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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 23:00

Vacances au pays perdu  / Philippe Ségur. Le Livre de Poche, 2010. 217 pages3*

Un graphiste hypocondriaque, végétarien et tyrannisé par ses enfants, rêve d'aventure.
Le jour où il découvre que les salades, les purées et les pâtes dont il conçoit les emballages sont bourrées de pesticides, d'hormones de croissance et d'antibiotiques, il décide de rompre avec le système et de fuir la société de consommation. Il s'embarque avec son meilleur ami pour un périple qui va le conduire à découvrir, loin des circuits touristiques, le dernier pays des merveilles. De ce pays fameux, notre anti-héros, perclus d'angoisses et aliéné par le système avec lequel il veut rompre, ne verra pas grand-chose...
Vacance au pays perdu, roman plein d'humour et d'amertume, dresse le portrait d'un homme condamné à être exclu du monde où qu'il aille. L'aventure, d'accord, mais à l'étranger, était-ce bien raisonnable ?

 

Des caricatures de touristes, et pas forcément des meilleures, voilà l'image que m'inspirent les deux protagonistes de cette histoire.

On peut lire ce livre à bien des niveaux et je pense y avoir perçu beaucoup d'ironie et une volonté d'humour tant les situations dans laquelle notre graphiste hypocondriaque se retrouve, peuvent parfois sembler totalement abracadabrantes. Lui et son ami "Cri-Cri", avocat de son état, qui a tout vu, tout fait et sait tout sur les voyages à l'étranger font réellement une paire totalement loufoque. Tous deux semblent absolument irresponsables dans leurs décisions, leurs actes...

L'"idée de génie" pour Philippe Ségur semble être d'avoir eu l'idée de les entraîner en Albanie qui se relève difficilement du communisme et de la guerre qui s'est déroulée dans leur pays voisin, le Kosovo, dont la langue est inconnue de l'un et de l'autre. Je mets cette notion d'idée entre guillemets car elle lui facilite grandement les choses pour plonger ces deux personnages, naïfs et insolents avec leur pouvoir d'achats, dans des situations où les traits deviennent bien vite énormes. Plutôt que d'y voir un ton ironique par rapport à ce pays, ce texte m'a semblé davantage se moquer de cet idéaliste hypocondriaque qui étouffe dans notre société de consommation, mais va voir tous ses beaux principes basculer dans ce pays qu'il ne maîtrise pas, pas plus que la bouée de secours qu'il a cru emporter avec lui : son ami Cri-Cri Leur pensée européenne, leur fric abondant pour ce pays ou leurs téléphones portables ne font guère le poids face à leur bêtise. 

Des stéréotypes malheureusement que je retrouve à chaque fois que je pars à l'étranger et qui me font quitter précipitamment le lieu où ils se trouvent, craignant l'amalgame avec de telles personnes. De la même manière, à force de voir les poncifs s'accumuler une certaine lassitude m'a gagné (j'étais partagée entre l'incrédulité et ce "comique de répétition" que j'ai beaucoup de mal à trouver drôle) et j'avais hâte de connaître la chute de ce livre, de voir comment ils allaient enfin prendre conscience qu'ils n'avaient rien à faire dans ce pays (choisi au hasard et sans avoir pris de renseignements suffisants) et quel serait leur chemin de retour. Qu'allait-on pouvoir retirer ce graphiste de son voyage ? Sans spoiler je dirais, sans doute la même chose que ces touristes qui veulent manger français à l'étranger, disent avoir tout vu à leur retour et s'empressent de faire la leçon sur le pays visité à tous ceux qui veulent bien les écouter. 


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Published by Uncoindeblog - dans Un peu de lecture
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Lucile 28/09/2010 14:01



Hum, largement dispensable, donc, si j'ai bien compris!



Uncoindeblog 06/10/2010 21:10



C'est particulier. Amusant un moment, mais peu s'avérer un peu usant à la longue. Ce qui me gêne c'est que je ne suis pas totalement parvenue à comprendre ce que
voulait montrer l'auteur.