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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 22:55

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/8/4/2/6/9782842637767FS.gifL'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa / Romain Puértolas. Le Dillettante, 2013. 253 pages. 3,5 *

Une aventure rocambolesque et hilarante aux quatre coins de l’Europe et dans la Libye postkadhafiste, une histoire d’amour plus pétillante que le Coca-Cola, mais aussi le reflet d’une terrible réalité : le combat que mènent chaque jour les clandestins, ultimes aventuriers de notre siècle.

 

Mais oui, je vous vois sourire à la lecture de ce titre. Au moins avez-vous soulevé un sourcil, non ? C'est certain qu'entre sa longueur et son côté marketing, il y a de quoi s'interroger sur le contenu de cet ouvrage.

Pour le titre, l'explication vous sera rapidement donné, puisque dès la première page, notre fakir - hé oui, sans mentir, c'est bien le métier d'Ajatashatru Lavash Patel, notre héros - nous entraîne dans ce temple de la consommation. L'auteur en profite pour vilipender les pratiques bien connues de notre cher suédois, quant à la présentation de ses magasins.

C'est le début d'un périple dont Ajatashatru ignore tout et, pour le lecteur qui va le suivre dans ses aventures, l'occasion d'ouvrir les yeux un peu plus ronds à chaque péripétie. Car oui Ajatashatru n'est pas au bout de ses surprises, lui qui avait prévu de juste faire un rapide aller-retour en France pour faire un achat chez Ikéa se trouve entraîner dans plusieurs pays d'Europe (et plus loin encore), poursuivi par un chauffeur de taxi revanchard et s'interrogeant lui-même sur son existence et le bien-fondé de son métier de fakir ! Car notre ami en allant faire ses courses, a rencontré l'amour et les différentes étapes de son parcours, les rencontres avec les derniers arrivants ou ceux qui brillent comme des stars, le poussent à tout remettre en question.

Alors oui ces enchainements et personnages sont bien souvent burlesques et font le sel de ce roman. Néanmoins, au travers des rencontres d'Ajatashatru, des errances involontaires de ce héros malgré lui, c'est une remise en question de la politique d'accueil de nos pays industrialisés, de la vision que peut avoir un étranger vivant retiré. 

On constate une scission assez nette lorsque l'auteur nous présente la rencontre avec ses réfugiés économique et, en dépit de sa tentative de reprise en main des folles aventures de l'indien Ajatashatru, le coeur n'y est plus tout à fait. Si tout ce que Romain Puértolas est tout à fait pertinent, il est étrange qu'il est souhaité l'intégrer à ce roman qui ne semblait pas prendre une tournure si réelle.

A-t-il eu raison ou tort de vouloir intégrer à ce cartoon déchainé, les faits du quotidien, je vous laisse seul juge. Mais pour avoir le mot de la fin, il vous faudra tourner toutes les pages jusqu'à la dernière !


  Rentrée Littéraire 2013 - Premier roman.

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 05:16

http://editionsdemortagne.com/1/upload/Image/Nailadebrumedpi_185.jpgFilles de lune. 1, Naïla de Brume / Elisabeth Tremblay. Editions de Mortagne, 2008. 430 pages. 3,5*

D'après une légende qui remonte à des temps immémoriaux, régnera sur la Terre des Anciens celui ou celle qui parviendra à retrouver les trônes mythiques de Darius le Sage et de son ennemi juré, le sorcier Ulphydius. Depuis plus de sept siècles, les aspirants au pouvoir sont nombreux et s'affrontent sans relâche. Toutefois, seule une Fille de Lune de la lignée maudite pourrait redresser les torts causés par ses aïeules, responsables de ces luttes sans merci que se livrent des peuples autrefois pacifiques. Mais les descendantes de cette lignée sont toutes disparu. Du moins, semble-t-il...

