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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 22:19

http://www.decitre.fr/gi/28/9782253160328FS.gifLove Medecine / Louise Erdrich. Roman traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Isabelle Reinharez. Le Livre de Poche, 2011. 509 pages. 4*

De 1934 à nos jours, les destins entrelacés de deux familles indiennes, isolées dans leur réserve du Dakota, à qui les Blancs ont non seulement volé leur terre mais aussi tenté de voler leur âme.

 

S'il s'agit bien du premier livre écrit par Louise Erdrich, il est indéniable que son style a évolué. Je ne pense pas avoir lu ces ouvrages dans l'ordre de leur écriture (et de toutes façons, faut-il vraiment s'attarder à l'ordre d'apparition des ouvrages d'un auteur lorsque l'on sait que certains se penchent depuis des années sur les histoires qui leur tiennent à coeur ?*) et pourtant il est indéniable que j'ai réellement l'impression que le style de Louise Erdrich est différent tout en ayant retrouver dans la formulation de ce roman, une structure rappelant "Ce qui a dévoré  nos coeurs".

Alors oui, n'en déplaise à ceux qui n'aiment pas cette auteur, elle s'attache à relater l'existence de familles aux liens familiaux épars et pourtant si proches de par leur vécu, leur univers et plus encore par leurs liens familiaux qui se créent au gré des mariages ou des liaisons.

A plusieurs voix, allant de 1934 jusqu'à 1985 (date de l'écriture du roman), les fils de cette broderie se tissent sous nos yeux. Elle raconte la vie, les souffrances de cette réserve à travers le regard de quelques uns. L'arrivée de l'église, l'abandon de la langue maternelle, l'obligation pour les enfants de se retrouver enfermé afin d'étudier etc... Rien de nouveau pourriez-vous me dire ? Si, car tout cela n'est pas aussi clairement dit que dans d'autres romans, c'est par petites touches légères que nous sont glissées ces thèmes propres à Louise Erdrich et qu'elle a depuis repris dans d'autres romans. 

Si cela apparait tout en nuances c'est afin de mieux suivre les personnages, d'expliquer parfois leur comportement, leur rebellion. L'auteur cherche avant tout à narrer le quotidien bousculé entre les traditions et la vie quotidienne. L'impact de l'arrivée de l'homme blanc à travers les épidémies, le cantonnement dans des réserves, la séparation des familles, l'arrivée de l'alcool, l'abandon de la langue maternelle et comment ces êtres perdent pieds, cherchant à se raccrocher à l'amour d'un homme, d'un enfant, de la vie tout simplement. C'est avant tout de très beaux portraits de femmes qui mènent le monde  et leurs hommes, portant à la fois la vie et l'espoir insensé des lendemains. Parfois des hommes semblent apparaître sur le devant de la scène, mais l'espoir réside avant tout sur les nouvelles générations et paradoxalement sur des enfants illégitimes : la force des ses graçons résideraient-elles dans leur statut et dans l'amour que leur porte leurs mères ?

Oui parfois la lecture n'est pas aisée entre ses différentes voix, mais les cartes sont entre nos mains dès la première page, et il faut simplement voir un texte attachant et dur qui débute par un lien que l'on coupe : la mort de June Kapshaw.

 

Clin d'oeil à une blogeuse avec qui j'avais eu la chance d'aller au Festival America écouter la traductrice de Louise Erdrich malheureusement retenue pour des affaires familiales.

Par Uncoindeblog - Publié dans : Traduit de l'anglais (Etats-Unis)
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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 20:05

http://www.livrenpoche.com/thumb/Le_glaive_de_Shannara/200/28709-0.jpgLe glaive de Shannara. Les pierres des Elfes de Shannara. L'enchantement de Shannara / Terry Brooks. Traduit de l'américain par Bernadette Emerich. J'ai Lu, 1992-1994 (S-F Fantasy). 574 + 501 + 541 pages. 3*

Les quatre terres, longtemps après la dernière - Guerre des Races... A grand-peine, hommes du Val, highlanders, trolls, nains, gnomes, elfes et frontaliers ont rétabli les frontières et reconstruit une civilisation pacifique.
Mais les forces du mal veillent, tapies dans des forêts impénétrables, des marais pestilentiels ou des déserts calcinés aux confins des mondes habités. La menace rôde, imprévisible, sous la forme de créatures monstrueuses et sanguinaires.
Seul Shea a le pouvoir de mettre un terme à la toute-puissance de Brona, le Maître de l'Obscur, qui a juré de détruire les quatre terres. Mais pour cela, il doit d'abord s'emparer du glaive de Shannara. Ce glaive magique que l'on conservait pieusement dans la cité de Paranor, et Oui fut repris par l'ennemi...

 

Je découvre que ce cycle est composé de 8 titres. Pour ma part, je n'en possède que trois, les primes ouvrages écrits par Terry Brooks.

