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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 23:38

http://www.decitre.fr/gi/63/9782283022863FS.gifLes jarres chinoises / William C. Gordon. Roman traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Julie Sibony.  Buchet Chastel , 2010. 309 page. 3,5*

" Reginald Rockwood III est décédé ce jour à l'âge de trente-cinq ans.
Il était l'héritier d'une des plus grandes fortunes de Californie". Samuel Hamilton, fidèle compagnon de libations du disparu, découvre ces quelques lignes dans la rubrique nécrologique du journal local de San Francisco. Pourquoi et comment le sémillant Rockwood est-il mort ? En reporter néophyte, Hamilton se lance dans l'enquête, avec l'aide de son ami Charles, assistant du procureur général de Californie, lui-même absorbé par un trafic d'oeuvres d'art en provenance de la Chine communiste. Ils écument ensemble les ruelles de Chinatown. Leurs investigations progressent au rythme des cadavres, et des ramifications de plus en plus nombreuses brouillent les pistes. Une question lancinante les obsède : qui tire donc les ficelles ? Des policiers corrompus, des hommes d'affaires véreux ou des malfrats de seconde zone? William Gordon signe là un brillant roman d'atmosphère, dans la veine de Raymond Chandler.

 

Premier roman de l'auteur.

Potentiel certain des personnages même si j'ignore si W. C. Gordon souhaite en faire des héros récurrents, mais ma première impression serait de répondre par l'affirmatif :) ; nénamoins je n'ai pas eu encore le courage de vérifier si mon intuition est bonne.

Les événements se déroulent en 1960 à San Francisco, ce qui semble laisser un champ d'actions assez intéressant à notre auteur. Ici, millionnaire et bas fonds de Chinatown se côtoient. Les flics sont bien entendu corrompus, mais les indics peuvent se révéler de fidèles alliés. Les couleurs de peau déterminent votre importance dans la hiérarchie de la ville dominée par les irlandais et les italiens d'origine. Hommes et femmes ont leur franc parler, la vie est difficile mais les communautés soudées et la confiance, une fois accordée, demeure.

Quant au personnage principal, Samuel Hamilton, grand dadais dont l'évocation des pellicules donnent envie d'accélerer le temps vers ce shampoing faisant la réclame de son utilisation * mais je m'abuse*, on s'attache à lui en dépit de son allure de traîne-savates, de pauvre bougre au manteau brulé par ses cigarettes, amateur de whisky glaçons... Un portrait peu flatteur couronné par son manque d'expérience de la vie et sa maladresse avec les femmes. Mais ce jeune homme n'est pas né avec une cuillère dans la bouche, l'auteur en fait un portrait profondément humain par toutes ces maladresses, sa franchise et son amitié éternelle qui l'entraîne sur la piste du mystérieux décès de son ami Rockwood.

Enfin ami c'est vite dit, comme il va rapidement s'en rendre compte. Car qui connaissait réellement cet homme ? Progressivement nous allons nous rendre compte que rien ni personne ne peut dire qui il était, même pas Melba la patronne du Camelot, pourtant si observatrice.

Pour l'aider dans cette enquête, Hamilton n'est après tout que vendeur de publicité dans le journal local en dépit de ses aspirations à devenir journaliste d'investigation, notre héros va faire appel à un assistant du procureur, qui semble encore plus tacheron que lui si cela est possible. Bientôt leurs enquêtes personnelle et professionnelle vont s'enchevêtrer et tous deux seront aux premières loges, risquant leur vie avant d'élucider * pas forcément avec brio * avec de la patience, de la chance et un peu d'habileté une affaire qui les dépasse.

Comme je le disais, un premier roman fort sympathique mais où quelques maladresses perdurent à l'image de Samuel. Mais le tout en fait un vrai bon moment de lecture qui devrait réjouir plus encore ceux qui connaissent la ville de San Francisco ; en suivant les déambulations de Samuel Hamilton la promenade devrait leur rappeler quelques souvenirs.


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