 

Un roman qui se trouve dans ma PAL depuis des lustres, acheté sur les bons conseils des québécoises, mais au vu des avis fort enthousiastes, je me suis laissée le temps de le lire. L'occasion est venue avec Le mois québécois :)

Je ne pense pas être fort original en disant que ce roman est prometteur, mais comme il s'agit du 1er volume de la série, Elisabeth Tremblay prend son temps pour poser l'atmosphère et les personnages : elle vous entraîne sur les rives de la région de Charlevoix, vous laisse vous imprégner des embruns...  Du coup, lorsque vous refermez ces 400 pages, vous voilà un tantinet frustré car vous avez à peine rencontré quelques personnages du Monde des Brumes et surtout de la Terre des Anciens. En effet, l'essentiel du roman se déroule avant tout dans notre monde où progressivement Naïla va découvrir ses origines et les secrets de sa famille. Elle va apprendre à faire son deuil, à vaincre ses peurs présentes afin de parvenir à se décider à se rendre dans ce monde où sa mère a disparu...

Tous les éléments sont là pour rendre l'histoire attrayante entre les mystères des origines de l'héroïne, les légendes auxquelles sont rattachées ces Filles de lune, comme toutes celles qui sont colportées dans cette Terre des Anciens et auxquelles Naïla va devoir prêter l'oreille et tenter de percer les secrets, sans avoir tous les éléments pour bien les comprendre (après tout c'est bien le propre des légendes et autres). Enfin, sorcières, personnages fantastiques, méchants de tous poils et opposés font la terre de ce roman. On s'attache à Naïla, de la même manière que l'on souhaite en savoir davantage sur Alix et son jumeau maléfique, sur les obstacles qui vont se mettre au travers de leurs chemins et comment enfin Alix va se décider à aider Naïla.

Pour connaître tout cela, il ne me reste plus qu'à lire la suite de cette saga qui, à l'origine devait être une trilogie et se compose désormais de 5 ouvrages.

 

Les billets de Pimpi, de Karine

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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 05:07

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/7/4/8/5/9782748511260FS.gifLe signe de K1. 1, Le protocole de Nod. 2, Le temps des Tsahdiks / Claire Gratias. Soon, 2011. 311 + 319 pages. 4*

Début du XXIVe siècle. Le niveau des eaux a considérablement monté à la surface du globe. Réduite à quelques dizaines de milliers d’habitants, la population de la Terre s’est réfugiée dans les Hauts Monts du Karakoram. Alors que l’humanité menace d’être emportée par ce Nouveau Déluge, vingt-deux Pionniers et leurs familles sont enrôlés pour un voyage dans le temps qui les ramènera en 2020. Leur mission: s’intégrer discrètement à la population pour préparer l’exode des survivants. Son nom de code: « Le Protocole de Nod ».

 

Je n'ai pas su résister à ce récit d'anticipation pour la jeunesse lorsque je l'ai vu et je dois avouer que je ne le regrette absolument pas.

Au travers d'un sujet somme toute classique : le voyage dans le temps, Claire Gratias évoque des sujets très actuels : entre autre, écologique, peur de la maladie inconnue (grippe aviaire), mainmise des groupes pharmaceutiques, du pouvoir et de la violence ou différence chez les plus jeunes que l'on tente de repérer afin de les sortir de la scolarité classique.

Ces différentes thématiques sont gérées d'une main de maître dans un futur proche qui fait que le lecteur s'identifie aisément au quotidien de ces deux familles dont les destins s'entrecroisent : la famille des colons envoyés en éclaireur et celle présente dans cette ville du Sud de la France.

Une fois les deux volumes terminés, on prend conscience qu'un seul mot d'ordre détermine ces deux époques qui nous semblaient si différentes : la domination de l'élite. En effet, sans vouloir trop dévoiler du second tome notamment, c'est la notion qui prédomine.

Les jeunes sont sélectionnés pour accéder à de prestigieuses écoles. La différence n'est pas admise. Les bad boys sont mis en maison de redressement (même si elles ne portent pas ce nom), sont fliqués dès l'âge de 14 ans afin qu'ils ne gênent pas les autres élèves. Les jeunes présentant des différences, si intelligents soient-ils sont eux aussi mis de côté afin que, nous l'apprendrons plus tard, des recherches soient réalisés sur eux. Quant à tous les autres, c'est une course sans merci au succès scolaire avec carottes et bâtons au quotidien : la peur de l'échec domine.

Parallèlement, on apprendra que le monde de K1 représente l'élite.

