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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 06:38

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/7/5/7/8/9782757825822FS.gifLes adieux à la reine / Chantal Thomas. Points, 2011. 247 pages. 2*

1810. Vienne est une ville ruinée et humiliée par La victoire de Napoléon. Agathe, ancienne Lectrice de Marie-Antoinette, se souvient des derniers jours de La reine à Versailles après la prise de la Bastille, et particulièrement de ce jour où la famille royale est abandonnée de ses plus proches amis. Avec une écriture fébrile et minutieuse, elle restitue Le faste de La Cour, savamment orchestré par cette reine si controversée...

 

J'avoue tout de go que si je n'avais pas entendu parler de l'adaptation cinématographique de ce roman (que je n'ai pas vu au demeurant), je n'avais pas prêter attention à  la sortie de cet opuscule.

Un court roman à qui je ne peux reprocher l'écriture, fort belle au demeurant, qui donne moult détails sur la vie à la Cour alors que la narration se déroule sur 3 jours (+ la projection dans le futur de cette ancienne lectrice), mais pour lequel je n'ai pas ressenti d'attachement particulier. Quant au bout de 3 jours, vous n'avez toujours pas terminé un si court roman (nonobstant votre vie quotidienne et ses petits tracas), c'est que le courant ne passe pas !

J'en suis la première déçue car comme je le mentionnais, la plume est belle et nous plonge à la fois dans le faste et la débâcle de la Cour tout en se raccrochant à cette jeune femme : Agathe Laborde qui se fond dans le paysage des grands du Monde tout en étant un témoin privilégié et une femme sensible et non dénuée d'intelligence. Mais son dévouement à la Reine Marie-Antoinette et sa méconnaissance d'une existence en dehors de Versailles font d'elle le témoin et le jouet des événements politiques.

Oui Chantal Thomas est habile à montrer un certain parallèle entre l'effondrement politique et celui du Château de Versailles qui se lézarde, dont la puanteur est égale au nombre de courtisans qui s'agglutinent dans les pièces, se bousculent tout d'abord pour être au plus près du Roi puis pour prendre la fuite. L'agitation est magnifiquement rendue par cette vision de la Panique qui déboule, court partout, représentation que l'on retrouve personnifier dans les pièces de théâtre. Néanmoins, comme je le disais, en dépit de nombreuses qualités, je ne me suis jamais attachée à ses pages.

 

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 17:35

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/3/6/5/6/9782365690294FS.gifDans la peau de Sheldon Horowitz / Derek B. Miller. Traduit de l'anglais par Sylvie Schneiter. Les Escales, 2013. 416 pages.

Entrez dans la peau de Sheldon Horowitz et découvrez un héros irrésistible, vieux juif new-yorkais exilé à Oslo, qui décide d'aider son petit voisin serbe à fuir à travers la campagne norvégienne. Jubilatoire, tragique, émouvante, trépidante, la cavale infernale d'un tandem improbable, et au-delà une bouleversante quête de rédemption. À 82 ans, Sheldon Horowitz, veuf, horloger à la retraite et ancien Marine, accepte en ronchonnant de quitter New York pour aller vivre chez sa petite-fille, dans une ville qui n'était même pas la dernière sur sa liste des endroits où finir ses jours.
Parce qu'elle n'y figurait pas du tout. Oslo. Des contrées de neige et de glace accueillant au maximum un millier de juifs et pas un seul ex-sniper, ayant perdu son fils au Vietnam comme Sheldon. Seul avantage : dans la patrie des grands blonds, les Coréens qui le poursuivent depuis 1952, à n'en pas douter, se repèrent plus facilement ! Jamais il n'aurait imaginé que la Norvège allait lui offrir une ultime mission.
Mais quand sa voisine serbe se fait assassiner par un gang de Kosovars, Sheldon se jure de protéger son fils de 7 ans coûte que coûte. Le début d'une odyssée incroyable pour sauver l'enfant et tenter de racheter ses erreurs passées…

 

En refermant ce roman, j'ai eu la sensation d'être passée totalement à côté de l'essentiel au vu de l'enthousiasme de certaines critiques.

