Petites maisons d'édition

Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /2009 21:45

Voici déjà quelques années (quelle horreur ! ) que ces ouvrages m'avaient fait de l'oeil et que je les avais acquis.
Lecture remise à plus tard, quête d'un moment de sérénité afin de découvrir en toute quiétude cette maison d'édtions et leur première collection intitulée "Sagesse d'un métier".
Par son intitulé et son objectif, cette maison d'éditions nous propose d'ouvrir toujours davantage nos mirettes. Elle nous invite à découvrir par cette collection des plumes reconnues pour chaque métier. Grâce à leur expérience personnelle et professionnelle, ces passeurs nous montrent le contenu de leur activité avec leur sensibilité et leurs mots. J'ignore si chacun peut se retrouver dans les différents titres publiés mais les ouvrages
La sagesse de l'éditeur & La sagesse du bibliothécaire sont parvenus à me parler. Je ne suis pas éditeur, n'en ai jamais eu l'envie, pas plus que d'être écrivain et me contente d'être une lectrice, et pourtant... cet ouvrage ne m'a pas laissé indifférente.
A vous de vous faire votre propre opinion.

C'est par La sagesse de l'éditeur que j'ai commencé, attirée par l'envie de découvrir la plume de H. Nyssen dont je n'avais jamais lu aucun écrit, et que je connaissais avant tout pour sa maison d'édition.
Mélant habilement ses expériences et souvenirs, H. Nyssen nous tisse un portrait délicat et empli de sincérité sur l'édition et le monde du livre de manière générale. Ainsi qu'il l'écrit, il a la chance de connaître et de se reconnaître dans cet univers. Lecteur tout d'abord, différentes tentatives vers le milieu de l'édition ensuite, écrivain lui-même, rencontres avec d'autres écrivains  auprès desquels il se nourrit afin de donner vie à son entreprise ...
Par la magie des mots il nous fait toucher du doigt ce qu'il nomme la folie "(...) source d'audace parce qu'elle a pour effet de libérer de la contrainte des réalités ceux qui en sont ou s'en font la proie. Et de céder au plaisir d'un livre d'humeur. (...)"
Folie très douce aux yeux du lecteur mais au détour d'une phrase on découvre la douleur parfois de cette folie ; sa cohabitation avec la joie vers laquelle le mène l'entrain, les rencontres, et le quotidien qui parfois semble extraordinaire lorsque le temps a passé et que l'on prend le temps de se retourner.
En 7 courts chapitres*, l'auteur nous dit tout ou presque sur ce monde décrié, fascinant pour les uns et qui semble bien loin de notre univers parfois.
Il n'édulcore rien, n'oublie rien : qu'il s'agisse des opérations marketing, des romans commerciaux, comme des craintes de l'échec.
Le plus court chemin pour mieux vous faire comprendre le contenu de ce livre n'est pas seulement de vous inviter à le lire, mais en vous donnant les titres choisis par Hubert Nyssen pour "découper" son propos ; je pense que vous comprendrez ainsi une partie du contenu.
1. L'éloge de la folie
2. L'art de la découverte
3. L'avatar de l'écriture
4. Le livre, objet mal identifié
5. Le lecteur invisible
6. Passeurs ou contrebandiers
7. Arrivée à ce point....

La sagesse de l'éditeur / Hubert Nyssen. L'oeil Neuf, 2006. (Sagesse d'un métier). 111 pages. 4,5*
Pour la leçon de lecture, ce jour-là, ma grand-mère avait choisi, dans une version à l'usage de la jeunesse, le passage du Don Quichotte où se déroule la bataille contre les moulins.
Elle me demanda si je savais dans quelle langue avait été écrite cette histoire. J'hésitais, elle me souffla la réponse, l'espagnol. Sa question en préparait une autre. Et dans quelle langue venais-je de la lire, cette histoire? En français, pardi. Ainsi, petit sorcier, reprit-elle, tu viens de lire en français une histoire écrite en espagnol? Ma grand-mère, comme la fée Carabosse, était légèrement bossue.
Mais elle avait à mes yeux la beauté de la reine des fées, et elle me faisait ainsi goûter le philtre singulier de l'admiration et de la peur. Ce jour-là, elle venait de me révéler un monde que je n'aurais pu nommer encore mais qui serait désormais le mien. Tout avait été déversé d'un coup par sa malicieuse question : le livre, la lecture, le texte et sa traduction. Et tout y était : la découverte, l'aventure, l'écriture et le talent.


