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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 10:55

http://www.decitre.fr/gi/17/9782702434017FS.gifUn pied au paradis / Ron Rash. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle Reinharez. Editions du masque, 2010. 262 pages.

Oconee, comté rural des Appalaches du Sud, début des années cinquante.
Une terre jadis arrachée aux Indiens Cherokee, en passe d'être à jamais enlevée à ses habitants : la compagnie d'électricité Carolina Power rachète peu à peu tous les terrains de la vallée afin de construire une retenue d'eau, immense lac qui va recouvrir fermes et champs. Pour l'heure, la sécheresse règne, maïs et tabac grillent sur pied. Le shérif Alexander est le seul gars du coin à avoir fréquenté l'université, mais à quoi bon, quand il s'agit de retrouver un corps volatilisé ? Car Holland Winchester est mort, sa mère en est sûre, qui ne l'a pas vu revenir à midi, mais a entendu le coup de feu chez le voisin.
L'évidence et la conviction n'y font rien : pas de cadavre, pas de meurtre. Sur fond de pays voué à la disparition, ce drame de la jalousie et de la vengeance, noir et intense, prend la forme d'un récit à cinq voix : le shérif, le voisin, sa femme, leur fils et l'adjoint.

 

5 voix qui se croisent sur une vingtaine d'années. La plus longue est celle du shérif qui nous plante le décor, nous raconte cette journée où tout a basculé, mais surtout nous montre le quotidien, l'âme de cette région et des "petites gens" de ce comté. L'apprentissage difficile à la vie moderne pour ceux qui, toujours, ont été bercé par la terre, mais que les aléas de la vie : blessure, amour contrarié..., difficultés à subvenir aux besoins des siens en raison des conditions climatologiques, du hasard et des drames de la vie doivent opter pour une vie différente, un abandon de cette terre qu'ils voyaient comme nourricière.

Ron Rash se fait le chantre de tous ces êtres, de leur vie, de leur quotidien, de leur amour de la terre et des paysages qui les environnent. Il sait également à merveille décrire la perte de l'enfant, les espoirs de paternité et maternité qui bousculent le couple et met la vie sens dessus-dessous.

Il raconte aussi la vie qui bascule du mauvais garçon du village que la guerre a meurtri et qui cherche son échappatoire, comment il peut se raccrocher à la vie, en quoi il peut croire. Et lorsqu'il disparait, les voix du couple de voisin racontent ses derniers jours de présence.

Derniers jours de la vie d'un homme, derniers jours d'une existence sur une terre parfois aride et dure avec ces hommes et ces femmes. A l'aube où tout va être englouti par les eaux et par l'avidité d'une grande compagnie se joue l'ultime partie quelques 18 ans après la disparition de Holland Winchester. Qu'est devenu son corps ? La question a toujours taraudé le shérif mais, sans doute ne s'attendait-il pas à que tout bascule ce jour là. Lorsque les vivants et les morts se retrouvent..

La construction du roman est, ma foi, originale, et, à l'image du shérif Alexander, des idées sur la disparition du cadavre j'en avais mais pas celle à laquelle s'adonne l'auteur.

 

 

Un bon billet de Télérama (avec qui je suis rarement d'accord) qui sait dire les choses sans vous spoiler l'histoire - chapeau !

L'avis de Papillon.

 

Billet lu en partenarait avec BOB et les Editions du Masque .

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commentaires

yueyin 17/10/2010 21:00



oh mais j'adore ce genre d'histoire... bon je note alors, pourtant je viens de prendre pour le nième fois des tonens de bonnes résolutions *soupir*



Uncoindeblog 21/10/2010 17:44



Oui, compte ta PAL, LoL



In Cold Blog 17/10/2010 17:52



Un décor, des personnages et une atmosphère qui devraient me plaire : je surligne.



Uncoindeblog 21/10/2010 17:44



Surligne, surligne.... :-D



Karine:) 17/10/2010 12:31



Je suis rarament tentée par ce genre d'histoie... mais là, ça m'intrigue!!!



Uncoindeblog 21/10/2010 17:40



Vraiment après un peu d'appréhension, je suis sortie pas mécontente du tout de ma lecture