaine son cheval (acheté aux enchères d'un mage à son corps défendant) n'a pas fini de lui en parler et de lui remémorer ses erreurs et son âge.

Bref ne serait-ce que pour retrouver ces deux pépites, je ne peux que vous encourager à feuilleter ce petit ouvrage.


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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 22:24

http://www.decitre.fr/gi/58/9782265090958FS.gifLa tyrannie de l'arc-en-ciel. 1. La route du Haut-Safran / Jasper Fforde. Traduit de l'anglais (Royaume-Unie) par Patrick Dusoullier. Fleuve Noir, 2011. 588 pages 4*

Bienvenue dans la Chromocratie ! Ici, les citoyens sont normaux, à la différence près qu'ils naissent Gris, Jaunes, Verts, Bleus, ou encore Rouges en fonction des couleurs qu'ils distinguent.
Le rôle de chacun dépend justement de cette singularité. Les Pourpres accèdent aux postes les plus agréables tandis que les Gris, incapables de discerner les nuances éclatantes, sont traités en esclaves. Et comme dans toute tyrannie digne de ce nom, les autorités veillent à ce que cet ordre soit respecté ! Edward Rousseau est un jeune homme Rouge sans histoire, promis à un bel avenir. Jusqu'au jour où un compagnon rencontré par hasard dans un train disparaît, dans l'indifférence la plus totale.
Dès lors, de mystérieux incidents l'interpellent : on lui confisque ses papiers, il apprend que le médecin de la ville est mort dans des circonstances étranges... Sa rencontre avec Jane, une Grise effrontée au nez exquis, va confirmer ses soupçons : ces événements cachent une vérité effrayante. Qui réussira à la révéler sans y perdre la vie ? Fidèle à son style unique en son genre, Jasper Fforde explore les limites de l'imagination pour nous offrir un récit drôle, haletant et délicieusement subversif.

 

Voici la nouvelle trilogie de Jasper Fforde et même sans être une spécialiste de l'auteur, je suis certaine que si vous avez aimé les précédents ouvrages, vous ne devriez pas vous ennuyer avec ce premier volume où l'on retrouve bon nombre d'éléments de la même veine que dans les aventures de Thursday.

C'est dans une civilisation qui semble bien incongrue que l'auteur nous entraîne. Novatrice ? Pas tant que cela en y réfléchissant bien. J'ai même l'impression que grâce à son jeu de couleurs issues de l'arc-en-ciel, Jasper Fforde s'en donne à coeur joie à évoquer le racisme primaire que l'on rencontre tous les jours. Mais il n'y a pas que la couleur qui entraîne cela, la cupidité, l'avidité du pouvoir aident ces citoyens à ne pas frayer avec de plus basses castes. Plus vous montez dans la hiérarchie des couleurs et moins vous semblez être capable de vous pencher sur votre prochain ou simplement de réfléchir par vous-même. Alors oui bien entendu, il existe toujours des exceptions, mais dans ce royaume de l'absurbe, de la folie et des couleurs, nul ne doit se placer en dehors de ces prérogatives, de ces droits établis et ne doit montrer à ses supérieurs en couleurs qu'ils sont moins intelligents ou moins pertinents que la couleur qui leur a été attribuée ne le laisse supposer. 

Mais ces éléments ne sont qu'une partie de l'histoire, car, comme de bien entendu d'autres histoires s'imbriquent à la suite du quotidien que nous découvrons au travers du regard et de l'histoire d'Edward Rousseau : un rouge qui pourrait bien permettre à sa famille de revenir au niveau social qui fut le sien avant qu'un ancêtre au fi de tous n'épouse une grise, perdant crédibilité et basculant dans le bas de la hiérarchie. L'histoire d'Edward se voit confrontée à des décès mystérieux dont le premier réside dans celui du "médecin" que son père va remplacer dans ce trou paumé loin de leur ville d'origine. Sur le chemin qui les emmène, la maladie/décès d'un gris travesti dans une autre couleur bouleverse leur quotidien et plus particulièrement lorsque son regard croise celui de Jane, grise insolente et vindicative qui n'aura de cesse que de tenter de l'assassiner, mais grâce à qui il va progressivement ouvrir les yeux et essayer de comprendre pourquoi de grands bonds en arrrière ont fait basculer ce peuple vers des interdits quasi incompréhensibles et pourquoi certains disparaissent de manière un peu inattendu ! Et oui, car sous le couvert de l'absurbe de sombres sujets peuvent être abordés et des réflexions pertinentes venir nous titiller comme c'est le cas pour le héros de Jasper Fforde. 

