Traduit de l'anglais

Dimanche 10 mai 2009
Une poignée de seigle / Agatha Christie. Nouvelle traduction de Marie Franck. Editions France Loisirs, 2008. 309 pages - [(c) 1953]
Pourquoi glisser une poignée de seigle dans la poche d'un homme après l'avoir assassiné ? Pourquoi accrocher un cintre dans le nez d'une jeune fille après l'avoir étranglée ? Que signifient ces indices saugrenus ? Sont-ils la signature du meurtrier  Dans ce cas, il ne peut s'agir que d'un fou. D'un monstre....

Tous coupables ou coupable(s) évident(s)... Tel pourraît être les premières impressions du lecteur au fil des premières pages. Mais l'évidence n'est pas au rendez-vous comme l'apprend rapidement l'inspecteur Need lorsqu'il découvre le second cadavre qui ne semble n'avoir aucun trait commun avec Mr Fortescue, homme d'affaires, financier peu scrupuleux, avide de puissance etc...
Quel est le lien avec le meurtre de cette petite bonne naïve et peu futée, entrée depuis peu au service de cette famille où chacun pourrait être le coupable idéal, où tous ont à gagner avec ce décès, à commencer par la veuve.
Habilement A. Christie tisse un tableau peu engageant d'une famille dont la fortune ne s'est pas toujours faite d'une manière honnête, ainsi que du personnel de service de cette maison ; chacun d'entre eux semble sortir d'un tableau ou représenter une caricature. Elle imbrique secrets de famille, coupable idéal afin de mieux nous perdre. Mais c'est sans compter sans Miss Arple qui, comme toujours, sait passer au travers des services de sécurité afin d'approcher du lieu du crime, se faire inviter à demeurer dans les lieux puis observer, discuter, gagner la confiance aussi bien des autorités que de cette famille avant de dénouer tous cet imbroglio qui ne reposait que sur l'amour, la maladie et inéluctablement la mort.  



Le major parlait trop / Agatha Christie. Nouvelle traduction de Jen-Michel Alamagny . Editions France Loisirs, 2008. 256 pages - [(c) 1964]
Miss Marple, en vacances aux Antilles, se livre à sa distraction favorite : l'observation minutieuse des occupants de son hôtel. Le Major Palgrave ne cesse de l'accabler du récit de ses exploits. Mais il est bientôt retrouvé mort. Aurait-on assassiné cet inoffensif vieillard ? Et si oui, pourquoi ? Mais surtout, Miss Marple saura-t-elle découvrir le coupable ?
Un meurtre. Et des histoires de meutrier / meurtrière comme s'il en pleuvait. Le major en raconte à qui mieux mieux, mais un peu comme ce jeune berger qui criait au loup, à force de l'entendre palabré personne n'a réellement prêté une oreille attentive à toutes ses histoires. Une fois le Major disparu, il reste à démêler ce sac de noeuds auquel tout un chacun sait ajouter un commentaire ou lancer une fausse vérité.
Dans ce lieu paradisiaque, Miss Marple a fort à faire afin de faire entendre raison à ce groupe de touristes quant à sa version des faits. Fine mouche elle sait attirer des alliés de choix.
Certains éléments m'ont paru évidents dès les premières pages, mais A. Christie essaie de nous embrouiller, de nous entraîner sur de fausses pistes. Tout comme le meurtrier, elle distille des informations qu'il ne faut pas forcément prendre pour argent comptant.
Est-ce le fait que Miss Arple ne soit pas dans son espace habituel, et donc paraît moins crédible entre la plage et les soirées accompagnées de steel-band, mais je me suis moins intéressée à cette énigme, qui voit les meutres s'échelonnaient dans le roman.
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Vendredi 8 mai 2009
Un cadavre dans la bibliothèque / Agatha Christie. Nouvelle traduction de Jean-Michel Alamagny. Editions France Loisirs, 2007. 260 pages [(c) 1941]
Le colonel Bentry est vexé et furieux. Quelle idée a eu cette jeune fille, inconnue de lui, de venir se faire assassiner dans sa bibliothèque ! En plus, ell est vêtue d'une toilette tape-à- l'oeil du plus mauvais goût, tout à fait déplacée dans la bibliothèque aristocratique du manoir ! Vraiment, quel manque de savoir-vivre ! Et quelle cruelle énigme pour la police. Heureusement Miss Marple n'est pas loin.
Comme elle le dit elle-même dans sa préface, A. Christie  a longtemps souhaité créer un roman mêlant une bibliothèque "archibanale et conventionnelle" et un cadavre " complètement extravagant et [faisant] sensation".   Voici les 2 éléments fondamentaux de cette histoire qui rapidement va prendre place dans d'autres lieux et, notamment, dans l'hôtel Majestic, qui se trouve dans le Comté voisin de celui où fut découvert la victime.
Toujours habile par sa plume et ses personnages, A. Christie nous entraîne dans deux mondes distincts qui néanmoins se mélangent pour les loisirs (la victime est danseuse dans l'hôtel) et les suspects sont successivement un jeune homme du village, un autre résident à l'hôtel, le professeur de tennis également danseur en duo de ladite jeune femme et les beaux-enfants d'un vieillard paralysé : Conway Jefferson qui n'était pas insensible (en tout bien tout honneur) au charme-gamineries de la victime : Ruby Keene.
Bref rien ne semble vraiment simple dans cette histoire. Et pourquoi cette jeune femme est-elle retrouvée morte dans la bibliothèque du Colonel Bentry et de son épouse alors qu'il ne semble exister aucun lien entre eux ? Les officiers de la police locale sont perdus. Dolly Bantry rapidement consciente de l'impact de ce cadavre dans les commérages et du devenir de son couple dans la bonne société, appelle sa vieille amie Miss Marple à la rescousse, tandis que Mr Jefferson requiert de son côté un ami, ancien de Scotland Yard. L'urgence grandit lorsqu'un deuxième cadavre est découvert... L'équipe n'est pas de trop, mais notre fine mouche a déjà trouvé le fautif. Reste à apporter les preuves à la police afin que tous les masques tombent et que la vie puisse se poursuivre.

