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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 06:27

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51107W68BWL._SL500_AA300_.jpgDans la Russie des Soviets / Albert Londres. Arléa, 1993. 121 pages. 2,5*

En 1920, au prix de mille difficultés - et de mille détours -, Albert Londres parvient à s'infiltrer dans la Russie des soviets. Il lui faut en effet cinquante-deux jours pour se rendre de Paris à Petrograd (Saint-Pétersbourg). En France, son reportage fait sensation. Son journal, Excelsior, annonce à la une: "M. Albert Londres est le premier journaliste français qui ait réussi à pénétrer jusqu'au cœur de la République des soviets".

 

C'est sans aucun a priori négatif que j'ai entamé cette lecture. Bien au contraire, du fait de la notoriété d'Albert Londres, j'étais absolument ravie de lire le vécu d'un journaliste des années 20 sur l'après révolution russe, dans ma langue maternelle donc sans intermédiaire.

Les premières pages ne m'ont pas déçues : la plume vole, les images s'enchaînent lorsqu'il décrit les méandres de l'obtention de son passeport et les voyages qu'il dut entreprendre afin de l'obtenir. Depuis toujours on sait que tous les chemins mènent à Rome, mais là c'est simplement ubuesque - nous sommes dans Astérix, "Les douze travaux" à l'échelle internationale (ou presque) - et; en dépit de la période où se situe cet événement, cela ne présage rien de très positif pour cette Russie naissante qui, en dépit de son discrédit politique et de la peur occasionnée par la Révolution, ne donne guère une image positive à qui souhaite pénétrer sur le territoire.

Une fois là-bas, en dépit des avertissement de ceux qui sont parvenus à sortir du pays, l'imagination du lecteur comme celle du journaliste n'est pas au bout de ses peines.

Car c'est du terrain, du vécu de chaque minute qu'Albert Londres rédigera ses écrits.

3 ans après les événements et un terrible hiver la famine règne en maître chez tous que l'on soit à Moscou ou St Pétersbourg. L'homme de la rue a peur, de tout, de rien : de sa vie au quotidien comme de tous ceux qui pourraient l'interpeler, pour un regard ou une faute qu'il n'imagine même pas lui-même. 

Les dirigeants espèrent, croient dans l'avenir de la fédération démocratique, mais au détour de chaque rencontre, à la lecture des discussions que le journaliste a avec chacun, de la retranscription  des projets pour le futur entrevus (avec une projection dans les années 70), le lecteur du XXIème ne peut qu'imaginer les souffrances que vont endurer ce peuple.

En effet, en voulant détruire tout ce qui existait, l'argent comme les valeurs passés, et avec le simple exemple des paysans ont comprend bien mieux ce à quoi sont (et seront) confrontés les hommes de cette nation, pourquoi ils meurent de faim (et combien de famine vont suivre). En refusant de rétribuer le travail des paysans, les familles rurales ne s'occupent que de ce qui leur permet de vivre / de survivre et la terre reste non cultivée ou alors par des militaires que l'on nourrit, entretien etc.

Albert Londres comprend rapidement que la forme d'idéale du communisme : même habillement pour les hommes et les femmes, pourvus 2 à 3 fois par an de ce dont ils ont besoin pour s'habiller, nourris tous de la même manière, la non existence de distribution d'argent et le respect existe déjà et s'appelle ... la caserne !

"Ainsi vivent déjà les habitants des casernes - mais ils ont vint ans... et ils comptent les jours." (page 86)

Toutes les pages ne m'ont pas parlé de la même manière mais ces pages sont un témoignage des années 20-21 et de ce que sera la Russie pendant bien des années.


Hiver russe


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Published by Uncoindeblog - dans Un peu de lecture
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Choupynette 23/01/2013 19:32


il faudrait que je m'y plonge, tiens, cela doit être intéressant! j'ai quelques nouvelles de Dosto et de Tosltoï, cet "hiver" serait l'occasion de les lire, enfin!

Uncoindeblog 29/01/2013 09:35



Hop-hop ! Enfin facile à dire. C'est suivant les envies la lecture car sinon cela ne donne pas grand chose de positif !



le Merydien 16/01/2013 00:30


Albert Londres est un grand, que cse soit sur les forçat de Cayennes ou ceux de la route, Ou alors sur l'Afrique, j'ai tout aimé, même si tout n'est pas du vécu ( beaucoup d'imaginaire parait il)
il y a un souffle qui traverse ses récits.

Uncoindeblog 29/01/2013 09:33



Ton avis en plus de ma lecture me donne très envie de poursuivre ma découverte de ces oeuvres. Et si tout n'est pas réel, c'est bien le propre des écrivains (oui
il était avant tout journaliste, mais bon...)