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17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 20:35

http://www.decitre.fr/gi/30/9782203035430FS.gifPenelope Green : la chanson des enfants perdus / Béatrice Bottet. Casterman, 2011. 312 pages.

Nom : Green ; prénom : Penelope ; situation familiale : orpheline, unique héritière du journaliste James Alec Green ; ambition (scandaleuse) : devenir journaliste ; signes particuliers : une envie d'étrangler son prétendant, cette endive de Wilfrid, et un goût prononcé pour l'aventure et le danger.
Penelope Green décide de reprendre une mystérieuse enquête de son père : le dossier Foxglove Court. Quel terrible secret va-t-elle découvrir, dans les bas-fonds de Londres ?

 

L'histoire d'une jeune femme indépendante, dans le Londres de la fin du XIXème siècle. Cela vous rappelle quelque chose ? Effectivement ! Mais vous n'y êtes pas du tout :0)

En reprenant une thématique déjà éprouvée dans les aventures d'Enola Holmes : les quartiers proches de White Chapel et l'opposition entre l'existence d'une jeune fille jusque là choyée confrontée à ce monde inconnu et en opposition radicale avec son éducation et sa vie quotidienne, Béatrice Bottet ne nous lance pas dans l'inconnu, loin de là. Mais vous découvrirez dans les dernières pages, qu'elle ne fait que nous présenter ces personnages au cours de cette aventure (pas que cela tout de même) : la rencontre entre Pénélope et son frenchy Cyprien Bonnaventure. D'une rencontre fortuite (enfin plusieurs) va déboucher une entraide avant de tomber dans d'autres sentiments (mais tout reste très soft, l'ouvrage s'adressant avant tout à la jeunesse). Mais nous n'en sommes pas encore là, lorsque l'histoire débute, c'est avant tout une présentation de Pénélope qui nous est donnée de voir et des derniers moments de son père.

Que les choses soient claires si l'ouvrage est jeunesse, il n'en est pas néanmoins au coeur de la réalité de l'existence. Rien de vraiment larmoyant dans ces premières pages, mais la suite prouvera que l'auteur n'essaie pas nous noyer dans l'eau de rose. Meurtres, enlèvements, décès en tous genres, tour à tour s'enchaînent les événements mais là encore même si rien n'est expurgé le tout est suffisamment traité de manière assez rapide pour éviter la sensibilité des plus jeunes lecteurs. Seuls les larmes de cette jeune femme (à vous de faire le compte en fin de volume afin de connaître son âge exacte qui ne nous est jamais donné) qui reviennent un peu trop souvent parfois à mon goût m'ont parfois un tantinet agacé. Alors oui bien entendu, ainsi qu'elle le dit elle-même elle n'est pas une sufragette et ne cherche pas à masquer sa sensibilité mais de temps en temps cela devient un peu trop. D'un autre côté, on peut comprendre que vu les derniers évènements de son exitence et la perte de toute sa famille elle ait parfois droit de s'abandonner. Fort heureusement, l'auteur a opté, pour dans certaines situations plus haletantes, de ne pas la laisser / lui laisser le temps de pleurer, ce qui permet un meilleur enchaînement des événéments.

L'ensemble est fort agréable à lire et donne de nombreux éléments historiques sur l'entente entre les français et les anglais à cette période, la vie quotidienne du Londres du XIXème siècle, sans pour autant donner lasser. Un bon rendu des différentes couches de la population, même si, à mes yeux, la première entrée de Pénélope dans le quartier d'East End semble peu crédible. Mais je mégote et sans cet événement nous n'aurions pu suivre les aventures de Pénélope et de son chevalier servant.

 

Merci à Babelio

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 07:17

http://www.decitre.fr/gi/24/9782092525524FS.gifLes enquêtes d'Enola Holmes : L'énigme du message perdu / Nancy Springer. Guanaco, 2011. 196 pages. 5*

Depuis près d'un an, je parviens à me soustraire à la vigilance de mes frères aînés, Mycroft et Sherlock Holmes qui s'entêtent à vouloir m'expédier en pension pour faire de moi une lady.
Grâce à mon cabinet de " Spécialiste " en recherches - Toutes disparitions ", et sous une fausse identité, je concurrence désormais mon détective de frère sur son propre terrain - parfois même avec plus de succès que lui ! Mais voilà qu'en ce jour de juin 1889, regagnant mon logis, je découvre un spectacle effroyable : tiroirs arrachés, étagères vidées, débris de vaisselle sur le plancher. Et surtout, surtout, aucune trace de Mrs Tupper ma chère petite logeuse sourde comme un pot ! Aussitôt, je me lance à sa recherche, avec pour seuls indices quelques jupons épars et un énigmatique message.