Désolée, non, je ne suis pas restée scotchée à cet ouvrage. Oui, certains passages m'intriguaient, m'ont parfois même fasciné, mais cela n'a pas constitué un tout dans ma lecture d'où ce manque de satisfaction générale. 

Il est certain que le personnage de Sheldon est un personnage fouillé et complexe dont le narrateur sait tirer parti  de bien des manières : nous immiscer dans son intimité, ses échecs, ses regrets : tout ce qui a constitué sa vie (les éléments essentiels) sont repris au travers non pas de flashbacks à proprement parler, mais de rêves ou d'hallucinations qui se glissent dans son quotidien. Par petites touches, c'est l'occasion à la fois de nous pencher vers les relations intergénérationnelles, la maladie (Sheldon est-il sénile ou pas ?), mais également de revenir vers les conflits qui ont bouleversé la vie des américains comme des européens : la Seconde Guerre Mondiale et la Shoah, la Guerre de Corée, le Vietnam et plus récemment le conflit en ex-Yougoslavie.

Car cet homme porte en lui, le poids de son âge, des conflits passés qu'il a vécu directement ou pas et celui qu'il va rencontrer à l'aube de son existence en croisant l'existence d'une femme et de son fils.

Derek B. Miller sait nous rappeler avec des mots fort juste cette guerre si proche géographiquement et d'un point de vue temporaire : ces snipers, ces milliers de morts, la destruction de la bibliothèque de Sarajevo, la poursuite des criminels de Guerre... On sent bien qu'au détour de cette histoire, il a souhaité nous rappeler qu'en voulant aider à la reconstruction, des erreurs passées, d'autres peuvent être commises...

En mixant les genres : enquête policière, traque, fuite tragi-comique d'un personnage principal âgé (et n'ayant peut-être pas toute sa tête) associé à une enfant en état de choc, dans un pays qui leur est quasi étranger etc..., l'auteur semble avoir voulu donner une envergure à ce roman à un lecteur qui, s'il est sensible à différents éléments pris plus ou moins individuellement, se trouve totalement dépasser par cet accumulation de genre. Au final, j'ai eu une sensation de maladresse peuplée de bonnes intentions et une conclusion qui ne m'a pas satisfaite.

 

Sur une longueur d'onde similaire,


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Prix Relay

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 06:38

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/7/0/2/4/9782702497548FS.gifL'héritage de Charlotte / Mary-Elizabeth Braddon. Traduit de l'anglais par Charles Bernard-Derosne. Editions du Masque, 2003 (Labyrinthes). 478 pages. 4,5*

Lorsque Charlotte, fille de la veuve Georgy Halliday, s'est trouvée promise à un brillant avenir, les oiseaux de proie n'ont pas manqué de lui faire la cour. Philip, son beau-père, cherche par tous les moyens à l'empêcher de convoler. Quant à Horatio Paget, homme d'affaires peu recommandable, il n'a de cesse de retrouver l'autre héritier de la fortune des Halliday, pour le marier à sa propre fille. Heureusement, autour de Charlotte se pressent aussi de véritables amis. Et quand les malfaisants rapaces projettent d'empoisonner lentement la jeune femme, certains n'hésitent pas à tenter le tout pour le tout. Quitte à y laisser leur vie. S'engage alors entre les différentes forces une lutte sournoise qui ne trouvera un terme que par le choix des armes, et le prix du sang.

 

Vous commencez à en avoir l'habitude, mais voilà....  j'ai pris cet ouvrage sans faire attention qu'un volume le précéder. Cela ne gêne pas vraiment la lecture mais si j'avais lu le premier, certains personnages m'auraient été plus familier et leur psychologie, où les références à la mort du père de Charlotte auraient simplifiées ma lecture. Tout cela reste anecdotique....

C'est la première fois que je lisais un roman de Mary-Elizabeth Braddon et j'ai été très agréablement surprise.

