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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 06:27

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51107W68BWL._SL500_AA300_.jpgDans la Russie des Soviets / Albert Londres. Arléa, 1993. 121 pages. 2,5*

En 1920, au prix de mille difficultés - et de mille détours -, Albert Londres parvient à s'infiltrer dans la Russie des soviets. Il lui faut en effet cinquante-deux jours pour se rendre de Paris à Petrograd (Saint-Pétersbourg). En France, son reportage fait sensation. Son journal, Excelsior, annonce à la une: "M. Albert Londres est le premier journaliste français qui ait réussi à pénétrer jusqu'au cœur de la République des soviets".

 

C'est sans aucun a priori négatif que j'ai entamé cette lecture. Bien au contraire, du fait de la notoriété d'Albert Londres, j'étais absolument ravie de lire le vécu d'un journaliste des années 20 sur l'après révolution russe, dans ma langue maternelle donc sans intermédiaire.

Les premières pages ne m'ont pas déçues : la plume vole, les images s'enchaînent lorsqu'il décrit les méandres de l'obtention de son passeport et les voyages qu'il dut entreprendre afin de l'obtenir. Depuis toujours on sait que tous les chemins mènent à Rome, mais là c'est simplement ubuesque - nous sommes dans Astérix, "Les douze travaux" à l'échelle internationale (ou presque) - et; en dépit de la période où se situe cet événement, cela ne présage rien de très positif pour cette Russie naissante qui, en dépit de son discrédit politique et de la peur occasionnée par la Révolution, ne donne guère une image positive à qui souhaite pénétrer sur le territoire.

Une fois là-bas, en dépit des avertissement de ceux qui sont parvenus à sortir du pays, l'imagination du lecteur comme celle du journaliste n'est pas au bout de ses peines.

Car c'est du terrain, du vécu de chaque minute qu'Albert Londres rédigera ses écrits.

3 ans après les événements et un terrible hiver la famine règne en maître chez tous que l'on soit à Moscou ou St Pétersbourg. L'homme de la rue a peur, de tout, de rien : de sa vie au quotidien comme de tous ceux qui pourraient l'interpeler, pour un regard ou une faute qu'il n'imagine même pas lui-même. 

Les dirigeants espèrent, croient dans l'avenir de la fédération démocratique, mais au détour de chaque rencontre, à la lecture des discussions que le journaliste a avec chacun, de la retranscription  des projets pour le futur entrevus (avec une projection dans les années 70), le lecteur du XXIème ne peut qu'imaginer les souffrances que vont endurer ce peuple.

En effet, en voulant détruire tout ce qui existait, l'argent comme les valeurs passés, et avec le simple exemple des paysans ont comprend bien mieux ce à quoi sont (et seront) confrontés les hommes de cette nation, pourquoi ils meurent de faim (et combien de famine vont suivre). En refusant de rétribuer le travail des paysans, les familles rurales ne s'occupent que de ce qui leur permet de vivre / de survivre et la terre reste non cultivée ou alors par des militaires que l'on nourrit, entretien etc.

Albert Londres comprend rapidement que la forme d'idéale du communisme : même habillement pour les hommes et les femmes, pourvus 2 à 3 fois par an de ce dont ils ont besoin pour s'habiller, nourris tous de la même manière, la non existence de distribution d'argent et le respect existe déjà et s'appelle ... la caserne !

"Ainsi vivent déjà les habitants des casernes - mais ils ont vint ans... et ils comptent les jours." (page 86)

Toutes les pages ne m'ont pas parlé de la même manière mais ces pages sont un témoignage des années 20-21 et de ce que sera la Russie pendant bien des années.


Hiver russe


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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 22:34

La confrérie de la dague noire. Tome 5 : L'amant délivré & Tome 6 : L'amant consacré. / J. R. Ward.Traduit de l'anglais par Laurence Murphy et Eléonore Kempler. Milady, 2011. 668 + 634 pages. 3,5*

Une guerre fait rage à l'insu des humains. Six vampires protègent leur espèce contre la Société des éradiqueurs. Ils sont regroupés au sein de la mystérieuse Confrérie de la dague noire.

Tome V. Impitoyable et brillant, Viszs est doté d'un pouvoir de destruction incroyable et d'une aptitude terrifiante à prédire l'avenir. Torturé par son passé, il ne fait pas dans les sentiments. La lutte contre les éradiqueurs est sa seule passion... jusqu'au jour où il croise la route du docteur Jane Whitcomb. Tout pourrait changer grâce à elle, mais Viszs est rattrapé par un destin incompatible avec celui de la jeune humaine...

Tome VI. Loyal à ses frères, Fhurie s'est sacrifié pour leur bien. En tant que Primâle des Élues, il doit engendrer les héritiers qui garantiront la survie de son espèce. L'Elue Cormia, sa première compagne, ne veut pas seulement conquérir son corps. Elle veut son coeur pour elle seule.
Mais Fhurie ne s'est jamais autorisé à connaître le plaisir ou la joie. Or, quand la guerre atteint de nouveaux sommets dans l'horreur, Fhurie doit choisir entre le devoir et l'amour...

 

En novembre 2010, j'écoutais les conversations de blogeuses, Chiffonnette, Fashion, et me lançais dans la lecture de cette série (billet consacré au 1er volume).

Comme vous pouvez vous en rendre compte, j'ai depuis poursuivi ma lecture, plus ou moins amusée par mes lectures, songeant parfois que l'auteur délayait énormément une trame qu'elle aurait quasi pu faire tenir en, disons, 2 livres maximum. 

Néanmoins lorsque l'occasion se présente, je poursuis ma lecture, sans aucun déplaisir (sinon je n'acheterais et ne lirais pas (il y a des limites à ma folie quand même )) et je dois avouer que les volumes 5 et 6 m'ont davantage intéressés. La relecture du passé de Viszs, ses faiblesses et sa force, permettant à l'auteur de nous renvoyer dans son histoire et les secrets de sa naissance ; elle crée un attrait différent au niveau de l'existence passée et future de la confrérie.