 

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 10:53


http://www.decitre.fr/gi/71/9782264042071FS.gifL'affaire Jane Eyre / Jasper Fforde. Traduit de l'anglais par Roxane Azimi. 10/18, 2005. 410 pages.

Dans le monde de Thursday Next, la littérature fait quasiment office de religion. 4,5*
A tel point qu'une brigade spéciale a dû être créée pour s'occuper d'affaires aussi essentielles que traquer les plagiats, découvrir la paternité des pièces de Shakespeare ou arrêter les revendeurs de faux manuscrits. Mais quand on a un père capable de traverser le temps et un oncle à l'origine des plus folles inventions, on a parfois envie d'un peu plus d'aventure. Alors, lorsque Jane Eyre, l'héroïne du livre fétiche de Thursday, est kidnappée par Achéron Hadès, incarnation du mal en personne, la jeune détective décide de prendre les choses en main et de tout tenter pour sauver le roman de Charlotte Brontë d'une fin certaine...

 

Et oui j'ai craqué après avoir lu  Sauvez Hamlet ! voici quelques semaines, et acquis le 1er volume des aventures de Thursday Next.

Parce que oui j'ai trouvé ce jeu spatio temporel, ses histoires étourdissantes de rencontres avec des auteurs classiques, tout comme son jeu avec les événements historiques amusantes.

Jasper Fforde joue de tout avec parfois un humour de répétition fort anglais. Les personnages sont énormes et la rencontre entre Thursday et les personnages qu'elle aime (ou pas) dignes d'un bel imaginaire.

Pour avoir lu deux épisodes séparés par le temps de l'écriture, j'ai pu réaliser combien l'auteur avait anticipé la trame des aventures de son héroïne. En effet, jeu du hasard, dans l'épisode lu précédemment on retrouve un certain nombre de faits / d'actions auxquels prend part Thursday dans ce premier volume.

J'aime sa façon de revisiter l'histoire, de scinder la Grande-Bretagne, les interventions intempestives de son père qui se promène dans le temps, et demande l'aide de sa fille pour la revisiter ou simplement connaître la date du décès des personnages qu'il côtoie, ou simplement les événements auxquels il est confronté dans le passé.

Et puis, et puis me direz-vous ? Et bien, comme dans toute bonne histoire qui se respecte, il y a une enquête, un méchant fort habile, aux pouvoirs surprenants, qui s'en prend à la fois à la famille de Thursday (son oncle est un inventeur de génie), mais aussi à Jane Eyre & Rochester, prêt à modifier ou simplement détruire l'ouvrage pour peu qu'on ne lui verse une rançon fantabuleuse plus deux ou trois choses afin de faire plaisir à ses complices, trognes malfaisantes, déjantés et dangereux. Dangereux au point de vouloir s'attaquer à Shakespeare, mais ce pauvre Shakespeare est déjà, dans ce volume, fortement l'objet de détracteurs de toutes sortes. Des anti ont constitué des "sectes" et l'une déambule à la manière des témoins de Jéhovah, faisant du porte à porte. Et je vous garantis qu'il faut mieux connaître tant l'oeuvre que la biographie de l'auteur et les différents points d'interrogations concernant son histoire afin de pouvoir échapper à leurs bla-bla et pouvoir leur claquer la porte au nez.

Thursday n'arrête pas, court, s'agite et tente de renouer avec ses démons du passé : le décès de son frère et son grand amour. Tout n'est pas parfait dans cette histoire là-aussi déjantée, mais je suis prête à la suivre dans les prochains volumes.

 

Partageons avec : Aleslire, Le livre de sable, le billet de Caroline sous Lecture-Ecriture qui nuance son enthousiasme &, Karine.

