Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Archives

22 juillet 2013 1 22 /07 /juillet /2013 16:15

 

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/2/9/0/3/9782290332221FS.gifCes extravagantes soeurs Mitford. Une famille dans la tourmente de l'histoire / Annick Le Floc'hmoan. J'ai Lu, 2003. 476 pages. 3,5*

Au début du XXe siècle, dans la noblesse anglaise encore flamboyante, naissent les célèbres sœurs Mitford. Leur destin sera hors du commun. Nancy, amoureuse de la France et de Gaston Palewski, gaulliste historique, devient une romancière célèbre. Diana brûle pour le fascisme anglais naissant et se compromet auprès de son chef de file ; Unity devient une proche amie de Hitler ; tandis que Jessica, l'avant-dernière de la fratrie, s'engage auprès des jeunes républicains espagnols avant de rejoindre le parti communiste. Seules Pamela et Déborah suivent la voie rêvée par leurs parents, et se marient dans le luxe et le conservatisme. A travers le portrait étonnant de ces femmes passionnées, prises dans les tourments de la crise économique et des deux guerres mondiales, ce document présente une vibrante traversée du siècle.

 

"Grandeur et décadence d'une famille de la noblesse anglaise" ;0) c'est très tiré par les cheveux, mais c'est un peu la sensation ressentie à la lecture de cette biographie consacrée à une famille : les Mitford. Et, plus particulièrement, les 6 filles nées en ce début de XXème siècle et qui vont connaître les bouleversements inhérents à l'aristocratie durant ce siècle.

Elevées dans la tradition, avec gouvernantes à la maison pour les filles et public school pour le seul héritier mâle de la fratrie, ces jeunes femmes voient leurs convictions bousculées par les changements précédemment évoqués, mais ils sont loin d'être les seuls car ce siècle verra également 2 Guerres Mondiales, l'avènement du fascisme, la mort du Tsar et la naissance du communisme.

Comment parvenir à s'épanouir, à se montrer lorsque l'on nait au sein d'une famille ou l'argent ne tarde guère à manquer et que l'on souhaite se démarquer les unes des autres ? -(leur frère, même s'il est un complice pour les unes et les autres, ne semble pas avoir marqué les esprits de la même manière que ses soeurs et sa disparition empêche de connaître les opinions qu'il aurait tenu à long terme)-

Nancy, l'ainée, cherche l'amour, se complaisant dans les duos voués à l'échec auprès d'hommes ne niant pas leur penchant pour les hommes et/ ou alcooliques, dépensiers, vivant aux crochets des uns et des autres ou plus simplement ayant besoin de plaire à toute belle femme croisant son chemin. Sa plume, sa vivacité d'esprit semble l'avoir aidé à traverser l'existence, mais ses opinions et ses tergiversations montrent l'inconstance qui semble la caractériser. Elle revendique ses origines sociales, et son indépendance est fortement mise à mal lorsque l'on sait qu'elle ne sait vivre sans une domestique. Si le portrait qui est fait d'elle, nous la rend parfois antipathique, que doit-on ressentir lorsque l'on découvre la passion d'Unity pour  Hitler "son grand homme" et le fanatisme qu'il déclenche chez elle. Alors, même si l'auteur nous démontre que son attitude est parfois extrême afin d'obtenir les feux de la presse, il est encore plus difficile de lui trouver des excuses et l'on comprend davantage le rejet / la violence dont elle fera l'objet à son retour en Angleterre. Mais Unity comme Diane, dont le second mari est l'homme fort du facisme en Angleterre, nous permettent de mieux comprendre les relations ambivalentes, que l'on se réfère à Edouard VIII et son épouse. En effet, au travers de cette famille, ce sont des pans entiers de l'histoire qui nous sont racontés par Annick Le Floc'hmoan. Elle nous rend cette lecture facile et intéressante grâce à ses femmes dont le destin se mêle et s'emmêle au fil de l'histoire, car si Unity et Diane sont proches du facisme, Jessica va connaître un tout autre destin de passionaria également : toujours dans le désir de fuir, celle qui réclamait d'aller à l'Université, verse dans le bord extrême, s'intéressant au socialisme, avant de devenir communisme aux Etats-Unis. Son univers semble celui qui semble le plus pertinent car elle connaîtra l'exil volontaire, une véritable fracture avec sa famille, même si au fond d'elle-même elle reste une Mitford, se débattant avec les tâches ménagères. Mais loin de son pays, elle saura se construire une vie telle qu'elle l'aspirait enfant : différente, même si ses origines sociales et son accent reviendront toujours.

Pamela et Deborah auront une vie distincte, plus conforme avec la tradition mais sauront à certains moments de leur existence ramener la couverture des magazines à elles.

Des parents conformismes, parfois extravagants à leur manière, des enfants dotées d'un héritage social et de convictions qui les mènent vers des extrêmes mais c'est avant tout par leur nom et leur naissance qu'elles accèdent à cette forme de reconnaissance, à laquelle toute aspirent avec des moyens différents.Une biographie fort intéressante qui permet de revisiter l'histoire et la vie en Angleterre, avec des escapades en France et en Allemagne au cours de la montée du nazisme. 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Uncoindeblog - dans Un peu de lecture
commenter cet article

commentaires

Karine:) 03/08/2013 15:05


Je veux le lire depuis un bon moment, celui-là.  J'ai beaucoup aimé ce que j'ai lu de Nancy Mitford alors du coup, je suis curieuse!

Uncoindeblog 11/08/2013 21:21



Ah tu m'intrigues alors qu'initialement, comme je le disais 2 lignes plus haut, il ne me disait rien. Tu as cet ouvrage ou je te le mets de côté ? (il est en
piteux état, je te préviens).



Alice 31/07/2013 15:03


Je le commence aujourd'hui même :) C'est fou, dire que je ne savais même pas que Déborah publiait, je vais voir ça de ce pas!

Uncoindeblog 11/08/2013 21:19



Décidemment :).



In Cold Blog 22/07/2013 21:12


Quelle famille !!! J'avais adoré l'histoire de ces soeurs "déjantées".
Je m'étais promis de lire Nancy, mais je n'ai pas encore sauté le pas. Deborah, qui vit toujours, a publié quelques livres dans la lignée de ceux de Nadine de Rotschild, teintés d'hulmour à
l'anglaise.

Uncoindeblog 11/08/2013 21:18



C'est absolument surprenant de découvrir cette famille. Contrairement à toi, l'évovation des ouvrages de Nancy ne m'ont pas donné plus envie que cela de les
découvrir. Mais jamais, "Fontaine, je ne boirais...".