 

Et oui ces dernières lecures furent pour moi l'occasion de me tourner vers des valeurs sûres :) (tout du moins à mes yeux).

C'est avec un grand plaisir que j'ai retrouvé les aventures d'Enola  qui, je dois l'avouer, se bonifie avec le temps. Cette histoire nous évite le sempiternelle apitoiement sur ces malheurs en lançant Enola sur la piste des ravisseurs de sa logeuse. Grâce à cette personne, l'auteur nous permet d'appréhender un pan de l'histoire du Royaume Uni, pas forcement des plus glorieux, si j'en juge par les écrits de Nancy Springer (pour ma part j'avoue ma méconnaissance relatif à la bataille de Scutari en Turquie dans les années 1830 et les tenants et aboutissants liés notamment aux batailles de cette période). En plus de ces faits historiques, l'auteur nous présente des personnages féminins qui, bien avant la naissance de cette jeune fermme à leur liberté d'expression, leur autonomie et par des moyens variées surent trouver une place dans la société. Ces rencontres, les informations concernant une nouvelle fois, la place de la femme, mais au niveau de la création de club, d'écrits etc. jouent pour beaucoup dans le renouveau de cette histoire. Bien entendu on retrouve le formalisme de la poursuite d'Enola par ses frères, ses rencontres "hésitantes" et involontaires avec son auguste ainé, mais le fait de faire jouer un rôle important à un personnage jusque là secondaire implique forcément le renouvellement de bien des faits : notamment par le fait qu'Enola en fin de roman est obligée de quitter son logement désormais connu par son ainé, et permet d'intriguer le lecteur quant aux prochains évènements relatifs au simple quotidien de notre héroïne et plus simplement d'attendre avec impatience ce que lui réserve Nancy Springer.

Alors non je ne me lasse pas et suis impatiente, par avance, de lire la suite (j'espère ne pas être par trop déçue de ce prochain épisode).

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 22:29

http://www.decitre.fr/gi/06/9782092506806FS.gifLes désastreuses aventures des orphelins Baudelaire -Tomes IX à XIII : La fête féroce - La pente glissante - La grotte Gorgone - Le pénultième Péril - La Fin / Lemony Snicket. Illustrations de Brest Helquist. Traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo. Nathan, 2005-2007. 241 +247 +240 + 248 + 244 pages. 3*

 

Pour les épisodes précédents, c'est ici, tome V, VI à VIII.


Que vous dire que je n'ai pas encore évoqué à la lecture de ces 13 tomes. Pour ceux qui auraient oublié, je reprends quelques formulations déjà dites précédemment.

Je n'ai pas l'impression que cette série s'adresse à un jeune public ainsi que le laisserait penser le style narratif et les explications notamment de vocabulaire donné par l'auteur / narrateur. Tantôt trop enfantin, tantôt trop hardu pour de jeunes enfants à qui l'on narre une telle histoire, voilà ce qui me gêne le plus dans cette saga. De même, ainsi que déjà évoqué, le style provoque des longueurs qui coupées, auraient certainement fait gagner de l'énergie et peu provoquait un certain désenchantement chez certains lecteurs.

Néanmoins de nombreux passages sont savoureux et l'imagination féconde de l'auteur m'ont souvent permis de lui pardonner. Alors que je commençais à m'ennuyer un peu il avait su redonner corps à son histoire par l'arrivée de nouveaux personnages qui relançaient les aventures des orphelins. Dans ces derniers tomes, les événements semblent encore s'accélérer puisque l'on rencontre des personnages évoqués au fil des histoires, et les orphelins vont même retrouver * attention énorme spoiler * le triplé manquant (chose à laquelle je m'attendais). Si les péripéties s'enchaînent, les morts se ramassent également à la pelle dans un style à la fois tragique et suffisament rapide pour permettre d'en faire abstraction pour les âmes sensibles.