On en apprend davantage ici sur la Vierge Noire et sur sa conception de la confrérie, comme sur le monde qu'elle dirige. L'attrait de la nouveauté sans doute, en parallèle de l'évolution de John dont la transition est imminente dans ce volume et dont on connaitra l'évolution dans la suite. Le fait de multiplier les fils de l'histoire, tout en laissant à chacun des membres de la confrérie le loisir de rencontrer leur alter ego féminin m'a permis de trouver à la série un second souffle et, contredit mes propos quant à une vision de la série plus ramassée (il en faudra peut être un peu plus que 2 volumes, mais bon je reste sur mon idée).

Tout n'est pas fantastique dans cette série et le vocabulaire, évoqué dans mon premier billet, n'a guère évolué, mais la série est plaisante et j'espère que les prochains volumes seront répondre aux critères évoqués ci-dessus.


Chif', comme promis en Septembre (je sais j'ai pris mon temps pour écrire ces 3 lignes et demie), ces bouquins sont en route vers toi.

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 17:00

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/9/0/5/1/9782905158666FS.gifLes chroniques d'Alvin le Faiseur . 2, Le prophète rouge. 3, Lapprenti. 4, Le compagnon / Orson Scott Card. Traduit de l'américain par Patrick Couton. L'Atalante, 2004-2008 (La dentelle du cygne). 405 + 441 + 491 pages. 4,5*

 

Voici un peu plus de deux ans, j'avais découvert le premier volet des aventures d'Alvin le Faiseur, qui m'avait captivé.

Dans ces différents volumes bon nombre des thématiques déjà évoqués sont à nouveau présentes, et j'ai pris plaisir à retrouver les personnages et à découvrir la suite des aventures d'Alvin, de sa famille et de tous ces gens (bons ou mauvais) qui l'entourent.

Certes, je n'ai pas retrouvé la qualité de l'écriture dont je m'étais fait l'écho dans les premières lignes du billet cité, mais ces romans sont de bonne facture et le lecteur se laisse prendre au jeu et, l'envie de savoir ce qu' Orson Scott Card leur réserve, m'incite à lire les derniers volumes (le volume 5 m'attend au bout de ma table ).

Nous allons donc retrouver Alvin et ses compagnons mais également suivre en semi accéléré la vie d'Alvin que nous découvrons à 10 ans dans le second volume. C'est avant tout un temps d'initiation que va vivre Alvin. Alors qu'il se dirige vers le village qui l'a vu naître en vu de son apprentissage, sa vie va se voir bouleverser dans ses projets comme par les rencontres qu'il va faire.

Ce volume est à mes yeux, un formidable chant d'amour pour la nation indienne et les souffrances endurées alors que la conquête des grands espaces commencent à faire rage, que les colons souhaitent apporter leur culture et leur manière de vivre. Cela permet à l'auteur de montrer la difficulté de l'adaptation de nations coexistentes, Comment l'homme peut être facilement manipulable grâce à quelques ficelles habilement tirées et à des personnes sachant s'exprimer ou tirer partie de la fièvre qui peut s'emparer des hommes, par ses peurs et ses espoirs dans la vie ou par avidité. Bien entendu nous retrouverons ces notions dans les volumes suivants par le fait du petit frère d'Alvin, Calvin, et au travers de bien d'autres personnages : Napoléon (mais oui) ou plus proches de nos personnages : Harrison dit Tippy Canoë. En effet, c'est Harrison qui est au coeur des aventures/mésaventures qui font se dérouler dans le volume 2 et vont entraîner Alvin à découvrir la vie des Indiens grâce au prophète rouge. En l'écoutant, en vivant avec lui et son frère, Alvin commence un apprentissage, celui de Faiseur et d'homme.

Un apprentissage qu'il poursuit mais au sens commun, puisque c'est son métier de forgeron (tout un symbole dans le choix de ce métier) qu'il apprend dans le 3ème volume. Ce n'est plus la nation indienne qui est au coeur de ce volume, mais les noirs. L'esclavage qui fait rage et les débats qui opposent les pro et les anti commencent à lancer leurs premiers feux. Alvin y est mêlé bien malgré lui et ne restera pas insensible car il découvre une autre vision de la vie, des méfaits du défaiseur. Mais l'esclavage n'est pas le seul obstacle pour notre jeune héros - nous le suivons de 11 à 19 ans cette fois -, il poursuit son apprentisage de l'âme humaine, des rencontres avec ceux pourvus de talents ou pas, des hommes qui réfléchissent ou qui ont simplement une ouverture d'esprit différente ou moins avides que les autres. C'est pour l'auteur l'occasion de créer des événements qui seront au coeur même du volume suivant. Alvin y retrouve Peggy, la Torche qu'il aspirait à rencontrer et qui le fuit, par crainte de ce qu'elle voit dans leur futur. Cette fuite en avant sera pour elle l'occasion d'apprendre et pour le lecteur de découvrir le quotidien d'autres lieux que ces villages ou villes en devenir. Alvin apprend encore et toujours ce qu'il est et de compagnon forgeron, il enchainera en compagnon faiseur, même s'il ne sait pas toujours s'il prend le bon chemin ou que les choix qu'il fait le confrontent à d'autres ambitions.

J'ai eu davantage de mal à entrer dans le premier chapitre du Livre IV, puis les événements ses sont enchainés.

La place des uns et des autres s'étoffent. Les éléments "anodins" des précédents volumes trouvent leur place dans un procès où toutes les étapes de la vie se retrouvent, pendant que la place de l'esclavage et de la pensée pro ou anti prend de l'ampleur. 