Elle sait jouer avec les éléments de son temps en suscitant un style pseudo policier. Rien de péjoratif dans mes propos, mais pour les lecteurs du XXIème siècle que nous sommes, le style me fait davantage songer aux policiers chinois, romans dans lesquels nous avons tout d'abord le meurtre et dont nous connaissons les protagonistes. L'histoire reposant elle-même sur comment l'enquêteur va prouver la culpabilité. Ici, il sera rapidement entendu que bon nombre de rapaces tournent autour de l'héritage de Charlotte, mais un seul y a vraiment tout à perdre. L'histoire tiendra dans la manière dont l'entourage va parvenir à le démasquer, tout en protégeant Charlotte. Mais, soyez patient, car cela n'interviendra que dans la seconde moitié de l'ouvrage. Avant cela, l'auteur nous pose  tous les éléments, nous narre la psychologie de quelques uns des membres de la famille de Charlotte et nous plonge dans la vie quotidienne de la fin du XIXème siècle. Des chapitres entiers consacrés à des éléments que l'on a bien du mal à assimiler aux promesses de la 4ème de couverture, mais l'écriture et l'intrigue du lecteur allant croissant, même si vous vous interrogez, vous ne parvenez pas à abandonner le roman. 

Quant à la suite et aux moments où Charlotte se trouve dans une situation désespérée, inutile de songer à lâcher votre roman.

Bien entendu, le dernier chapitre pourra pêcher quelque peu, par le côté un peu moralisateur, mais vu la qualité de l'ensemble, on ne peut oublier la date des écrits de cette grande romancière.

Vous l'avez compris, je suis conquise.

 

Keep calm and read

 

 

Frogs - VFAL

 

 

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 06:23

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/165x250/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/5/8/1/9782258102811FS.gifNe lâche pas ma main / Michel Bussi. Presses de la Cité, 2013. 375 pages

Un couple amoureux dans les eaux turquoise de l'île de La Réunion. Farniente, palmiers, soleil. Un cocktail parfait. Pourtant le rêve tourne au cauchemar. Quand Liane disparaît de l'hôtel, son mari, Martial Bellion, devient le suspect n°1. D'autant qu'il prend la fuite avec leur fille de six ans. Barrages, hélicoptères... la course-poursuite est lancée au coeur de la population la plus métissée de la planète.
Et si cette chasse à l'homme, ponctuée de cadavres, dissimulait la plus redoutable des manipulations ?

 

JJe n'attendais vraiment rien de cette lecture, ayant été ces derniers temps fort déçue par tous ses pseudo polars écrits par des français. Bref les deux premiers chapitres ne m'ont fait ni chaud, ni froid !

Et puis voilà, j'ai été conquise en moins de temps qu'il ne faut, ne voulant à aucun prix lâcher mon roman et souhaitant connaître la chute rapidement.

Bonus, je n'avais pas deviné qui était réellement derrière tout cela ! J'ai donc suivi l'enquête quasi en temps réel pour avoir le fin mot de l'histoire.

Ce roman n'est pas seulement une enquête, mais aussi des histoires de couples, de maturité et d'apprentissage de l'existence. L'île de la Réunion y joue également un rôle essentiel et si de prime abord, j'ai craint le pire : images touristiques à gogo, promenades d'une plage à l'autre, l'auteur nous donne tout, le meilleur comme le pire concernant cette île. Alors oui, certains esprits chagrins pourront lui reprocher la multitude de références aux créoles, allant même jusqu'à parler de quelques images téléguidées, mais je ne crois pas. Je ne connais pas l'île elle-même mais les propos de Michel Bussi reprennent ceux d'un guide que l'on m'avait rapporté, et j'y ai trouvé des faits qui s'immiscent parfaitement dans l'histoire et non des faits juxtaposés pour le plaisir. 

Le style est enlevé. Nous sommes ballotés entre les voix et l'histoire des différents personnages ; cela ne noie pas le lecteur, mais stimule son intérêt. La tension monte et la course poursuite contre le temps reste présente à chaque instant.

J'ai passé un très bon moment de lecture et ne peux que vous encourager à le lire. Bravo !