La sagesse du bibliothécaire m'a, tout d'abord, inspiré davantage de craintes. Par rapport à la plume de l'auteur tout d'abord, par rapport à un monde que je connais davantage sans doute. Les premiers temps le côtoiement des deux éléments m'a fait craindre de ne pas réussir à entrer dans ce livre. A me demander s'il ne s'adressait qu'à un public averti de bibliothécaires et non pas plus grand public, du fait de l'utilisation de terminologies connus j'imagine uniquement par les professionnels.
Réflexion faite, il me semble normal que ces termes trouvent leur place dans cet ouvrage qui n'est pas là pour les expliquer "techniquement" parlant, mais pour donner le sens de ce métier ; ils ont donc toutes leur place même si les mètres linéaires, la bibliothéconomie et les quelques formules mathématiques (cela ne fait pas partie du métier ;-D) ne sont pas les passages les plus attachants à mes yeux.

Pris dans le rythme et, une nouvelle fois, l'expérience, les rencontres du professionnel reconnu qu'est Michel Melot, je n'ai pas vu les pages qui défilaient mais me rendais compte, vu la finesse de l'ouvrage, que je m"acheminais rapidement vers sa fin.
Cette lecture fut donc, une nouvelle fois, une très bonne expérience qui donne envie de se plonger dans d'autres titres et des univers différents.

La sagesse du bilbliothécaire / Michel Melot. L'oeil Neuf, 2007. (Sagesse d'un métier).109 pages. 4*
Le bibliothécaire aime les livres comme le marin aime la mer.
Il n'est pas nécessairement bon nageur mais il sait naviguer. L'océan du savoir qui grise tous les savants, rend modeste le bibliothécaire. La bibliothèque est ce lieu indispensable où le savoir décante. Regardez comme cet océan furieux se calme dans la bibliothèque ! Le bibliothécaire sait lire les livres sans les ouvrir. Son regard transperce les couvertures. Il visite la page de titre, l'auteur, les éditeurs, va directement au colophon, relève la date, le format, le nombre de pages, s'attarde sur la table des matières, vérifie s'il y a des index.
Il évalue enfin sa robustesse et la qualité de son papier, celle de sa mise en page et de son impression. Tout est dit. Si les auteurs savaient cela, ils feraient de faux livres uniquement pour les bibliothèques.
Par Uncoindeblog - Publié dans : Petites maisons d'édition
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /2009 10:47
L'Autre Editions, cette jeune maison d'éditions revendique des relations différentes avec ses auteurs et son public par sa démarche commerciale, mais également au travers des écrits qu'elle propose. Sans doute est-ce à partir de cela qu'elle a laissé libre cours à l'écriture de John Marcus pour écrire "une nouvelle forme de policier".
Rien de nouveau sous le soleil en ce qui concerne la formule puisque nous suivons une équipe de la PJ avec des gueules, parfois un peu stéréotypées, mais néanmoins auxquelles le lecteur pourrait s'attacher. Et c'est bien sur cela qu'auteur et éditeur comptent en nous donnant plusieurs fois des références à des ouvrages avec les mêmes protagonistes "A paraitre".
Lorsque je parlais de nouvelle forme, je voulais parler de l'écriture du roman. En plus d'une enquête, les instigateurs du genre semblent vouloir nous en donner pour notre argent et glissent tout au long des quasi 500 pages, de longs apartés ressemblant forts à des documentaires. Ainsi vous saurez tout sur les marges arrières, sur la construction du "premier hypermarché Rond-Point de Sainte-Geneviève-des-Bois, ville de banlieue située à une trentaine de kilomètres de Paris (...)", sur le nombre de ses places de parking, comment cette idée d'implantation est venue aux deux fondateurs etc...
"Polar sociétal" (terminologie de présentation visible sur le site de l'éditeur) ne veut pas dire pour moi bavardages et longs laïus qui parfois me font perdre le fil de ma lecture ou m'ennuient. Lorsque je souhaite lire un polar, je le prends pour cela. Si j'apprends des choses en sus tant mieux mais je ne souhaite pas pour autant connaître toutes les ficelles économiques du PAF (paysage audiovisuel). Certains personnages secondaires ne semblent là d'ailleurs que pour pouvoir introduire davantage de détails, exemples. Le cas de Madame Vauthier / Michu  me semble l'exemple type. Que nous apporte son évanouissement, si ce n'est un raccourci de l'auteur pour se débarasser d'elle, une fois son chapitre sur les hypermarchés terminé !
C'est d'autant plus dommage que les notions économiques contemporaines étaient intéressantes du fait notamment de l'actualité récente : la diminution de la publicité à la télévisions, le problèmes des tunnels de pub, l'affrontement des chaînes télévisées, la revendication des fournisseurs par rapport aux marges des distributeurs... (oui les sujets ne manquent pas comme vous pouvez le voir)
A trop vouloir nous donner de l'information John Marcus nous noie parfois. Du coup, l'enquête ne devient quasi qu'un prétexte et la lectrice que je suis termine son livre en soupirant et en se demandant si la ligne éditoriale sera conservée et si elle aura le courage de réessayer un ouvrage de cet éditeur.
Un roman plus condensé aurait davantage répondu à mes attentes.