Et Calvin ? L'image du sale gamin qui ne parvient pas à trouver sa place me vient instantanément à l'esprit. Mais comme Peggy aime à le rappeler, en dépit de tous ses travers, des chemins qui le mènent vers la mort d'Alvin, il reste le petit frère et, l'interrogation du lecteur est tournée vers leurs avenirs si étroitement liés

 

 

Livre 2 - " La terre est avec moi, frère, dit Ta-Kumsaw. Je suis le visage de la terre, la terre est mon souffle et mon sang. - Alors, j'entendrai battre ton cœur dans le pouls du vent, dit Lolla-Wossiky. - Je rejetterai l'homme blanc à la mer ", dit Ta-Kumsaw. 1810, sur la Frontière des pionniers américains. Promis à l'avenir mystérieux et grandiose d'un " Faiseur ", si les forces du mal ne parviennent à le détruire, Alvin a dix ans. Le voici qui découvre le monde des hommes rouges dont l'existence se confond avec les rythmes de la nature et de sa " musique verte ". Nouvelles épreuves, plus rudes ; nouvelles révélations, plus extraordinaires. Après le Septième Fils, le Prophète rouge ouvre les Chroniques d'Alvin à l'embrasement de l'Histoire, dans un récit magique et flamboyant.

Livre 3 -" Je suis une vigie sur un perchoir, se dit Peggy. Envoyée dans la mâture il y a seize ans, je n'en ai pas bougé depuis... " " Je suis le Faiseur dont la torche parlait, se dit Alvin. Elle a vu que j'avais en moi de quoi devenir un Faiseur. Faut que je trouve cette fille et faut qu'elle me dise ce qu'elle a vu. Parce que je le sais : si je possède ces pouvoirs que je me suis découverts, ce n'est pas uniquement pour tailler de la pierre sans les mains, guérir les malades ou courir dans les bois comme les hommes rouges, j'ai une tâche à remplir dans la vie et je n'ai pas l'ombre d'une idée sur la façon de m'y préparer. " Apprenti forgeron, apprenti Faiseur, Alvin est de retour au village de sa naissance. Sur sa route se dresse encore, multiforme, son mystérieux ennemi. " Le Faiseur, c'est celui qui fait partie de ce qu'il crée ", dit l'Oiseau rouge...

Livre 4 -Compagnon forgeron, compagnon Faiseur, Alvin est de retour chez les siens. Mais quelle est sa tâche aujourd'hui ? " Je ne peux pas apprendre aux gens comment bâtir la Cité de Cristal si je ne sais pas moi-même de quoi il s'agit. " La Cité de Cristal : la vision dans la tornade du lac Mizogan, en compagnie du prophète des Rouges. Si peu des chemins de sa vie y conduisent ; Peggy Larner, Peggy la torche le sait Lien. Et l'ennemi de toujours choisit à présent des voies plus subtiles pour le détruire. Pièges, fuite, menaces, mensonges, délation, prison, tribunal, Alvin n'est-il pas condamné au renoncement ? Et le pire danger viendra peut-être de son frère Calvin, qui le jalouse au point de bientôt lui vouer une haine amère et décide de s'expatrier vers l'Ancien Monde afin de rencontrer Napoléon dont on sait le pouvoir redoutable. L'Amérique n'est-elle pas trop petite pour deux hommes aux talents en puissance si formidables ?

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 10:38

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/1/3/6/9782213673424FS.gifNord et Sud / Elizabeth Gaskell. Tradiot de l'anglais, préfacé et annoté par Françoise de Sorbier. Fayard, 2005.499 pages. 4,5*

C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l'héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre.
Peu après son retour, son père renonce à l'Église et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du Nord. Margaret va devoir s'adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s'éveille à travers les liens qu'elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l'opposent à leur patron, John Thornton. En même temps qu'un étonnant portrait de femme dans l'Angleterre du milieu du xixe siècle, Elizabeth Gaskell brosse ici une de ces larges fresques dont les romanciers victoriens ont le secret. Fille et femme de pasteur, Elizabeth Gaskell (1810-1865) connaissait intimement la vie provinciale et les milieux industriels.
Sa sensibilité aux questions sociales la porta à peindre avec sympathie la condition des opprimés de son temps : les ouvriers et les femmes. Proche de Charles Dickens, Georges Eliot et Charlotte Brontë, elle a occupé une place importante sur la scène littéraire victorienne. On la redécouvrira avec bonheur.

 

Une belle découverte que je dois, une nouvelle fois, à ce groupe accroc de la période victorienne. Merci !

Si j'avais trouvé le roman de George Eliot fort intéressant, j'ai découvert sous la plume d'Elizabeth Gaskell, un style qui me convient davantage. L'auteur nous plonge à la fois dans la vie quotidienne de Londres ou dans celle d'un pasteur d'un village du Sud de l'Angleterre. Si les contrastes sont déjà importants, ce n'est absolument rien par rapport à ce que l'on va découvrir lorsque la famille va déménager dans le Nord.

Même si l'héroïne Margaret Hale est triste de devoir quitter son havre de paix et une certaine sérénité auprès de ses parents qu'elle a quitté fort tôt, ayant vécue à Londres durant une 10aine d'années, elle s'imagine qu'elle pourra s'adapter. Néanmoins ses préjugés envers les commerçants sont présents et elle n'en fait pas mystère.

C'est réellement un roman d'opposition que nous propose Elizabeth Gaskell : apologie de la nature, des bienfaits de la vie au grand air, de ces joies petites et grandes que sont les promenades dans la forêt, de simplement avoir un jardin proposant à la fois des fleurs et les fruits qui font le bonheur des habitants. Bien entendu, l'auteur est consciente que la vie dans le Sud, dans les campagnes n'est pas si angélique qu'il y parait, et elle mettra les mots dans la bouche de Margaret lorsqu'Higgins aspirera à déménager afin d'obtenir de l'ouvrage et une vie meilleure dans le Sud sous l'influence des propos que la jeune femme et sa famille avaient pu tenir. Bien vite elle démontrera que les splendeurs et la vie quotidienne sont peu adaptés à ceux qui n'y sont pas nés. C'est là certainement, le moment où elle avoue ses regrets du temps passé mais montre également les aspects positifs de la vie dans cette cité industrielle. Mais avant cela bien des événements font faire changer son point de vue sur cette ville du Nord.