Alors les grands fans de Tolkien doivent connaître cet auteur abondement décrié par bon nombre car perçu comme un "mauvais imitateur/copieur" etc.... Alors oui Terry Brooks ne s'est jamais caché qu'il avait lu et avait été fortement inspiré par la manière de Tolkien et notamment de mettre un personnage ordinaire au centre de son histoire qui devient le héros du récit. Il est vrai qu'une comparaison attentive a été réalisée entre ses personnages et ceux de la quête de l'anneau, mais une fois ces rappels faits, je ne me lancerais pas dans ce débat.

Ces trois ouvrages peuvent se lire les uns sans les autres mais on retrouve des références aux précédents volumes d'où l'intérêt de les enchainer. Dans les trois volumes, on retrouve le druide Allanon qui revient  vers les humains à chaque fois que la sorcellerie / les forces du mal deviennent une menace pour l'équilibre de la Terre. Une Terre qui a subi de nombreux bouleversements, fruit des guerres des hommes (une destruction atomique qui a perturbé l'équilibre et fait perdre aux races leurs connaissances ancestrales et les plongent dans une époque similaire à l'ère médiévale).

A chaque épisode Allanon se tourne vers un descendant de Shannara (Jerle Shannara, roi des Elfes qui a aidé à la destruction d'un druide avide de puissance et qui s'est penché vers la magie noire)  : c'est tout d'abord la quête de Shea Omshford, mi-homme mi-elfe et ultime descendant de Jerle Shannara qui entreprend de retrouver le glaive donné à son ancêtre.

Le second volume / la seconde aventure verra son petit fils Wil Omshford aidé les Elfes mais aussi tous les habitants à vaincre les démons libérés par la mort de l'Ellcrys, arbre magique protecteur des Elfes.

Le dernier volume est consacré aux enfants de Wil ; ce dernier en utilisant les pierres des Elfes a transmis à sa descendance un pouvoir ultime. Sa fille, Brin semble être à même de pouvoir détruire l'Ildatch, le fabuleux grimoire de toute sorcellerie.

Chacun des volumes représente une quête. Chacun de ces êtres ordinaires se voit confier une mission et progressivement, s'attache à leur pas un petit groupe représentant les  races vivants en cette nouvelle ère : Elfe, nain, frontalier, être venant du Southland par opposition du Northland d'où en général viennent les forces du mal qui s'allient aux gnomes et trolls etc... Mu par la seule force de leur volonté ces petits groupes de 5-6 personnes menés par le druide poursuivent leur quête en dépit des embuches, des forces du mal qui leur sont envoyés ou doivent parfois simplement prouver la force de leur carcatère ou trouver au fonds d'eux-mêmes la détermination d'aller au-delà de leur force. Tous savent que s'ils échouent, la mort et la nuit seront les vainqueurs de ces épreuves. Même s'ils mettent tous en doute le savoir et la confiance qu'Allanon a en eux, ils découvrent progressivement des sentiments divergents à son égard et parviennent à trouver la force d'accomplir des miracles.

L'utime ouvrage va bien au-delà de la confiance en soi précédemment décrite puisqu'à l'image de l'héroïne, le lecteur découvrira que la force de la magie ne fait pas tout, mais que l'amour de la vie, des gens qui participent à ces croisades ou simplement de sa famille sont les plus ardentes défenses pour vaincre le "côté obscur" () des forces maléfiques. Oui, la saga peut parfois sembler simplette par ses bons sentiments, par la chance des nos héros à trouver sur leur chemin des personnages emblématiques et à même de les aider, néanmoins ce sont des ouvrages de Fantasy honnêtes et qui eurent le mérite en leur temps de montrer qu'il existait un public pour ce type lecture après le succès de Tolkien. Il est à noter que l'imagination de l'auteur pour les monstres est réellement intéressant et se joue de toutes nos peurs primaires. Ainsi dans "Les pierres des elfes de Shannara" retrouve-t-on La faucheuse (la mort bien entendu, heureuse d'être libre de traquer des mortels et de pouvoir s'adonner à son plaisir) ainsi qu'un être caméléon félon et magique. Dans "L'enchantement..." le chat géant Whisper est un également un très bel exemple de sa créativité. 

 

Je ne résiste pas à vous mettre un extrait de la défense de Brooks faite par Frank Herbert, dans The New York Times Book Review :

"Ne blâmez pas Brooks pour être entré dans le monde des lettres à travers la porte de Tolkien. Chaque écrivain a une dette semblable envers ses prédécesseurs. Certains l'admettront. La dette de Tolkien était tout aussi évidente. La structure mythologique classique est profondément implantée dans la société occidentale."