En voulant voyager dans le passé, afin de changer l'histoire et de sauver les naufragés du futur, le dirigeant (dictateur) de ce monde va entraîner des bouleversements qu'ils pensaient dominer mais qui finiront par se retourner contre lui.

On s'attache rapidement aux deux familles composées d'adultes ouverts et sensibles, tout comme à leurs enfants et plus particulièrement à leurs adolescents qui s'éprennent l'un de l'autre.

Tous les personnages, même lorsqu'ils semblent secondaires vont jouer un rôle fondamental dans le suivi et le cours des événements. J'ai lu que l'auteur Claire Gratias écrivait des policiers et, il est vrai, qu'elle a l'art et la manière de mener ses intrigues avec habileté et de finir par rassembler tous ses petits cailloux semés dans ce diptyque afin de mieux le conclure.

Le roman ne fait pas abstraction de la violence, évoque les grossesses non désirées, le viol ou l'assassinat. Il ne s'adresse donc pas à des enfants trop jeunes.

 

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 17:00

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/6/4/0/9782264042453FS.gifWilt 3 / Tom Sharpe. Traduit de l'anglais par Henri Loing. 10/18, 2008 (Domaine etrénager). 381 pages.

Wilt supervise l'enseignement des " Humanités" dans un lycée technique: le Tech. A la suite d'une rivalité entre deux policiers qui se livrent une guerre sans merci, il est soupçonné d'avoir trempé dans la mort suspecte par overdose d'une élève du Tech. La police truffe alors sa voiture d'émetteurs. Or, pour arrondir ses fins de mois, Wilt donne des cours particuliers à des officiers de la base américaine voisine. La base, détectant les émetteurs de la police, le prend pour un espion soviétique et tente de le faire disparaître. On retrouve ici décuplées les qualités qui ont fait de Sharpe l'héritier moderne de Wodehouse et de Waugh, un écrivain ébouriffant qui manie l'humour au coupe-coupe.

 

Sur une suggestion de Denis, plusieurs lecteurs ont décidé de rendre hommage à Tom Sharpe. Ambitieuse dans mes lectures, j'avais également prévu de lire "Le gang des mégères inappropriées (ou comment kidnapper un mari quand on n'a rien pour plaire)". Comme d'usage, je me suis laissée gagner par le temps, mais cela ne sera que pour mieux revenir à cet auteur.

Après avoir commencé par Wilt 4, puis Wilt 1, je comptais bien poursuivre chronologiquement, mais le hasard en a décidé autrement...Voici donc aujourd'hui la 3ème aventure de notre ami Wilt.


Alors on prend les mêmes et on recommence de manière toujours plus folle pourrait-on dire. Notre héros a beau être conscient que quoi qu'il fasse il semble un aimant à ennuis, la suite va lui prouver qu'il a parfaitement raison. La famille déjantée de Wilt semble entraîner tous ceux qui s'approchent d'eux dans une quasi folie, à moins que la propension à la folie soit beaucoup plus importante qu'on ne l'imagine ou que, simplement, Wilt attire les personnes les plus têtues et les moins réfléchies qu'ils soient... 

Dans cette aventure, Wilt va réussir le tour de force, à ce que son inspecteur préféré lui-même, prenne fait et cause pour lui, comprenant enfin qu'il ne sert à rien de lutter. Toute personne essayant de prendre Wilt à défaut ou de le défier (lui, sa femme ou ses filles), se retrouvant dans la situation la plus invraisemblable. Il va utiliser cette connaissance du personnage pour envoyer l'inspecteur qui vise sa place là où lui-même serait allé si ses précédentes aventures ne lui avaient pas permises de tester l'"Univers Wilt".

Comme de coutume, Tom Sharpe tourne en dérision tout : cela va de l'administration, les inspections, le self contrôle,  l'armée, les services secrets, les accrocs aux manifestations, les sexologues, les mères de famille comme tous les voisins qui se font le fer de lance de la pensée et du savoir. Et tout cela pour le plus grand plaisir du lecteur qui ne s'imagine pas qu'il est possible d'aller plus loin dans la dérision ou dans l'imagination si débridée des quadruplées, filles de Wilt.