Tout cela nous est fidèlement transcris pas les mots d'Elizabeth Gaskell qui ne se contente pas de nous faire suivre la vie de la famille Hale, la pauvreté et la richesse de cette famille, mais nous propose également le quotidien tantôt d'une de ses nouvelles familles qui s'est enrichie grâce au commerce, et celui des ouvriers qui travaillent dans ses usines. Les bienfaits et méfaits de cette industrialisation sont nommés mais sans pesanteur, juste avec ce qu'il faut pour que tout se glisse intelligement dans la trame de l'histoire et permette  à l'auteur de faire rebondir l'action, de faire évoluer les personnages.

Alors oui ce roman est également une histoire d'amour, mais le tout n'est pas mièvre.

Il est également drôle dans la description faite de la cousine de Margareth et de son époux, deux contrastes (de plus) saisissants avec Margaret, le frère du capitaine, Henry Lennox, et John Thornton dont la soeur est un poème et une caricature à elle seule.

Si un ou deux passages m'ont paru un peu long, l'ensemble se lit quasi d'une traite avec les rebondissements de l'affaire du frère de Margaret, les remises en question de son père, les décès auxquels l'héroïne est confrontée et les hsitoires personnelles des uns et des autres.

A découvrir si vous ne connaissez pas encore ce roman ou cet auteur.


Frogs - VFAL

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 06:46

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/0/1/2/0/9782012027008FS.gifLa Maison de Soie / Anthony Horowitz. Traduit de l'anglais (Royaume-Uni) par Michel Laporte. France Loisirs / Hachette, 2012. 359 pages. 3,5*

Un an après la mort de Sherlock Holmes, Watson entreprend de consigner l'une des enquêtes les plus noires qu'il a menées avec le célèbre détective...Londres, novembre 1890. Edmund Carstairs, marchand d'art, craint pour sa vie. Faute de preuves, Holmes ne peut qu'attendre. Le lendemain, ce n'est pourtant pas d'un meurtre, mais d'un vol dont Carstairs est la victime. Holmes l'avait prévu. Ce qu'il ne pouvait imaginer, en revanche, c'est qu'en confiant à Ross, l'un des Irréguliers de Baker Street, la charge de monter la garde, il l'envoyait en fait à la mort.
Et qu'avec ce meurtre horrible, c'était ce que Londres a de plus sordide qui se révélait aux deux enquêteurs...« La partie reprend. » Et cette fois, Holmes et Watson n'en sortiront peut-être pas indemnes.

 

C'est à une enquête inédite que nous convie le Docteur Watson. Pourquoi a-t-il attendu si longtemps pour l'écrire (Sherlock est désormais mort) et demande t-il à ses héritiers de ne pas la publier avant un certain laps de temps ? Car de nombreuses personnalités y sont mélés, et le dénouement va s'avérer particulièrement horrible pour nos protagonistes. - Comme moi, j'imagine que de nombreux lecteurs comprendront rapidement au cours de leur lecture bon nombre d'éléments de la chute, mais il est vrai qu'elle reste sordide et explique l'avertissement que constitue la préface de Watson.-

Anthony Horowitz "se glisse" donc dans la plume de Sir Conan Doyle afin de nous narrer cette nouvelle histoire de Sherlock Holmes et de son fidèle Watson.

L'aventure est bien menée, en dépit de quelques disgressions qui ne me semblent pas exister dans les ouvrages auxquelles se réfèrent l'auteur. Il sait néanmoins parfaitement jouer de tous les canons de Sherlock et nous retrouvons bon nombre d'éléments/personnages  de la célèbre adresse.

Comme souvent une banale affaire va se révéler plus complexe qu'il n'y parait. Un mystérieux gang américain vient s'immiscer au coeur de cette enquête qui de déroule à Londres. Nous y retrouvons l'infatigable Lestrade, Les Irréguliers, le frère de Sherlock qui se dévoile en se déplaçant jusqu'au 221B Baker Street, et même un mystérieux adversaire pour Sherlock... Tous le mettent en garde dans cette affaire, mais Sherlock Holmes, tout entier à son enquête, se jette dans la mélée et très vite il va se voir accuser de meurtre et jeter en prison.

C'est l'occasion pour l'auteur de montrer une fois de plus les liens qui unissent Watson à son maître à penser. Il se démène afin de parvenir à le libérer, mais comme de juste, Holmes aura plus d'un tour dans son sac.

J'ai trouvé l'histoire assez bien mené, même si, une fois l'ouvrage refermé, j'ai songé à un ou deux éléments qui m'ont semblé assez invraisemblables dans la logique de l'histoire, mais ils ne m'avaient aucunement frappé pendant ma lecture.

Le charme de l'enquête et les retrouvailles avec les personnages sont là, même si l'écriture reste différente.

 

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 19:52

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/165x250/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/2/1/1/9782221115701FS.gifPaula Spencer / Roddy Doyle. Traduit de l'anglais (Irlande) par Isabelle D. Philippe. Robert Laffont, 2012 (Pavillons). 302 pages. 4*

A Dublin, le boom économique des années 2000 efface peu à peu les traces de la pauvreté. Dans sa petite maison, où vivent encore ses deux enfants, Leanne et Jack, Paula livre sa guerre personnelle à son propre passé. Elle vient de fêter ses quarante-huit ans et a décidé que ça suffisait : elle ne laisserait plus l'alcool détruire sa vie. Depuis quatre mois et cinq jours -précisément-, elle ruse avec ce tueur à la fois séduisant et repoussant. Déployant mille stratégies pour l'abattre, elle mène une guérilla de tous les instants. Fascinés par son courage, enchantés pas son piquant, nous partons avec elle à la reconquête du bonheur.

 

Après nous avoir conté les coups, la chute vers l'alcool et sa dépendance dans La femme qui se cognait dans les portes, Roddy Doyle revient à l'existence de Paula quelques années plus tard.

Dix années ont passé. Son plus jeune fils approche de la majorité et est encore lycéen. Souvent elle voudrait le prendre dans ses bras, mais il n'est plus le bambin qui cherchait sa tendresse qu'elle noyait dans l'alcool. Pour Jack comme pour Leanne, sa fille qui vit encore sous son toit, ou pour Nicola et John Paul qui ont construit leur vie, cette mère reste celle qui cachait ses bouteilles, s'écroulait dans le canapé...

