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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 07:27
C'est le jeu des coïncidences sans doute qui m'a fait prendre dans ma pile 3 ouvrages qui parlent du Liban dont 2 comme des échos négatifs. Je veux parler de De Niro's game de Rawi Hage et du roman :
La main de Dieu / Yasmine Char. Gallimard, 2008. 97 pages
Il y a une jeune fille, quinze ans, qui court le long d'une ligne de démarcation. Il y a le Liban, ce pays depuis si longtemps en guerre qu'on oublie parfois que la guerre est là. Et puis dans la guerre, il y a l'amour. L'amour de la jeune fille, pur comme un diamant : pour le père, pour l'amant, pour la patrie. Grande absente, la mère ne sait rien de cet amour. Elle est partie sans laisser d'adresse. La jeune fille ne sait pas comment faire pour grandir là, tiraillée entre deux cultures, happée par la violence. Alors elle court. C'est l'histoire d'une fille en robe verte qui virevolte dans les ruines, qui se jette dans les bras d'un étranger, qui manie les armes comme elle respire. L'histoire d'une adolescente qui tombe et qui se relève toujours.
Ce parallélisme se situe au niveau de l'âge du héros, de la période : le premier citait le massacre de Sabra et Chatila, ici le nom n'est pas donné mais les méfaits de la guerre reste les mêmes. Le personnage central est une jeune fille d'une 15aine, d'années, de confession musulmane et qui "pourrait" oublier la guerre car elle ne vit pas dans le monde de Georges & Bassam.
Néanmoins, où que vous soyez à cette époque, la guerre est omniprésente et votre passé ne semble plus guère pouvoir vous aider. Votre présent est l'instant auquel vous vous raccrochez de toutes vos forces. C'est ce qu'elle fait ! Elle cherche à combattre le départ de sa mère en poursuivant ses études au Lycée français, seul point d'ancrache qui lui reste de son enfance, de la présence de sa mère. Débousolée à la fois par ce départ, par la chute de son père, par cette guerre qui l'entoure, elle va, cherche, et rencontre ce français qui se dit correspondant de guerre et devient son amant. Elle avance, chancelle, mais par la force de l'écriture de Yasmine Char, par la dureté parfois du style et des événements, se relève poursuit son chemin, apprenant que le destin (la main de Dieu) doit parfois être pris à bras le corps.
Son apprentissage terminé, le livre se referme car elle décide de tourner la page.
Un très court roman mais qui dégage beaucoup d'énergie et où la violence est sous-jacente (présente par les mots également) de manière permanente.

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Published by Uncoindeblog - dans Un peu de lecture
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commentaires

stephanie 19/10/2008 09:21

mais tu as aimé ou pas????

Uncoindeblog 19/10/2008 23:46


Je suis partagée par la violence de l'ouvrage et ses qualités. Si Fashion ne me l'avais pas mis entre les mains, je ne pense pas que j'aurais fait la démarche de
l'acheter ou de l'emprunter. Il est noir mais assez court. J'ai aimé.