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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 17:00
Peur aveugle / Paul-François Husson. Editions Anne Carrière, 2009. 264 pages
Tout le monde a peur du noir.
Tout le monde, sauf Matthieu, depuis l’accident de voiture qui l’a privé de la vue et de sa mère. À tout jamais, croyait-il…
L’été de ses treize ans, une greffe de cornée lui donne l’espoir de recouvrer la vue. Mais, dans la lumière qui tente de percer sa nuit, il est persuadé que se tapit un monstre qui en veut à sa vie.
Son père, sa belle-mère et sa sœur y lisent le signe d’une angoisse bien légitime et décident de partir camper quelques jours au bord du lac Noir. Une simple virée pour se changer les idées… jusqu’à ce que toute la petite famille ait de vraies raisons d’être terrifiée.

Etrange histoire dans laquelle Paul-François Husson nous entraîne, jouant sur la peur immuable chez l'être humain : la peur du noir. La privation d'un de nos sens qui, au plus profond de nous, et cela, dès la prime enfance, nous entraîne dans des mouvements de panique incontrôlable car signifiant la perte de nos repères.
Histoire et idée menées de manière très intelligente : de quoi un jeune aveugle peut-il avoir peur ? L'auteur construit un monde inimaginable pour nous et effrayant à plus d'un titre pour moi et, sans doute, pour bon nombre de lecteurs : la perte de notre vision.
Dès le titre et la quatrième je m'interroge sur le bien fondé de cette lecture, ma prime panique étant davantage liée à la perte de la vue, et la quatrième me parlant de greffe (oups moi et les hôpitaux)... Bref je me demande si ce livre est réellement fait pour moi.
Verdict : je ne regrette pas ma lecture, et P.-F. Husson nous mène totalement en bateau, créant des situations imbriquées à l'affectif, au quotidien, jouant sur cette panique liée à la perte de repères. Que l'on soit voyant ou aveugle, les réactions sont les mêmes : l'affolement, une imagination qui se met à vagabonder, à errer vers nos peurs enfantines, à imaginer ce qui n'existe pas.
Où s'arrête notre imaginaire dans de tels moments ? Le lecteur, lui-même se laisse gagner par ce que l'auteur lui donne : vérité, illusion ? Jusqu'à quel point la panique peut-elle nous entraîner à voir (à lire et à imaginer) ce que les autres ont vu (ou cru voir) ?
I
l y ajoute la notion de deuil tant d'un point de vue enfantin, adolescent que celui de l'adulte, du parent, montrant le chemin que chacun doit mener par rapport à une autre peur fondamentale de notre civilisation: la mort, la perte de l'être cher.
 

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Published by Uncoindeblog - dans Un peu de lecture
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commentaires

stephanie 17/05/2009 15:52

lisez le, il est vraiment très bien :)

Uncoindeblog 17/05/2009 22:42


Dit celle qui l'a lu avant de me le prêter :)) (je lui déchargeais, un peu, sa valise)


Karine:) 16/05/2009 15:25

Le début de ton billet faisait un peu peur! Mais avec la fin... pourquoi pas! Si je tombe dessus!

Uncoindeblog 17/05/2009 22:41


Sait-on jamais :) Tu trouves parfois des livres qui m'épatent alors que les livres d'auteurs canadiens posent pbs