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 06:49

http://www.decitre.fr/gi/06/9782092510506FS.gif Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire . Tome V: Piège au collège / Lemony Snicket, Traduction de Rose-Marie Vassallo, Illustrations de Brett Helquist. Nathan, 2005. 213 pages. 3,5*
Cher lecteur,
Si tu recherches un récit de collège avec des potaches qui s'en paient une tranche dans un joyeux pensionnat, il vaudrait mieux chercher ailleurs. Certes Violette, Klaus et Prunille Baudelaire sont des enfants intelligents et pleins de ressources, qui devraient se plaire au collège. Mais ce collège-ci est assez spécial et la vérité est que les orphelins s'apprêtent à y vivre un bien sinistre épisode.
A titre d'exemple, dans ces treize chapitres, les trois enfants vont devoir faire face à une tribu de crabes malveillants, à un règlement stupide, à des châtiments sévères, à des moisissures coulantes, à de longs récitals de violon, à de redoutables tests de contrôle et au système métrique.
Il est de mon devoir de passer des nuits blanches à relater l'histoire des trois jeunes infortunés, mais rien ne t'oblige, cher lecteur, à perdre le sommeil sur un récit triste à plaurer. Aussi ferais-tu sans doute mieux de te choisir une autre lecture....

 

Mon plaisir de lecture qui s'émoussait quelque peu, s'est trouvé renouvelé à la lecture de ce volume.

Les ingrédients restent les mêmes :  leur banquier/"tuteur" lles place dans un endroit qui devrait leur convenir, à défaut d'un membre de la famille qui ont tendance à tous disparaître, les 3 frère et soeurs se retrouvent donc dans un pensionnat ce qui, après tout devrait davantage correspondre aux besoins de ces enfants. Comme il est d'usage dans ces aventures, tout tourne de mal en pis : le directeur est un fou furieux qui n'aime que son violon et son ego surdimensionné, les professeurs semblent présenter des tares étranges, malgré la révélation de leur "humanité" en fin de volume. Le comte Olaf est toujours à leur poursuite, ne tardant pas à les retrouver et à intégrer l'équipe enseignante aux yeux aveugles de sa hiérarchie. Enfin Violette, Klaus et Prunille se retrouvent dans une habitation indigne où leurs sciences de l'imagination et de la connaissance vont s'avérer utiles en dépit de l'épuisement qui s'abat sur eux. .

Dans ce collège, ils vont rencontrer la peste typique, mais surtout des orphelins presqu'aussi étrange qu'eux avec qui ils se lient d'amitié. Cest par le biais de cette nouvelle tribu que mon intérêt fut titillé. Ressemblant par bien des points aux orphelins Baudelaire, par les conditions de leur statut civil, mais également par la fortune qui leur a été laissé. S'ils ne possèdent pas les mêmes qualités physiques et intellectuelles que notre trio, ils ne sont néanmoins pas dépourvus d'intelligence et découvrent des éléments concernant le comte qui pourrait bien changer le cours de ces aventures.

Bref une chute qui met en appétit autrement que par le futur lieu où pourraient atterrir les orphelins et sur la manière dont le Comte Olaf va se déguiser pour les approcher et tenter de s'approprier leur fortune.

 

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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 06:37

http://www.decitre.fr/gi/52/9782266185752FS.gifAccroche-toi Anna ! / Isabel Wolf. Traduit de l‘anglais (Grande-Bretagne) par Denyse Beaulieu). Pocket, 2010. 428 pages. 3*
Anna, belle plante londonienne, la trentaine au compteur, a plaqué un job en or à la City, pour réaliser son rêve : devenir architecte paysagiste. Adieu grand capital, bonjour les capucines ! Anna a la main verte et la bosse des affaires : en un tournemain, les commandes affluent et sa carrière décolle. Mais sa vie personnelle oscille entre désert sentimental et pagaille bucolique : un bébé pas vraiment programmé, un amant qui a pris la poudre d’escampette, une nounou cachottière… et un entêtant mystère qui plane sur la passé familial. Après avoir fleuri tant de jardins, il est temps pour Anna d’apprendre à cultiver le sien !