Et même si les jours s'écoulent depuis la dernière goutte bue, la tentation n'est jamais loin et le regard de Jack, si taciturne, reste une souffrance pour Paula.

Ce roman n'est pas seulement un compte rendu du manque par rapport au sevrage qu'elle s'impose, mais également un regard sur Paula par elle-même sur ses erreurs passés, la perte de confiance de ses enfants, de sa famille qui reste le pivot de son existence. On découvre que c'est l'annonce de la future maternité de Nicola qui lui a permis de décrocher une première fois. Fière de de ses petites filles, elle a retenté de décrocher afin que, contrairement à ses enfants, ses petits-enfants n'aient pas l'image de la femme saoule. Ne fut-elle pas aidé dans sa démarche par l'exemple de John Paul qui semble avoir vaincu ses propres démons et cherche maladroitement à se rapprocher de sa mère ? 

Les liens familiaux restent la constante des romans de Roddy Doyle.

Des petits riens qui font qu'elle essaie d'approcher ses enfants qu'elle a perdu en raison de la violence de leur père, de son alcoolisme, de leurs propres démons. Et alors que, vaille que vaille tout pourrait aller mieux, Paula se voit en miroir dans le comportement de Leanne qui plonge dans ces mélanges alcoolisés qu'elle connait si bien. A travers de simples gestes du quotidien, elle cherche à aider sa fille car les reproches qu'elle peut se faire ne change rien au fait qu'elle doit tendre la main à Leanne, lui montrer que la vie peut avoir un sens. Sa fille était friande de soupe, de lentilles ? Elle se remet à cuisiner pour elle, pour l'aider à retrouver le goût des aliments, qu'elle même redécouvre progressivement.

Fort heureusement, même si l'époque a changé, si l'Irlande est devenue un petit dragon et voit l'immigration grandir, la famille reste l'unité centrale et les coups du sort : cancer, alcoolisme, augmentation des loyers ne sont que des obstacles pour cette tribu qui cherche à rester souder quelque soit l'obstacle. 

 

Cryssilda en parle ainsi que des problèmes de traduction de l'ouvrage.

 

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 21:50

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/8/4/1/1/9782841116409FS.gifLa dernière conquête du major Pettigrew / Helen Simonson. Traduit de l'anglais par Johan-Frédérik Hel Guedj.Nil Editions, 2012. 493 pages. 4*

À Edgecombe St. Mary, en plein coeur de la campagne anglaise, une tasse de thé délicatement infusé est un rituel auquel, à l’heure dite, le major Ernest Pettigrew ne saurait déroger pas plus qu’à son sens du devoir et à son extrême courtoisie, aussi désuète que touchante, qui font de lui l’archétype même du gentleman anglais : raffiné, sarcastique et irréprochable. Dans ce petit village pittoresque où les cottages le disputent aux clématites, le major a depuis trop longtemps délaissé son jardin.
Désormais veuf, il a pour seule compagnie ses livres, ses chers Kipling, et quelques amis du club de golf fuyant leurs dames patronnesses. Ce n’est guère son fils, Roger, un jeune londonien ambitieux, qui pourrait le combler de tendresse. Mais, le jour où le major apprend le décès de son frère Bertie, la présence douce et gracieuse de Mme Ali, veuve elle aussi, va réveiller son coeur engourdi. Tout devrait les séparer, elle, la petite commerçante d’origine pakistanaise, et lui, le major anglais élevé dans le plus pur esprit britannique.

 

J'avais entendu beaucoup de bonnes critiques concernant cet ouvrage et j'étais donc curieuse de me rendre compte par moi-même. Le billet de Cryssilda m'avait fait rire devant son prequ'écoeurement de britisherie :) .

Effectivement, au fur et à mesure de la lecture on retrouve bon nombre de clichés qu'on pourrait penser un peu abandonné, mais ayant fait l'expérience de la France rurale et provinciale par le biais de ma famille, je suis certaine que si un auteur écrivait certains traits que l'on pourrait croire abandonner depuis belle lurette, des lecteurs étrangers pourraient croire à une exagération. Bien entendu, je pense qu' Helen Simonson a parfois un peu forcé le trait, mais, sans doute pour le plus grand plaisir du lecteur ou simplement afin de mieux rebondir dans les situations les plus extrêmes.

Prenons le cas de notre personnage principal : agaçant de prime abord, le major Pettigrew va progressivement laisser tomber le masque. Sous sa façade très militaire et conventionnelle, on découvre l'homme qu'il fut par le passé par les brefs retours en arrière du temps de sa rencontre avec son épouse, de leur tendresse et de leur entente comme de leurs désaccords concernant leur fils. Mais ces atouts concernant cet homme nous seront distillés avec parcimonie et grâce à la relation qu'il crée avec Mme Ali, la commerçante pakistanaise.

Oui bien entendu la jeunesse fait cruellement défaut à ce village (rares exceptions sur lesquelles je reviens dans quelques instants), mais c'est pour mieux nous plonger dans les travers de cette micro société bien pensante, vivant quasi en autarcie et sur ses idéaux passés. Les étrangers sont accueillis, représentés en cela par la boutique du couple Ali, pakistanais d'origine, qui se fondent dans le paysage campagnard, et les micro habitudes des habitants. Ils font partie des meubles, on les ignore, ils rendent service, mais ne peuvent prétendre s'élever dans la hiérarchie de Edgecombe St. Mary, pas plus que ce couple plus huppé : il est médecin, mais ni lui ni son épouse ne peuvent modifier la hiérarchie de ce club privé dont le village tout entier semble faire partie (marque de reconnaissance publique).

Quant aux jeunes qui abordent ce village, on ne peut pas dire qu'ils soient mieux traités que les anciens.