Bien entendu, cette raillerie accentue les travers de notre société et même si l'outrecuidance est parfois au rendez-vous, on reste pantois devant le tour de force de Tom Sharpe qui parvient à faire retomber son héros et sa famille dans leur univers familier.

En attendant l'ironie sera au rendez-vous de chaque page.


 

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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 21:31

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/2/6/2/9782226208705FS.gifLa fille qui voulait être Jane Austen / Polly Shulman. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Cécile Moran. Albin Michel, 2010 (Wiz). 277 pages. 3*

Julie, quinze ans, est habituée aux lubies de sa meilleure amie Ashleigh, même si, à cause d’elle, elle se retrouve parfois dans des situations improbables. Après le roi Arthur, la stratégie militaire ou le ballet, la dernière passion en date de cette éternelle enthousiaste : Jane Austen ! Ashleigh veut à tout prix trouver le M Darcy d’aujourd’hui en participant au bal d’une prestigieuse école de garçons. Et voici les deux inséparables vêtues de crinolines, en chasse pour dénicher le parfait héros austenien… mais attention à ne pas choisir le même (heureux) candidat !

 

Je suis penchée ces derniers jours sur des ouvrages jeunesse, d'auteurs québécois et quelques livres abandonnés.

Avouons sans détour que ce n'est pas grâce à sa couverture pink que ce roman m'a attiré mais bien grâce au titre. Qu'est-ce-qu'un auteur du XXième allait encore inventer autour de Jane Austen et comment vouloir être ce personnage de roman (dixit le titre) ? J'ai donc à peine lu la 4ème de couverture avant de m'emparer de ce livre.

Et ...

Ce n'est pas une lecture déplaisante, même si cet ouvrage narre avant tout les frasques de l'adolescence et la découverte des sentiments amoureux, comme des premiers baisers. Miss Elisabeth Bennet est devenue Julie, même si son amie Ashleigh tente de s'identifier à elle après avoir découvert le roman grâce à sa meilleure amie.

Le parallèle réside avant tout dans la quête amoureuse de ces deux adolescentes, plus jeunes que les deux soeurs Bennet et affichant un caractère assez distinct de Lizie ou de celui de sa soeur. Ashley est une Enthousiaste qui peut vous ravir quelques minutes avant de vous effarer devant son énergie et un sans gêne qui rappellerait peut-être Lydia.

Mais ce jeu des comparaisons ne nous mènerait nul part, car le roman de Jane Austen, même s'il reste présent en filigrane tout au long du roman, n'est avant tout là que pour lancer la dernière lubie d'Ashley qui va entraîner les deux adolescentes dans les bras de jeunes garçons de leur âge, qui  étudient dans une école privée et non mixte.

Si l'histoire est charmante, mêlant le quotidien de Julie : la séparation de ses parents, sa nouvelle belle-mère etc, cela ne reste que des seconds rôles propres à aider à ce que l'action évolue dans un sens ou un autre, à nous immiscer dans son existence. Rappelons-le, il s'agit d'un roman destiné à la jeunesse, donc les rebondissements restent mineurs, les sorties se font au cinéma ou autour d'un café. Bref tout est assez acidulé et la chute sera tout aussi rose que la couverture.

Nuançons : cela n'est pas mièvre, certains passages sont assez enlevés et la lecture se fait sans déplaisir.


Un avis qui m'a fait sourire.

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 23:18

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/0/3/0/9782203048461FS.gifPénélope Green. 2 : L'affaire Bluewaters & 3 : L'éventail de Madame Li / Béatrice Bottet. Casterman, 2012. 328 + 307 pages. 3,5*

A 17 ans à peine, Penelope Green a déjà risqué sa vie dans les bas-fonds de Londres et mis son existence en péril dans les beaux quartiers new-yorkais. Mais que voulez-vous, c’est qu’on ne devient pas journaliste de choc en sirotant du thé dans son salon ! Alors cela n’étonnera personne que Penelope poursuive son grand reportage sur la situation des femmes dans le monde en s’embarquant… pour l’Asie, et plus précisément pour la Chine lointaine, où un nouveau mystère n’attend qu’elle pour être résolu.
Toujours escortée par Cyprien Bonaventure, son irremplaçable assistant-garde du corps français, la voici aux prises avec une affaire de contrebande plus que louche, dans laquelle semble tremper tout ce que l’Empire du Milieu compte de crapules…

 

Vous pouvez retrouver mon billet sur ma rencontre avec Pénélope Green ici.