Si les enfants Baudelaires obtiennent un début d'explication concernant le V.D.C., ils n'obtiendront, à l'image du lecteur que des bribes de réponses à l'ensemble de leurs questions. Plus qu'une histoire, c'est davantage un univers d'apprentissage : tous leurs actes ne sont pas forcément positifs, les choix auxquels ils sont amenés entraînent parfois des décès ou des actes répréhensibles. Nos charmants et si sages orphelins Baudelaires s'avèrent des êtres humains versatiles, sensibles et sujets à l'erreur humaine, quelque soit leur âge, Prunille n'échappe en rien à la règle -même si c'est parce que l'on lui demande de prendre part aux actions, en dépit de son très jeune âge -.

De la même manière cette série n'est pas parfaite, mais pas du tout désagréable à lire en dépit des travers évoqués.

Je reste néanmoins sur ma faim à la chute de ce récit car j'aurais aimé avoir confirmation de ce contenait Le sucrier, par exemple,même si j'imagine qu'il ne faisait que contenir le sel de la vie et la douceur du quotidien : de quoi donner un peu de piment à l'existence.

 

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 06:49

http://www.decitre.fr/gi/34/9782354501334FS.gifhttp://www.decitre.fr/gi/56/9782354501556FS.gif 

Rose-Aimée. Tomes 1 & 2 : La belle qui porte malheur. Le marin perdu dans la brume / Béatrice Bottet. Illustrations de Roland Barthélémy. Nouvel angle (Matagot), 2010- 2011. 496 + 511 pages. 2,5*

 

San Francisco, mai 1851 Dans le saloon bruyant et enfumé bourré de chercheurs d'or, l'homme aux cheveux gris haussa la voix : - J'ai quelque chose d'important à te demander...
Le jeune marin ouvrit bien grand ses oreilles. - Es-tu capable de retrouver quelque chose à Paris ? demanda Garancher, fébrile, en lui mettant une main sur le bras. Et quelqu'un ? - Ce que vous voulez, dit Martial Belleroche avec assurance. Et qui vous voulez. - Alors je compte sur toi. Mais surtout, surtout... il faudra te méfier, fit Garancher d'une voix grave et lugubre sans s'expliquer davantage. Il leva alors son verre et les deux hommes trinquèrent.
Paris, avril 1852. Fifi-Bout-d'Ficelle sourit au public et s'inclina. Tous les spectateurs sentirent leur coeur fondre. Tous sauf un. Le piano et le violon jouèrent un prélude d'une grande intensité dramatique. Fifi salua gracieusement en tenant sa robe à deux mains. Quelques applaudissements éclatèrent encore, vite rembarrés par des " chuuut " impatients. Et Fifi chanta la complainte de la fille qui portait malheur...

 

C'est une légère déception que je souhaite partager avec vous concernant ces deux ouvrages. Au vu des billets si enthousiastes, je me demande bien ce que j'attendais de cette mini-série qui a fait qu'elle ne m'a pas entièrement convaincu.

J'aime découvrir les séries "jeunesse" mais là, la lecture m'est passée un peu au-dessus. Oui, bien sur il y a de bonnes idées telles cette promenade entre Paris et la Californie, des personnages hauts en couleurs, l'idée de l'auteur dans le second volume de boucler la boucle avec l'histoire de la famille de Bruce qui, si elle est citée de manière relativement anecdotique nous donne une suite à une histoire ébauchée dans le premier volume et dont on n'attendrait pas forcément la chute.

Mais j'ai vraiment trouvé certains passages beaucoup trop longs à mon goût, nos deux héros seront à tour de rôle un peu niais dans leurs façons de faire et d'agir. Alors oui sans doute est-ce un état humain normal de ne pas toujours être de "supers héros" mais là j'en attendais davantage, vu leur histoire personnelle si riche et si pleine.

Rose-Aimée, qui en dépit de ses fuites réussit à garder sa moralité, Martial si aventurier et imaginatif. Alors oui, le quotidien, l'amour peut bouleverser un homme, mais Martial dans le second volume atteint réellement des sommets de niaiserie.

Il est vrai que sans les rebondissements il n'y aurait pas d'histoire, mais là, parfois, j'ai trouvé cela un peu trop tiré par les cheveux.

Alors si vous voulez une bonne raison de découvrir ce roman en dépit de mon avis assez négatif, allez-y pour découvrir La Villette et les cabarets de l'époque et plongez-vous sans vergogne dans l'Histoire car on sent que Béatrice Bottet a effectué de nombreuses recherches et qu'elle cherche la justesse dans son histoire. D'ailleurs, à la fin de chaque roman, on retrouve des éléments sur des lieux ou des faits de l'époque : le bagne, la ruée vers l'or, la "condition" de la femme à cette période etc...