Le fils du major Pettigrew est déplaisant à souhait ; il m'a tout de suite donné envie de le gifler ou de lui administrer quelques coups de pieds aux fesses. La caricature se poursuit avec son amie américaine, comme avec le neveu de Mme Ali ou avec la nièce du Lord du lieu.

Ainsi que je vous le disais le trait est forcé afin de mieux faire rebondir l'action et certains passages sont plus bondissants que d'autres.

Quant à la relation du Major Pettigrew et de Mme Ali, elle se joue en finesse. Elle permet bien entendu de montrer qu'en dépit de l'âge des protagonistes on échappe pas aux amis ou à la famille bien pensante, quelque soit la condition sociale dont on est issu. Nos deux protagonistes sont tendres et malhabiles à l'image parfois de deux adolescents et leur expérience passée leur permettra néanmoins d'aller au-delà de toute convention, d'échanger. Rencontre amoureuse mais également de deux solitudes et deux amoureux de la littérature. Mme Ali est un beau portrait de femme : intellectuelle malmenée par la vie, prise entre deux feux de par son éducation et son respect des traditions familiales qui semble se retrouver, une nouvelle fois dans sa vie, confrontée à ces sempiternelles oppositions.

Un livre agréable qui m'a paru parfois maladroit ou un peu long sur certains passages, mais dont j'attendais la chute.

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 16:25

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/7/1/4/4/9782714438232FS.gifLe prince des marées / Pat Conroy. Traduit de l'américain par Françoise Cartano. Belfond, 2002. 587 pages. 4,5*

" Pour décrire notre enfance dans les basses terres de Carline du Sud, il me faudrait vous emmener dans les marais, un jour de printemps, arracher le grand héron bleu à ses occupations silencieuses, disperser les poules d'eau en pataugeant dans la boue jusqu'aux genou, vous ouvrir une huître de mon canif et vous la faire gober directement à la coquille en disant : " Tenez. Ce goût-là. Ce goût-là, c'est toute la saveur de mon enfance ". Sur l'île de Melrose, Tom, Savannah et Luke Wingo ont grandi entre un grand-père qui se prenait pour le Christ, une grand-mère féministe, un père patron de pêche, violent et imprévisible, et une mère mythomane dévorée d'ambition. Bien des années plus tard, la belle psychiatre Susan Lowenstein demande à Tom de l'aider à sauver Savannah d'une folie suicidaire. Par amour pour sa jumelle, il va accepter de se rendre à New York pour dire les blessures d'une enfance dure et chaotique, mais illuminée par la merveilleuse complicité qui unissait frères et sœur. Tout en distillant cette histoire exceptionnelle pleine de tendresse, d'humour et de violence, Tom va faire resurgir le souvenir d'un drame inavouable qui a brisé à jamais les liens du sang...

 

Que dire de cet ouvrage qui n'ait pas encore été écrit. Je pense que je ne vais guère faire preuve d'originalité, mais je m'en voudrais de ne pas, à mon tour, vanter ce roman et la qualité tant de l'écriture de Pat Conroy que sa construction.


Cet ouvrage est un tout : une grande bouffée d'oxygène lorque Tom nous raconte la vie sauvage, le sud, la beauté des marais, de la pêche à la crevette, du marsouin, des couchers de soleil, la joie de cette enfance entre une soeur jumelle et leur grand frère, des liens fraternelles qui leur font vivre une enfance presqu'heureuse... Presque car c'est aussi un cri : face aux usages du Sud, positfs et négatifs, la méconnaissance d'un père pour exprimer son amour si ce n'est au travers des coups, la rancune d'une mère avide de pouvoir, d'argent, de reconnaissance de tout ce que le monde pourrait /devrait lui envier à elle, poupée du Sud mais poupée malmenée, vivant au milieu de nul part à ces yeux, et qui refuse à ces enfants le droit de parler. L'horreur de drames qu'il faut taire, oublier même si la mémoire ne peut le faire et entraîne chez chacun des membres de cette famille des conséquences ; une sorte de jeu de dominos mis en place bien avant la naissance de cette fratrie. Les événements du présent ne faisant qu'ajouter des pièces à ce gigantesque jeu que nous raconte, en mêlant passé lointain, proche ou présent, Tom à son lecteur, volontairement ou non ; pour le lecteur mais également pour la psychiatre qui tente de sauver la vie de sa jumelle, la belle Savannah, dont la vie est marquée depuis sa plus tendre enfance par des troubles psychologiques qu'elle a cherché à dominer de bien des manières puisqu'elle n'avait pas le droit d'en parler (pas plus que du reste) et qu'elle souhaite détruire par l'ultime moyen : en se donnant la mort. 

Oui tout cela peut sembler fort tragique, mais ainsi que je l'écrivais, Pat Conroy le fait avec un tel talent de la narration que je n'ai pu m'arracher à ma lecture. ll alterne des moments de folies heureuses, des images de la nature qui illumine le quotidien de ces enfants aujourd'hui adultes, entrecoupant le tout des coups de poings du père, du chantage affectif de leur mère. La bonté et la folie douce des grands-parents paternelles ne suffirot pas à leur faire échapper à cette vie qui va s'avérer toujours plus violente, toujours plus traitresse, mais leur a certainement permis de voir la vie des adultes avec d'autres yeux .Fort heureusement, quelques éclats de rire et la vie reste toujours plus forte que les agressions physiques, verbales ou la mort.


C'est un roman époustouflant, qu'une fois entamé on ne peut que lire jusqu'à la dernière ligne, en sentant parfois une boule au fond de la gorge et les larmes si proches, mais le besoin de savoir est là, non par voyeurisme mais par le désir de connaître enfin le dénouement, même si l'on sait déjà que toute cette famille ne sera plus là à la dernière ligne.

 

Karine :), Jules, Virginie, Abeille ont aimé.