 Pénélope est journaliste et, son rédacteur en chef s'intéressant à la situation et au devenir des femmes en cette fin de XIXème siècle décide de la faire écrire sur le sujet. L'Angleterre ne suffisant pas, il lui demande de se rendre  aux Etats-Unis afin de rédiger des articles sur la place de la femme. Comme de bien entendu, le mystère s'attache à ses pas et à ceux de son inséparable garde du corps. A travers les yeux de Penelope nous découvrons que la vie des femmes de New York n'est guère dissemblable de celle des londoniennes. Vie, quartier, moeurs, peu de choses différent, si ce n'est qu'elle et Cyprien ne connaissent pas la ville et ses environs. Mais à leur avantage, la traversée a permis à Pénélope de rencontrer quelques personnes qui vont à la fois la mener dans cette sordide affaire de Bluewaters et l'aider à faire chuter tous les protagonistes de cette histoire. L'intérêt réside dans le mélange des bas-fonds et des riches new-yorkais de la 5ème avenue. Une nouvelle fois, on découvre que l'argent et la misère côtoient les plus sombres desseins. On retrouve dans ce volume comme dans le suivant les qualités et les défauts de cette série. Mais, une nouvelle fois, les histoires sont plaisantes à lire, même si elles présentent des aspects peu glorieux de l'humanité ou de la condition féminine. L'avantage pour les lecteurs est de découvrir des faits historiques que certains ne connaissent pas forcément. Ainsi dans L'éventail de Madame Li sont évoqués : l'histoire de la Chine, l'emprise de l'Empire Britannique, les Concessions dans les villes, l'impact des religieux et, encore et toujours la vie des femmes. Ainsi dans ce volume sera rappelé le pourquoi des pieds bandés des femmes chinoises, leurs conditions de vie selon leur position hiérarchique et dans la famille.

L'ensemble forme un tout lisible et qui s'insère bien dans les péripéties de Pénélope et de Cyprien.

On peut regretter le peu d'évolution dans le caractère de Pénélope, mais sans doute est-ce dû à l'enchaînement de ses aventures. Un an s'est à peine écoulé depuis la mort de son père quand elle entreprend son voyage pour la Chine. Je dois avouer que je suis vraiment curieuse de voir comment Béatrice Bottet va procéder pour faire avancer son héroïne et pour créer de nouvelles aventures : comment ne pas se répéter, lorsqu'on prend conscience que la vie des femmes se ressemble tant d'un bout à l'autre de la planète ? Son atout majeur reste sans doute Cyprien Bonaventure qui reste une énigme à la fois pour Penelope et pour le lecteur. L'attente d'en savoir davantage sur ce français permet d'attendre le prochain volume qui sort le 18 septembre prochain. En espérant que l'auteur ne décevra pas ses lecteurs ; certains semblent commencer à se laisser des aventures maritimes et de la propension de Pénélope à foncer tête baissée dans les dangers.

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 12:28

http://www.editionsfides.com/upload/public/ImageCatalogue/4821599083/9782762131284-v1_200x321.jpgLe survenant / Germaine Guèvremont. Fides, 2012. 216 pages. 5*

Le Chenal du Moine est un hameau situé près de Sorel au Québec. Un soir d'automne, un étranger frappe à la porte des Beauchemin. Il demande son repas et un coin pour passer la nuit. Dans les jours qui suivent, sans jamais révéler son nom ou ses origines, il aide à accomplir les travaux de la ferme et se révèle bon travailleur. Le vieux Didace, le père de famille, lui offre de rester en échange de son travail. Son fils Amable-Didace et sa bru Alphonsine voient d'un mauvais œil l'intrusion de ce « Survenant » dans la famille, surtout qu'il les éclipse par sa force et son ardeur au travail.

 

Non ce n'est pas  un nouvel auteur québécois que j'ai choisi de lire, mais un classique qui a connu la gloire et la traduction anglaise et américaine si j'en crois la préface.