 

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Prix Relay

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 07:10

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/7/4/9/1/9782749120478FS.gifLe monastère oublié / Steve Berry. Traduit de l'anglais Etats-Unis par Danièle Mazingarbe. Le Cherche Midi, 2012. 595 pages. 2,5*

1974, province du Shaanxi. En creusant un puits, des paysans trouvent d'étranges statues enterrées. Appelés sur place, des archéologues mettent alors au jour l'incroyable mausolée de Qin, premier empereur de Chine, qui s'étend sur 56 kilomètres carrés et renferme une armée de 7 000 soldats et chevaux en terre cuite, gardiens du tombeau. Plus de trente-cinq ans plus tard, le contenu exact du tombeau n'a toujours pas été rendu public par les autorités chinoises, qui, aujourd'hui encore, interdisent l'accès de ce site archéologique pourtant unique au monde.
2012, Cotton Malone reçoit un e-mail inquiétant : son amie Cassiopée Vitt a été kidnappée après avoir dérobé un objet d'art très rare. Les quelques indices dont il dispose le conduisent vite au beau milieu de la Chine. C'est le début d'une aventure passionnante qui va le mener sur la piste des mystères du mausolée de Qin, puis, à la frontière sino-pakistanaise, au coeur d'un monastère oublié, perdu dans les montagnes, siège d'une confrérie secrète.

 

Selon la 4ème de couverture, l'auteur est très connu ! Et bien je ne pense pas avoir lu d'ouvrages de lui auparavant et je ne pense pas me précipiter sur ces précédents écrits. 

Oui l'histoire est bien écrite, mais franchement, rien de révolutionnaire si ce n'est la propension aux détails concernant la Chine, les relations sino-russes etc...Un luxe de détails qui parfois se perdent dans cette histoire qui se veut avant tout une enquête (j'ai même vu l'ouvrage enregistré en tant que thriller, mais là, nous nous égarons). On apprend des éléments sur l'histoire de la Chine, sur le pouvoir en place comme sur sa constitution passée, éléments qui se mêlent à des faits d'actualité : la course à l'énergie, au pétrole, l'ouverture de la Chine a une certaine forme de capitalisme ainsi que la richesse des dirigeants de ce pays, impact de la politique de l'enfant unique avec le kidnapping des jeunes garçons. Comme vous pouvez le lire, beaucoup de lignes avant de vous parler des personnages principaux : Cotton Malone et son amie Cassiopée Vitt, ce qui démontre les propos que je viens de tenir.

Néanmoins, l'histoire est menée par ces deux personnages qui s'accrochent l'un à l'autre, se protègent et ont bien du mal à s'avouer leurs sentiments (un jeu qui semble perdurer depuis quelques histoires).

Après avoir voulu aider un ami russe installé en Chine, Cassiopée va entraîner son ami Cotton dans une affaire qui, rapidement les dépasse, tant les forces en présence se bousculent autour d'un objet : une lampe ancienne !

FBI, professionnels russes, force chinoise et espion en tout genre : nos deux héros semblent être de véritable aimants pour ce beau monde, qui les entraînent en Chine en passant par le Vietnam, en toute illégalité cela va sans dire. 

Pas le meilleur roman du genre que j'ai lu, mais pas le plus désagréable non plus en dépit des longueurs soulignés et d'un certain manque de dynamisme. Si le soleil se montre et que vous êtes au bord de la plage, vous pouvez le lire. Il ne vous empêchera pas de répondre à votre voisin de serviette. Et faits avérés ou inventés par l'auteur, vous aurez acquis une micro connaissance de l'histoire de la Chine.

 

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 14:45

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/2/6/2/9782226246868FS.gifLa femme de nos vies / Didier van Cauwelaert. Albin Michel, 2013. 294 pages.

Elle m’a sauvé la vie en m’offrant le plus fascinant des destins. J’avais quatorze ans, j’allais être éliminé en tant qu’attardé mental, mais grâce à elle on m’a pris pour un génie précoce. J’étais gardien de vaches, et je suis devenu le bras droit de plusieurs prix Nobel. Je lui dois tout : l’intelligence, l’idéal, l’insolence, la passion. Cette héroïne de l’ombre, d’autres l’ont fait passer pour la pire des criminelles.
Je viens enfin de retrouver sa trace, et je n’ai que quelques heures pour tenter de la réhabiliter.