L'avis de Xiane, Katell


L'éclat du diamant / John Marcus. L'Autre Editions, 2009. 465 pages. 2*
« Quel peut bien être le rapport entre l'assassinat du journaliste Frédéric Carloni en plein Pigalle, une bande de vampires assoiffés, un groupe international de communication et Gorgonzola, un petit singe de la tribu des Hominini ? »
C’est sur ces questions que s’ouvre la singulière enquête de ce polar à l’écriture cinématographique. Véritablement immergé au cœur du célèbre « 36, quai des Orfèvres », au sein de l’équipe du commissaire Delajoie, vous serez entraîné, meurtre après meurtre, dans une marche trépidante à travers les hauts plateaux de la publicité, de l’image et de la grande distribution. Une quête de vérité, semée de morts et de fantômes, où la violence des crimes se heurtera à la brutalité ordinaire du quotidien, où les évidences se transformeront rapidement en leurres. Vous voilà donc prévenu : on ne pénètre pas impunément dans la Maison de la mort.





Par Uncoindeblog - Publié dans : Petites maisons d'édition
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /2009 16:05
Ce roman est le premier de la nouvelle collection "Littératures" de la maison d'édition Aux forges de Vulcain. Elle a été fondée en 2007 et est une association.
Si vous souhaitez en savoir plus sur leur projet éditorial ou sur pourquoi Vulcain :)), suivez les liens ou leur blog.
Je crois que cette maison d'édition est avant tout amoureuse de la plume et de la lecture et, je leur souhaite bon vent (pas trop fort, juste de quoi alimenter convenablement la forge, cela va sans dire).


C'est grâve à leur volonté de partage et à B.O.B. que j'ai reçu le premier volume de la collection. Merci à eux.