Honte à moi, je ne connaissais absolument pas ce roman et je suis donc allée de découverte en découverte.

Par rapport au titre tout d'abord car le mot fait partie du langage courant, mais là ne fut pas le seul mot, expression que j'ai appris en lisant cet ouvrage. Certains m'ont paru surprenant, d'autres chantant ou représentant bien le sens et d'autres seraient sans doute restés tout à fait obscurs s'ils ne s'étaient pas trouvés dans le contexte d'une histoire. Enfin je me suis amusée en  voyant la francisation d'expressions anglaises type "Nevermind" retranscrit en "Neveurmagne" ! Je dois avouer qu'au détour du texte, dans un français un peu ancien parfois, la venue de mots inconnus vous laisse une seconde en suspens dans votre lecture .

Alors j'ai lu ici et là que cette histoire était marquée par le temps ! Oui c'est parfois vrai au niveau des moyens de communication, du "confort moderne", mais cela reste un magnifique instantané de la vie, de l'existence dans la campagne et des usages de ce temps.

Le tout est agrémenté par un texte superbe et intemporel quant à la notion de liberté et de ceux qui ne répondent pas à la vision d'une vie proprette : un foyer, un coeur tendre et de l'argent. Et non, cela n'a jamais représenté l'idéal de tous même lorsque cela vous est présenté sur un plateau et il y aura toujours des survenants, des personnes trop éprises de liberté pour se laisser arrêter dans leur course. Bien entendu la période est sans doute plus propice à montrer tout ce que le Survenant abandonne. A côté de cela, au fil de l'histoire on découvrira tout ce qu'il a donné en échange de cette année passée dans ce village : parfois de l'aide, un sourire, un chant, quelques heures de bonheur ou des phrases qui portent leur fruit et font changer les idées de quelques-uns.

Sans doute ce texte a-t-il vieilli, mais il reste pour moi intemporel : un tableau vivant.

Si vous souhaitez découvrir un autre survenant et que vous êtes passés à côté (pas possible vous vivez sur une autre planète ou vous n'aimez pas la BD !), allez donc découvrir "Magasin général" de Loisel & Tripp

 

 

Je vous laisse avec cette image de la lecture, sa sacralisation ! Le livre devenu objet du quotidien. C'est bien là que nous voyons que notre civilisation a beaucoup avancé.

"Bien qu'elle aimât à lire, elle ne l'aurait jamais osé un jour de semaine, la lecture étant dans son idée, une occupation purement dominicale, et trop noble aussi pour s'adonner en habits de travail" p.53

 

L'avis de Phil, Kikine,

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 21:21

http://www.gallimard.fr/var/storage/images/product/c62/product_9782070583003_195x320.jpgLe livre de la jungle / Rudyard Kipling. Illustré par Christian Broutin, traduit par Philippe Jaudel, commenté par Pierre Pellerin. Gallimard Jeunesse, 1994 (Chefs d'oeuvres universels). 210 pages. 4*

Un couple de loups découvre un Petit d'Homme errant dans la forêt. Mowgli : ainsi va l'appeler Mère Louve qui l'adopte, refusant de le livrer à Shere Kahn, le tigre boiteux. Furieux, celui-ci vient exiger son dû au Conseil du Clan. Heureusement, l'ours Baloo et la panthère Bagheera interviennent en sa faveur. Mowgli va grandir sous leur protection. Mais Shere Kahn rôde dans l'ombre.

 

Encore une découverte pour moi dans le registre des classiques. Et oui, je ne connaissais Le Livre de la jungle qu'à travers le dessin animé. Je l'ai découvert en ouvrant cette magnifique version destinée aux plus jeunes, mais qui comblera les plus grands par le texte accompagné de gouaches le soulignant et des images documentaires traitant à la fois des animaux, de la région ou de la situation historique à la période où ces 7 nouvelles furent écrites.

Et oui, Mowgli n'est pas le seul personnage dans ce recueil, même si 3 nouvelles lui sont consacrées.

Pour les ignares comme moi, voici le titre de ces nouvelles :

- Les frères de Mowgli, - La chasse de Kaa, - "Tigre ! Tigre !", - Le phoque blanc, - Rikki-Tikki-Tavi, - Toomaï des éléphants, - Au service de sa majesté. 