 

Il y a plus de 10 ans j'avais découvert via "Cheyenne" et quelques autres titres, Didier van Cauwelaert. Certains titres m'avaient beaucoup plus, d'autres moins et, un peu lassé, je l'avais oublié. Voici quelques mois, je l'ai entendu parler de ce roman, et me suis dit que c'était l'occasion de renouer :) Quelle chance, le Prix Relay des Voyageurs m'a proposé de le lire.


Le sujet me parlait. En dépit des atrocités liées au sujet : le test des chambres à gaz sur des enfants jugés inadaptés par le Reich, la perspective de cet enfant sauvé par une femme qu'il retrouvait à l'aube de sa mort me donnait l'impression de lire des faits nouveaux sur la Seconde Guerre Mondiale et ces atrocités.

J'ai retrouvé dans les premiers chapitres la plume que j'avais aimé et, au fil des pages, je pense avoir compris pourquoi je m'en étais détaché. Au bout d'un moment, le charme n'opérait plus totalement et j'ai eu la sensation que l'auteur avait du mal à nous mener à la chute de son ouvrage, répétant plus ou moins ses propos à l'image de ce vieil homme qui s'est tu toute sa vie et qui, aujourd'hui, a rencontré le public qui convient, devant qui il peut se mettre totalement à nu tout en réhabilitant la mémoire de cette femme qui l'a sauvé et qui espérait tant de lui, des autres, de la vie.

En voulant créer une complicité sans faille entre ses deux personnages, en centrant toute la narration par la voix de Jürgen/David, la lassitude a fini par me guetter. Dans les dernières pages, j'ai perdu l'intérêt initialement construit.

Pourtant les thèmes étaient là : notre vision du passé, grandeur et décadence de nos aïeux en quelque sorte. Pouvons-nous, devons-nous les juger aux travers de l'image qui nous est donné d'eux de manière indirecte ? L'histoire de Jürgen prenait aux tripes dès les premières lignes. Sa description de l'hôpital psychiatrique d'Hadamar, comme celle des autres enfants qu'ils rencontrent est saisissante. Quant à cet échange de vie, il laisse sans voix. Mais à force de faits exceptionnels dans la vie de David, je me suis détachée. La crédibilité tombait. Et, contrairement à d'autres lecteurs, je n'ai apprécié ce roman qu'à 90% alors que j'aurais tant voulu que cela soit au-delà des 100% et pouvoir dire que c'était là mon grand coup de coeur. 

 

 

 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 21:02

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/165x250/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/5/9/2/9782259216623FS.gifLa fabrique des illusions / Jonathan Dee. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anouk Neuhoff. Plon, 2012 (feux croisés). 446 pages. 3,5*

Molly Howe ne s'attache à personne. Elle traverse l'existence telle une ombre, fuyante et insaisissable, son propre pouvoir de fascination lui échappe. Trop à l'étroit dans un monde étriqué, elle s'enfuit à Berkeley où elle rencontre John Wheelwright, étudiant en histoire de l'art, prêt à tout pour elle. Jusqu'à ce qu'elle disparaisse. A dix années de là, New York. John est devenu un jeune homme brillant, sa carrière dans la publicité démarre en flèche, il vient d'être repéré par le gourou visionnaire Mal Osbourne et s'apprête à le suivre dans un défi exaltant et révolutionnaire : tuer la publicité et sauver la création.
Absorbé tout entier par l'aventure, il a presque oublié cette béance dans son passé, jusqu'à ce que Molly rejaillisse de l'ombre. Chassé-croisé narratif de génie, La Fabrique des illusions entremêle les trajectoires de ses créatures et dresse le portrait d'une gigantesque machine à rêves : l'Amérique des années 1980-1990.

 

2 destins. Molly, 2nd enfant d'un couple dont la femme est névrosée, instable et qui cherche dès la prime jeunesse de l'enfant à s'échapper de son mal être par la reconnaissance de la beauté de son enfant. Mais Molly n'est pas seulement que cette fragile beauté qui se construit, elle observe et apprend. Apprend des échecs qu'elle perçoit de ses parents, de ses erreurs, de cette existence qui déjà se dessine bien morne.