 

Pimpi en parle beaucoup mieux que moi :)

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 22:30

http://www.decitre.fr/gi/03/9782092826003FS.gif.http://www.decitre.fr/gi/72/9782092826072FS.gifhttp://www.decitre.fr/gi/89/9782092826089FS.gif

Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. Tome VI : Ascenseur pour la peur. TomeVII : L'arbre aux corbeaux. Tome VIII : Panique à la clinique / Lemony Snicket. Traduction de Rose-Marie Vassallo. Illustrations de Brett Helquist. Nathan, 2004-2005. 246 + 254 + 252 pages. 4*

VI. Au cours de cet épisode, aussi vertigineux que sombre, Violette, Klaus et Prunille Baudelaire vont affronter tour à tour un escalier obscur, un souterrain obscur, un cagibi obscur, deux cages obscures, trois initiales obscures, quatre ou cinq trompe-l'œil et impostures, sans parler d'un repas tout au saumon, ni de divers autres poissons, vrais ou faux.

VII. Nul être normalement constitué ne saurait prendre plaisir à ce lugubre récit, relatant par le menu le bref séjour des orphelins Baudelaire dans la sinistre petite ville de V D. C. Honnêtement, je vois mal qui pourrait souhaiter lire ces pages truffées de détails détestables, tels qu'une fontaine crachouillante, des corbeaux marmottant dans leur bec, un journal bourré d'erreurs, une foule en colère, des chapeaux farfelus et une montagne de vaisselle sale.

VIII. La raison en est qu'il relate le pire épisode à ce jour de la vie des orphelins Baudelaire - leur bref passage dans une clinique véreuse -, ce qui en fait l'ouvrage le plus sinistre jamais publié depuis l'invention de l'imprimerie. C'est bien simple, dans ce volume, tout est détestable d'un bout à l'autre : un télégramme sans réponse, une opération sans raison, des ballons en forme de cour, une rengaine à donner la migraine, des chirurgiens qui n'en sont pas et des informations troublantes au sujet d'un incendie.

 

 

Après nous avoir fait croiser les inombrables farfelus de la famille Baudelaire, susceptibles de les adopter, leur auteur nous a entraîné à leur suite dans des lieux tous plus étranges les uns que les autres : des lieux où leur petite vie paisible du passé fut totalement oublié, où on leur demanda de travailler même s'ils sont encore des enfants. Un lieu où l'étude était mise à mal par l'égocentrisme du directeur ou les manies de professeurs mais qui leur valut la rencontre avec d'autres orphelins tout aussi riches qu'eux mais néanmoins tout aussi dépourvu qu'eux et qui attirent l'attention de leur ennemi de toujours le Comte Olaf. Isadora et Duncan ont découvert des éléments le concernant mais n'ont pas le temps de leur raconter que déjà ils disparaissent.

La suite dans ce volume VI (mais également dans les suivants) les amènent chez un ancien ami de leurs parents, qui acceptent de leur servir de tuteur parce que cela est in. C'est un monde d'adultes dont plus de 90% est inapte à toute vie sociale que nous décrit l'auteur, plus intéressé par leur propre ego que par l'écoute d'enfants ou la réelle volonté d'accorder à leur bien être tout intérêt. Bien entendu pour le plus grand plaisir du lecteur qui voit dans ce monde d'adultes une image à la hauteur des enfants.

Une nouvelle fois les jeunes Baudelaire font preuve de bon sens, à propos, et bataillent au quotidien pour contrer leur ennemi et retrouver leurs nouveaux amis ainsi que les élements  qu'ils ont élucidés. Un court instant de retrouvailles avec les Beaudraps, une courte piste qui va entraîner les orphelins Baudelaire dans un nouveau monde abracabrandesque puisqu'ils se retrouvent dans une ville vieillissante, entièrement dédiée aux corbeaux et où les lois sont toutes plus abrutissantes les unes que les autres.

De nouvelles pistes s'ouvrent à eux et se referment quasi immédiatement, mais l'intrigue avance et c'est bien ce que recherche le lecteur. Le Comte Olaf en dépit de ses nombreux acolytes semblent, à la manière d'un petit poucet, mais bien involontairement, laisser échapper des indices toujours plus nombreux. Ses déguisements et le nombre de ses complices augmentent mais malgré tous les obstacles nos trois jeunes héros poursuivent leur chemin : Klaus fête tristement son anniversaire pendant que Prunille devient autonome au niveau de la marche. Tous trois sont accusés de complicité de meurtre et s'échappent, poursuivant leur quête afin de découvrir l'explication de V.D.C. Une rencontre avec une équipe portant cet acronyme les entraîne dans une clinique où des archives pourraient les aider au vu du dossier établi concernant leur famille. Mais Olaf entend parler de ce dossier et les ennuis se poursuivent.

