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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 10:20

http://www.decitre.fr/gi/51/9782253128151FS.gifLà-haut vers le nord / Joseph Boyden. Nouvelles traduites de l'anglais (Canada) par Hugues Leroy. Le Livre de Poche, 2010. 316 pages. 5*

Là-haut, vers le nord de l’Ontario, vivent des femmes et des hommes, indiens pour la plupart.
Joseph Boyden évoque avec sensibilité leurs histoires singulières au parfum de légende : une jeune fille tombe amoureuse d’un loup ; un jeune homme prétend envers et contre tout être un ours … Ces nouvelles étonnantes de l’auteur du Chemin des âmes, mélange fascinant d’émotion, de violence et de poésie, dessinent les pleins et les déliés d’une communauté humaine.En quelques pages éclate tout le talent du jeune écrivain canadien aux racines indiennes : la dérision et l’ironie salvatrices ; l’humour à froid et l’incommensurable tristesse.
Martine Laval, Télérama.Là-haut vers le nord, au milieu du chaos, résiste toujours une lueur tendre, un clin d’oeil ironique, une parenthèse de délire ou de flamboiement lyrique. Magistral. Marie Chaudey, La Vie.

 

 

13 nouvelles, 4 cycles dont le dernier ressemble à un chant où, sur le fonds du suicide d'une jeune fille,  se font entendre 4 voix se répondant, faisant écho à ce que, tout au long de ce livre, Joseph Boyden s'est attaché : décrire la violence de la civilisation indienne confrontée à une civilisation voulant à tout prix l'occidentaliser, la glisser dans un moule qui ne répond en rien à leur culture. Tous les moyens furent bons pour briser les "fortes têtes" qui n'en demandaient pas tant.

Résultat : une civilisation qui se cherche, amère envers l'étranger, le blanc en qui la confiance ne peut plus exister. Une rébellion et une recherche de paradis artificiels tous plus destructeurs les uns que les autres : alcool, drogue, jeu etc...

Amer constat c'est certain mais tout l'ouvrage n'est pas aussi noir d'un bout à l'autre ; il va crescendo dans la noirceur, même si la souffrance de ce peuple, la pauvreté revient de manière inéluctable. C'est aussi et avant tout, un grand cri d'amour vers cette culture, l'héritage Crew à commencer par la langue tyrannisée, supplantée de manière obligatoire par l'anglais par un déni de la culture mais présenté comme une volonté d'intégrer ce peuple par les "civilisateurs".

Las, les pensionnats n'ont pas seulement détruits les familles et la culture, ils ont confronté des générations à des perversions, des pédophiles, détruisant les futures générations physiquement et psychologiquement.

Alors oui, ainsi que je le mentionnais l'ouvrage est souvent sombre, et parfois, la larme est proche, mais il se veut également un recueil d'histoires, de références aux croyances indiennes, un retour à la  transmission orale de ces histoires, des savoir faire, de l'entraide entre la famille et les membres élargis de la communauté. Nul besoin de la religion pour appliquer cette réalité ! Mais, XXème siècle ou pas, les hommes de dieu s'imaginent tout savoir et ne supportent pas que les croyances et les savoirs ancestraux puissent dépasser ce en quoi ils croient. Quel dommage qu'ils oublient leur fonction première : l'écoute ; sans doute le mal aurait pu être un peu moindre sur certains points. 

Joseph Boyden sait à merveille nous raconter tout cela. Merci à des auteurs comme lui qui on sut retrouver leurs racines afin de mieux nous les faire comprendre.


La belle critique de Martine Laval (Télérama ; et moi qui pensais ne jamais être d'accord avec ce magazine) à qui j'aurais aimé volé tous les mots et même la citation de l'ouvrage qu'elle donne :)

InColdBlog qui m'a permis de découvrir cet auteur - Merci !!! -

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commentaires

Aliénor 08/11/2010 20:56



Le chemin des âmes est encore mieux !



Uncoindeblog 10/11/2010 14:25



Je sais qu'il est excellent pour l'avoir lu voici 2 ans avant de rencontrer Joseph Boyden pour la première fois :)



In Cold Blog 06/11/2010 15:05



Cette noirceur que tu soulignes (car plus présente que dans Le chemin des âmes) est de nouveau au rendez-vous des Saisons de la solitude dans lequel je retrouve ce même
désenchantement, cette même lassitude. Et pourtant, malgré la souffrance de ce peuple, il y a toujours de la place pour les sentiments nobles et les croyances qui réchauffent le coeur.



Uncoindeblog 10/11/2010 14:28



Oui c'est ce que j'ai lu en te lisant (et oui je passe sans même dire bonjour :s). Je vais m'y plonger....



**Fleur** 06/11/2010 14:39



Je n'ai pas encore lu le Chemin des Ames qui est plus connu que celui-ci, en revanche Là Haut vers le Nord m'a beaucoup plu. C'est une belle lecture souvent triste parfois...



Uncoindeblog 10/11/2010 14:27



Les deux sont vraiment e belle facture mais nénamoins différents.