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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 08:04
http://www.decitre.fr/gi/66/9782848761466FS.gifComment les fourmis m'ont sauvé la vie / Lucia Nevaï. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Françoise Adelstain. Philippe Rey, 2009. 237 pages. 2,5*
Sa mère l'a baptisée Crane, prénom sioux qui désigne la grue, le grand oiseau migrateur.
Et comme, auparavant, cette même mère avait tenté de se débarrasser d'elle, Crane est née défigurée, chétive et bigleuse. Son histoire commence dans un trou perdu de l'Iowa dans les années 1950. Avec pour parents, un trio minable, qui s'est constitué sur le circuit des prêcheurs itinérants : Big Duck, faux prêcheur et escroc, père fictif de Crane et de son demi-frère ; Tit, superbe femelle qui les a engendrés ; Flat, mère d'une fille dont Big Duck est vraiment le père ! La maisonnée vit dans la crasse et l'indigence, les trois enfants, non scolarisés, sont livrés à eux-mêmes et sous-alimentés en permanence.
Leur unique distraction est le passage du train de 21h49 à quelques centaines de mètres de chez eux ; et le reste du temps, la contemplation des champs de mais qui s'étendent à perte de vue. Jusqu'au jour où déboulent pelleteuses et excavatrices : la modernité est en marche, le trou perdu va devenir une cité lacustre. Crane, rebelle et miraculeusement surdouée, est alors projetée dans une nouvelle vie qui la sauvera de la misère, mais la plongera aussi dans le mensonge et la solitude.
Rien de sordide dans cette histoire puissante. La plume nerveuse de Lucia Nevai transforme l'étendue monotone des champs de maïs en un paysage lunaire ; de situations désespérées et de personnages horrifiants, elle pointe le saugrenu ; de l'abjection, elle fait naître l'attachement et la tendresse.

J'ai l'impression d'être passée totalement à côté de cette lecture :( La quatrième de couverture m'avait réellement interpellée et sans doute est-ce que je n'attendais pas une histoire écrite de cette manière.
Sensation d'être un témoin impuissant devant cette histoire, devant ce double trio, d'adultes et d'enfants qui ne répondent pas aux critères sociaux habituels, devant l'impuissance et la force commune de ces enfants : Little Duck : force et beauté, Jima : timide, alcoolique et mère de substitution, Crane : l'intelligence qui attend que l'on veuille bien lui laisser sa place.

Nous suivons tout d'abord Crane de sa naissance à ses 11-12 ans, en compagnie de sa famille, de son apprentissage à la vie, des aspects sordides de cette existence mais comblée par ses frères et soeurs, par le quotidien, par les riens de l'existence. Avant que la ville ne vienne à eux, eux qui ne possédent rien, ne connaissent que ce qui les entourent,  et qui se suffisent à eux-mêmes.
Une première étincelle avait fait naître une évolution dans leur existence, leur avait ouvert une porte vers les autres, mais ces derniers n'étaient pas prêts à les intégrer, à les accepter tels qu'ils étaient et ne le seront jamais ainsi que la suite va nous le montrer.
Il est amusant de découvrir que tout bascule le jour où "le savoir" entre dans leur existence par le biais d'une encyclopédie. Paradoxe voulu par l'auteur sans doute et qui appuie sur ce qui va suivre : le savoir, les vêtements neufs et la propreté ne changent pas l'image que les gens se sont fait de vous.
Le changement d'existence sera totale pour Crane ; elle va vivre dans la quasi oppulence : nourriture, vêtements, amour d'une femme qui la voit comme sa princesse et surtout comme sa revanche sur sa propre enfance. Crane essaie de s'adapter, partagée entre son enfance, SA famille et ses nouveaux liens, mais aux yeux de la société elle restera cette enfant crasseuse et affamée, cette famille dont personne ne veut croiser le regard ou le chemin, qui n'appartient en rien à la société bien pensante et vue comme idéale.
L'histoire est contée de manière originale, l'horreur est toujours sous jacente sans être réellement sordide, mais ce livre ne sera pas un coup de coeur en ce qui me concerne.

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commentaires

Karine:) 20/12/2009 20:34


J'aime le titre... mais bon, juste avec le 4e de couverture, je me dis que ce n'est pas pour moi!!!  Bon dimanche Delphine!!


Uncoindeblog 28/12/2009 11:28


Merci Karine:)
Me voici de retour et ai vu que tu n'as pas perdu ton sens des aventures lol Comme tout le monde je me suis réellement amusée grâce à ta visite chez le docteur (pour ceux qui n'ont pas bien suivi :
pas lui, l'autre, le praticien lol)


Emeraude 18/12/2009 21:15


pour ma part, j'ai l'impression que ça ne va pas me plaire du tout ! Pourtant je me souviens que le titre m'avait interpellé (mais je crois avoir lu la 4è de couverture et trouvé ça tellement
glauque que je ne m'y suis pas attardée!)


Uncoindeblog 28/12/2009 11:21


Le côté glauque ne me fait pas spécialement peur mais c'est le tout qui m'a un peu déçue.
Effectivement si tu n'aimes pas cet aspect, cours à toutes jambes vers tous les autres livres qui te tendent les bras ;-D


In Cold Blog 17/12/2009 14:33


C'est bizarre, tout ce que tu en dis me laisse présager d'une belle histoire... Je n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui a fait que tu n'as pas accroché. Et du coup, je ne sais pas si ce livre
est susceptible de me plaire.


Uncoindeblog 28/12/2009 11:20


Ne te restera plus qu'à le lire. Je te le mets de côté. Merci de vider mes étagères :)
Je ne parviens pas à l'identifier moi-même ; peut être est-ce le style ou comme d'habitude, trop d'attente par rapport à cette fichue 4ème de couv qui joue
toujours avec moi le même jeu.