Disney ne fut pas précurseur pour faire parler les bêtes car ces nouvelles sont consacrées au monde animal, chez qui on découvre valeurs morales et organisation afin de contrer l'anarchie. Le bien, le mal, l'aspiration à un monde meilleur grâce à l'ingéniosité de certains, et surtout à leur volonté. Bien entendu, des couards, des opportunistes ou des paresseux se dissimulent dans ce monde si proche de celui des humains...

Cet ouvrage qui s'adresse avant tout aux enfants est pourvu de leçons de morales, tout en faisant découvrir aux plus jeunes le monde des animaux et la dangerosité de certains d'entre eux.

Les trois contes consacrés à Mowgli permettent aux plus jeunes de s'y identifier. Une famille reconstituée autour des loups qui le prennent en charge et le protègent des jalousies de voisins-amis ou familles proches de cette même tribu. Baloo est perçu comme l'instituteur à la fois maître intraitable et complice parfois. En dépit des coups qu'il lui porte, Baloo ne souhaite que le bien de Mowgli et c'est grâce à son obstination à lui faire apprendre ses leçons qu'il va pouvoir appeler ses amis à son secours, lorsqu'il s'essaie à se détourner du droit chemin et cherche la facilité. Quand je vous disais que la morale était au coin de chaque page, Et il en sera de même pour chaque nouvelle, qui montre que l'effort, la volonté... seront récompensés.

Bien entendu, lu au premier degré tout cela n'apparaît pas, et le plaisir des mots, de suivre les aventures de ces différents personnages du monde animal + quelques humains est un réel plaisir de lecture.

Comme je le disais cette version est agrémentée de photos d'époque, de commentaires sur les animaux et sur la situation géographique et politique et permet donc une lecture multiple. J'ai découvert en plus des nouvelles, beaucoup d'éléments que j'ignorais. Un plaisir de lectures.

Pour revenir à Mowgli, si vous attendez une lecture linéaire du dessin animé à la manière de Peter Pan, passer votre chemin ! En effet, vous retrouverez tous les personnages, mais l'histoire est recomposée pour créer un tout alors que les nouvelles n'ont pas forcément de suite chronologique ; le tout est d'y retrouver les personnages qui constituent l'histoire.

Frogs - VFAL

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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 05:59

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/9/2/3/5/9782923550510FS.gifLes carnets de Douglas / Christine Eddie. Alto, 2008. 199 pages. 5*

Le même jour, deux adolescents parviennent à fuir un destin qui les aurait emmurés. Ils se trouvent, deux ans plus tard, à Rivière-aux-Oies, un village beaucoup trop discret pour figurer sur une carte. Au cour de la nature généreuse et sauvage, ils s'aiment, à l'abri des rugissements du vingtième siècle. Jusqu'à ce que la vie, comme d'habitude, fasse des siennes. Fondu au blanc. Les années passent, Rivière-aux-Oies se métamorphose avec, en arrière-plan, une révolution à peine tranquille et le saccage des bétonnières.
Une famille singulière s'improvise, malgré les ragots et en dépit des blessures. Dans la maison du docteur, les liens se tissent avec tendresse. Un médecin au cour rafistolé, une institutrice au nom imprononçable et une enfant surgie des bois vont peut-être permettre à Douglas d'entendre enfin la réponse du vent. Une passion comme au cinéma, qui se déploie à l'ombre d'un arbre, d'une clarinette et de la beauté fragile du monde.

 

 

Si vous avez eu un moment d'absence au moment de sa sortie et que vous n'avez pas, comme moi, une amie québécoise qui partage ses passions, voici une piqure de rappel.

Amis lecteurs, vous êtes passés à côté d'un très bel ouvrage ! Mais il n'est sans doute pas trop tard si comme moi vous aimez lire après la foule.

Comme la 4ème ne dévoile pas tout, je vais tenter de ne pas tout vous raconter en vous donnant quelques impressions. 