En s'attaquant à certains clichés, Agata Christie écrit nénamoins un épisode relativement classique dans les histoires de Miss Marple.
Sourire en coin lorsque le "petit fils" de Mr Jefferson, accroc de lectures policières citent à son panthéon, puisqu'il détient entre autre un autographe d'elle, notre illustre auteur.
Une agréable lecture, et j'avoue avoir tourné autour du pot sans trouver les coupables tant les personnages nous mènent en bateau.


A l'hôtel Bertram / Agatha Christie. Nouvelle traduction d'Elise Champon . Editions France Loisirs, 2007. 315 pages - [(c) 1965]

Très classe l'hôtel Bertram, les muffins y sont délicieux, le thé exquis et le personnel stylé. Pourtant, on y disparait facilement. Voyez ce pauvre chanoine Pennyfather.... Et puis, comme c'est surprenant, cette jeune fille, Elvira, qui s'est amourachée d'un pilote de course peu recommandable. Non finalement, tout ne tourne pas rond dans l'hôtel Bertram...
Moins présents que dans le précédent opus, les décès vont se succèder dans les dernières pages de ce volume où nous retrouvons Miss Arple qui effectue une sorte de pélerinage à Londres, grâce à la générosité de ses neveux et nièces.  Et dans cette escapade londonienne, l'hôtel Bertram où elle séjournait jeune fille occupe une place particulière. Etrange hôtel où le temps semble s'être arrêté dans l'Angleterre d'Edouard VII, en dépit d'un niveau de confort propre à attirer quelques riches américains ainsi que de vieilles ladies. Tout comme Miss Arple, l'inspecteur-chef Davy de Scotland Yard, dit l'Ancêtre, sous son apparente bonhomie se montre rusé, observateur  ; tous deux se retrouvent des alliés de choix dans cette affaire où ce qui semble n'est pas forcément la réalité. A commencer par ce hôtel, lieu qui leur paraît à tous deux trop beau pour être honnête.
En l'absence de meurtres ce sont des cambriolages exécutés par une bande fort bien organisée qui interpelle Scotland Yard, et que nous suivons en filigrane pendant les escapades touristiques de Miss Arple. En dépit d'un emploi du temps très "superficiel" elle trouve le moyen de croiser la route d'une mère, Lady Sedgwick, puis de sa fille l'une et l'autre accompagnées d'un pilote de course : Ladislaus Malinovski.
A force de vouloir voir derrière le miroir et grâce à la présence bien involontaire du chanoine Pennyfather, plus souvent qu'à son tour dans la lune, les fils de cette si belle tapisserie commencent à s'effilocher avant de tomber.
Vu le nombre d'intrigues parallèles, le lecteur tout en connaissant bien l'écrivain se demande où elle va nous entraîner. Possédant tous les éléments la chute nous semble assez évidente, mais quelques subtils rebondissements viennent néanmoins agrémenter la lecture.