Une enfant dont le frère semble l'opposé mais qui se cherche également ; cela nous le découvrirons bien plus tard dans le roman, car dans cette première partie, il n'est qu'un personnage dans l'univers de sa soeur.

Parallèlement, Jonathan Dee nous fait croiser le destin de John, la trentaine, publicitaire épris d'art que les hasards de l'existence font qu'il est mis en relation avec un des associés de son entreprise, Mal Osbourne, visionnaire, grand amateur d'art contemporain et qui voudrait voir la publicité évoluer avant tout vers l'art.

Quel est le point commun de Molly et de John ?

Longtemps je me suis demandée vers quoi voulez nous amener Jonathan Dee au travers de ces univers si différents : une petite ville que nous allons voir régresser et un jeune publicitaire en couple à New-York;

Rien n'est anecdotique dans tous ses faits, car le lecteur découvre que ces deux personnages ont vécu ensemble à un moment clé de leur existence et que Molly a bouleversé la vie de John, qui semblait bien partie pour être linéaire. Sa rencontre avec elle fut un choc, son départ un électrochoc dont, nous allons le découvrir il n'a pas encore pris totalement conscience.

Après Molly, un second élément perturbateur entre dans sa vie en la personne de Mal Osbourne, mais une nouvelle fois, John n'y verra que des apparences. Et lorsqu'il se réveille, c'est lui qui prend la parole au moyen de son journal intime.

Non, il ne s'agit pas seulement d'un état des lieux des années 80-90, la banalisation de la publicité, de notre société de consommation  ou de la vie amoureuse d'un couple. Oui leur histoire reste essentielle, suscitant la curiosité du lecteur quant à leur passé, leur futur (?). L'ensemble forme un tout. Une certaine forme de folie semble partout présente : dans cette petite ville perdue ou Molly est née, dans les universités qui suscitent des vocations, dans le milieu artistique, publicitaire. Tout un chacun essaie de se comprendre, d'aller au-delà de ses limites, entraînant parfois les autres dans un univers d'incompréhension.

J'ai totalement accroché à cette histoire, en dépit de quelques longueurs, mais la chute m'a semblé de trop : trop de retour vers l'univers publicitaire, vers une certaine forme de récrimination envers ce milieu, les excès qui apparaissent.

Sans doute, que l'absence des "Messages" en fin de roman ne m'auraient pas manqué. Je les ai trouvé sans intérêt (et les ai à peine parcouru) ; ils m'ont semblé redondant par rapport aux propos tenus par Mal et j'avais l'impression de lire les dogmes du Palladio et parfois de lire les sermons de Richard. Une chute du roman juste après l'oeuvre ultime de Milo et quelques lignes concernant John m'auraient très certainement suffit, car autant j'attendais ce  qui allait advenir de John et Molly avant cette performance, autant ce qui a suivi m'a laissé quasi de marbre, sans parler (j'aime la redondance) de ces "Messages" indigestes à mes yeux. 

Une très intéressante découverte néanmoins de Jonathan Dee que j'avais pris grand plaisir à écouter pendant le Festival America de Septembre dernier. Je dois relire les notes que j'avais pris au cours des conférences où il était intervenu....

 

L'avis de Titine qui m'avait entrainée dans une des conférences où il intervenait.

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 22:00

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Rien ne semble devoir troubler l'existence ordonnée et protégée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, dans le Derbyshire, ni perturber le bonheur conjugal de la maîtresse des lieux, Elizabeth Darcy. Elle est la mère de deux charmants bambins ; sa sour préférée, Jane, et son mari, Bingley, habitent à moins de trente kilomètres de là ; et son père adulé, Mr Bennet, vient régulièrement en visite, attiré par l'imposante bibliothèque du château.
Mais cette félicité se trouve soudain menacée lorsque, à la veille du bal d'automne, un drame contraint les Darcy à recevoir sous leur toit la jeune sour d'Elizabeth et son mari, que leurs frasques passées ont rendu indésirables à Pemberley. Avec eux s'invitent la mort, la suspicion et la résurgence de rancunes anciennes.Dans La mort s'invite à Pemberley, P.D. James associe sa longue passion pour l'ouvre de Jane Austen à son talent d'auteur de romans policiers pour imaginer une suite à Orgueil et Préjugés et camper avec brio une intrigue à suspense.
Elle allie une grande fidélité aux personnages d'Austen au plus pur style de ses romans policiers, ne manquant pas, selon son habitude, d'aborder les problèmes de société - ici, ceux de l'Angleterre du début du XIXe siècle.

