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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 06:43

http://www.decitre.fr/gi/04/9782253053804FS.gifFrankie Addams / Carson McCullers. Roman traduit par Jacques Tournier. Le Livre de Poche, 2008. 223 pages

. " Cher papa, C'est une lettre d'adieu, en attendant que je t'écrive d'un autre endroit.
Je t'avais prévenu que je quitterais cette ville parce que je ne pouvais pas faire autrement. Je ne peux pas supporter plus longtemps cette existence, parce que la vie est devenue pour moi un fardeau. J'ai pris le revolver parce qu'on ne sait jamais, mais je peux en avoir besoin, et je te renverrai l'argent à la première occasion. Dis à Bérénice qu'elle ne s'inquiète pas. Tout est venu de l'ironie du sort, et ça ne pouvait pas être autrement.
Je t'écrirai plus tard. Papa, je t'en prie, n'essaie pas de me rattraper. Bien à toi. Frances Addams. " Six ans après Le cœur est un chasseur solitaire, qu'elle a publié à 22 ans en 1940 et qui l'a rendue célèbre, Carson McCullers (1917-1967) écrit Frankie Addams, son deuxième chefs-d'œuvre, avec toujours cette question lancinante chez la grande romancière américaine du sud des Etats-Unis : pourquoi est-il si difficile de passer de l'enfance à l'âge adulte, si compliqué aussi de conclure la paix avec soi-même ?

 

 

Par certains côtés, l'impression de replonger dans "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" : la chaleur, la gouvernante noire, la mère décédée, un père beaucoup plus absent, qui semble même quasi inexistant et cette enfant, pré-adolescente : Frankie. Pré-ado qui s'ignore et qui ne sait pas que les quelques semaines durant laquelle nous allons la suivre, sa vie va basculer. Non pas vers le danger qu'elle semble attirer de par son inexpérience, sa volonté d'être considérée comme quelqu'un d'autre, mais simplement le temps qui passe et qui l'entraîne vers l'âge adulte. Elle n'en est pas consciente et en dépit de son comportement, même la cuisinière noire, Bérénice, au fait de l'existence et de sa petite Frankie ne parvient pas à le percevoir.

Pourtant la révolte gronde, et si le lecteur n'assiste pas en direct à toutes ses rebellions, Frankie se charge de lui narrer ses tentatives de résistance aux adultes, à ce monde étroit qui l'étouffe, qui ne la comprend pas. Et d'ailleurs qui peut la comprendre ? Un père accaparé par son travail, peu au fait de la sensibilité féminine et certainement pas plus des adolescents, qui, de but en blanc la repousse, elle et ses grandes cannes, prenant conscience que sa fille n'est plus une enfant et doit désormais dormir seule. Son frère qui ne la connaît guère plus du fait de son absence et qui lui offre une poupée, inconscient que la petite fille qu'il a laissé n'est plus.

Une adolescente qui se cherche, modifie son prénom afin de trouver / montrer sa nouvelle personnalité, cherche à bousculer son existence de par des projets de futur : partir avec son frère et sa nouvelle épousée, les accompagner dans leur voyage de noce. On sait dès le début que cet objectif est voué à l'échec mais elle s'obstine jusqu'au jour du mariage ou le drame de l'échec se noue. Les conséquences et tout ce qui va en découler sont bien loin de tout ce qu'elle avait pu imaginer mais aussi de ce que nous aurions pu imaginer de notre côté.

Carson McCullers ne s'arrête pas là ; elle a montré qu'elle savait décrire avec une grande intelligence ce mal être, le comportement de ceux qui entourent Frankie - Ceux déjà cités, mais aussi son petit cousin qui ne comprend pas pourquoi sa cousine ne veut plus jouer avec lui - . Via l'événement brutal qu'elle fait apparaître en toute fin de volume, elle semble tourner les pages de cet été et nous présente en guise de conclusion, une nouvelle tranche de la vie de Frankie qui a franchit une première étape mais n'est pas encore parvenue au bout du chemin.

Force, sensibilité se dégage de ce roman et je suis restée jusqu'au bout aux abois de ce qui pouvait advenir à cette enfant trop vite montée en graine.

 

Lu en partenariat avec  Le Livre de Poche

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commentaires

Lucile 16/10/2010 11:01



Heu... :-/ Non, désolée! ^_^ (Une VRAIE inculte, je te dis!)



Uncoindeblog 21/10/2010 17:29



Mais non. Si tu savais tout ce que je ne connais pas...



Lucile 14/10/2010 22:24



Rien de très original si je te dis que ton billet est très tentant! ^_^ Jamais lu non plus cet auteur, et si je connaissais son nom, je ne savais pas que c'était un "classique"! Hum, au moins ça
évite d'avoir honte de ne pas l'avoir encore lu! ;-) Je regarderais s'ils ont des titres d'elle à la bibliothèque de mon petit village (pas sûr du tout, ça!)



Uncoindeblog 16/10/2010 07:42



Pour une fois que je connais un auteur et pas mes voisins :)


Es-tu certaine que tu ne la connais vraiment pas ? "Le coeur est un chasseur solitaire", cela doit te parler, au moins le titre, non ?



aBeiLLe 30/09/2010 19:38



En quelques mois, j'ai noté plusieurs titres de Carson McCullers , et j'ajoute celui-ci. Je suis certaine que cette auteur me plaira! Je vais voir ce qu'ils ont à la biblio



Uncoindeblog 06/10/2010 21:07



Une très belle bibliothèque, bien achalandée ;-D Celui-ci est parti du côté de la Belgique car j'hébergais une blogeuse de ce pays lorsque je l'ai terminé (Oui
je sais mes livres se promènent, mais ainsi je sais qu'ils vivent).



Emeraude 30/09/2010 11:52



En tout cas, tu donnes plus qu'envie ! Comme ICB, je n'ai jamais lu cet auteur, pourtant classique en effet !



Uncoindeblog 06/10/2010 21:07



Pas le premier que je lis, mais je suis ravie de vous inciter à la découvrir. Bonne lecture Emeraude ;))



In Cold Blog 29/09/2010 20:36



Très tentant. Ca me donnerait au moins l'occasion de découvrir cet auteur qui fait partie des classiques que je n'ai toujours pas lus. Noté !



Uncoindeblog 06/10/2010 21:09



Quoi !!!! Toi tu ne l'as pas lu ?,?? o_o Merci je me sens moins seule lorsque je dis que je n'ai pas lu des "classiques". Je vais regarder si j'en ai un autre
d'elle car celui-ci est partie (et je pense que le précédent de cet auteur venait de la bibliothèque)