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 21:39
http://www.commeaucinema.com/images/news/208_3101.jpgLes nuits avec mon ennemi / Nancy Price. Traduit de l'anglais par Renéee Tesnière.Presses de la Cité, 1991. 288 pages.3,5*
Sara et son mari forment un "couple parfait". Jeunes et beaux, ils font l'admiration de leurs amis. Ceux-ci ignorent pourtant que Sara mène une double vie. Offrant à son époux le visage d'une femme heureuse, aimante et soumise, elle n'attend en réalité qu'une occasion pour s'enfuir ou échapper à ses terrifiants accès de violence et de jalousie. En subissant l'emprise de son compagnon, en acceptant ses coups sans broncher, elle a minutieusement mis au point sa propre disparition - une "mort" qui est désormais sa seule chance de salut.
Je pensais me souvenir du film ... en revoyant la bande annonce, je me rends compte que ... pas du tout :s
Et oui notre mémoire nous joue bien des tours. A ma décharge, vu la date de parution de ce roman, j'avoue que je n'étais pas si âgée que cela et que ma petite existence avait bien d'autres points d'intérêts. Mais revenons plutôt à l'ouvrage qui  était pour moi une première lecture.
J'ai trouvé la situation, la souffrance de Sara fort bien décrite. La manière dont la situation dans son couple lui échappe, alors que les premiers temps étaint idylliques, est clairement montrée. Cette jeune femme, en dépit de la perte de son jeune frère et, certainement d'une certaine responsabilité sous-jacente, semblait bien dans sa peau et le couple qu'elle formait, semblait équilibré... jusqu'à ce que tout dérape, et que la situation lui échappe totalement.
Bien entendu les personnes ayant subi des violences conjugales ne verront peut être pas de la même manière ce roman, mais l'ensemble semble réellement juste. De son rendez-vous chez le coiffeur, première scène à laquelle nous assistons aux petits faits et gestes du quotidien qu'elle sait pouvoir déclencher la violence conjugale qui se traduit par des coups, et par le viol. 
La course de Sara vers la fuite, son échappée fait craindre le pire au lecteur. Si son installation le rassure et crée l'histoire, cela reste néanmoins guère crédible. Mais bon, pourquoi pas, car sans cela pas d'histoire ou alors une course éperdue à travers les différents états. Certains passages semblent plus réalistes mais la chute m'a réellement laissé de marbre, tant elle est cousue de fil blanc.
Oui je me suis laissée gagner par ma lecture, en dépit de cette chute guère crédible, mais cela n'est néanmoins pas un livre incontournable.
Je pense que ce roman est intéressant car il aura eu le mérite en son temps, et par le biais de l'actrice, Julia Roberts de parler des violences conjugales et de l'absence de visibilité de ces violences par les amis, voisins plus ou moins proches. La forme romancée (puis l'adaptation cinématographique) a certainement permis plus d'un débat sur la violence conjugale qui tue, blesse physiquement et psychologiquement des hommes et des femmes au sein de leur couple.


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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 17:10

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/165x250/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/8/4/1/5/9782841568017FS.gifhttp://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/8/4/1/5/9782841568710FS.gifhttp://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/165x250/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/8/4/1/5/9782841569076FS.gif

 

Cadavres chinois à  Houston. Jeux mortels à Pékin. L'éventreur de Pékin / Peter May. Traduit de l'anglais par Arianne Bataille. Editions du Rouergue, 2007-2008. 315 + 332 + 381 pages. 4,5*

 

Malgré la mini déception du volume précédent (quand trop de jeux sur les relations amoureuses empoisonnent l'histoire), je n'ai néanmoins pas hésité une seule seconde à me saisir des 3 derniers volumes de la Série Chinoise afin de connaître le devenir du Docteur Campbell et de son flic préféré Li Yan.

Dans Cadavres chinois à  Houston, Peter May nous bouscule un peu dans nos habitudes puisque toute l'affaire va se dérouler aux Etats-Unis, mais la communauté chinoise est, bien entendu, au centre de l'enquête qui met l'accent sur l'immigration. et le trafic des clandestins.

C'est un volume particulièrement intéressant pour les lecteurs que nous sommes, habitués à lire des romans policiers (et autres) se déroulant aux Etats-Unis. Même si nous avons tous entendu parler de ces filiales d'immigration, de la soumission et des dettes qui s'ensuivent, aucun point, même les plus sordides ne nous sera épargné, nous permettant de mieux comprendre l'impact de cette immigration ; parallèlement , même si cela reste tenu, elle va bouleverser la vision de Li Yan qui, même s'il n'approuve pas toute la politique de son pays, cherche à comprendre les raisons qui peuvent pousser des milliers de personnes, ses voisins, à braver un tel voyage dans la quête de l'eldorado, tel que les Etats-Unis sont encore présentés à ces chinois aspirants à une vie meilleure.

Bien entendu, si les thématiques de l'émigration, l'intégration, le racisme... sont fondamentales dans ce volume (vécu au quotidien par nos deux 2 héros, dont la relation reste un sujet d'interrogation qu'ils soient en Chine ou aux Etats-Unis) bien d'autres thèmes vont être abordés dont la manipulation génétique des virus ainsi que la politique de lutte contre la drogue des Etats-Unis au détriment de la vie quotidienne des paysans, de la faune comme de la flore, des pays contre lesquels ils se battent. 

Les enjeux politiques restent présents à chaque instant et, en Chine comme aux Etats-Unis le pouvoir des hommes. En dépit de cultures aux antipodes l'une de l'autre, on se rend rapidement compte que l'appat du gain, du pouvoir restent les valeurs en commun des hommes de ces deux pays. Au milieu de ce chaos et de cette enquête où les êtres humains ne sont que marchandises, le couple cherche à se retrouver, à poursuivre une relation difficile au quotidien comme dans le regard de ceux qui les entourent. 

Dans Jeux mortels à Pékin, nous allons les retrouver, mais cette fois avec les lois et les coutumes chinoises, car le couple a décidé de se marier dans la perspective de la naissance de leur premier enfant. Si leur amie Mei Yuan est heureuse de ce dénouement pour ses "enfants adoptifs" et aide Margareth à organiser les fiancailles de présentation des familles avant le mariage, les parents des futurs mariés ne sont pas enchantés par la perspective de cette union mixte. Et que dire des supérieurs de Li Yan ?