 

J'avais lu ici ou là des avis plus que mitigés, mais comme d'habitude, j'ai voulu lire pour savoir.

Une vraie perte de temps !

Pour qui aime l'original, cette fade (et je reste correcte) suite n'apporte rien.

A part retrouver les personnages de Jane Austen et les découvrir dans leurs vies maritales, ce livre ne donne aucune plaisir de lecture. Les caractères sont devenus insipides, portés par une histoire, une pseudo enquête qui reste dans un état de quasi mort cérébral d'un bout à l'autre de ce roman.

Comment peut-on imaginer que les travers de certains membres de la famille puisse jeter une ombre sur les personnages clés du roman dont il "s'inspire"?  Nul besoin d'être un grand sorcier pour deviner que la chute ne sera guère tragique. Et les dernières pages m'ont évoqué des romans à l'eau de rose de bien mauvaise facture.

Je ne pense pas avoir lu cet auteur, cette "nouvelle reine du crime", mais si tous ses romans sont de ce niveau, je n'ai pas envie de m'y essayer.

L'histoire et le personnage au coeur de ce roman est une évidence dès que P. D. James commence à l'évoquer. Pourquoi un auteur en parlerait-il sinon ?

Quant à Elizabeth, elle n'est, une nouvelle fois, que prétexte. Aucun tempérament ! Aucune trace de son esprit. En devenant Mme Darcy, elle n'est plus qu'une épouse plan-plan, tout à son bonheur conjugal, à vivre dans son écrin de Pemberley, à espérer pour ses proches un mariage et une vie heureuse. 

J'avais ri des travers de Mme Bennet, de sa bêtise que l'on retrouvait chez Lydia, mais là aucun humour ne pointe et Mme Bennet n'est là qu'au détour d'une lettre de 2 lignes, hystériques à son image mais qui ne rend guère justice à son personnage. L'auteur semble juste vouloir montrer qu'elle connait bien ces acteurs et ne souhaite pas en oublier un seul. 

 

Choupy en parle, Titine aussi. Et bien d'autres lecteurs....

 

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 16:33

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/4/6/6/9782246688419FS.gifMémoire de mes putains tristes / Gabriel Garcia Marquez. Traduit de l'Espagnol (Colombie) par Annie Morvan. Editions France Loisirs, 2006. 129 pages. 2*

" L'année de mes quatre-vingt-dix ans, j'ai voulu m'offrir une folle nuit d'amour avec une adolescente vierge. Je me suis souvenu de Rosa Cabarcas, la patronne d'une maison close qui avait l'habitude de prévenir ses bons clients lorsqu'elle avait une nouveauté disponible. Je n'avais jamais succombé à une telle invitation ni à aucune de ses nombreuses tentations obscènes, mais elle ne croyait pas à la pureté de mes principes. La morale aussi est une affaire de temps, disait-elle avec un sourire malicieux, tu verras. " G.G.M.

 

Même si le style et les thématiques sont très beaux : la vieillesse et l'amour à l'aube de la fin de sa vie notamment, je ne suis pas parvenue à réellement apprécier ce très court roman.

Peut-être est-ce le manque d'identification au personnage ? Non que son âge ou son sexe ne me le permette pas mais car je ne suis pas arrivée à le visualiser, à vivre au travers de son regard. En dépit de certains faits qui nous sont donnés le concernant : bref aperçu de ses parents et de leurs décès respectifs, de la villa dans laquelle il vit et des amours tarifiés qu'il a connu, je suis restée insensible au texte et à sa dépendance progressive à cette jeune vierge, demandée sur un coup de tête, tout du moins c'est l'impression que le lecteur a de prime abord.... En ne cédant pas à la facilité de l'abandon de ce court roman, le lecteur va découvrir une certaine remise en question de cet homme, qui progressivement va, en quelque sorte, faire le bilan de son existence, de ses amours.