Toujours pour les vacances !!!
Une nouvelle histoire d’Isabel Wolf qui, sauf erreur de ma part, reprend des thématiques assez communes afin d’en faire un roman pas déplaisant à lire, mais évidemment téléguidé. La chute est évidente, mais l’écriture pas désagréable permet de poursuivre sa lecture tout en jetant, de temps à autre, un regard sur le paysage ou les personnes qui vous entourent.
Une nouvelle fois son héroïne n’a pas fondamentalement de problèmes d’argent et se décide simplement à changer de vie.
La vie l’a éprouvée ces dernières années avec la mort brutale et imprévue de sa mère et, sans doute ce décès n’est-il pas étranger à sa volonté de poursuivre sa vie au contact de la nature, de faire revivre la passion de sa mère. Bien entendu notre héroïne n’a aucun problème à passer son diplôme en dépit d’une grossesse imprévue et des aléas de l’existence.
Isabel Wolf profite de cette nouvelle héroïne pour aborder les problèmes de couples, plus ou moins finement ou superficiellement. Même si des drames sont sous-jacents, ils restent à leur place, et sont annexés, balayés par la vie quotidienne et les solutions / pardons des différents protagonistes qui prennent bien vite leur place.
Comme de juste, tout finira bien pour l’ensemble de nos personnages et Anna referme avec nous ce livre afin de poursuivre son existence avec le sourire.
Clin d'oeil aux jardiniers avec des trucs et astuces bio pour les aider à entretenir leur espace vert ou leurs plantes d'intérieurs : ansi, - de l'eau bouillante salée devrait repousser les mauvaises herbes (enfin j'imagine que comme d'habitude, il faut quand même les arracher lorsqu'elles sont mortes, rien n'est magique, ni automatique, faut pas rêver), - des feuilles de rhubarbe sur les taupinières devraient éloigner ces soi-disant myopes qui n'en aiment pas l'odeur, - les fameuses pièces cuivrées pour les bouquets ou percer les tiges des tulipes afin qu'elles ne tombent pas...., - l'utilisation des sachets de thé usagés, - que les plantes d'intérieurs aiment le thé tiède etc... (pages 171 et suivantes)

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 06:53

http://www.decitre.fr/gi/22/9782264048622FS.gifSauvez Hamlet ! / Jasper Fforde. Traduit de l'anglais pr Roxane Azimi. 10/18, 2008 (Domaine Etranger). 472 pages. 4*

Retour à Swindon, dans le Monde Extérieur, pour la célèbre détective littéraire Thursday Next désireuse d'offrir à son fils, Friday, une vie paisible...
Le vœu pieux dans toute sa splendeur! D'abord, elle n'aurait jamais dû accepter d'embarquer Hamlet dans la réalité. Rongé par ses états d'âme et tellement soucieux de savoir ce que les gens pensent de lui, il s'incruste chez les Next, flirte avec Lady Hamilton, pendant qu'en son absence Ophélie fomente une révolution dans la pièce éponyme de Shakespeare. En fait de vie calme, Thursday aura à peine quelques jours pour régler le problème Hamlet, récupérer Landen, son mari éradiqué par Goliath, et empêcher le redoutable Yorrick Kaine de déclencher un cataclysme planétaire.
Sauver le monde? Pas de problème, Thursday a l'habitude... Mais qui va garder Friday?

 

Loufoque à souhaits !!

Et bien je découvre Jasper Fforde avec un volume qui s'avère le quatrième de son héroïne Thursday Next, mais cela ne m'a en rien empêché de poursuivre ma lecture, malgré un court moment de flottement en entamant ce volume. Au vu des personnages, de la liste établie en prime, je me suis dit que j'allais m'y perdre. Finalement, non !

Le meilleur atout pour découvrir cette série est très certainement de garder l'esprit ouvert, d'être friand à la fois d'imaginaire, de singularité et d'un soupçon de réalisme puisque Jasper Fforde écrit sans aucun doute pour destabiliser, amuser son lecteur, mais fait preuve de culture littéraire et ne se déplait pas à taper sur quelques économistes ou politiques (si j'en crois les billets lus ici et là, cela semble vrai plus particulièrement dans cet ouvrage. Me reste à lire la série dans l'ordre, afin de me faire ma propre opinion).

Alors oui ce roman a tout pour plaire,  (en tout cas pour me plaire), mais il risque de destabiliser certains lecteurs.

Pour ma part, j'ai adoré ce mélange des genres, lorsque la littérature classique ou les personnages de roman de manière générale viennent faire un tour dans l'espace temps contemporain de Thursday. Certains sont invités, d'autres s'échappent des ouvrages, cherchant la quête ou autre.

En dépit de ce qui semble un vaste fourre tout, où même les dodos, chimères ou néanterdaliens ont leur place, c'est à une histoire qui retombe sur ses pieds à laquelle l'auteur nous convie.