 

Par Uncoindeblog - Publié dans : Traduit de l'anglais (Etats-Unis)
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Mardi 15 novembre 2011 2 15 /11 /Nov /2011 22:32

http://storage.canalblog.com/13/97/341021/69816842_p.jpg

Cryssilda, Lou & Titine vous invite à passer un mois d'hiver avec des romans anglais - entre le 15 décembre et le 15 janvier -

Comme je risque d'être en retard, me connaissant, je prends cette fois un peu d'avance et divague un peu au niveau lecture en vous proposant une étude réalisée par une anthropologue anglaise sur ses concitoyens.

 

Des règles et une étude que j'ai avalé (un peu trop rapidement à mon goût d'ailleurs pour de simples questions pratiques), afin de mieux comprendre nos amis anglais car, à l'heure où vous lirez ces lignes, je vérifie in situ le bien fondé de ma lecture.

Alors bien entendu le temps a passé mais en 7 ans (l'étude fut réalisée en 2004), la crise économique, les prochains jeux olympiques et le mariage royal n'ont pas du bouleverser les consciences au point de voir des abîmes entre ce que j'ai lu et ce que je vis.

Alors est-ce que je note une différence, me direz-vous ? Et bien étant là-bas dans un cadre professionnelle, le contexte est fort différent, notamment lorsque l'auteur nous parle de la "timidité" anglaise vis à vis de questions personnelles. Pour avoir déjeuner le premier jour de mon arrivée avec une collègue que je ne connaissais qu'au travers d'e-mails, je peux vous dire que les questions qu'elle m'a posée furent assez directes, même si elles sont restées fort cordiales et non invasives. Il est certain que ce cadre est tout à fait particulier, tout comme le cadre de la société dans laquelle j'évolue.

Abandonnons mon cadre personnel, pour en revenir à cet ouvrage.

Il est bâti en différents chapitres afin d'aborder des sujets qui nous intriguent ou qui selon l'auteur semblent refléter au mieux la personnalité de ces compratriotes. Sont donc aborder (dans le désordre) : la météo, la politesse, l'art de faire la queue, les pubs, les moyens de transports, le sexe, les tenues vestimentaires, le téléphone portable, la politesse, l'art d'arranger son intérieur mais avant cela le goût pour les anglais pour leur chez soi avec jardin etc...

Certaines images et rendus sont pittoresques et renvoient à une image que nous avons tous des anglais, de là à se demander, et en dépit des nombreux rappels que l'auteur fait par rapport à son travail et à ce côté officiel des enquêtes menées par ses soins, si l'auteur n'a pas monté une vaste plaisanterie afin de donner parfois, une image exacerbée des anglais.

Alors oui, ces images toutes faites sont certainement encore parfois assez réalistes mais la société évolue et la nouvelle génération fait certainement bouger les choses. Nous avons tous en tête les images d'anglaises mal habillées et bien, je vous assure (une nouvelle fois c'est un quartier d'affaires, mais quand même), je trouve que les anglaises ne sont pas plus mal habillées ou plus drôlement que certaines parisiennes. Je note même qu'elles affichent un goût pour les tenues féminines plus important que dans les bureaux français. Par contre, je vous concède, pour en avoir croisser bon nombre par tous les temps, que l'anglaise aime sortir court vêtue dès le vendredi soir avec parfois des choix quelque peu surprenant.

Dans le côté affirmatif, je dirais que les anglais aiment toujours parler de la météo, que les pubs demeurent des lieux incontournables tout comme le choix de vie d'une petite maison avec jardin etc.... - mais je ne suis pas là pour réactualiser l'ouvrage, loin de là -.

Un ouvrage à picorer au fil de ces envies et des thèmes qui vous amusent ou vous intérressent, le tout dans un anglais tout à fait abordable (malgré le fait que je sois là-bas, mon anglais reste barbare et franchement, mes collègues ont bien du mérite pour me comprendre).


 

http://bks5.books.google.co.uk/books?id=-kDPgxYU-s0C&printsec=frontcover&img=1&zoom=1Watching the English  : the hidden rules of English behaviour / Kate Fox. Hodder, 2005. 416 pages

Witty and wise, Kate Fox reveals the quirks, habits, and foibles of the English in her book Watching the English: The Hidden Rules of English Behaviour. Putting the national character under her microscope, Fox explores this strange and fascinating culture, governed by a complex set of unspoken rules and a bizarre code of conduct. Through anthropological analysis and a series of unorthodox experiments (often using herself as a reluctant guinea-pig), Fox discovers what these unwritten codes tell us about Englishness: the rules of weather-speak, the ironic-gnome rule, the reflex apology rule, the paranoid-pantomime rule, class anxiety tests, and the money-talk taboo, among others. Watching the English is a biting, affectionate, insightful, and often hilarious look at English society.

 

Quelques commentaires anglais : ici, ,

Par Uncoindeblog - Publié dans : En V.O. (incroyable !)
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