Un amour dont il ne prendra pas conscience avant que des femmes de son entourage ne lui ouvrent les yeux mais il s'est néanmoins trahi, en s'épanchant par sa plume, ses actes quotidiens.


Alors si vous attendez un roman pédophile ou des scènes de sexe, vous pouvez passer votre chemin, car vous ne trouverez rien dans ce roman qui réponde à vos attentes. Juste une certaine idée du bonheur quel que soit l'âge que votre coeur ou vos artères affichent.


 

Car parfois les critiques des hebdomadaires me parlent et que je reste en admiration devant tout ce que l'auteur a trouvé à dire, contrairement à moi.

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 15:17

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/6/6/2/9782266202770FS.gifLa lignée / Guillermo del Toro, Chuck Hogan. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Hélène Collon. Pocket, 2010. 566 pages. 3*

Depuis son atterrissage à l'aéroport de JFK à New York, un avion en provenance de Berlin ne répond plus à la tour de contrôle. Le spectacle qu'Ephraïm et son équipe d'épidémiologistes découvrent à bord a de quoi glacer le sang : tous les passagers, sauf quatre, sont morts, en apparence paisiblement. Ont-ils été victimes d'un attentat au gaz ? D'une bactérie foudroyante ? Lorsque, le soir même, deux cents cadavres disparaissent des morgues de la ville, Ephraïm comprend qu'une menace sans précédent plane sur New York. Lui et un petit groupe décident de s'organiser. Et pas seulement pour sauver leurs proches, car c'est la survie de l'humanité tout entière qui est en jeu...

 

Comme bien souvent j'ai pris ce livre au hasard dans ma PAL sans prêter attention au fait que cet ouvrage est le 1er volume d'une trilogie.

Afin de pouvoir revendiquer le nombre de volumes sans doute, les auteurs créent un certain nombre de personnages secondaires qui croisent plus ou moins longuement Ephraïm et Abraham Setrakian dans ce premier opus ainsi que 7 frères fantomatiques base de cette saga.

Car ces 500 pages sont avant tout là pour mettre en place tout ce qui va se dérouler dans les volumes suivant si j'en juge par les 4ème de couverture des 2 volumes qui suivent.

Et oui la mise en place de l'action est un peu longue, mais c'est surtout le temps de réaction des personnages dont Ephraïm et son équipe qui laisse le temps à l'horreur de s'installer. Comme d'habitude, l'homme affiche incompréhension et scepticisme dans ce qu'il ne connait et ne comprend pas.

Une histoire de vampire ? Oui mais néanmoins sur un registre un peu particulier car même si la version de nourriture par le sang est toujours présente, l'homme est désormais davantage un hôte, et tout est expliqué de manière rationnelle (notre héros, scientifique avant tout, y trouvera certainement quelques portes de sorties).  Je n'ai pas toujours trouvé l'originalité dans ce roman qui m'a tour à tour fait penser à "La nuit des morts vivants", "Alien" ou "La forteresse noire",... par exemple, *mais je suis certaine qui bon nombre de cinéphiles ou de connaisseurs en la matière y verront bon nombre d'autre sources*, mais sans être fondamentalement original, le roman se tient (à une nuance près car j'ai jugé le moment où le père s'inquiète de son fiston bien tardif), les références à d'anciennes légendes m'ont bien entendu fait penser à "Hellboy", quant au vécu d'Abraham et à sa survivance des camps de la mort, il nous rend les personnages plus proches de nous et permet de garder à l'esprit qu'en dépit de l'horreur et de la mort, l'Homme peut réussir à surmonter les atrocités par sa seule volonté.

Les auteurs savent jouer avec vos nerfs, même si les attaques au bout d'un moment m'ont paru un peu trop répétitives.

Alors en dépit des points négatifs, si vous aimez le genre, je ne peux que vous invitez à commencer cette trilogie dont la trame devrait voir le jour sous la forme d'une série (idée première de Del Toro qui initialement n'avait pas trouvé les fonds).


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