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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 15:29

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/0/7/0/7/9782070757237FS.gifLolita / Vladimir Nabokov. Traduit de l'anglais par Maurice Couturier. Gallimard, 2001. 470 pages. 1,5*

" Ainsi donc, aucun de nous deux n'est en vie au moment où le lecteur ouvre ce livre. Mais tant que le sang continue de battre dans cette main qui tient la plume, tu appartiens autant que moi à la bienheureuse matière, et je puis encore t'interpeller d'ici jusqu'en Alaska. Sois fidèle à ton Dick. Ne laisse aucun autre type te toucher. N'adresse pas la parole aux inconnus. J'espère que tu aimeras ton bébé. J'espère que ce sera un garçon. J'espère que ton mari d'opérette te traitera toujours bien, parce que autrement mon spectre viendra s'en prendre à lui, comme une fumée noire, comme un colosse dément, pour le déchiqueter jusqu'au moindre nerf. Et ne prends pas C. Q. en pitié. Il fallait choisir entre lui et H. H., et il était indispensable que H. H. survive au moins quelques mois de plus pour te faire vivre à jamais dans l'esprit des générations futures. Je pense aux aurochs et aux anges, au secret des pigments immuables, aux sonnets prophétiques, au refuge de l'art. Telle est la seule immortalité que toi et moi puissions partager, ma Lolita"

 

Disons le tout net, au risque de me prendre des commentaires dithyrambiques et de toutes sortes, mais j'ai DE-TES-TE ce livre ! M'imaginant que quelque chose pouvait le racheter, nonobstant parfois quelques belles pages décritures*, la chute n'a absolument pas tenu mes espoirs dans cet ouvrage et je regrette amèrement de m'être contrainte à le terminer !

Le côté positif est que, désormais, je l'ai lu et puis donner mon opinion si l'on en parle devant moi.

Vous allez me demander pourquoi je l'ai lu ? Dans le cadre de notre Hiver Russe, car depuis le temps que j'en entendais parler, je me disais que c'était là l'occasion de le lire. Je croyais connaître le sujet et cela ne me dérangeait guère. Enfin je croyais... car dans mon innocente compréhension, cette relation était basée sur le désir mutuel des 2 protagonistes. C'est là où je me trompais. Oui, Lolita est une jeune ado quelque peu provocante, jouant de ses charmes et loin d'être innocente comme le découvrira Humbert Humbert. Mais leur prime relation sexuelle est avant tout un viol car, il espère abuser d'elle grâce à des narcotiques.

En sus de cet aspect, le personnage de Lolita m'a fortement déplu. Je croyais lire l'histoire d'une adolescente mûre pour son âge, mais il ne s'agit que d'une gamine qui se soumet au désir de son compagnon pour des bonbons ou quelques menus privilèges. La relation est avant tout basée sur l'achat de faveurs de part et d'autre, une relation monnayée. Sans doute, mon imaginaire avait-il idéalisé cette relation, et c'est certainement cela qui m'a le plus désappointée.

L'histoire pourtant me semblait porteuse et le personnage d'Humbert Humbert n'était en rien inintéressant. Ses manières et ses charmes envers les femmes et notamment sa relation avec la mère de Lolita m'ont parfois fait sourire ou agacé. 

Enfin j'ai réellement aimé cette comparaison Europe / Etats-Unis, le décalage suscité par cet homme vieil Europe, ses manières qui semblent si distingué (si l'on omet ses désirs) et ces villes et personnages si moyens : l'archétype, la mère de Lolita, et quelques voisins tout comme bon nombre des personnages qu'ils vont rencontrer au cours de leur périple.

La succession des hôtels, motels, autres lieux d'hébergements ou de repos au cours de leurs road trips reste une image involontairement intéressante des années 50.

En dépit de cela, je ne conseille cet ouvrage à personne.

 



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commentaires

Choupynette 01/04/2013 19:13


eh bien! voilà un billet rondement mené... et qui titille tout de même ma curiosité. Et rassure-toi, tu n'es pas la seule à avoir imaginé la relation Lolita/HH ainsi!

Uncoindeblog 05/04/2013 13:56



Je n'allais pas dire le contraire quand même :)