Contretemps / Charles Marie. Aux forges de Vulcain, 2009. 163 pages
« Assis par terre dans sa chambre devant le thé au goût de vieille terre moite qu’il affectionnait, il méditait sur la meilleure façon de retrouver le disparu. Ce qu’il lui fallait, c’était une méthode. Une méthode de recherche. Comme il n’avait jamais cherché à retrouver personne auparavant, il prit pour point de départ l’agonie familière que lui infligeait la disparition quotidienne de ses clés, évaporées. Il retournait alors chaque objet de son appartement, soupçonnant des pires conspirations des recoins où il n’était pourtant jamais allé, en découvrant ainsi beaucoup de nouveaux, les retrouvant finalement, le plus souvent dans sa poche, parfois sur la porte, du coté extérieur. Il décidait alors, épuisé, de remettre ses projets à plus tard et de demeurer à l’intérieur pour le moment. Il était le genre d’homme à qui l’expérience n’apprend jamais rien. Ce qu’il savait, il le savait d’instinct ou du fait de ses lectures, mais ce que le monde tentait de lui enseigner par les événements, il l’oubliait toujours. »

Dubitative !!
Voilà mon premier sentiment lorsque j'évoque les premiers chapitres de ce livre. Où l'auteur veut-il nous entraîner ? Est-ce un exercice de style pour lequel je ne suis pas faîte ou auquel mon esprit reste totalement fermé ?
Puis, tout "s'éclaire". Je me laisse prendre au jeu. La musicalité de certains passages me poussent toujours plus loin dans ma lecture, mais je cherche néanmoins à savoir l'auteur veut m'entraîner. (Comme d'habitude je cherche à résoudre le livre avant de l'avoir terminé, mais tout n'est pas si simple :s). Après m'avoir emmené fort brièvement à Florence - ai-je rêvé car je ne l'ai guère reconnu cette ville que j'aime pourtant sous ses différentes facettes ? - je suis Melvin Epineuse (son personnage) à Budapest où il évoque les bains Gellert avant de se rendre aux thermes Szechenyi. Une nouvelle fois, un petit tour et puis s'en va... Nous voici à Paris.
Etrange mais fascinant roman comme peut l'être ce Melvin dont on saisit par bribes, une partie de l'histoire et pourquoi, sur un simple coup de fil il se met à la recherche de son ami Bruno.
Mais à force de vouloir laisser faire le hasard cher à Melvin, de créer de nouvelles pièces, l'auteur semble perdre le fil de son sujet et mon attention s'étiole parfois.  A force d'accumuler les idées ce n'est pas 160 pages qu'il aurait fallu !
Sa chute est similaire en cela au roman : il nous apprend les circonstances de la disparition de Morgane (et non pas, Cassandra), la femme aimée par Melvin, mais son verso et la présence d'Hector laisse "une fin ouverte" qui ne m'apporte pas la chute que j'attendais. Me revoilà à mon point de départ.

(...) "Il porta le verre à ses lèvres et trébucha. C'était un Montrachet, sans aucun doute, et l'un des meilleurs qu'il eut goûtés. Le vin était si noble et si long, les reflets mordorés de sa robe si profond et ses jambes si délicates qu'il crut tomber amoureux une fois de plus.
Parfois il tombait ainsi amoureux d'êtres inanimés, ce qui lui apportait quelques problèmes ainsi que de grandes satisfactions. La dernière fois que cela lui était arrivé, c'était à Strasbourg, devant la jeune fille aux yeux d'or de Renoir. Il était resté là-bas une semaine, lui rendant visite tous les jours avec l'assiduité fébrile d'un jeune soupirant. (...)"
pp. 56-57
Encore un verre (coïncidences lorsque tu nous tiens, lol)
(...)"Après avoir tout préparé, Melvin tendit son verre et contempla le trouble qui se répandait en son sein sous la forme d'un nuage irrésistible opacifiant peu à peu son contenu émeraude. Quand il ne demeura plus aucune trace de transparence, il porta le verre à ses lèvres, frissonnnant sous l'effort qu'il faisait à chaque instant pour réprimer ses pensées et sentiments. Il voulait en boire jusqu'à ce que ne coule plus dans ses veines que du jade liquide et froid, le prétrifiant peu à peu jusqu'à lui donner l'indifférence superbe des marbres ou des vieux arbres." (...) p. 74

Par Uncoindeblog - Publié dans : Petites maisons d'édition
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