Un petit bijou de finesse et de sensibilité. De très courts chapitres qui nous entraînent dans les univers distincts de Romain et Eléna dont les destins vont s'emmêler après qu'ils aient décidé de rompre avec leurs familles respectives. Deux enfants seuls mais qui n'attendaient de la vie et de l'univers de Rivière-aux-Oies que le bonheur. La magie est partout dans ce roman : dans les personnages, leur rencontre et cette forêt qui envoute Romain et saura ensuite prendre Eléna par la main. Tout semble si facile, qu'il s'agisse des joies comme des malheurs que l'on tourne les pages avec avidité en débit de la briéveté du roman. L'attention du lecteur se fait plus forte, lorsqu'au détour des mots on découvre la vérité sur le passé de l'institutrice, et que l'on cherche à comprendre comment la féérie peut se mêler à la réalité. La folie guette-t-elle Romain ? 

En fait on espère l'harmonie qui nous semble impossible entre tous ses protagonistes autour de cette enfant surgie des bois.

Avec peu de mots, Christine Eddie nous parle de la folie meurtrière des hommes, de leur avidité, mais aussi de cette nature singulière qui se trouve sous nos yeux, que nous modifions par cupidité, par ignorance. Des mots mis en musique avec grâce, le tout bercé par le concerto pour clarinette de Mozart. A défaut du livre, je vous laisse en musique.

 

 

C'est à 2'35 pour entendre le début de la prise de parole de la clarinette, si jamais vous êtes pressés.

http://www.youtube.com/watch?v=xFDK1RulwoU

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 06:10

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La fille de Molly / Edna Arseneault-McGrath. Fides, 2009. 487 pages.1,5*

Tara réussira-t-elle à conjurer le mauvais sort qui s'acharne contre elle depuis sa plus tendre enfance ?

Dans son Irlande natale, au seuil de sa vie adulte, toutes les portes se fermenr dès qu'on append qu'elle est la fille de Molly, une femme trop libertine. Faisant preuve d'un courage remarquable, la jeune fille à la chevelure rousse -qui fait tourner bien des têtes - refusera pourtant de baisser les bras. Alors qu'elle est devenue infirmière et peut enfin espérer fonder une famille, un drame s'abat sur elle... C'est finalement au Québec, à Pointe-Claire, qu'elle pourra rompre avec son passé. Mais elle n'est pas au bout de ses surprises....

 

Une belle couverture et une histoire entre l'Irlande et le Québec. De quoi susciter mon intérêt et mon achat.

Pfffft quelle déception ! Si la première partie de ma lecture s'est bien déroulée, en dépit de portes ouvertes liées à le volonté de l'auteur de vouloir nous donner "trop de" culture notamment. Découvrir un pays au travers des yeux d'une héroïne cela peut être agréable, mais quand on nous fait l'article limite de l'agence de voyage, cela tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Bon passons sur ce travers, peut-être lié au fait que je connaissais tout ce dont elle parlait. Mais cette pauvre Tara ! Aucun cliché ne nous sera épargné concernant ses malheurs. Tout y est. Alors que je racontais mes déboires de lecture à InColdblog, il est même parvenu à trouver un des nombreux événements dramatiques enduré par cette jeune femme. Tout est tellement évident ! Cela est devenu de plus en plus pesant au fil de ma lecture et j'ai eu bien du mal à la terminer, voulant absolument voir si toutes les portes ouvertes allaient l'être. Oui ! Une accumulation de tout.

A mon goût, des passages  auraient pu être coupés, et à deux-trois endroits, je suis revenue à la page précédente me disant que je ne comprenais absolument pas la suite logique des phrases. 

Je me suis ennuyée. Et les clichés sur les belles demeures, mobiliers anciens etc, vêtements n'ont absolument pas amélioré mon sentiment. Ah oui, car notre pauvre Molly finira riche, ne vous inquiétez pas pour elle et, bien entendu au bras du beau chirurgien du coin de Québec où elle vient de s'installer. C'est presque du Arlequin en dépit des scènes de sexes moins explicites.

J'ai découvert que ce roman avait rencontré le succès et qu'Edna Arseneault-McGrath avait écrit une suite. Désolée mais je ne suis absolument pas partante. Visiblement son style ne me convient pas du tout ! Si je veux lire du Harlequin, j'en prends un et les Musso & co ne sont pas pour moi (même s'ils ont leurs lecteurs).


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