Voilà une suite qui s'agite davantage, ce qui n'est pas pour me déplaire. En dépit de ses éléments, et de l'intérêt que je porte à cette série, je ne pense pas, une fois terminée, que j'aurais envie de la relire en raison de certaines longueurs à mon sens. J'aime la litérature jeunesse, mais celle-ci présente quelques défauts...

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 16:27

http://www.decitre.fr/gi/64/9782092520864FS.gifLes enquêtes d'Enola Holmes : Le secret de l'éventail./ Nancy Springer. Traduit de l'anglais par Rose-Marie Vassallo. Guanaco, 2011. 218 pages. 4,5*

Voilà déjà plus de huit mois que j'ai échappé à la vigilance de mes aînés, Mycroft et Sherlock Holmes, qui s'étaient mis en tête de m expédier en pension pour faire de moi une lady.
Je m'emploie depuis, par l'intermédiaire de mon cabinet de « Spécialiste en recherches — Toutes disparitions », à résoudre des enquêtes — parfois même plus efficacement que mon détective de frère ! Or voici qu'en ce jour de mai 1889 mon chemin croise une ancienne connaissance, lady Cecily Alistair. Il est clair qu'elle est en plein désarroi ! Juste avant de disparaître, encadrée de deux sévères chaperonnes, elle me glisse furtivement un éventail rose, qui recèle un mystérieux message.
Décidée à porter secours à ma jeune amie en détresse, je m'efforce d'en percer le secret. Je ne le sais pas encore, mais, dans cette entreprise, je vais me retrouver bientôt face à un autre détective, investi de la même mission... mon frère Sherlock.

 

Je vais une nouvelle fois me répêter tant j'apprécie ma lecture des aventures d'Enola Holmes, et pourtant je suis bien loin de mes 11 ans. Mais comme souvent, les ouvrages jeunesse m'enchantent.

Cette série est à la fois un bel aperçu de l'époque, et un gentil pied de nez à Sir Conan Doyle et à Sherlock Holmes. On découvre ainsi dans ce nouvel opus que sa soeur peut lui en compter au niveau de l'improvisation et de l'imagination. Bien sur elle n'a ni sa force, ni son expérience, mais sa réflexion est spontanée et de bon aloi. Grâce à ses qualités elle permet à son frère de s'échapper d'un mauvais pas.

On découvre également dans ce volume que Mycroft n'est pas le benêt que certains pourraient imaginer. S'il ne possède pas le goût de ses cadets pour l'aventure, son intellect est tout aussi bien pourvu et il est fort capable de s'en servir avec à propos, même s'il s'agit avant tout pour lui de permettre à sa soeur de rentrer dans le rang, car ce qui est admissible pour son frère ne peut l'être pour sa jeune soeur. La part aux sentiments est mis fort justement en avant dans ce volume, sans tomber dans des excès de miévrerie qui n'auraient pas lieu d'être vu le caractère de notre héroïne.

Une nouvelle fois c'est la place de la femme qui est mise en avant dans cet épisode où une jeune fille est poussée au mariage contre sa volonté et celle de sa mère. Séquestrée, elle ne doit son salut que dans sa rencontre avec Enola, qui au péril de sa propre indépendance va jouer de toutes les cartes qui sont entre ses mains afin de lui venir en aide.

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 22:10

Deux ouvrages achetés chez les Editions Picquier, voilà ce que je vous propose aujourd"hui.

Depuis toute petite, je suis fascinée par l'Asie et plus précisément l'Extrême Orient, que je rêve de visiter de long en large ; à ce jour, ma seule étape fut le Vietnam mais ma fascination reste intacte. Cet attrait ne m'a pas pourtant poussé à tout apprendre sur les pays qui composent l'Asie, ni à en apprendre une langue en particulier. Mais je ne résiste pas à découvrir des expositions liées à ce continent ou à lire des ouvrages s'y déroulant (ma précoce découverte de Pearl Buck que j'ai déjà évoqué sur ce blog, n'y est pas étrangère). 

