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28 octobre 2008 2 28 /10 /octobre /2008 22:30
A suspicious River / Laura Kasischke. Traduit de l'américain par Anne Wicke. Christian Bourgeois éditeur, 1999 ( Points). 404 pages.
Leila a vingt-quatre ans. Elle est réceptionniste au Swan Motel, à Suspicious River, une petite ville tranquille du Michigan. Et pour quelques dollars de plus, elle peut être comprise dans le prix de la chambre. Elle vend son corps sans passion, sans tristesse, sans avidité de l'argent non plus. Sainte et martyre, Leila est au-delà de son propre corps, plus sensible à la matière du monde qu'aux hommes. La clé de sa descente aux enfers gît dans l'enfance, et Leila sait, sans doute, qu'elle rejoue le destin tragique de sa mère, la parabole d'Eros et Thanatos (*) au terme de laquelle, peut-être, elle découvrira qui elle est...

Tout au long de ce roman, j'ai été très partagée par ma lecture : envie de crier "stop" et néanmoins l'envie de connaître la chute, de comprendre ce que fut la vie de Leila jusqu'à ces quelques jours que nous passons avec elle, et plus particulièrement de savoir ce qui est arrivé à sa mère et en quoi ces événements ont pu la pousser à cette insensibilité par rapport à ce qui l'entoure, à cette négation de son corps, de tout, semble-t-il. Est-elle naïve, idiote, vous demandez-vous au fil de votre lecture, tant la personnalité de Gary et de l'intrigue vous semblent cousus de fils blancs ?
Rien n'est jamais évident dans ce roman noir, et la narration parallèle de l'enfance de Leila laisse votre imagination galoper plus vite que votre lecture. Bien entendu, vous aviez deviné juste par rapport à bon nombre de faits, mais vous êtes loin d'avoir toutes les cartes en mains, et c'est bien là la force de Laura Kasischke, qui vous pousse dans vos derniers retranchements, qui vous oblige à tourner les pages malgré l'écoeurement de situations.
En dépit de la force du récit, d'un mélange de style poétique (? - moi qui suis totalement hermétique à la poésie, je m'interroge si la terminologie est exacte) et d'une force de réalisme je suis loin d'être aussi enthousiaste que d'autres lecteurs.
Néanmoins je ne regrette pas d'être allée jusqu'au bout car j'ai réellement trouvé les dernières pages d'une force et d'une poésie rare.

Les avis de Ys, de Fashion (à qui je dois le prêt de cet ouvrage), Joelle,

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commentaires

Finette 01/11/2008 16:16

J'adore cet auteur, j'ai lu 3 de ses romans mais pas encore celui dont tu parles. Je te conseille tout particulièrement " À moi pour toujours" et " Un oiseau blanc dans le blizzard". Laura Kasischke est comparée à Joyce Carol Oates. D'elle, je n'ai lu que " Viol, une histoire d'amour" mais effectivement, quand j'ai lu mon premier roman de Kasischke, j'ai pensé à JCO.

Uncoindeblog 02/11/2008 19:12


Bonjour Finette. Je vais bientôt lire "A moi pour toujours" donc, à suivre...


Karine :) 31/10/2008 02:45

Sujet définitivement, définitivement trop dur pour moi! Je pense que j'ai le truc pour toujours dans la pile... en quelque part!

Uncoindeblog 02/11/2008 19:12


A retrouver et à donner de tout urgence afin de voir la pile descendre :)


chiffonnette 29/10/2008 22:23

Moui, je vais d'abord lire A moi à jamais! Si ça me plaît, je tenterai peut-être celui-ci!

Uncoindeblog 30/10/2008 21:24


"A moi pour toujours" Chif' (Delphine, trop contente de sortir sa connaissance, trrrrrès récente ;-D)


Emeraude 29/10/2008 20:12

c'est bien elle qui a écrit "à moi pour toujours" ou quelque chose dans le genre, non ? Il paraît que celui là est excellent... (celui dont tu parles ne m'attire que moyennement...)

Uncoindeblog 30/10/2008 21:23


Je ne sais pas *petit coup d'oeil chez notre ami Google*. Oui effecivement, tu as raison. Je ne retiens pas les titres mais les couv, oui ;-D J'ai lu de bonnes
critiques sur les blogs. Un jour, ...


Ys 29/10/2008 11:03

C'est vrai qu'on a parfois envie de dire stop, mais elle raconte si bien cette histoire qu'on est pris dedans.

Uncoindeblog 30/10/2008 21:21


Oui sa force réside dans cet écho à l'enfance et dans l'absence rapide de présentation de ses protagonistes. Elle nous distille tout au compte gouttes ce qui nous
oblige à poursuivre la lecture :)