Si vous n'aimez pas la dérision, l'immiscion des personnages, que le simple fait d'imaginer Hamlet se remettant en question et la perspective qu'Ophélie puisse mettre sans dessus-dessous la pièce afin de ramener la couverture à elle, bref que l'on touche à des auteurs tel que Shakespeare (dont on rencontre les clones) vous insupporte, passer votre chemin. Si vous êtes prêts à découvrir des phénomènes spatio-temporelles, à vous promener à la fois dans les histoires (classiques comme spatiales), à découvrir le chemin vers la mort, vous êtes prêts à découvrir Jasper Fforde ! Bon voyage et bonne lecture !!!

 

Quand Karine en parle ;), chez Blue Moon, là c'est Chiffonnette,

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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 07:02

http://www.decitre.fr/gi/35/9782714442635FS.gifLa maison des orphelins / Helen Dunmore. Traduit de l'anglais par Marc Amfreville.Belfond, 2007 (Les étrangères). 454 pages. 4*

Dans la Finlande de 1900, bruissante du vent de la révolte contre la Grande Russie, un roman poétique, délicat et fiévreux, la métamorphose amoureuse d'une adolescente et son parcours initiatique vers l'indépendance et la liberté.
Orpheline, la jeune Eeva est placée comme domestique chez Thomas Eklund, un médecin de campagne veuf. D'abord apaisée par la présence rassurante de cet homme réservé et bon, Eeva se sent bientôt étouffée par le jugement et les commérages des habitants du village. Désireuse de s'affranchir de son humiliante condition d'orpheline et de commencer enfin sa vie, elle part rejoindre Lauri, son ami d'enfance, à Helsinki.
Avec ce presque frère, elle voudrait une amitié différente. Mais Eeva peine à se faire une place dans le cœur de Lauri, accaparé par la lutte politique et par l'amitié jalouse de Sasha, un étudiant tenté par l'action révolutionnaire.

 

C'est une période et des faits historiques quasi inconnus pour moi que relatent à travers ce roman Helen Dunmore. Elle nous y plonge en nous narrant la vie d'Eeva que l'on découvre, tout comme le médecin Thomas, anonyme dans un orphelinat de campagne, loin des siens et de la ville-capitale qui l'a vu grandir, afin que les idées pernicieuses (politiques) puissent lui être enlevées. Mais les raisons de la présence d'Eeva nous allons les découvrir bien plus tard dans le roman, car l'auteur s'attache en premier lieu à décrire cette vie à la campagne au travers de ce médecin attaché à son isolement de médecin de campagne. En sus des événements historiques précédemment cités et qui seront ensuite approfondi dans le roman, l'auteur nous montre la misère affective qui règne dans cette contrée au sein d'une certaine bourgeoisie locale bien pensante. Intéressante mais bien vite survolée, une ébauche nous permettant de mieux comprendre l'attitude du médecin et de son entourage et qui vont nécessiter/influencer le départ d'Eeva sans être le propos premier de l'ouvrage ainsi que je l'ai mentionné.

Ce long passage à la campagne est également pour l'auteur l'occasion de nous faire une magnifique description du quotidien, de la beauté des paysages mais également de l'abnégation des femmes et de leur place dans cette société.

Le retour à Helsinki de notre héroïne permet d'avancer sur des chemins plus politiques, de montrer le contraste entre les deux univers campagne / ville, la pauvreté des ouvriers etc... et de leurs conditions de vie mais avant tout de la pression qu'exercent tant la Russie que la Suède. Elle est aussi l'occasion pour nous de suivre la romance entre Eeva et Lauri et les jalousies que leur passion et leurs souvenirs d'enfance suscitent notamment chez Sasha, être verbeux mais décrit avec habilité et que le lecteur déteste d'emblée. Qui est-il vraiment ? Vers quels parcours obscurs tentent-ils d'entraîner Lauri ?

Les questions se sont bousculées dans ma tête dans les derniers chapitres de cet ouvrage, mais les notions politiques m'ont semblé bien lointaines. Est-ce ma mauvaise connaissance dudit contexte politique ? Plus sûrement, j'ai eu l'impression que l'auteur a pris certains raccourcis afin de ne pas ennuyer son lecteur par trop d'éléments politiques,et que , volontairement, elle ne nous donne pas toutes les clés concernant ce personnage à double face qu'est Sasha.

C'est donc un peu sur ma faim que j'ai terminé ce roman après une somptueuse première partie et une superbe narration tant de la vie quotidienne que de l'enfance d'Eeva au travers de ses souvenirs et de l'image de son père qu'elle nous donne.

 

Un avis,

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