Un jour j'ai découvert un éditeur qui s'intéressait au même Continent que moi : les Editions Picquier, créée en 1986, cette maison est spécialisée dans la publication des livres venant d'Extrême-Orient, c'est-à-dire des livres traduits venant de la Chine, la Corée, le Japon, le Vietnam, l'Inde et le Pakistan.

J'aime particulièrement leur logo qui allie deux de mes passions :0)*

http://www.editions-picquier.fr/images/interface/haut_logo_picquier.gif

 

Une affiche sur leur stand au Salon de Montreuil a attiré mon attention : 3 grenouilles Samouraïs courant ... :0) Mon imaginaire a galopé. Charmé par l'illustration. j'ai rapidement acquis l'objet de mon attention.

Photo0166Les grenouilles Samouraïs de l'étang de Genji. D'après le Heiké monogatari/  Kazunari Hino (textes) et Takao Saitô (illustrations). Traduit du japonais par Renée Garde.  Picquier Jeunesse,  2009. 48 pages.4,5*

Cet album plein de grâce et de poésie s'inspire de la célèbre épopée du Heiké Monogatari qui décrit le combat des clans Genji et Heiké pour le pouvoir au Japon. Elle fut longtemps chantée par des moines aveugles s'accompagnant au biwa, avant d'être rédigée au XIVème siècle.
L'élégance rythmée de la prose s'accorde ici à la finesse du dessin pour conter l'ingéniosité des plus faibles pour venir à bout des plus forts, et ramener la paix dans une nature célébrée en chacune de ses plantes.

 

Je vous rassure immédiatement, nul besoin de connaître le Heiké Monogatori (inconnu avant de le lire pour la première fois ici *mon ignorance est grande comme je vous l'avouais*) donc ne prenez pas la fuite immédiatement. Dommage également que les pages consultables sur le site de l'éditeur ne soient pas les plus féériques à mes yeux. Les couleurs des pages suivantes rendent davantage hommage au graphisme et au talent du dessinateur qui sait avec beaucoup d'habileté mêler réalité et nature. Il a su vêtir ces grenouilles de tenues traditionnelles sans tomber dans l'absurbe. Ainsi, comme il sera évoqué dans le texte, expliquant l'échec d'une bataille les batraciens ont comme armes des éléments de la nature : "flèches en aiguilles de pin, arc en tige de prêle, casque en coquille de noix , lances-pissenlits"....

Le charme du texte est propice à plaire aux plus jeunes ne tombant pas dans les excès de style.

Un félin s'oppose à nos grenouilles et une demoiselle se retrouve en détresse. Un jeune garçon grenouille, non guerrier, se montrera plus téméraire et plus futé que les autres, montrant une nouvelle  foisque David peut battre Goliath et que la taille n'est pas toujours l'atout qui permet de remporter la bataille. Bref on peut retrouver, d'une certaine manière, bon nombre d'éléments traditionnels dans les textes européens s'adressant au jeune public.

 

 

http://www.decitre.fr/gi/63/9782877307963FS.gifLe fou des fleurs  / Texte d'Yveline Féray et illustrations d'Anne Romby. Picquier Jeunesse, 2005. 42 pages. 3*

Le Fou des Fleurs est un vieux jardinier chinois si amoureux de ses fleurs qu’il les dorlote comme ses propres enfants. Voilà qu’un beau jour, une bande de malfrats sans foi ni loi veut s’approprier son luxuriant jardin et, devant son refus, piétine les plus belles de ses pivoines et le défère au tribunal comme sorcier. Seule la Fée des Fleurs saura redonner vie à la beauté et punir ceux qui la saccagent…

Plus poétique sans doute, et comportant également des illustrations beaucoup plus traditionnelles pour certaines et d'autres emplies de féeries et laissant une très large part à l'imagination du dessinateur, je suis néanmoins restée un peu sur ma faim pour cet ouvrage (que je n'ai à la base pas acheté pour moi, cqfd peut-être*). Certains dessins sont réellement splendides mais un côté un peu trop sombre a parfois gâché quelque peu mon plaisir pour les détailler et les admirer à l'infini.

Les fleurs, le bonheur simple d'un vieil original tout entier dévoué à sa passion est le thème de cet ouvrage comme vous l'aurez compris à la lecture du titre. Bien entendu, ce vieil homme ne peut vivre en paix, sinon nul besoin d'une histoire :0) Le fils ayant mal tourné d'un riche revient en ses terres et décide d'outrepasser ses droits et s'en prend, comme souvent à plus faible : ici ce vieil homme et sa passion.