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Mercredi 22 avril 2009
Lorsque j'ai reçu la proposition de Suzanne, je lui ai répondu  que je n'étais pas certaine que ce livre me plaise, mais je voulais bien tenter l'expérience, sachant que, si ce livre n'arrivait pas directement chez moi, je ne crois pas que que l'envie m'aurait pris de l'acheter ou de l'emprunter.
Une grande partie de ce livre ne m'a pas plus emballé que cela ; je lisais sans déplaisir, mais je ne parvenais pas à m'y attacher. Pourquoi ? Sans doute parce qu'il s'agit d'une culture que je ne connais pas et que je ne parviens pas à comprendre. Du coup les pages défilaient mais sans un réel coup de coeur de ma part.
Et puis les choses se sont mises à s'accélérer lorsque l'audace de Fiore est plus forte que la triste vie que mène Nasser. Ah ces chaussures roses dans ce monde, décrit par l'auteur, en noir (les femmes) et blanc (les hommes) : beau raccourci qui donne sans doute une fidèle image de ce que sont ces rues, si dificiles à imaginer pour nos yeux d'occidentaux...
A partir de ce moment, je me suis attachée à ce couple et j'ai souhaité connaître la fin de leur histoire, sachant que la religion, les préjugés et le manque de fortune de Nasser ne pourrait donner lieu à une fin de conte de fées. Je ne vous donne pas,
volontairement, la clé de la chute, et en lisant l'ouvrage, vous saurez si j'ai été ou non déçue :)
Il s'agit d'un premier roman qui renferme des défauts à mes yeux, mais également beaucoup de qualités  dont celle de nous permettre de découvrir l'Arabie Saoudite. Je ne mets aucunement en doute la parole et les écrits de l'auteur, mais tout en étant une lectrice informée, je reste estomaquée par la situation. Chacune de mes lectures décrivant les dérives religieuses restent pour moi un coup à l'estomac ; moi l'occidentale qui oublie la chance que j'ai de déambuler librement, de travailler, d'être en accord ou pas avec ma religion...
En nous plongeant dans cette histoire d'amour, S. Addonia nous fait toucher du doigt notre liberté.

Les amants de la mer Rouge / Sulaiman Addonia. Traduit de l'anglais par Anne Guitton. Flammarion, 2009. 311 pages
Djeddah, fin des années 80. Naser est un jeune Erythréen de vingt ans que les troubles politiques dans sa terre natale ont forcé à émigrer en Arabie saoudite où, pour gagner sa vie, il lave les voiture. Là-bas, les femmes sont cachées sous leurs voiles et les hommes ont les pleins pouvoirs. Seule prévaut la justice des riches et des puissants. Naser grandit dans un climat brutal et ses moindres faits et gestes sont épiés par la police religieuse tandis que sa vie est rythmée par les sermons stridents de l'impitoyable imam de la mosquée locale.
Jusqu'au jour où il reçoit - sacrilège - un mot d'amour écrit par une inconnue. Bravant les chefs religieux et politiques, Naser décide de vivre cette passion, tout en sachant qu'il risque sa vie s'il venait à être découvert.
Les amants de la mer Rouge est l'histoire d'un amour interdit, dans une Arabie Saoudite brûlante et tyrannique, une passion universelle et moderne tout à la fois.

Merci à Suzanne de Chezlesfilles.com et aux Editions Flammarion.
Par Uncoindeblog
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