Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Archives

9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 21:31

http://auteurs.contemporain.info/docs/83_GaetanSoucy.jpgLa petite fille qui aimait trop les allumettes / Gaétan Soucy. Points, 2000. 180 pages

Deux enfants sont livrés à eux-mêmes après le suicide de leur père. La Loi paternelle disparue, ils vont découvrir le monde et chercher à forger leur identité. Mais cette liberté nouvelle est une épreuve qu'il n'est pas toujours facile de négocier quand le réel côtoie chaque jour l'imaginaire et que le monde " civilisé " se comporte de bien étrange manière... Récit impossible à raconter, à la fois désopilant et grandiose, plein de surprises et d'enchantements, La Petite Fille qui aimait trop les allumettes est porté de bout en bout par une langue tout ensemble farfelue et éclatante. Ce qui prouve bien deux choses, si besoin était : à savoir que la littérature est d'abord une fête du langage, et que Gaétan Soucy occupe une place aussi unique qu'incontestable.

 

Un texte qui ne peut laisser le lecteur indifférent, par sa composition, son écriture étrange et pittoresque, mot utilisé pour un autre, vocabulaire parfois inventé, parfois hors d'âge, en un seul mot : étrange !

Etrange et parfois dérangeant à l'image de cette histoire dans laquelle le lecteur se trouve plongé, mené il ne sait où, attendant des explications que le narrateur semble bien en peine de lui donner, qui lui échappe au détour des événements mais dont on ne connait jamais  les méandres de la pensée. Des informations distillées qui laissent bien des interrogations au lecteur et qui ne font qu'augmenter au fil de la lecture. Et même si je les ai un tantinet oubliées en achevant ma lecture, un goût d'inachevé a pointé son nez. Pas seulement en raison de tout ce que nous ne savons pas mais surtout par rapport au devenir de ces enfants perdus. La folie semble guetter chaque page, chaque mot utilisé, mais la douleur, l'incompréhension persiste.

On comprend au fil des pages l'influence de la religion, dans une éducation hors d'âge et l'influence dans le vocabulaire, mais cela reste une grande claque et la confrontation avec l'extérieur, leur quasi absence de relation avec ce monde apparait comme irréel. Chaque page, chaque phrase donne un peu plus de sens à l'existence de cette famille, tout en nous renvoyant à une intrigue toujours plus grande.

Il est étonnant qu'un aussi court ouvrage puisse poser autant de questions, tout en jouant avec le lecteur comme avec le vocabulaire.

Une découverte tardive, liée au décès de Gaétan Soucy. Merci à Cryssilda de l'avoir suscitée.   

Partager cet article

Repost 0
Published by Uncoindeblog - dans Auteurs québecois
commenter cet article

commentaires

Lystig 11/08/2013 09:34


une lecture surprenante !

Uncoindeblog 11/08/2013 21:27



Tour à fait !



Le Papou 11/08/2013 01:15


Un excellent roman et pour Québec en septembre j'en prévois un autre.


Le Papou

Uncoindeblog 11/08/2013 21:25



Ah je viens de sortir mes munitions pour Québec en Septembre (grâce à Abeille, je suis bien achalandée), mais je ne dis pas que je ne vais pas me laisser tenter
par un autre titre. Bonne lecture Le Papou.



Cryssilda 10/08/2013 22:49


Je ne suis pas restée sur ma faim une fois le livre refermé... finallement on a toutes les réponses aux énigmes de la situation initiale. Comme je te l'ai dit, il existe une suite, mais qui n'est
pas, pour moi, du niveau de La petite fille... je pourrai te prêter le livre si tu veux !


Merci pour ta participation !

Uncoindeblog 11/08/2013 21:23



Oui je me souviens de notre discussion. Ah je pensais à un autre titre pour la suite. Non merci, je vais rester sur ma prime idée pour lire un autre ouvrage de
Gaétan Soucy. Merci à toi !



DENIS 10/08/2013 22:17


oui, une vraie surprise ce livre, lu il y a deux ans


j'ai lu pour ier, Music Hall ! , plus fort encore à l'écriture classique mais quel talent littéraire, à lire absolument

Uncoindeblog 11/08/2013 21:22



Ce n'est pas celui qui m'intrigue le plus, mais il est fort possible que je me laisse tenter.