Mais une alliée magique va intervenir et récompensera le fou de cette passion.


* Ne me reste plus qu'à espérer que le destinataire de cet ouvrage y trouvera davantage de bonheur :s

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 09:27

http://www.decitre.fr/gi/40/9782092530740FS.gifLes enquêtes d'Enola Homes. 3. Le mystère des pavots blancs / Nancy Springer. Traduit de l'anglais par Rose-Marie Vasallo. France Loisirs, 2010. 199 pages. 4,5*

Mon prénom, Enola, me va comme un gant.
J'enchaîne pourtant les pseudonymes, afin d'échapper à mes frères, Mycroft et Sherlock Holmes, qui souhaitent m'expédier en pension pour faire de moi une lady. Ainsi, par un frais matin de mars 1889, à Londres, je me cherchais un nouveau nom quand je tombai sur ce titre du Daily Telegraph : MYSTÉRIEUSE DISPARITION DE L'ASSOCIÉ DE M. SHERLOCK HOLMES : LE DR WATSON INTROUVABLE ! J'endossai aussitôt ma nouvelle identité pour le retrouver..

 

 

Même bonheur de lecture qu'au cours des deux précédents épisodes pour cette nouvelle aventure d'Enola Holmes, la petite soeur du grand Sherlock. Nancy Springer ne se contente pas de nous entraîner dans son univers mais elle poursuit son détail de la vie londonienne en cette fin du XIXème siècle et de la place des femmes plus particulièrement. Sa jeune héroïne montre ici que les acquis de son éducation jugée par trop libérale, notamment par son frère ainée Mycroft, sont des atouts qu'elle utilise avec beaucoup d'à propos et d'intelligence car ils vont lui permettre de résoudre la mystèrieuse disparition du Docteur Watson. Sans cette vision féminine d'un rapt perpétré par une autre femme, il est certain que la conclusion aurait pu s'avérer plus difficile pour l'alter ego de Sherlock Holmes.

On y découvre également que l'aîné des Holmes est beaucoup plus sensible que le premier volume ne nous l'avait laissé croire et que son intelligence n'est pas moindre par rapport à ses cadets. Nul doute, que ce personnage va trouver une place dans les développements prochains des intrigues.

Progressivement Enola gagne son indépendance, apprend toujours davantage de la vie courante comme des êtres humains, mais elle développe parallèlement sa réflexion et bientôt, son intelligence sera reconnue à sa juste valeur par ses ainés. Sans doute n'en restera-t-elle, à leurs yeux, qu'une femme (en l'occurrence, dans l'immédiat une adolescente), mais l'auteur montre que parfois il est bon de montrer que la valeur n'attend pas le nombre des années, même si l'intrépidité de certaines actions peuvent entraîner de facheuses réactions ou conséquences.

Une nouvelle aventure qui se dévore toujours et qui m'incite à poursuivre dans cette découverte même si je suis bien loin de l'âge du public visé :0)

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 07:17

http://www.decitre.fr/gi/75/9782070695775FS.gif

http://www.decitre.fr/gi/82/9782070695782FS.gif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le journal intime de Georgia Nicolson. 1, Mon nez, mon chat, l'amour et moi. 2, Le bonheur est au bout de l'élastique / Louise Rennison. Traduit de l'anglais par Catherine Gibert. Gallimard Jeunesse, 2010 (Pôle Fiction). 244 + 263 pages. 4*

Georgia a 14 ans et sa vie est un enfer ! Non seulement celui qu'elle surnomme Super-Canon sort avec une cruche prénommée Lindsay, mais surtout il y a cette chose au milieu de son visage : son nez...
Georgia a retrouvé le sourire : plus question de rejoindre son père en Nouvelle-Zélande ! Mais la voilà larguée par Robbie, l'humiliation est atroce.
Heureusement, elle a un plan pour le reconquérir... La suite du journal de Georgia : toujours aussi tonique, mordant et drôle !

 

Ces ouvrages, je les notais afin de les acheter au Salon de la Jeunesse de Montreuil tout en papotant dans le Salon de Fashion, lorsque, plus rapide que l'éclair (baguette magique ou variété de Tardis, je ne sais, je n'ai pas eu le temps de réaliser), elle les a fait apparaître dans mes mains avides !!!! Merci Fashion !

