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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 20:00
De Niro's game / Rawi Hage. Traduit de l'anglais (Canada) par Sophie Voillot. Denoël et d'ailleurs, 2008. 262 pages
À Beyrouth-Ouest, Bassam et Georges, deux amis d’enfance, tuent leur ennui et leur mal de vivre à coups de petits boulots minables, de maigres larcins et de soirées trop arrosées. Les jours se suivent et avec eux les alertes, les morts, les immeubles en ruine. Les filles sont difficilement accessibles, muselées par les traditions et les couvre-feux. Entre deux visites aux copains de lycée engagés dans la milice, les deux jeunes gens s’imaginent coulant des jours meilleurs : Bassam rêve de fuir à l’étranger, et Georges, lui, se sent de plus en plus attiré par les discours belliqueux de la milice chrétienne.
Dans un ultime défi, les deux amis décident de détourner la recette de la salle de jeu où Georges travaille. Mais l’argent seul suffira-t-il à les éloigner de la guerre et à sauver leur amitié ? Porté par une écriture sans concessions, le premier roman de Rawi Hage annonce, au-delà de la puissance du récit, l’avènement d’un grand écrivain.
Très honnêtement, je suis très partagée en ce qui concerne ce livre. Le mois dernier, les avis pleuvaient et leur lecture transversale m'avaient fait entendre que les avis étaient très positifs. Je viens d'y revenir et prends conscience que, fort heureusement, le ressenti de tous n'est pas unanime et que même ceux qui l'ont aimé apportent parfois des nuances dans lesquelles je me retrouve - Ouf ! -
Je trouve très courageux de la part de l'auteur de nous faire partager le quotidien des libanais, même s'il ne s'agit que de quelques mois et que nous n'avons pas toutes les clés pour répondrent à nos questions. Là n'est pas le but ! Il ne s'agit en aucun cas d'un documentaire, mais il m'a permis de me remémorer ces titres des 20H00 des années 80 et d'une guerre dont je ne parvenais pas à comprendre grand chose ! Et c'est malheureusement, aujourd'hui encore, le cas. Certains comme moi se souviennent, tous sans doute avons-nous entendu parler de cette guerre ou du massacre de Sabra et Chatila, sans parvenir à savoir pourquoi. Je vous laisse aller lire cette page, afin de revenir au coeur de l'ouvrage.
En effet, Beyrouth, ses bombardements et sa vie quotidienne sont au coeur de la vie de nos deux personnages principaux : Georges et Bassam. Ils sont amis, jeunes et cherchent en dépit de tout à vivre comme tous les autres adolescents, une certaine "fureur de vivre" liée à l'influence des films américains de ces années dont se sert Rawi Hage avec finesse mais également avec la brutalité ordinaire de ces films qui nous laissent mal à l'aise, mais qui sont sans conséquences pour nous, assis dans notre fauteuil. Pour ces jeunes tout est différent car il s'agit du quotidien : les fous de guerre sont là, l'alcool, la drogue, les anarques et la mort au coin de la rue ou directement chez soi lorsque les bombes explosent à votre domicile, le dévastant et tuant un à un ses habitants. Comment réagir ? Quel espoir peut-il vous rester lorsque votre quotidien, vos amours et vos pas sont accompagnés de violence, que vous ne vous déplacez plus sans une arme à feu ?
C'est une spirale sans fin que l'auteur nous rappelle via ces mots : "Les bombes pleuvaient et moi (...) . Dix milles bombres s'étaient abatues sur Beyrouth, cette ville surpeuplée, et moi (...) Comme un refrain, cette phrase revient, se transforme, mais pour mieux nous faire sentir la sensation de puits sans fin, l'inexorable, le tourbillon de la vie, du quotidien ...
Autant j'ai trouvé certains passages excessivement forts et beaux, autant je me suis perdue parfois dans le cheminement des personnages : la vision de Bassam de Paris au travers de ses souvenirs de cours d'histoire m'a particulièrement génée, par exemple (dernière partie de l'ouvrage d'où ce souvenir plus frais alors qu'il n'est qu'anecdotique).
Oui les scènes de violence sont difficiles, insupportables, mais je crains que cela ne soit qu'une toute petite facette de la vie vécue par les libanais - et d'autres villes ou pays devant souffrir de guerre civile ou d'invasion -
Ce roman n'est certainement pas simple à appréhender pour toutes ces raisons mais il n'en reste pas moins un livre intéressant et un auteur aux mots justes. Je susi très curieuse la suite de ces écrits, car je vous le rappelle, il s'agit là d'un premier roman.

Merci à Violaine  de Chez les filles et aux éditions Denoël

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commentaires

Karine :) 15/10/2008 02:47

J'ai bien aimé pour ma part, mais il m'a fait faire de méchants cauchemars, ce livre!!! J'ai aimé la plume toutefois!

Uncoindeblog 19/10/2008 23:42


Une plume à la fois violente et retraçant la vie de manière assez étonnante.


Anne 13/10/2008 15:25

Je n'ai pas réussi à le finir...

Uncoindeblog 13/10/2008 20:34


Oui j'avais lu cela en préparant ce billet et je peux le comprendre.


maijo 13/10/2008 09:30

Je pense que pour accrocher au Paris fantômatique de Bassam, il faut être passé par les cours d'histoire-géo de lycée français, appris sans jamais avoir mis les pieds en France. Même si ma découverte de la France ne fut pas aussi BD-esque, elle était complètement décontextualisée.

Uncoindeblog 13/10/2008 20:32


Merci pour ce vécu Maijo. Cela ne m'étonne qu'à moitié, mais j'ai vraiment trouvé le rendu extrêmement fort. Tant et si bien que je me suis demandée si Bassam
n'était pas malade (d'une certaine manière, oui bien entendu, mais bon qui ne le serait pas...)


stephanie 12/10/2008 21:51

j'ai juste lu ta conclusion, je reviendrais après avoir fait mes devoirs

Uncoindeblog 13/10/2008 20:26


Quelle bonne élève tu fais !! lol