Bien entendu, les problématiques du couple permettent à l'auteur de nous montrer des facettes de la vie en Chine, des relations familiales, comme du poids de l'administration chinoise, mais en parallèle les enquêtes et les cadavres s'enchainent. Nous sommes tout près des Jeux Olympiques et Pékin se transforme sous les yeux de nos deux personnages : les rues, le quotidien change, le capitalisme s'installe (d'une certaine manière) avec ses excès.

La réussite et la quête de l'argent gouvernent désormais les faits et actes de beaucoup, et pour certains athlètes les soupçons de dopage commencent, même si tout un chacun essaie d'étouffer la mort mystérieuse de tous ces jeunes gens promis à des médailles d'or.

Peter Mayle mêle habilement les faits actuels en nous replongeant dans l'histoire de tous ces athlètes de l'Allemagne de l'Est qui furent détruits dans leur enfance comme dans leur vie d'adulte. Le retour de la "mafia" asiatique démontre également les dérives et les changements économiques que la Chine subit. 

Peter Mayle termine avec brio sa série chinoise par le volume intitulé : L'éventreur de Pékin. Dans cet ouvrage, tout s'accélère et les meurtres sont tous plus horribles les uns que les autres. Faux suicides, utilisation à mauvais escient du pouvoir et de l'argent : rien ne va plus dans cette Chine qui poursuit sa transformation tout en gardant son archaïsme administratif, son héritage de services rendus, de faux semblants (cf la vie commune de notre couple) La position de Li Yan sera totalement remise en question alors qu'il était porté aux nues 5 minutes auparavant par toute sa hiérarchie. Mais qui peut bien tirer les ficelles et essayer de détruire un à un tous les personnages qui l'entourent, nouveaux ou rencontrés dans les volumes précédents que l'on voit un à un menacés ou disparaitre.

Et oui, Peter Mayle semble avoir jeté tout son savoir faire dans ce dernier opus, même si les 3 volumes lus sont réellement d'excellente facture. 

 

Les 4ème de couverture de ces 3 volumes :

 Au petit matin, sur une route déserte du Texas, l'attention du shérif adjoint Jackson est attirée par un camion frigorifique qui semble abandonné. Lorsqu'il décide de l'inspecter, il ne sait pas que dans la remorque, il va découvrir une cargaison qui lui fera regretter amèrement sa curiosité : les cadavres de quatre-vingt-dix-huit clandestins chinois morts asphyxiés. N'est-ce qu'un sinistre drame de l'immigration ou s'agit-il d'une affaire beaucoup plus grave ? Les pages du carnet trouvé sur l'un des corps, ainsi que d'étranges et inquiétantes marques de piqûres, ne vont pas tarder à mettre en alerte toutes les autorités du pays.
Qui a bien pu vouloir transformer ces malheureux, venus chercher des jours meilleurs en Amérique, en véritables " bombes humaines " ? Dans ce quatrième volet de la " série chinoise " de Peter May, c'est aux États-Unis que nous retrouvons Elizabeth Campbell, maintenant médecin légiste à Houston, chargée d'organiser l'autopsie des quatre-vingt-dix-huit corps, et Li Yan, dépêché par le gouvernement chinois pour suivre l'affaire.
Une fois encore, ils vont devoir travailler main dans la main et faire face aux sentiments complexes qu'ils éprouvent l'un pour l'autre. En compagnie du FBI et des services de l'Immigration, ils vont plonger dans l'univers trouble des trafics de clandestins et s'engager dans une véritable course contre la montre. Car s'ils ne découvrent pas qui tire les ficelles de cette machination, c'est toute l'humanité qui est menacée d'une terrible et collective agonie.

 

Au cœur de l'hiver, dans l'effervescence générale d'un Pékin métamorphosé par l'approche des Jeux olympiques, six athlètes chinois de haut niveau meurent dans des conditions mystérieuses à quelques semaines d'intervalle : un nageur se pend au plongeoir d'une piscine à la veille d'une compétition internationale, anéantissant les espoirs de son pays de remporter une victoire face aux États-Unis ; un haltérophile meurt dans les bras de sa maîtresse ; trois coureurs de relais périssent dans un accident de voiture ; un cycliste se noie... Lorsqu'un septième athlète disparaît mystérieusement, LiYan, devenu chef de la Section n° I des affaires criminelles, décide de mener l'enquête. II demande à Margaret Campbell, pathologiste de renommée internationale, de pratiquer des autopsies. Peu à peu, le milieu sportif révèle ses dessous : des intérêts financiers colossaux, et leur corollaire, des méthodes de dopage sans cesse plus poussées, jusqu'à devenir quasiment indétectables. Plongés au cœur de cette nébuleuse, Margaret et LiYan vont devoir mettre leur vie en danger pour découvrir la sombre vérité qui se cache derrière les apparences

 

" Qian ouvrit le tiroir supérieur de son bureau et en sortit une chemise A4 en plastique. A l'intérieur était glissée une feuille dépliée. Il la remit à Li, puis se retira près de la fenêtre pour respirer un peu d'air frais. Li reconnut les caractères peu soignés, à l'encre rouge : Je vous envoie la moitié du rein que j'ai pris sur une femme. Conservé pour vous. L'autre morceau, je l'ai frit et mangé. " L'inspecteur Li Yan sait qu'il a en face de lui un redoutable adversaire. Celui qui se surnomme " l'éventreur de Pékin " a déjà exécuté plusieurs victimes chinoises, les laissant affreusement mutilées : la gorge coupée, le visage tailladé, les organes vitaux extraits et placés dans ce qui s'avère être une mise en scène extrêmement réfléchie. Tout va se précipiter lorsqu'une scientifique américaine se livrant à des expériences sur un nouveau procédé de détection du mensonge est assassinée à son tour. Li découvre alors que le meurtrier lui en veut personnellement et cherche à le détruire. La situation devient vite infernale aussi bien pour lui que pour sa compagne, le docteur Margaret Campbell

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