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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 22:02
http://www.decitre.fr/gi/47/9782253115847FS.gifNe tirez pas sur l'oiseau moqueur / Harper Lee. Roman traduit de l'anglais par Isabelle Stoïanov. Postface d'Isabelle Hauser. Le Livre de Poche, 2009. 448 pages. 4,5*
Dans une petite ville d'Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout.
Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 - au coeur de la lutte pour les droits civiques -, connut un tel succès. Il ne suffit pas en revanche à comprendre comment ce roman est devenu un livre culte aux Etats-Unis et dans bien d'autres pays. C'est que, tout en situant son sujet en Alabama à une époque bien précise - les années 1930 -, Harper Lee a écrit un roman universel sur l'enfance confrontée aux préjugés, au mensonge, à la bigoterie et au mal.
Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le Prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur s'est vendu à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde entier.

Vu à la hauteur d'une enfant, Scout, que nous suivrons durant 3 années, la vie pourrait sembler plus douce, même durant les années qui suivent la grande dépression des années 30. Mais, confrontée aux événements de sa petite communauté du Sud, Scout vit des événements qui, s'ils semblent parfois incompréhensibles ou difiiciles de son point de vue, nous rappellent la réalité économique et sociale des Etats-Unis et plus particulièrement de ces Etats ségrégationnistes. Grâce à l'humour distillé, au quotidien de ces enfants (Scout, Jem son frère et leur ami Dill) dont le regard suit les événements et affrontent le regard des étrangers à leur ville (l'institutrice qui vient d'une autre ville et ne peut comprendre et connaître la pauvreté de certaines familles), de l'ancien faste de familles qui ne possédent désormais quasi plus que leurs nom et arbre généalogique (la famille Finch au premier plan), de la vie domestique et religieuse de cette communauté, de leurs relations avec leurs concitoyens noirs devenus des hommes libres mais, qui demeurent aux yeux de quasi tous une source de peur parfois ,mais  surtout d'amertume confrontés aux réminiscences de la défaite des confédérés.
Tolérance, intégrité tels pourraîent être les maîtres mots de ce roman dont la lecture ne m'a pas ennuyée une seule seconde, mais également un roman d'apprentissage grâce au regard un peu flou d'Atticus Flinch, qui distille à ses enfants une liberté tant d'espace que de réflexion, les invitant à réfléchir par eux-mêmes, à grandir où à se poser les questions qui correspondent à leur âge. Bien entendu il n'est pas pour autant un surhomme, ses enfants ne sont pas forcément des surdoués ou des anges, mais le tout nous permet d'intégrer l'histoire avec plus d'aisance et de réalisme.
Comme le fait si justement constaté Isabelle Hauser dans une postface fort documentée et réfléchie, il est étonnant de constater que nous saurons peu de choses au demeurant d'Atticus : - pourquoi a-t-il cessé de chasser, - à quoi est due la mort de sa femme etc... mais que tous ces éléments s'ils nous intriguent, ne coupent en rien la lecture de ce roman, fort et finement ciselé.

Papillon partage mon enthousiasme, ne parlons pas de Tamara ;-D.
Si vous ne l'avez pas encore lu, le moins que l'on puisse dire et que vous avez de la chance :))

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commentaires

Luna 04/07/2011 09:48



Je viens tout juste de termier Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur et c'est définitivement une très belle découverte. Ce livre m'a vraiment émue.


C'est assez étonnant de voir des gens se faire mettre de côté comme ça, parce qu'ils ont une mentalité qu'on qualifierait de "normale" de nos jours... De voir Scout et Jem qui ne comprennent pas
vraiment ce qui se passe jusqu'au procès clairement joué d'avance... 


J'ai beaucoup aimé ce livre, je comprends mieux pourquoi il est l'une des références de la littérature américaine, il le mérite, c'est certain :)


 


Si ça t'intéresse, je viens de publier mon avis sur mon blog...


Joli article, je reviendrais ;)


Bonne continuation !!



Uncoindeblog 06/08/2011 11:35



Merci ! Oui c'est effectivement un beau texte.



Nicolas 14/07/2010 15:11



J'ai adoré ce roman, et je pense justement que la part de mystère (notamment en ce qui concerne Atticus et le voisin) lui donne une dimension fascinante. C'est une très bonne lecture, malgré tout
de même un début un peu lent.



Uncoindeblog 17/07/2010 22:09



C'est vrai que le début est lent ; il faut se laisser gagner par le rythme - illustration de la vie quotidienne ?



la librivore 08/05/2010 20:47



J'ai beaucou aimé moi aussi. C'est vrai que j'ai trouvé ce père génial, par la tolérance, l'amour et l'espace qu'il offre à ses enfants comme tu le soulignes très bien. Il leur demande de trouver
leur chemin et de faire les choses à leur manière. Quel plus beau cadeau peut-il y avoir de la part d'un père ?(j'ai mis un lien vers ton article afin de confronter les critiques).



Uncoindeblog 14/05/2010 13:09



Merci !



Meria 12/03/2010 17:19


Ah, toi aussi tu es tombée sous le charme


Uncoindeblog 14/03/2010 23:10


Tout à fait :)
Je signerai bien les yeux fermés pour un autre roman, mais il n'existe pas :(


Alex-Mot-a-Mots 10/03/2010 16:54


Un roman très intéressant qui décrit très bien l'atmosphère des petites villes américaines.


Uncoindeblog 11/03/2010 16:50


Sans aucun doute.