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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 06:27

http://www.babelio.com/users/AVT_Leon-Tolstoi_6424.jpegIdylles paysannes / Léon Tolstoï. Traduction d'Emmanule Bove et Georges d'Ostoya. La Castor Astral, 1995.140 pages. 4*

Le Père Serge / Léon Tolstoï. Traduit du russe par J.-W. Bienstock. Le temps qu'il fait, 1992.100 pages. 3 *

Ces contes de Tolstoï posent un regard aigu sur la société paysanne russe au tournant du XXème siècle. Tolstoï s'intéresse particulièrement à la représentation de femmes redoutables et volontiers diaboliques. Placés dans un contexte passionné, ses personnages sont confrontés à des situations extrêmes dues le plus souvent aux frasques féminines.

Le Père Serge est l'histoire d'un jeune prince comblé qui quittera le monde pour devenir moine. S'infligeant les plus dures épreuves afin de taire en lui l'ambition et le désir de gloire, il se fera ermite, sera tenté plus rudement encore, péchera et combattra au point que sa sainteté sera connue dans toute la Russie. Il lui faudra, pour retrouver le chemin qui mène à Dieu, devenir errant et se perdre dans l'anonymat.

 

Des trois contes c'est le premier et le plus long qui m'a davantage plu : "Une idylle". Sans doute sa longueur m'a-t-elle permis de rester dans le texte et de suivre le personnage de Mélanie et ses histoires amoureuses qui semblent prétexte à montrer la condition féminine, les harcèlements (le mot n'existait pas, selon va sans dire) que les femmes vivent, qu'elles soient mariées ou non, leur quotidien de tous les jours et les travaux auxquels elles participent dans les campagnes. Sans être un portrait totalement détaillé  de cette jeune femme, on s'attache à ses tours d'esprits, son adresse et sa chance à échapper à tous ces hommes qui la convoitent. Elle n'est pas la plus aimable et la meilleure lorsque l'on voit son comportement avec le valet mais il semble qu'elle profite de la jeunesse, de la naïveté de ce jeune homme pour lui faire endurer les railleries de certaines.

Ainsi que je le mentionnais tout est scrupuleusement détaillé et le texte se lit d'un bout à l'autre avec attention. Même chose pour les deux contes qui suivent. "Les deux retours" voit un homme dont le passé n'est pas exempt d'erreur revenir pour la dernière fois sans son village. Quant à "Le père et la fille" il narre de manière abouti (car moins tardive) de la réconciliation après la maternité de sa fille.

Le Père Serge nous montre tous les tourments de l'homme quant à sa volonté de devenir le meilleur dans tout ce qu'il fait et souligne ses faiblesses. Au seuil de sa vie, alors qu'il avait fini par la consacrer à Dieu, il prend conscience *spoilers* que sa cousine a sans doute répandu davantage à la Foi que lui qui s'y est consacré pendant toutes ces années.

Je connais mal l'oeuvre de Tolstoï, mais la femme au travers de ses contes, quelque soit sa condition ou sa vie semble plus à même de montrer une figure humaine même si des exceptions persistent. Le texte du Père Serge, écrit un an avant sa mort met en exergue l'aspect religieux qui a régenté la fin de la vie de l'auteur.

Des textes qui m'ont permis de découvir le style de Léon Tolstoï avant de me plonger dans des oeuvres plus longues.

 

 

Hiver russe

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Published by Uncoindeblog - dans Traduit du russe
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commentaires

Titine 06/02/2013 11:55


Je ne connais pas du tout les nouvelles de Tolstoï. Il faudra que je me penche sur la question pour comment son style s'adapte à ce format court.

Uncoindeblog 30/03/2013 15:12



Et bien je lirai tes billets sur la question avec intérêt.