Pour tout avouer, je les ai lu en grande partie en public (n'en déplaise aux conseils avisés) ; il faut croire que j'ai le rire moins facile que bon nombre d'êtres humains ou alors que je le maîtrise davantage ou que je n'ai pas honte de me bidonner dans le métro :)

Alors oui, Georgia est réellement la magnifique image de l'adolescence ! Qu'il s'agisse d'elle ou de ses copines, les situations sont bien souvent plus que criantes de vérité. Encore plus lorsque l'on se retrouve en famille avec les problèmes liés aux parents ou à la famille, totalement en dehors du monde adolescent et fatalement, incapables de comprendre que l'ado n'est plus un bébé et ne souhaite plus être traité comme tel. Alors oui bien sur, les énormités, le sens des urgences n'est pas encore l'idéal des adultes, mais c'est là où réside le bonheur de se plonger dans ce journal intime, de se revoir ou d'entendre des copines aux questions totalement cruches. Simplement le bonheur de revoir l'éveil des sentiments, le drame des petites trahisons amicales ou incroyables. L'incompréhension par rapport aux amies, aux petits copains ou futurs, aux parents et au monde qui nous entoure. Le besoin de se raccrocher a son gang de copines pour partager expériences, peines ou espoirs.

Mais le côté drôle est également assuré par ce magnifique chat -roi, Angus, tout puissant de la maisonnée et du quartier, que tout le monde craint et respecte à l'exception de Libby, la petite soeur, incroyable de crasse et d'énergie.

A la fois plein de fraîcheur par rapport au rendu du journal, au rendu de l'adolescence, un soupçon de nostalgie vers cette adolescence que l'on peut parfois haïr ou revoir comme un moment de regret selon les pages que l'on se repasse.

 

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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 14:30

http://www.decitre.fr/gi/93/9782266163293FS.gifEdgar & Ellen : Pauvres bêtes ! / Charles Ogden. Illustrations de Rick Carton. Traduit de l'américain par Sophie Dieuaide. Pocket Jeunesse, 2007. 139 pages. 4*

Dans la charmante cité de Nod's Limbs, une machination terrifiante menace tous les animaux de la compagnie...
Chiots et chatons, Lapins et petits oiseux. Hamsters, gerbilles, lézards et même un malheureux poulet ! Des dizaines d'animaux séparés de leur maître bien-aimé, prisonniers dans une cave humide, glaciale, attendent les terribles transformations que leur réservent Edgar et Ellen, deux jumeaux maléfiques... Quelle horreur !

 

Ah j'aime lorsqu'il est question de sales gamins.! :0) Et oui, les enfants ne sont pas parfaits... Et là, ces deux terreurs ont vraiment tout pour plaire. Le contexte fait un peu songer à La famille Adams même si le mordant est un peu moins présent du fait que cet ouvrage s'adresse, avant tout, à un jeune public.

Donc deux petites teignes laissés à leur fantaisie dans une baraque étrange et sombre sous la "surveillance" d'un étrange homme (peu présent dans cet épisode) et ayant comme animal de compagnie une bien étrange bestiole avec un seul oeil. Animal de compagnie c'est vite dit puisque les jumeaux n'ont de cesse que de la tourmenter lorsque leur imagination faiblit, ou qu'ils n'ont personne d'autres à tourmenter.

Là, une idée de génie vient de leur traverser l'esprit après avoir vu une émission de télévision : c'est certain ils vont devenir riche !!

Bien entendu la réalité sera bien différente de ce qu'ils avaient imaginé et leur voisinage composé de charmants bambins dans des familles on ne peut plus correct, retrouveront leurs animaux familiers enlevés par Edgar & Ellen. Maladroits et méchants parfois, mais Charles Odgen a le bon sens dans certaines situations, faisant fi de quelqu'incohérences facilement repérables aux yeux des adultes, de ne pas montrer les problèmes que leurs comportements pourraient entraîner. Cela reste un livre pour enfants.

Des chapitres courts, de bonne tenue, quelques illustrations et le tour fut joué en ce qui me concerne. Même si le degré de perfection (existe-t-il vraiment ?) n'est peut être pas atteint, j'ai réellement pris plaisir à lire cet épisode d'Edgar & Ellen.

Pas de fin moralisatrice pour ces personnages qui s'endorment néanmoins satisfaits de leur journée, mais le clin d'oeil final du dernier chapitre clôt de manière sympathique la lecture.

 


 
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